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Lanaudière et Mauricie - Un courant de sympathie perceptible envers Mario Dumont

Kathleen Lévesque   12 mars 2007  Québec
Ce que l'on croyait être un épiphénomène de la région métropolitaine de Québec est en train de s'étendre à plusieurs autres régions, comme tendent à le démontrer les plus récents sondages d'opinion. En jetant un coup d'oeil dans Lanaudière et en Mauricie, Le Devoir a constaté un courant de sympathie pour l'Action démocratique du Québec. Flirt ou appui réel? Difficile à départager. Mais une chose est sûre, ce n'est pas un appui à Mario comme on le disait encore au scrutin général de 2003, mais plutôt à monsieur Dumont qui ressort.

Malgré le froid de canard, quelques travailleurs vont griller une cigarette et reviennent vite rejoindre leurs collègues qui écoutent le candidat de l'ADQ venu les rencontrer durant leur pause d'après-midi. Ils sont une quinzaine, tous attentifs, certains opinant aux paroles de Jean Damphousse, candidat de Maskinongé. «L'autonomie, ça veut dire parler d'égal à égal avec le gouvernement fédéral sans nécessairement rouvrir la Constitution canadienne. L'autonomie, c'est aussi celle des régions, des écoles», explique Jean Damphousse.

Une fois le politicien parti, quelques langues se délient. Pour ces travailleurs d'une usine de meubles, l'envahissement du marché chinois est une véritable menace. De nombreux emplois ont été abolis dans cette industrie au cours des dernières années, et cela inquiète. «L'objectif, c'est de se faire respecter», lance un des employés.

Un collègue ajoute que le «Québec a besoin de changement» et «à l'ADQ, ils ont l'air honnêtes». Un autre homme laisse tomber avant de reprendre le travail qu'il appuiera l'ADQ le 26 mars prochain: «Je pense que M. Dumont peut avoir pas mal plus de députés que la dernière fois, mais pas le pouvoir. Je vais l'essayer; les autres partis nous laissent tomber.»

Dehors, Jean Damphousse est tout sourire parce qu'à chacune de ses visites dans les usines, les travailleurs se montrent réceptifs, assure-t-il. Mais cet ancien maire d'un petit village de la Mauricie (Saint-Ursule) qui gère une ferme céréalière ne se fait pas d'illusion. S'il veut déloger la députée libérale Françoise Gaudet, il lui faudra serrer encore beaucoup de mains.

Au club de l'âge d'or de la municipalité de Maskinongé, M. Damphousse interrompt le jeu de poches pour faire son petit laïus et saluer les gens un à un. La présidente du club le prévient de faire vite: pas question de retarder la cinquantaine de joueurs enthousiastes. «Prenez deux mains en même temps. Ça va aller plus vite!», lui lance-t-elle. Dans un terreau que l'on pourrait croire plus fertile pour les libéraux, Jean Damphousse est applaudi. Plusieurs personnes âgées se disent heureuses de rencontrer «le candidat de M. Dumont».

Lors de la campagne de 2003 et de celles d'avant, les gens parlaient de Mario comme pour bien marquer sinon sa jeunesse, du moins la proximité du chef adéquiste avec la population. En 2007, Mario Dumont est toujours considéré, selon les sondages, comme le chef de parti le plus proche des citoyens, mais on l'appelle dorénavant «Monsieur Dumont». Les candidats adéquistes ont bien sûr comme explication que les citoyens voient en lui un vrai leader. L'hypothèse en vaut bien d'autres, mais il est clair que Mario a fait place à M. Dumont.

Depuis le début du déclenchement des élections, la caravane du chef adéquiste s'est arrêtée dans Maskinongé, Berthier et l'Assomption. Le calcul de l'organisation adéquiste est que des victoires y sont possibles.

Autonomie et santé

Pendant trois jours, Le Devoir a sillonné ces circonscriptions. L'autonomie des régions et la question de la santé sont ressorties à plusieurs reprises. Chaque fois, les citoyens rencontrés semblent lier les problèmes du secteur de la santé à l'incapacité du gouvernement actuel d'être à l'écoute de la population. On lui reproche également de ne pas se «tenir debout» face à Ottawa. Ni l'éventuel règlement du déséquilibre fiscal qui serait inscrit dans le budget fédéral de la semaine prochaine ni la souveraineté proposée par le Parti québécois ne semblent être une solution aux relations fédérales-provinciales.

Le candidat Damphousse, qui a milité pour le OUI en 1995, dit qu'il faut «s'affirmer autrement». «Pourquoi faire la souveraineté quand le monde ne le demande même pas?», questionne-t-il.

Son collègue qui brigue les suffrages dans Berthier, François Benjamin, un souverainiste, va dans le même sens. Maire de la petite municipalité de Mandeville, M. Benjamin a milité au PQ jusqu'en 2004. «Au PQ, les solutions viennent toujours après la souveraineté. Pendant ce temps-là, on perd notre région. Un Québec fort, ce sont des régions fortes. Quand ce sera fait, on fera un référendum. Mais on a des devoirs à faire avant», explique-t-il.

Pour son adversaire péquiste, le jeune député Alexandre Bourdeau, François Benjamin est une «girouette». Combatif, M. Bourdeau ne croit pas à la montée de l'ADQ. «J'essaie de me stresser et je ne suis pas capable. La game va se jouer sur la mobilisation et, nous, on a l'organisation pour faire sortir le vote», dit-il sur un ton survolté.

