25 000 personnes pour un débat inclusif
Photo : Jacques Nadeau
Anne-Marie Saint-Cerny, l’instigatrice de la pétition «un débat pour tous», exigeant la participation de Québec solidaire et du Parti vert au débat des chefs de ce soir, est allée remettre les 25 000 signatures recueillies en une semaine directe
Québec solidaire et le Parti vert ne seront peut-être pas du débat des chefs de ce soir, mais ils ont reçu un appui non négligeable de la part de plus de 25 000 Québécois, qui, en une semaine, ont signé une pétition réclamant leur présence à cet événement-charnière de la campagne électorale. Le document a été remis hier à la Société Radio-Canada, membre du consortium des télédiffuseurs du débat.
Un groupe d'une trentaine de personnes sont allées remettre ladite pétition directement à la tour de Radio-Canada. Un porte-parole de la société d'État, James Selfe, a reçu le document. «Je vous remercie», a-t-il laissé tomber avant de quitter promptement les lieux.
«Ce qu'on dit au consortium télévisuel, c'est que la démocratie tient au fait qu'on entend toutes les idées. Alors, mettez toutes les idées sur la table, et nous saurons juger. Nous saurons choisir le parti qui nous dirigera pendant quatre ans», a par la suite expliqué Anne-Marie Saint-Cerny, l'instigatrice de l'initiative non partisane «un débat pour tous». En plus des signataires, 472 groupes sociaux de la province ont appuyé cette démarche.
«Le mouvement populaire est indéniable, et on demande un deuxième débat des chefs d'ici la fin de l'élection, a expliqué Mme Saint-Cerny. On demande aussi des explications des grands réseaux télévisés, parce que, pour l'instant, ils ne répondent presque rien. Nous aimerions enfin que les chefs des trois grands partis disent pourquoi ils n'ont pas commenté la situation ni fait des pressions», a-t-elle ajouté, se disant consternée par leur «silence». Fait à noter, en 1994, Mario Dumont s'était en vain adressé aux tribunaux pour pouvoir participer au débat. À l'époque, l'Action démocratique n'était pas représentée à l'Assemblée nationale.
Le consortium — qui regroupe Radio-Canada, TVA et Télé-Québec — a déjà répondu que les partis invités sont ceux qui ont au moins un élu à l'Assemblée nationale. Selon les réseaux, la joute politique de ce soir doit «permettre aux citoyens d'assister à une confrontation d'idées entre les chefs de parti susceptibles de former le gouvernement ou l'opposition officielle à l'Assemblée nationale». Un autre débat aura lieu jeudi sur les ondes de RDI, mais les chefs des trois grands partis n'y prendront pas part.
Québec solidaire
Du côté de Québec solidaire, si l'on a salué l'initiative hier, la porte-parole nationale, Françoise David, a surtout dénoncé le «déni de démocratie» que représente leur exclusion du débat des chefs, «particulièrement dans un contexte où il n'y a pas de mode de scrutin proportionnel, donc où les "tiers partis" sont déjà défavorisés». Pourtant, a-t-elle estimé, «le Parti vert et Québec solidaire recueillent ensemble entre 10 et 15 % des intentions de vote».
Mme David a elle aussi déploré le silence des autres formations politiques, un geste motivé par la crainte qu'inspire Québec solidaire, selon l'autre porte-parole de la formation, Amir Khadir. Le parti a en outre contacté les membres du consortium il y a déjà plus d'un mois, mais il n'a reçu aucune réponse.
Pourtant, selon M. Khadir, «lorsqu'il y a une demande populaire, et on le voit bien avec cette pétition, il est du devoir des diffuseurs publics, qui contrôlent un espace qui est du domaine du bien public, de respecter cette volonté». Selon lui, dès qu'un parti franchit le seuil de 5 % des voix, il devrait avoir droit de parole au débat.
Dimanche, Scott McKay s'est dit déçu de ne pas avoir été invité à participer au débat télévisé. Pour lui, «ce sera un triste jour pour la démocratie au Québec». Il a rappelé que les Québécois ont déjà vécu des débats à cinq, à l'époque de l'Union nationale et de l'arrivée de René Lévesque à la tête du Parti québécois, ce qui avait été une étape marquante pour la démocratie.
