lundi 23 novembre 2009 Dernière mise à jour 22h15


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les trois chefs se préparent pour le débat de demain

Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, s’attend à faire l’objet d’une campagne de peur des libéraux.
Photo : Agence Reuters
Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, s’attend à faire l’objet d’une campagne de peur des libéraux.
Juste avant de se retirer avec leurs conseillers pour peaufiner leur stratégie en vue du débat, les trois chefs politiques ont tenté de minimiser l'importance des fameux «faiseurs d'image».

«C'est un premier ministre qu'on choisit le 26, ce n'est pas un comédien», a lancé André Boisclair hier lors du dernier point de presse qu'il accordait avant le débat des chefs demain soir.

Au moment du débat, André Boisclair n'entend rien faire pour modifier son image que certains, même dans les rangs péquistes, considèrent comme problématique. «Je ne crois pas à toutes ces stratégies de faiseurs d'image», a-t-il dit. «Est-ce que les Québécois veulent une campagne d'image ou une campagne de fond? Est-ce que ce qui va l'emporter pendant le débat, c'est la couleur de la cravate, le choix des mots ou le fond des choses?»

«Cette campagne, elle se fait sur le fond», a soutenu le chef péquiste. «C'est de la sincérité, c'est de l'honnêteté, la politique. C'est du courage. Et c'est à partir de là que les gens vous jugent.»

Répondant à une question sur son problème d'image, M. Boisclair a cité l'exemple de Jacques Parizeau quand ce dernier était premier ministre. «S'il y en a un avec qui la presse a été assassine» au sujet de son style, c'est bien lui, a rappelé le chef péquiste. Or «ça a été un des meilleurs premiers ministres qui a gouverné le Québec».

Alors qu'André Boisclair subira son baptême de débat des chefs demain, Jean Charest et Mario Dumont en sont respectivement à leur quatrième et troisième débats.

Questionné sur les correctifs qu'il entend apporter à sa façon de se comporter lors du débat, par rapport à sa précédente expérience de 2003, le chef adéquiste Mario Dumont a répondu que, cette fois, il ne se laissera pas guider par des stratèges et des faiseurs d'image.

«Là, il y a un juste un boss, et c'est moi», a-t-il indiqué, précisant aussi qu'il se sentait «assez zen» à l'approche de ce test important.

Dans l'équipe libérale, on jurait également que les «faiseurs d'image» n'ont pas autant de poids qu'on pourrait le croire.

Le chef du PLQ assure pour sa part que sa méthode de préparation, qui comprend des simulations, sera identique à celle utilisée pour les trois derniers débats, dont celui lorsqu'il était chef du Parti conservateur en 1997. «C'est assez informel, a expliqué M. Charest. Ce n'est pas une affaire compliquée. Je vais revoir le plan [électoral], je vais revoir les éléments du bilan [du gouvernement].»

Le chef libéral croit que l'absence, pour une rare fois, du «filtre des médias» lui permettra de donner un nouveau souffle à sa campagne dans cette course particulièrement serrée.

Faire baisser les attentes

Libéraux comme adéquistes s'employaient hier à faire baisser les attentes à l'aube du débat. Les deux chefs ont tous deux prédit qu'ils seraient la cible privilégiée des autres adversaires.

Le chef adéquiste estime qu'il fera l'objet d'une «campagne de peur» des libéraux au cours du débat et pendant la deuxième portion de la campagne. Les sondages montrent en effet qu'après avoir fait le plein d'électeurs péquistes, son parti grugeait maintenant l'électorat traditionnellement libéral.

«On n'est pas naïfs, avec ce qu'on a vu comme genre d'attaques ces derniers jours et ce qu'on a vu comme chiffres [des sondages], on peut s'attendre à ce que le débat soit animé en partie sur notre dos», a prédit M. Dumont.

Il prévoit déjà des critiques sur sa brochette de candidats et sur l'absence de cadre financier. «On va répondre, s'ils disent ça», a répliqué M. Dumont.

Appréhendant le tir nourri des deux adversaires, les stratèges adéquistes espèrent tout simplement que le chef arrivera à «sortir vivant» de l'exercice et consolidera le choix des nouveaux sympathisants convertis ces dernières semaines.