Il est vrai que les candidats adéquistes rencontrés n'ont guère de ressources comparativement au PLQ et au PQ. Mais cela ne change en rien le mouvement favorable à l'ADQ qui semble se dessiner. Même chez des péquistes, on le reconnaît.

Lors du passage d'Alexandre Bourdeau à l'hôtel de ville de Saint-Alphonse-Rodriguez, une conseillère municipale a confié au Devoir qu'elle maintenait son vote pour le PQ malgré sa déception du chef André Boisclair. Mais cela ne l'empêche pas de «voir clair» comme elle le souligne. «Ici, c'est le PQ, mais l'ADQ fait du chemin», constate Véronique Brunelle, consciente que l'ADQ a déjà fait une percée dans la circonscription de Berthier lors de l'élection partielle de 2002.

Lors d'un dîner-causerie avec des conseillers municipaux et des maires, l'adéquiste François Benjamin semble marquer des points. Le discours autonomiste semble faire vibrer la fibre nationaliste. «Il faut qu'on se prenne en main. Moi, j'ai deux jeunes enfants. L'ADQ de M. Dumont, c'est le parti qui représente le mieux ma famille», explique Benoît Morin, un enseignant qui est également conseiller municipal à Saint-Gabriel-de-Brandon.

Plus à l'ouest, dans la circonscription de l'Assomption, les appuis à l'ADQ ne transparaissent pas facilement. Le porte-à-porte fait à Repentigny avec le candidat adéquiste Éric Laporte montre une certaine sensibilité, sans plus. Un homme âgé, attablé à un café, lui serre la main en l'assurant de son appui. Mais vérification faite, son vote ira au PQ le 26 mars. «Il faut l'encourager le jeune, mais je changerai pas mon vote. Je suis un souverainiste, un vrai», dit-il.

L'organisateur de M. Laporte, Mario Lapointe, ne cache pas son enthousiasme. «L'objectif, au moment du déclenchement des élections, c'était de franchir les 20 % du vote. Mais là, c'est de gagner. On ne s'illusionne pas sur le plan national, mais l'Assomption, c'est prenable», soutient M. Lapointe.

Or cette circonscription a une longue tradition péquiste. Le député Jean-Claude St-André, qui fait partie de l'aile péquiste pressée, se dit confiant. Quand on lui souligne que l'ADQ tient un discours d'affirmation nationale qui pourrait tenter bien des électeurs péquistes, M. St-André rappelle qu'il comprend les préoccupations identitaires de la population. «Mais la voie de l'autonomie à l'intérieur du Canada, ça ne fonctionnera pas. Ç'a été essayé et ç'a été un échec», tranche M. St-André avant de se rendre à une conférence de presse.
 
 
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  • Léandre Nadeau - Abonné
    12 mars 2007 10 h 07
    Mario passe un mauvais quart d'heure chez Guy A
    Pour le bénéfice de vos lecteurs, un article ci-dessous du Soleil
    Mario passe un mauvais quart d'heure chez Guy A.
    Richard Therrien Le Soleil

    Mario Dumont ne l'a pas eu facile, hier soir, à Tout le monde en parle. Sans nul doute, le chef adéquiste traînera comme un boulet le tableau noir que lui ont sorti Guy A. Lepage et son fou du roi. Sur l'ardoise où étaient chiffrées les promesses des grands partis, rien de l'ADQ, pas un chiffre, zéro. Une image frappante.
    Le chef, qui s'était jusqu'alors bien illustré, a perdu son assurance à ce moment précis. Il a eu beau promettre des chiffres avant la fin de la campagne, ses deux hôtes continueront de ridiculiser son absence de chiffres.
    Mais le chef adéquiste n'était pas au bout de ses peines. Aussi invitée sur le plateau, la chroniqueuse politique Chantal Hébert l'a littéralement démoli, le qualifiant notamment de « one man show » qui n'a pas d'équipe. Et son tableau vierge de chiffres lui a fait dire : « Il m'a prouvé qu'il n'était pas prêt à être premier ministre cette année ».
    Elle a aussi dit être « un peu troublée » parce que Dumont « ne peut pas me dire s'il serait d'accord pour faire un référendum. » Et quand Guy A. lui a demandé qui les Canadiens anglais souhaitent voir comme premier ministre québécois, elle a répondu: « Jean Charest. Mais ben mal pris, ils prendraient Mario Dumont ! » Le chef a paru ébranlé et presque sans mots à la fin de l'intervention.

    Plus de détails dans la version papier du journal Le Soleil
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    12 mars 2007 10 h 59
    SOUVERAINETÉ SANS ASSOCIATION PÉQUISTE VS AUTONOMIE ADÉQUISTE
    Le PQ a décidé, contrairement au choix de son fondateur, René Lévesque, de barrer dans son programme, l'association de son choix constitutionnel qui était : la souveraineté-association.

    Sur une question référendaire éventuelle qui ignorerait l'association, le PQ n'aurait qu'environ 35 % de OUI au grand max.

    Fait que, vaut mieux une autonomie du Québec réalisable dans le Canada qu'une souveraineté sans association prévue qui n'a aucune chance de réunir plus de 50 % d'adhérents...me semble ou le fédéralisme asymétrique libéral qui semble boiteux par nature.
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