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Propos homophobes - L'animateur Louis Champagne réclame le droit de penser autrement que «les artistes du Plateau»

13 mars 2007  Québec
Le controversé animateur de radio du Saguenay, Louis Champagne, a offert comme prévu ses excuses publiques pour ses propos homophobes, hier. Mais s'il a fait amende honorable sur les ondes, il en a remis dans un texte publié dans le journal Le Quotidien.

M. Champagne y soutient avoir le «droit de penser autrement que si j'habitais le Plateau [Mont-Royal]» et répète que l'épisode des derniers jours est un bon exemple de la difficulté d'exprimer des idées divergentes de celles des «pseudo-intellectuels» et des chroniqueurs et qui ont remplacé «les prédicateurs religieux» d'antan.

Dans ce texte, M. Champagne écrit que «l'incident des "tapettes" n'est qu'anecdotique et, vous l'aurez bien compris, oser soulever la question incluant ce mot et soulevant la possibilité que les travailleurs de ma région n'ont pas la même pensée rose bonbon à propos des homosexuels que les artistes du Plateau équivaut à un sacrilège pour une certaine intelligentsia. Poser un tel type de question est devenu un "crime contre l'humanité" passible de lynchage public immédiat».

Toute l'affaire découle d'une entrevue réalisée par l'animateur il y a un peu moins d'un mois sur les ondes de CKRS, mais qui a défrayé les manchettes il y a 10 jours. Louis Champagne avait insinué, lors d'une entrevue avec Sylvain Gaudreault, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Jonquière, que les employés d'usines pourraient hésiter à voter pour lui parce qu'il est homosexuel, tout comme son chef, André Boisclair.

Il avait ajouté: «À Jonquière, pensez-vous que quand vous arrivez avec un autre homosexuel, vous n'allez pas vous faire poser vraiment la question: "Coudonc", le Parti québécois, c'est-tu un club de tapettes?»

Les propos avaient été dénoncés de façon générale, poussant Corus Québec à suspendre le controversé animateur le temps de faire la lumière sur l'affaire.

L'employeur a par la suite convenu que M. Champagne pourrait retrouver son micro s'il acceptait de lire une déclaration publique d'excuses dans laquelle il admet qu'il aurait «dû mieux choisir les termes utilisés».

Aux journalistes qui l'attendaient hier pour commenter son retour sur les ondes après sa courte suspension, l'animateur a déclaré que le texte publié dans le journal du Saguenay et intitulé «Nous sommes les otages de la pensée unique» est son «testament radiophonique».

Il insiste sur le fait d'avoir le «droit de penser autrement» et prétend que beaucoup de gens pensent comme lui. M. Champagne dit qu'il ne changera pas sa façon de faire de la radio.

Mais pour éviter d'autres épisodes similaires à celui qui l'a placé dans la tourmente, l'animateur écrit qu'il fera attention «de choisir les termes appropriés qui sauront à la fois clairement exprimer mon opinion tout en évitant de mauvaises interprétations».






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