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Querelle entre candidats péquistes sur le tracé de la 30

Kathleen Lévesque   10 mars 2007  Québec
Les gros mots ne fusent pas seulement entre adversaires en campagne électorale. Une querelle vient d'éclater entre deux candidats péquistes voisins, François Rebello et Michel Pinard, qui défendent des positions opposées dans un dossier qui touche leurs circonscriptions de la Rive-Sud, celui du prolongement de l'autoroute 30. Du coup, M. Rebello qualifie son collègue de «gonzo».

C'est un court article publié mercredi dans l'hebdomadaire Le Reflet qui a mis le feu aux poudres. Le candidat péquiste dans Châteauguay, Michel Pinard, y affirme qu'un gouvernement du Parti québécois ne changerait pas le tracé de la 30 tel qu'établi par les libéraux, question de faire accélérer le dossier. Joint hier par Le Devoir, M. Pinard a réitéré sa position. «On n'est pas pour passer les deux ou trois premières années [du mandat] à tout défaire ce que le gouvernement précédent a mis en place. Ça tient pour la 30 puisque les travaux sont déjà passablement amorcés. S'il fallait remettre ça en question, ça retarderait encore l'échéance du parachèvement de la 30», a affirmé Michel Pinard.

Son collègue de La Prairie, le Montréalais François Rebello, qui tente de reprendre cette circonscription passée aux mains du libéral Jean Dubuc en 2003, n'a pas apprécié la sortie publique de M. Pinard. Il l'a dit de façon crue en utilisant un mot anglais signifiant quelque chose comme «nigaud». «L'autre, c'est un "gonzo". Il sort de nulle part avec sa prise de position. Je ne peux rien dire d'autre que ça», a lancé M. Rebello.

Quand Le Devoir lui a fait remarquer que M. Pinard avait été choisi démocratiquement par les militants du PQ, M. Rebello s'est montré cinglant: «Tu regarderas combien il y a de militants du PQ dans Châteauguay comparé à La Prairie. La dynamique n'est pas la même.»

Les deux hommes se contredisent. François Rebello propose que les cinq kilomètres à compléter passent par la route 132. Michel Pinard souhaite que les tergiversations cessent et que l'autoroute 30 emprunte le tracé sud privilégié par les libéraux. «Les gens en ont marre d'attendre», fait valoir M. Pinard. M. Rebello réplique que «c'est un positionnement de promoteurs de centres d'achats qui veulent dézoner des terres agricoles».

Rompu aux procédés de la communication politique, François Rebello est vite monté aux barricades mercredi. Il s'est assuré l'appui des députés Sylvain Simard, président du caucus régional de la Montérégie, Serge Deslières, responsable du dossier des transports, et Stéphane Bergeron, critique en matière environnementale. Il a ensuite coordonné la rédaction d'un communiqué de presse rembarrant son collègue de Châteauguay et mettant en lumière le fait que lui, en comparaison, avait une position en parfait accord avec celle adoptée lors du conseil national du PQ, l'automne dernier. On peut lire dans le communiqué que Michel Pinard «a erré dans son commentaire dans ce dossier». Le communiqué, publié localement en trois copies, a été transmis en main propre par M. Rebello au journal Le Reflet, comme l'a confirmé l'éditrice Hélène Gingras.

Devant l'étonnement du Devoir de voir un péquiste écorcher ainsi un frère d'armes, François Rebello a rappelé qu'il n'était pas celui qui avait lancé la première pierre et, surtout, qu'il n'était pas «un politicien qui a tendance à vouloir perdre». Est-ce à dire que le calcul politique de M. Rebello lui permettait d'attaquer M. Pinard, qui aurait peu de chances de gagner contre le ministre Jean-Marc Fournier?, lui a demandé Le Devoir. «M. Pinard m'écorche moi, qui suis un candidat qui a d'énormes chances de gagner La Prairie», a laissé tomber M. Rebello.

M. Pinard, dont ce sont les premiers pas en politique, a insisté pour préciser qu'il avait vérifié auprès de «l'état-major» du PQ avant de présenter publiquement son point de vue lors d'une conférence de presse vendredi dernier. Il a aussi assuré en avoir discuté jeudi avec l'organisateur en chef Louis-Philippe Bourgeois. «On est en harmonie avec ce que M. Boisclair a dit avant que la campagne débute. [...] Le Parti québécois aurait souhaité que le tracé nord soit retenu. C'était la position. Maintenant, les travaux sont amorcés et la population a exprimé une certaine volonté à ce que ce soit complété le plus vite possible. M. Boisclair a répété il y a trois semaines environ qu'on n'était pas là pour retarder davantage le parachèvement de l'autoroute», a dit Michel Pinard.

