samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h41


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

«Chacun son métier»

Christian Rioux   9 mars 2007  Québec
Il m'arrive ces jours-ci de faire des rêves étranges. Écartelé entre deux continents, je ne suis pas sûr, certains matins, de bien distinguer Ségolène Royal d'André Boisclair, Nicolas Sarkozy de Jean Charest et Mario Dumont de François Bayrou. Le hasard aura voulu que les calendriers politiques français et québécois se télescopent et que les candidats se livrent à un étrange jeu de miroirs.

Les cultures politiques française et québécoise ont beau être opposées, les points communs entre ces deux campagnes ne cessent de surprendre. Des deux côtés de l'océan, on trouve une droite dont le bilan est plus que moyen, sinon franchement mauvais. En face s'agite une gauche qui peine à se déployer et dont les chefs font preuve d'une maladresse évidente. Last but not least, dans les deux pays, un troisième homme venu de nulle part profite de la déconvenue de ses adversaires pour s'infiltrer dans la bergerie.

Parmi les similitudes, il y en a une plus frappante que les autres. À Paris comme à Montréal, les principales prestations des leaders politiques, celles qui permettent au plus grand nombre d'électeurs de découvrir les candidats et leur programme, ont eu lieu à la télévision dans des émissions qui ont finalement peu à voir avec l'information.

Au Québec, à l'exception du débat des chefs, c'est à Tout le monde en parle que les candidats auront eu le plus de temps pour s'exprimer devant un large public. En France, c'est dans une émission comme J'ai une question à vous poser, qui a mobilisé plus de huit millions de spectateurs. Peu importe qu'il s'agisse, au Québec, d'une émission de variétés qui verse dans l'information et, en France, d'une émission d'information qui vire aux variétés. Dans les deux cas, l'infotainment aura pris soin d'exclure les journalistes sans se soucier du fait que certains électeurs, parmi les moins renseignés, n'auront presque rien vu d'autre de consistant durant toute la campagne.

À une autre époque, Radio-Canada aurait jugé outrageant de faire interviewer les responsables de la nation par un animateur de variétés alors qu'il y a des journalistes pour ça. Autres temps, autres moeurs. La plupart des questions posées par Guy A. Lepage à André Boisclair la semaine dernière — et on présume qu'il en sera de même au cours des prochaines semaines — se voulaient davantage provocantes que destinées à approfondir les enjeux de cette campagne. On en est donc vite revenu au savoureux épisode de Brokeback Mountain, qui permet de rire un bon coup tout en humiliant une fois de plus un candidat qui, il faut le dire, a un vrai talent pour le mea-culpa.

Ah! le plaisir de voir le diplômé de Harvard prendre son trou! En effet, l'essentiel est là, dans ce sourire cynique de l'animateur qui met les politiques à sa main et les force à faire les mêmes bêtises que lui. Qu'ont-ils donc à se croire au-dessus de la mêlée? Ah! la belle fête païenne qui consiste à immoler ses élites sous le couperet «démocratique» d'un animateur qui se prend pour le représentant vivant du peuple! C'est la revanche de la foule anonyme. Et voilà qu'on inflige à l'agneau Boisclair ce clip de Gérard D. Laflaque où il chante à tue-tête que tous les candidats mentent effrontément. Comme si le véritable mensonge n'était pas ce rire contraint auquel l'invité doit impérativement se plier sous peine de passer pour une personne hautaine et méprisante.

Les Français, qui ont inventé la formule recyclée par Guy A. Lepage, sont à la fois plus cyniques et plus respectueux de leurs élites. Thierry Ardisson, à l'époque où il officiait, était beaucoup plus méchant que son clone québécois, à qui il arrive très souvent de faire des entrevues complaisantes. Mais en période de campagne électorale, on trouve encore en France des émissions d'information sur les grandes chaînes généralistes aux heures de grande écoute où les candidats peuvent se faire entendre sans avoir à danser sur les tables. Leurs jours sont probablement comptés.

Sur TF1, J'ai une question à vous poser rassemblait cent individus censés représenter un portrait fidèle de l'électorat. Les participants avaient dix secondes pour poser leur question et, surtout, évoquer leur petit bobo personnel. Comment alors ne pas sombrer dans la récrimination à tout crin? Seul devant cent citoyens «ordinaires», le candidat était déjà «peinturé dans le coin». Autour de lui, dans les gradins du stade, les yeux vengeurs du «vrai» monde. Malheur à celui qui ferait mine de ne pas compatir à la situation de l'un ou de l'autre. La sanction serait aussi terrible que pour celui qui oserait ne pas communier aux facéties de Guy A. Lepage.

