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Paradis revient hanter Charest

Antoine Robitaille   12 mars 2007  Québec
Québec — Le député Pierre Paradis a causé une commotion hier dans les rangs libéraux en déclarant, à deux jours du débat des chefs, que son parti n'avait pas amélioré le système de santé autant «qu'on l'a peut-être prétendu». Selon lui, les gens «veulent entendre la vérité» et on ne peut leur dire «que le problème a été réglé». Au reste, à ses yeux, le Parti libéral devra trouver rapidement une façon de s'adresser aux «nationalistes non souverainistes».

Député de Brome-Missisquoi depuis 1980 — plusieurs fois ministre sous Bourassa mais laissé de côté par Jean Charest depuis 2003 —, M. Paradis a d'abord fait ces déclarations à une radio anglophone, mais il les a par la suite explicitées devant les médias, en marge d'un brunch partisan, hier matin à Sherbrooke, où Jean Charest a pris la parole.

En interview téléphonique au Devoir, M. Paradis a expliqué qu'en campagne électorale, il est normal que l'on exagère ses mérites; c'est dans la nature de la publicité que de tomber dans «le noir ou le blanc» et «d'éviter le gris». Or, en santé, il ne faut pas se le cacher, «il y a du gris», a-t-il souligné. «Regardez le bulletin dans L'actualité, cette semaine. Sans lui donner plus de crédit qu'il ne le mérite, il faut admettre qu'il reste encore pas mal de choses à faire [en santé]. Si le problème était réglé, ça ne serait pas la priorité numéro un au Québec!»

Le «gris», il l'illustre par le cas d'un petit hôpital de 75 lits, le Brome-Missisquoi-Perkins, situé dans sa circonscription en Montérégie et où la situation s'est améliorée, certes, mais pas radicalement. «Je les visite sans avertir. À la dernière campagne électorale, j'avais en moyenne 20 patients dans les corridors. Aujourd'hui, j'en ai 15», explique-t-il.

M. Paradis soutient que le dossier de la santé a été «plus difficile» que les libéraux ne l'avaient prévu. «Quand on est arrivé au pouvoir, on a arrêté l'hémorragie. On a arrêté la détérioration du système. On a stabilisé le patient», dit celui qui a été critique en matière de santé dans les années 90.

Pour remplir en totalité les promesses de 2003, le temps a manqué, a-t-il expliqué. Par exemple, un agrandissement de 20 millions a été annoncé par le ministre Philippe Couillard à l'hôpital Perkins en 2005. Mais pour qu'un tel engagement se matérialise, il faut attendre trois ans, souligne-t-il. Autre aspect nécessitant du temps: pour remplir leurs promesses, les libéraux devaient développer des ressources humaines: «Pour former une infirmière, c'est cinq ans. Un médecin, 10 ans [...] On ne peut donner les diplômes aux médecins avant qu'ils n'aient fini leur cours», fait-il remarquer. Autrement dit, avant que l'on recueille certains fruits des efforts du gouvernement Charest, il faudra attendre encore. «Je fais beaucoup de terrain: les gens comprennent que le réparateur du système [le PLQ] prend plus de temps que prévu. Ils savent qu'il a fait des efforts. Mais quand tu as quelqu'un que t'aime dans un corridor, tu n'aimes pas ça», fait-il remarquer.

Répliques

En conférence de presse, Jean Charest a refusé de commenter directement les propos de son député rebelle, se contentant de répéter que son gouvernement avait un «bilan impressionnant» en la matière et que son équipe avait fait «tout ce qui était humainement possible» pour remettre le système de santé sur les rails. Il a rappelé une fois de plus que son parti était le seul à faire de la santé sa priorité.

Jointe par le Devoir, Isabelle Merizzi, l'attachée de presse du ministre de la Santé Philippe Couillard, a toutefois tenu à rétorquer aux propos de M. Paradis: «de dire que ça va plus ou moins bien en santé, c'est certainement une fausseté», a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que le gouvernement Charest avait beaucoup réinvesti en santé depuis 2003, «et c'est vrai pour Brome-Missisquoi», a-t-elle souligné. Le nombre de patients sur civière à Perkins est inférieur au maximum acceptable (16), a-t-elle plaidé, sans compter le projet d'agrandissement de 15,2 millions qui «suit son cours» et les cinq groupes de médecine familiale qui ont été formés dans ce secteur.

