Lettres: De partition, de guerre et de démocratie
Dans quel système de pensée vit Jean Charest quand il dit qu'une décision démocratique de séparer le Québec du Canada pourrait légitimement être renversée par un mouvement de partition, un mouvement qui toucherait, présumément et sur des bases éminemment ethniques, l'ouest de l'île de Montréal?
Probablement dans le même système que Stéphane Dion qui, avant le référendum de 1995, disait qu'il comprenait la colère de ceux qui appelaient déjà l'armée canadienne à leur secours pour les détacher d'un Québec qui serait devenu souverain. Je me souviens d'avoir entendu le même Dion dire que le fédéralisme était plus «moral» que le séparatisme. La morale, la vérité, Dieu peut-être; de son côté, tous les débordements sont admissibles, et les plus petits mènent généralement aux plus grands.
Dans ce système de pensée qui est le leur, les votes des uns valent plus que les votes des autres. D'où le rejet, par les Dion et consorts, de la règle des 50 % plus une voix.
Que diront-ils, les Charest et les Dion, quand, dans l'éventualité d'une séparation du Québec, leurs amis, défusionnistes d'aujourd'hui et partitionnistes de demain, s'appuyant sur leur caution morale d'éminents hommes d'État, appelleront à la partition par les armes et le sang s'il le faut? Prendront-ils les commandes du mouvement d'insurrection? Ou, au contraire, se plaindront-ils d'avoir été mal cités, prétextant qu'ils ne voulaient pas dire ça et bla bla bla... ? Il eût été préférable de ne pas le dire ou, mieux encore, de n'y avoir jamais même pensé. Leur responsabilité, qui sera grande, sera retenue contre eux.
Probablement dans le même système que Stéphane Dion qui, avant le référendum de 1995, disait qu'il comprenait la colère de ceux qui appelaient déjà l'armée canadienne à leur secours pour les détacher d'un Québec qui serait devenu souverain. Je me souviens d'avoir entendu le même Dion dire que le fédéralisme était plus «moral» que le séparatisme. La morale, la vérité, Dieu peut-être; de son côté, tous les débordements sont admissibles, et les plus petits mènent généralement aux plus grands.
Dans ce système de pensée qui est le leur, les votes des uns valent plus que les votes des autres. D'où le rejet, par les Dion et consorts, de la règle des 50 % plus une voix.
Que diront-ils, les Charest et les Dion, quand, dans l'éventualité d'une séparation du Québec, leurs amis, défusionnistes d'aujourd'hui et partitionnistes de demain, s'appuyant sur leur caution morale d'éminents hommes d'État, appelleront à la partition par les armes et le sang s'il le faut? Prendront-ils les commandes du mouvement d'insurrection? Ou, au contraire, se plaindront-ils d'avoir été mal cités, prétextant qu'ils ne voulaient pas dire ça et bla bla bla... ? Il eût été préférable de ne pas le dire ou, mieux encore, de n'y avoir jamais même pensé. Leur responsabilité, qui sera grande, sera retenue contre eux.
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