À l'instar de Mario Dumont, le chef libéral, Jean Charest, a lui aussi souligné qu'il serait la principale cible des deux autres chefs demain, en tant que premier ministre sortant. «Ça va être rude pour moi de toute évidence. [...] Je ne me fais aucune illusion sur qui sera attaqué avec le plus de virulence, le soir du débat.»

Le chef péquiste ne cache d'ailleurs pas son intention de malmener le chef libéral sur son bilan. Les Québécois «voient que l'enjeu de cette élection, c'est de se débarrasser d'un gouvernement qui a menti au cours des quatre dernières années», a-t-il lancé hier en donnant en avant-goût du ton qu'il entend donner au débat.

Débat

Le débat des chefs sera diffusé en direct du Parlement demain soir, de 20h à 22h, sur les ondes de Radio-Canada, TVA et Télé-Québec. Les trois chefs auront chacun droit à cinq minutes de déclaration d'ouverture, avant d'enchaîner avec les cinq thèmes: la santé et la mission sociale; l'environnement et le développement durable; la gestion de l'État et l'économie; l'éducation la famille et le développement humain l'avenir politique du Québec. Au cours de ces blocs, les chefs répondront chacun à une question du modérateur, puis trois face-à-face opposeront deux candidats à la fois.

Mario Dumont sera le premier à briser la glace avec la déclaration d'ouverture, suivi d'André Boisclair et de Jean Charest.

Les chefs de Québec solidaire et du Parti vert, qui ont été exclus du débat officiel, seront quant à eux invités à débattre sur les ondes de TQS à 22h30.

***

Avec la Presse canadienne






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 12 mars 2007 09h48
    FAISEURS D'IMAGE
    « Ça va faire du bien que les candidats éloignent les "faiseurs d'image". Vive le naturel en politique !

    Ça va se passer entre le fédéralisme inconditionnel libéral, le souverainisme sans association péquiste et l'autonomie adéquiste du juste milieu. »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    lundi 12 mars 2007 20h29
    Oui à monsieur Bousquet!
    « Votre réaction FAISEURS D'IMAGE, monsieur Bousquet, à l'article de Robert Dutrisac et Clairandrée Cauchy ci-haut, intitulé: LES TROIS CHEFS SE PRÉPARENT POUR LE DÉBAT DE DEMAIN, est on ne peut plus juste.

    Personnellement je ne regarderai pas le débat, mon idée est déjà faite qu'il faut rayer de la carte électorale les libéraux qui ont déjà 140 ans, qui sont le seul vieux parti à l'Assemblée nationale, qui ne nous ressemblent pas du tout, contrairement à messieurs Boisclair et Dumont, et qui s'apparentent plutôt à leurs racines Whigs en Angleterre qui les a remplacés par des travaillistes.

    Le Québec est à un tournant de son histoire. Il faut mettre derrière nous le parti libéral, et faire confiance à nos deux poulains pour l'avenir du Québec, entre nous, c'est-à-dire la fin de la polarisation souverainiste-fédéraliste.

    En mettant les fédéralistes extrêmes (les libéraux) à la place où on a mis par le passé l'Union nationale, enfin on se retrouvera en famille, entre autonomistes-souverainistes.

    Il faut seulement, pour éliminer de la carte électorale du Québec les fédéralistes extrêmes (les libéraux), garder nos comtés s'ils sont bleus et voter ADQ dans les comtés rouges, et le tour est joué. Revenons au bipartisme québécois: autonomistes-souverainistes. Place enfin chez nous, comme dans la mère-patrie, la France, dont nous sommes pour la plupart issus, entre la gauche et la droite, comme uniques alternatives à l'avenir du Québec qui a montré par le passé qu'il rejetait tout ce qui est extrême, dont le fédéralisme libéral. Avec Dumont comme fédéraliste modéré devenu notre opposition officielle au Parti québécois souverainiste, on se prépare un bel avenir, sans les libéraux, des fauteurs de trouble depuis l'avènement de la fédération canadienne, identiques à leurs maîtres anglo-saxons, qui n'ont rien de commun avec nous, les vrais Québécois. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
2 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009