Sylvain Simard estime qu'il y a confusion. «Il y a eu un vrai consensus régional pour ne pas empiéter sur les terres agricoles. La seule précaution que nous avons toujours prise, et M. Boisclair avait été clair, c'est que si les travaux sont commencés, on respectera ce qui a été fait. Or les travaux n'ont pas débuté», a d'abord expliqué le président du caucus montérégien. «C'est un collègue qui a peut-être été imprudent dans sa prise de position. Je suis confiant qu'il va se rallier à la position qui est celle des 17 députés de la Montérégie», a-t-il ajouté.

M. Simard a toutefois précisé qu'il n'était pas l'auteur du communiqué de presse dont il venait tout juste de prendre connaissance. «Je me serais bien abstenu, si j'avais vu le communiqué avant, de rabrouer quelqu'un. Ce n'est pas une pratique courante, c'est le moins que l'on puisse dire», a dit M. Simard.

Quant à l'organisateur du PQ, il n'a pas été clair à propos de la teneur exacte de sa conversation avec Michel Pinard. Louis-Philippe Bourgeois a surtout repris la ligne de défense développée plus tôt cette semaine autour de la position controversée du candidat de Sainte-Marie-Sainte-Anne, Robin Philpot, à propos du génocide rwandais. Les médias «cherchent les bibittes», et c'est aussi le cas, selon lui, dans le dossier du prolongement de l'autoroute 30.






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  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 10 mars 2007 00h22
    Triste spectacle
    « On fait encore durer le suspense de la 30, voie de contournement depuis longtemps attendue... Comment les tenants de la 30 sur la 132 peuvent combiner les travaux et l ouverture des commerces pendant la durée minimum de 3 ans ?
    Je suis PQ mais pas au point de voter pour des gens qui même entre eux savent pas se parler avant de gueuler.
    J'ai bien entendu Mr Boisclair dire que c est la 30 dans le champs et pas autre chose une fois les travaux commencé... Mr Rebello je suis rebelle aux faiseur de trouble, on en a déjà assez avec les libéraux. »

  • Alexandre Cossette
    Inscrit
    samedi 10 mars 2007 01h05
    Pas une première
    « J'ai un peu discuté de politique avec mon grand père en fin de semaine passée et cet article ne fait que me confirmer ce qu'il me disait : il y a tout le temps de la chicane au PQ! Ça ne date pas d'hier et ça se perpétue.

    Tellement qu'il votait toujours pour eux mais que maintenant il se propose de voter pour l'ADQ. Alors, je ne crois pas que ce soient seulement les médias qui "cherchent des bibittes". C'est une tendance historique que le manque d'unité au sein de ce parti; candidats contre candidats, groupes de droite contre groupes de gauche...

    Le problème c'est que pendant ce temps là, Rien de constructif ne se fait! Je ne crois pas qu'un tel parti pourra me convaincre de la nécessité de la souverainneté. Je dirais que le "séparatissme", c'est contre-productif. Et pourtant, je suis convaincu que le fédéralisme, même asymétrique, ne tourne pas rond. »

  • Michel Martin
    Abonné
    samedi 10 mars 2007 01h57
    Rebello, fidèle à lui-même !!
    « À la lecture de votre texte, quiconconque connaît un tantinet le candidat péquiste dans La Prairie, François Rebello, ne sera guère surpris de ses propos assassins à l'égard de l'un de ses confrères : monsieur Rebello est bien connu pour sa superbe à l'égard de qui que ce soit ne partageant pas son opinion ! En fait, il est une légende dans son esprit et Dieu seul sait qu'il s'agit d'un endroit bien isolé dans le monde civilisé ; en fait, il représente l'une des plus formidables faces-à-claques des dernières années en politique, au même titre que Denis Coderre chez les libéraux fédéraux à Ottawa !! J'invite les électeurs de La Prairie à donner à ce petit prétentieux l'une des plus formidables dégelées électorales de l'Histoire, ne serait-ce que pour leur éviter d'être représentés par un parvenu condescendant du Plateau qui n'aura, de toute façon, pas plus de respect pour leurs opinions qu'il n'en a pour celles de ses collègues. Les gens comme lui qui aiment se singulariser alors que tous les autres se solidarisent constituent plus souvent qu'autrement des épines aux pieds de leur formation politique.

    Alain-Michel de Québec »

  • Christian Nantel
    Inscrit
    samedi 10 mars 2007 10h49
    Rebello a raison
    « D'abord, les seuls travaux débutés sont, un bout de 2 km sur la 132 qui se termine sur un feux de circulation. En continuant sur la 132 (avec 5 km à faire seulement) vous auriez une autoroute 30 complétée sans bouchon de circulations aux heures de pointe sur la 132. L'autre partie du travail débuté n'est qu'un petit viaduc qui servira d'accès aux parcs industriels.

    Pourquoi aller détruire plus de 550 hectares de terres agricoles d'excellentes qualité, des boisés alors que la MRC Roussillon n'a que 11% de son territoire boisé et des milieux humides. Rona à Terrebonne a été pénalisé pour cela.

