Libérations conditionnelles - L'ADQ veut bloquer les portes tournantes
9 mars 2007
Québec
Trois-Rivières — L'Action démocratique veut resserrer les règles des libérations conditionnelles au Québec, a indiqué hier le chef du parti, Mario Dumont.
L'ADQ propose en conséquence une série de mesures qui mettraient fin à ce que M. Dumont a appelé «le phénomène des portes tournantes» dans les prisons.
La libération conditionnelle ne sera plus possible pour un récidiviste. De plus, on ne pourra plus accorder de libérations temporaires pour des raisons autres qu'humanitaires. Actuellement, des détenus sont libérés par souci d'économie ou faute de places disponibles dans les prisons.
Enfin, l'ADQ propose que les détenus soient forcés d'assumer une partie des frais de leur hébergement en prison.
M. Dumont a cité le rapport Corbo sur le système pénitentiaire, qui établissait que le tiers des détenus dans les prisons québécoises avaient déjà été incarcérés au moins 10 fois. Il a aussi rappelé les cas récents où des récidivistes ont commis des crimes alors qu'ils avaient été libérés temporairement.
«Le caractère dissuasif de la peine de prison est largement perdu quand les gens s'en moquent à travers le système des absences temporaires», a dit M. Dumont.
Le chef de l'ADQ trouve par ailleurs normal que les détenus qui en ont les moyens assument eux aussi une partie des frais de détention lorsqu'ils sont emprisonnés. «Dans les centres jeunesse, les parents sont facturés. Dans les polyvalentes, les jeunes paient pour leurs repas. C'est curieux que, dans les prisons, on demande aux contribuables d'assumer ces frais d'hébergement», a affirmé M. Dumont.
Cette idée de faire payer les détenus capables de le faire a suscité la critique du ministre libéral de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, mais recueille l'assentiment de son ancien collègue ministre de la Justice, Marc Bellemare.
Cette position de faire participer financièrement les détenus «ne tient pas la route lorsqu'on la soumet à l'épreuve des faits», a déclaré le ministre Dupuis dans un communiqué transmis après le dévoilement de la proposition de l'ADQ.
«La proportion des personnes détenues qui ont les moyens de payer est minime, car 90 % déclarent des revenus inférieurs au salaire moyen. Sur le plan administratif, il s'agit d'une proposition qui coûtera plus cher à administrer que les bénéfices très hypothétiques que sa mise en oeuvre pourrait générer. De plus, imaginez les effets pervers sur les familles innocentes qui se retrouveront dans une situation financière encore plus précaire», a-t-il ajouté.
Par contre, l'ancien ministre Marc Bellemare a rappelé qu'un détenu coûte 150 $ quotidiennement à l'État et qu'il est normal que ceux qui en ont les moyens assument une partie de leurs frais d'hébergement.
«M. Dupuis, alors député de l'opposition, paraissait d'accord avec cette mesure lorsque je l'ai soumise devant une commission parlementaire avant mon élection en février 2002», a dit Me Bellemare à la Presse canadienne.
Ce dernier a rappelé qu'un citoyen comme Guy Cloutier aurait eu les moyens de payer une partie de ses frais d'emprisonnement.
L'ADQ propose en conséquence une série de mesures qui mettraient fin à ce que M. Dumont a appelé «le phénomène des portes tournantes» dans les prisons.
La libération conditionnelle ne sera plus possible pour un récidiviste. De plus, on ne pourra plus accorder de libérations temporaires pour des raisons autres qu'humanitaires. Actuellement, des détenus sont libérés par souci d'économie ou faute de places disponibles dans les prisons.
Enfin, l'ADQ propose que les détenus soient forcés d'assumer une partie des frais de leur hébergement en prison.
M. Dumont a cité le rapport Corbo sur le système pénitentiaire, qui établissait que le tiers des détenus dans les prisons québécoises avaient déjà été incarcérés au moins 10 fois. Il a aussi rappelé les cas récents où des récidivistes ont commis des crimes alors qu'ils avaient été libérés temporairement.
«Le caractère dissuasif de la peine de prison est largement perdu quand les gens s'en moquent à travers le système des absences temporaires», a dit M. Dumont.
Le chef de l'ADQ trouve par ailleurs normal que les détenus qui en ont les moyens assument eux aussi une partie des frais de détention lorsqu'ils sont emprisonnés. «Dans les centres jeunesse, les parents sont facturés. Dans les polyvalentes, les jeunes paient pour leurs repas. C'est curieux que, dans les prisons, on demande aux contribuables d'assumer ces frais d'hébergement», a affirmé M. Dumont.
Cette idée de faire payer les détenus capables de le faire a suscité la critique du ministre libéral de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, mais recueille l'assentiment de son ancien collègue ministre de la Justice, Marc Bellemare.
Cette position de faire participer financièrement les détenus «ne tient pas la route lorsqu'on la soumet à l'épreuve des faits», a déclaré le ministre Dupuis dans un communiqué transmis après le dévoilement de la proposition de l'ADQ.
«La proportion des personnes détenues qui ont les moyens de payer est minime, car 90 % déclarent des revenus inférieurs au salaire moyen. Sur le plan administratif, il s'agit d'une proposition qui coûtera plus cher à administrer que les bénéfices très hypothétiques que sa mise en oeuvre pourrait générer. De plus, imaginez les effets pervers sur les familles innocentes qui se retrouveront dans une situation financière encore plus précaire», a-t-il ajouté.
Par contre, l'ancien ministre Marc Bellemare a rappelé qu'un détenu coûte 150 $ quotidiennement à l'État et qu'il est normal que ceux qui en ont les moyens assument une partie de leurs frais d'hébergement.
«M. Dupuis, alors député de l'opposition, paraissait d'accord avec cette mesure lorsque je l'ai soumise devant une commission parlementaire avant mon élection en février 2002», a dit Me Bellemare à la Presse canadienne.
Ce dernier a rappelé qu'un citoyen comme Guy Cloutier aurait eu les moyens de payer une partie de ses frais d'emprisonnement.
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