Le Conseil de presse a lui aussi été interpellé, mais il a annoncé il y a plus d'une semaine qu'il ne pouvait se prononcer sur la question avant le débat. Quant à la Fédération professionnelle des journalistes, Mme Saint-Cerny devrait la contacter aujourd'hui. Le Directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a signifié pour sa part qu'il ne se prononcerait pas sur la présence ou non des tiers partis au débat télévisé des chefs.
Un groupe d'une trentaine de personnes sont allées remettre ladite pétition directement à la tour de Radio-Canada. Un porte-parole de la société d'État, James Selfe, a reçu le document. «Je vous remercie», a-t-il laissé tomber avant de quitter promptement les lieux.
«Ce qu'on dit au consortium télévisuel, c'est que la démocratie tient au fait qu'on entend toutes les idées. Alors, mettez toutes les idées sur la table, et nous saurons juger. Nous saurons choisir le parti qui nous dirigera pendant quatre ans», a par la suite expliqué Anne-Marie Saint-Cerny, l'instigatrice de l'initiative non partisane «un débat pour tous». En plus des signataires, 472 groupes sociaux de la province ont appuyé cette démarche.
«Le mouvement populaire est indéniable, et on demande un deuxième débat des chefs d'ici la fin de l'élection, a expliqué Mme Saint-Cerny. On demande aussi des explications des grands réseaux télévisés, parce que, pour l'instant, ils ne répondent presque rien. Nous aimerions enfin que les chefs des trois grands partis disent pourquoi ils n'ont pas commenté la situation ni fait des pressions», a-t-elle ajouté, se disant consternée par leur «silence». Fait à noter, en 1994, Mario Dumont s'était en vain adressé aux tribunaux pour pouvoir participer au débat. À l'époque, l'Action démocratique n'était pas représentée à l'Assemblée nationale.
Le consortium — qui regroupe Radio-Canada, TVA et Télé-Québec — a déjà répondu que les partis invités sont ceux qui ont au moins un élu à l'Assemblée nationale. Selon les réseaux, la joute politique de ce soir doit «permettre aux citoyens d'assister à une confrontation d'idées entre les chefs de parti susceptibles de former le gouvernement ou l'opposition officielle à l'Assemblée nationale». Un autre débat aura lieu jeudi sur les ondes de RDI, mais les chefs des trois grands partis n'y prendront pas part.
Québec solidaire
Du côté de Québec solidaire, si l'on a salué l'initiative hier, la porte-parole nationale, Françoise David, a surtout dénoncé le «déni de démocratie» que représente leur exclusion du débat des chefs, «particulièrement dans un contexte où il n'y a pas de mode de scrutin proportionnel, donc où les "tiers partis" sont déjà défavorisés». Pourtant, a-t-elle estimé, «le Parti vert et Québec solidaire recueillent ensemble entre 10 et 15 % des intentions de vote».
Mme David a elle aussi déploré le silence des autres formations politiques, un geste motivé par la crainte qu'inspire Québec solidaire, selon l'autre porte-parole de la formation, Amir Khadir. Le parti a en outre contacté les membres du consortium il y a déjà plus d'un mois, mais il n'a reçu aucune réponse.
Pourtant, selon M. Khadir, «lorsqu'il y a une demande populaire, et on le voit bien avec cette pétition, il est du devoir des diffuseurs publics, qui contrôlent un espace qui est du domaine du bien public, de respecter cette volonté». Selon lui, dès qu'un parti franchit le seuil de 5 % des voix, il devrait avoir droit de parole au débat.
Dimanche, Scott McKay s'est dit déçu de ne pas avoir été invité à participer au débat télévisé. Pour lui, «ce sera un triste jour pour la démocratie au Québec». Il a rappelé que les Québécois ont déjà vécu des débats à cinq, à l'époque de l'Union nationale et de l'arrivée de René Lévesque à la tête du Parti québécois, ce qui avait été une étape marquante pour la démocratie.
Le Conseil de presse a lui aussi été interpellé, mais il a annoncé il y a plus d'une semaine qu'il ne pouvait se prononcer sur la question avant le débat. Quant à la Fédération professionnelle des journalistes, Mme Saint-Cerny devrait la contacter aujourd'hui. Le Directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a signifié pour sa part qu'il ne se prononcerait pas sur la présence ou non des tiers partis au débat télévisé des chefs.
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