Un homme libre

Le député Paradis croit-il que son chef a fait des promesses irréalistes en 2003 en affirmant qu'il mettrait «fin à l'attente» et aux problèmes dans les urgences? «Si tu ne fixes pas des objectifs qui sont élevés, tu ne feras jamais rien», a répondu M. Paradis. «Parfois, ça prend plus de temps pour les atteindre. Ça ne veut pas nécessairement dire que tu cherchais à tromper les gens quand tu les as formulés [ces objectifs]», a-t-il ajouté.

Ce n'est pas la première fois que Pierre Paradis se met en délicatesse avec les hautes instances de son parti, depuis 2003. En mai 2006, il avait dérogé à la ligne du parti en votant contre la loi qui privatisait une portion du Parc du Mont-Orford. Ce qui lui avait valu d'être convoqué au bureau du «whip» Norm MacMillan, lequel ne l'avait finalement pas sanctionné. En 2004, il avait aussi critiqué ouvertement les compressions du gouvernement dans les prêts et bourses.

S'exprimant librement, M. Paradis a montré un certain détachement à l'égard d'un éventuel poste de ministre. Les quatre dernières années comme simple député? Il les qualifie de «mandat à dimension humaine» où il a pu pleinement vivre le deuil de ses deux parents et la joie de devenir grand-père. Pour le reste, «la vie est remplie de surprises». «À l'époque de M. Bourassa, j'avais été surpris d'obtenir trois ministères. À la dernière élection, j'ai été surpris de ne pas en avoir. Tu ne sais jamais ce qui peut d'arriver. Ça dépend de la région que tu représentes. Ça dépend d'un paquet de facteurs: combien il y a d'élus, [...] leurs qualifications. Ça dépend aussi, bien sûr, si t'es au gouvernement!»

Car à ses yeux, «cette élection est loin d'être réglée d'avance». Et c'est pourquoi, après le brunch d'hier, «tout le monde avait hâte de retourner dans son comté», même si «la campagne libérale va bien», a-t-il dit. Une des inconnues est le comportement des électeurs francophones nationalistes, «ceux que l'on appelle les "mous" — mais je n'aime pas ce terme, je préfère "québécois"».

Le dernier sondage comportait des aspects réconfortants, selon lui, puisque c'est l'ADQ qui a «grugé» le vote du PQ. Dans sa circonscription, en 2003, le PQ a obtenu autour de 25 % et l'ADQ, 18 %. «Au moment où l'on se parle, on inverse ces chiffres. Ils se sont échangé de la clientèle. Mais cette clientèle, j'aimerais bien aller la chercher.» Encore faut-il pouvoir s'adresser aux nationalistes «mous» et que les positions du PLQ traduisent «correctement les sentiments de ces gens». Il estime à cet égard que les clarifications apportées par le ministre Benoît Pelletier sur des sujets constitutionnels «sont à même d'attirer ces gens vers le Parti libéral d'ici la fin de la course».

M. Paradis serait surpris qu'il y ait beaucoup de changements dans la députation de l'Estrie après le 26 mars. Il prévoit aussi que, dans la dernière semaine, les ténors péquistes, comme Parizeau et Landry, vont «en appeler aux souverainistes» pour que le PQ ne tombe pas en troisième position. «Ils vont faire fi des personnalités. Le PQ en bas de 30 %, ça défie l'entendement: c'est quand même un grand parti avec une organisation! C'est pas comme Mario [Dumont], qui n'a pas de parti.» Et en définitive, tout va rentrer dans l'ordre: «Ça va se replacer dans la dernière semaine et on va se terminer comme on a commencé. Nous autres [le PLQ] devant. Le PQ comme opposition officielle et Mario troisième, avec entre 12 et 15 circonscriptions.»