Entre les sarcasmes d'un animateur populiste et les récriminations de Mme Tout-le-monde, des deux côtés de l'océan, les candidats se retrouvent sur le banc des accusés, sommés de répondre aux «vraies» questions du «vrai» monde. Rien de plus normal, direz-vous. Sauf qu'ici, le test de la vérité ne porte pas vraiment sur les engagements, les programmes et la détermination des candidats. Il porte plutôt sur leur capacité à paraître sympathiques, proches du peuple, à rire ou à s'indigner de la moindre insignifiance. Un test que Churchill, de Gaulle et Kennedy n'auraient probablement jamais réussi.

Dans les deux cas, il faut bien parler de la grand-messe du cynisme. En effet, une fois les idoles détruites, que reste-t-il d'autre? Comment se surprendre qu'après ces mises en scène racoleuses largement diffusées, le populisme soit en recrudescence et que des candidats comme Mario Dumont, au Québec, et François Bayrou, en France, fassent irruption dans la campagne en prétendant représenter le «vrai» monde face à une élite réputée n'y rien connaître? Avez-vous vu comme il est froid! Regardez comme elle est prétentieuse! Et celui-là, vraiment, il pourrait sourire un peu!

Comment s'étonner que la scène politique soit plus volatile et plus éclatée que jamais, comme le faisait remarquer cette semaine le politologue Jean-Herman Guay? Le cynisme politique n'est certes pas une invention des médias modernes, mais ceux-ci jouent un rôle évident dans sa diffusion en prime time. Je rêve du jour où les journalistes feront grève pour forcer les grands réseaux à ne pas confier l'entrevue d'un premier ministre à un humoriste en pleine campagne électorale.

«À chacun son métier», disait Dany Turcotte à la fin de l'entrevue d'André Boisclair. Il ne croyait pas si bien dire.

Correspondand du Devoir à Paris






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 02h43
    Le p'tit Mario faut bien lui donné sa chance?
    « Pauvre comme Job comme on dit, même avec le .50 de 18% des votes pour 924 membres?. Plutôt que de grossir ce fut le contraire mais un généreux libéral comme en 2003 est venu sauver le p'tit Mario. Mais riche en animateurs de radio pour mousser ce populisme en recrudescence. Proulx, Fillion, Gendron, Plante consacre les heures d'émission rien qu'à lui même Mailloux en parle. Pendant ce temps les libéraux qui sont à vendre le Québec pour une bouché de pain ont le vent dans les voiles. Trois ans de bouleversement de hurlement, des commandites et option Canada et une année de promesse et les québécois y voit un bilan pas si mal. J'oubliais pensez-vous que le Québec à des frontières pour éviter que les enveloppes brunes traversent d'Ottawa à Québec? divisible indivisible... »

  • Georges Paquet
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 04h50
    Le cynisme des politiques
    « Merci Monsieur Rioux pour ces intéressantes réflexions.

    On pourraît croire, à première vue que nous sommes dans la situation de la poule et de l'oeuf. Est-ce le cynisme des politiques qui engendre le cynisme des citoyens, des animateurs et des journalistes, ou l'inverse?

    Je crois que ce sont les politiques qui ont commencé les premiers à jouer à ce jeux, et si Machiavel l'a inventé, nos personnages politiques, j'oserais dire de tout temps, l'ont porté à un haut niveau de perfection.
    Chacun sait ou apprend à ses dépends qu'il ne faut pas croire le tiers des promesses électorales; que la première préoccupation, pour ne pas dire la vocation, d'un Parti politique est de prendre le pouvoir et de la conserver; que la discipline du Parti est la première règle pour réussir en politique; que le candidat qui dit, tout haut, ce qu'il pense n'a pas baucoup de chance de réussir dans cet univers; que tous les Partis engagent des experts pour les aider à identifier "les conditions gagnantes"; etcetera...
    Comment se surprendre alors qu'après un certain nombre de fois à avoir plus au moins cru dans une thèse ou dans une autre, le citoyen en arrive à la conclusion que l'art du spectacle est partout. D'ailleurs, il est difficile de traduire en français l'expression que les réseaux anglophones utilisent pour toutes leurs émissions, qu'elles soient sérieuses, menées pas des journalistes compétents et respectés ou pas des animateurs de vaiétés. Il disent: "Welcome to the show".

    Tout est spectacle. Nous sommes tous des spectateurs.

    Et et il vaut mieux que le spectacle soit bon si les responsables veulent conserver leur job.

    D'ailleurs, en France, comme aux États-Unis et chez-nous c'est le "Box office" qui fait ou défait la carrière de tout producteur.

    Pour revenir à De Gaulle, Churchill et Kennedy (en cette vigile de la journée de la femme, j'ajouterais, Golda Meir, Indira Ghandi et Margaret Tatcher) je crois qu'il y a, à certaines époques, de grands personnages. Ce n'est pas la politique qui les a formés, mais ils ont été utiles en politique.

    C'est ce qu'il faut nous souhaiter.