    La 30 sur la 132 permet d'éviter ce désastre environnemental et ce tracé a 7 km au lieu de 13 km en zone verte. Moins de gaz à effet de serre lorsqu'un tracé d'autoroute est moins long. Sans compter que le tracé sur la 132 permet aux contribuables québécois d'épargner plus de 200 millions car les expropriations sont déjà faites sur la 132 alors que ce n'est pas le cas dans en zone verte.

    Quant à monsieur Pinard, il agit en opportunisme. Le comté de Châteauguay veut que la 30 passe en zone verte parce que cela fera contourner la circulation du pôle commercial de la route 132 et que la Société Westcliff projette de construire un centre d'achat à Châteauguay. D'ailleurs, la déclaration du directeur régional de Westcliff, dans le Soleil de Châteauguay du 4 novembre 2006 l'indique bien "Nous, on veut que l'autoroute 30 passe au Sud. Elle va contourner les grands centres à Saint-Constant et ça ne nous fait pas de peine !" Monsieur Pinard ne sachant que faire pour déloger Jean-Marc Fournier essaie donc d'aller chercher ses votes en poignardant dans le dos son collègue de La Prairie.

    Une alternative moins coûteuse et plus respectueuse de l'environnement existe, il s'agit de terminer la 30 sur la 132 pour 5 km au lieu d'en faire 13 et détruire des milieux humides et d'excellentes terres agricoles. »

  • Pierre Brisset
    Inscrit
    samedi 10 mars 2007 22h04
    Autoroute 30 : contourner ou éviter Montréal ?
    « Une simple question pour les décideurs du tracé sud de cette merveilleuse autoroute 30.

    Comment les usagers provenant de l'ouest de la grande région de Montréal auront-ils accès à cette voie de contournement si le pont Mercier n'est pas branché directement au prolongement de la 30 qui traversera les terres agricoles ?

    Le territoire que dessert le pont Mercier à l'ouest de la Décarie (A-15) génère 40% de l'activité économique de la Communauté métropolitaine de Montréal. Le pont Mercier permet d'accéder au berceau économique de la Rive-Sud, et au marché lucratif du Nord-Est des États Unis, sans avoir à traverser le centre de Montréal.

    Deux raisons majeures favorisent le branchement du pont Mercier à l'autoroute 30. Cela réduirait le trafic sur la Décarie et la Métropolitaine, ce qui est le but même d'une autoroute de contournement. Puis cela éviterait que la fermeture prochaine de l'échangeur Turcot, pour restauration, ait pour conséquence de dévier tout le trafic de l'Ouest de la CMM vers le pont Mercier et l'actuelle petite route 132 menant à l'A-30 à Candiac.

    La voie de contournement planifiée ne concerne qu'un maigre transit provenant de l'est du Québec et se dirigeant vers l'Ontario. Elle concerne surtout le développement de la Montérégie. Le projet Harper-Charest n'est donc pas prioritaire pour la grande région de Montréal.

    En fait, le projet de l'autoroute 30 ne servira pas à connecter entre eux les grands pôles économiques de la Communauté métropolitaine, mais sera une autoroute d'évitement de Montréal, pourtant le véritable générateur économique du Québec.


    Pierre Brisset, Architecte et directeur du Groupe de recherche urbaine Hochelaga-Maisonneuve.
    4344 Bourbonnière, Montréal
    H1X 2M4

    gruhm@sympatico.ca »

  • Linda Hart
    Abonnée
    samedi 10 mars 2007 22h31
    Rebello a tout à fait raison
    « M. Rebello a parfaitement raison de vouloir protéger les milieux humides et les terres agricoles. Au diable ce merdique centre d'achat, il y en a déjà bien assez comme cela. »

  • Michel Dion
    Inscrit
    dimanche 11 mars 2007 03h56
    Beau cas de psychanalyse
    « François Rebello, le fils de Mme Louise Gagné, a cultivé son trouble identitaire au point où il en est venu à se proclamer représentant des communautés culturelles. Mais, de laquelle? Ça, on se le demande tous. De plus, son narcissisme générationnel, poussé à un niveau pathologique, a fait de lui un véritable caractériel.

    Tous les efforts de cet intrigant ont consisté à éliminer les gens les plus dévoués et les plus intellectuellement sains du parti, pour les remplacer par des arrivistes sans envergure qui lui seront redevables.

    L'intrusion d'un agent d'infiltration d'Ottawa n'aurait pu faire plus de mal au Parti Québécois.
    Y a-t-il jamais adhéré ou a-t-il voulu seulement le vampiriser?

    Après le 27 mars, il faudra, vivement, confier ce petit esprit infatué aux bons soins d'un psychanalyste. Il sera tellement plus facile de reconstruire le parti sans lui.

    Avis aux électeurs de la circonscription de La Prairie. »

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