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  • Roger Dion
    Abonné
    lundi 12 mars 2007 11h11
    LES MENTERIES NE PASSENT PLUS
    « OUI même les gens de son propre parti ne peuvent cacher toutes les menteries de CHAREST.QUAND M PARADIS dit /les libéraux doivent se rapprocher des nationalistes mous, encore la CHAREST est pris avec son petit jeu.
    LUI, HAPER ,ET DUMONT, CE dernier a fait un petit voyage a ATAWA rencontrer HAPER avant l élection, REVENU A MONTREAL il était /DEVENU OTONOMISTE/.Vous comprenez le petit jeu/prendre les votes des souverainistes mous,/pour que les libéraux se faufile entre les deux/ tout a bien fonctionné jusque.
    L A.D.Q. monte trop dans les sondages . DUMONT SE VOIT PREMIER MINISTE ET CHAREST voie le pouvoir lui glisser dans les mains. La bataille entre fédéralistes et HAPER lui aussi est pris ,car les promesses de DUMONT,/ rapatrié les impots changer la constitution etc.IL/HAPER/ ne peu lui donner. Pour son élection LES CONSERVATEURS vont perde des votes aux QUÉBEC ou DUMONT sera pris avec le problème que BOURASSA a eu dans les années 90.
    LES PROMESSES DES CONSERVATEURS ENCORE
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com »

  • Denis Lalande
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 12h17
    Tout sauf libéral
    « Etre un député rebelle comme M. Paradis au parti libéral, doit certainement comporter une certaine dose de courage. Dire les choses comme elles sont. Cela semble très difficile pour les autres députés et surtout Jean Charest. Nier l'évidence que ça va très mal en santé, c'est normal, c'est libéral. Faire croire aux gens que ce parti a réglé ce dossier, c'est essayer de tromper les électeurs. Essayer de nous faire croire l'incroyable, c'est pas fort et c'est libéral. Mais, si on se fit aux sondages, les Québécois s'apprêtent tout de même à voter libéral malgré ce mensonge typiquement Charest. Voulons-nous connaître un autre 4 ans de non-respect des promesses électorales avec Charest? Pensons-y, voter libéral c'est accepter la médiocrité, le mensonge et le favoritisme pour les tinamis de ti-Jean.

    Denis Lalande
    Nominingue »

  • léveillé j.
    Inscrite
    lundi 12 mars 2007 12h51
    Ca va mal dans les hôpitaux!!!
    « Je travaille depuis maintenant 27 ans dans le même centre hospitalier,je pensais changé vers un centre universitaire après quelques années d`expérience mais j`ai finalement décidé de rester car un plus petit centre répondait plus à mes attentes.
    Après les mises à la retraite de plusieurs infirmières ,je pensais avoir vu le pire...

    Mais non c`est encore pire aujourd`hui...
    Premièrement c`est vrai que ca prends 3 ans pour former une infirmière au Cégep ,M.Paradis parle de 5 ,je suppose qu`il parle des infirmières formées à l`université se promenant en sarrau blanc ne travaillant pas aux patients....
    Car c`est ce qui nous manque des infirmières aux patients ainsi que des préposés ...
    A l`hôpital on manque de personnel de facon récurrente depuis trop longtemps ,les infirmières sont à bout de souffle encore ...
    Depuis la fusion, nous avons changé de direction aux soins infirmiers et la direction ne nous connait même pas et ne semble pas intéressé à nous connaître...
    A nos demandes s`ajoute des avis disciplinaires si nous ne suivons pas les "nouvelles fonctions" parce qu`on nous en demande toujours plus...
    Non ce ne vas pas du tout!!!! »

  • l poisson
    Inscrite
    lundi 12 mars 2007 23h46
    Nous sommes Pratte (version revisée)
    « Voici une version québécoise actuelle du révisionnisme historique.
    On remarquera plus de délicatesse que sous l'ère stalinienne mais une même constance dans l'intention.
    (Extrait du blogue de M. André Pratte du lundi 12 mars 2007)
    "Le premier ministre ne peut que s'en prendre à lui-même: s'il n'avait pas fait, à ce sujet, des promesses aussi irréalistes en 2003, personne ne lui en voudrait aujourd'hui de ne pas avoir tout réglé."

    Parce qu'IL N'AURAIT PAS ETE ELU, faudrait-il simplement ajouter à cette revision historique de la campagne électorale de 2003 par celui dont la rigueur apparente n'a d'égale que la ferveur partisane.

    Pourtant M. Paradis a déclaré au Devoir:
    "Si le problème était réglé, ça ne serait pas la priorité numéro un au Québec!"
    Il ne faudrait pas donner une paire de ciseaux à M. Pratte... »

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