    Georges Paquet »

  • Yves Camirand
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 06h05
    Autres temps, mêmes moeurs
    « Je suis tout à fait d'accord avec le propos de M. Rioux quant à la « démocratisation » à outrance des campagnes électorales qui prennent une tournure populiste décourageante, au détriment d'une information réelle et pertinente.
    Toutefois, contrairement à ce qu'il semble dire, le phénomène n'est pas nouveau. Rappelons-nous le début des années 1970 quand Madame Payette, animatrice de l'émission de variété Appelez-moi Lise, mettait sur la sellette l'élite politique et réussissait à tourner en ridicule bien des élus moins préparés que ceux d'aujourd'hui à affronter les médias non journalistiques.
    Les entrevues des Pierre Trudeau, Robert Bourassa et consorts n'étaient pas toujours axées sur leur action politique, et les concours, comme celui du Plus bel homme, où se retrouvaient hommes d'état, comédiens et journalistes, étaient l'équivalent de ce que l'on voit maintenant.
    Selon moi, ce n'est pas un signe des temps, mais plutôt un phénomène télévisuel. Et ce médium, outil de démocratisation populiste par excellence, a malheureusement sonné le glas des campagnes d'idées au profit des campagnes de popularité. »

  • Michel Seymour
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 06h11
    Un grand cru
    « Ce matin, Christian Rioux se surpasse en épinglant avec brio le populisme rampant qui cancérise l'espace public, mais qui est aussi entretenu par des journalistes populistes raccoleurs comme Paul Arcand et Denis Lévesque qui «disent les vraies choses». Bravo pour ce texte qui est une pièce d'anthologie et qui met en mots une amertume ressentie depuis des années face à un peuple de «Bougons Macabres». Michel Seymour »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 07h39
    Le sérieux des candidats français.
    « Je suis d'accord avec vous, M. Rioux, quand vous dites qu'ici, ce n'est pas tellement l'engagement ou la qualité d'un programme qui compte, mais bien la distribution de promesses-bonbons! Par contre, je dois vous avouer, que depuis quelque temps, je constate aux émissions de télé françaises, le sérieux et la qualité du débat des politiciens français.Que ce soient chez Laurent Ruquier, pourtant une émission qui n'est pas spécifiquement d'affaires publiques, ou encore l'émission " A vous de juger" que j'ai regardé hier avec Sarkozy, je suis impressionné! Les politiciens français sont tellement articulés et connaissent tellement leurs dossiers, que les politiciens d'ici ressemblent à des sous-chefs débutants qui ne connaissent à peu près rien des problèmes concrets de leurs commettants! Le danger dans tout cela, c'est que je suis en train de délaisser la campagne québécoise pour suivre celle de nos cousins. A quand une qualité de femmes et d'hommes publics articulés et ayant une formation adéquate pour gérer les affaires publiques chez nous?
    Merci. Gilles Delisle »

  • Gilles Marcotte
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 07h41
    Sans oublier...
    « Pour compléter l'analogie politique franco-québécoise, ne surtout pas oublier Françoise David et Arlette Laguillier!

    Patrice Marcotte »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    vendredi 9 mars 2007 08h05
    Mindfuck Inc. : La liste de Rabinovitch, Péladeau et Desmarais
    « "La politique, c'est l'art de consulter les gens sur ce à quoi ils n'entendent rien, et de les empêcher de s'occuper de ce qui les regarde." - Paul Valéry

    Le statut du citoyen régresse à son ancien état d'esclave de la royauté. Ce n'est plus le sang bleu qui impose, c'est au tour des empires médiatiques de règner.

    En des temps moins politiquement corrects, le pouvoir affichait ouvertement son souverain mépris...

    "Le peuple est une masse imbécile faite pour être menée par ceux qui se donnent la peine de le tromper. " - Frédéric II de Prusse

    Mindfuck Inc. affiche de plus en plus cette attitude hautaine et suffisante. On se cache de moins en moins, tellement l'emprise médiatique sur l'opinion publique se consolide et semble irréversible.

    Ce qui demeure indéfendable de la part de Gesca, ce n'est pas que La Presse et ses satellites soient des organes fédéralistes ; c'est leur prétention à l'impartialité. Dito pour CBC franco.

    Que le Journal de Montréal se refuse à avoir une page éditorial est explicite. Rappelons, tout de même, que le père Péladeau fût le premier homme d'affaire à défendre la viabilité du projet économique d'un Québec souverain.
    Un citoyen corporatif a aussi des obligations, surtout quand il utilise un bien commun comme les ondes publiques. Mais ça, qui s'en souvient ?

    Il semble autrement plus payant pour nos élites d'utiliser leur intelligence et pouvoir pour abuser de leurs contemporains que de les aider à évoluer en les éduquant.

    Les émules d'Edward Bernays ratissent large et sans vergogne. Voir "The Century of the Self" La genèse du PR et du contrôle dirigé du peuple y est exposé. Ouch !

    Depuis, la psyché collective carbure, par procuration, via les chantres de la transformation du citoyen en consommateur.
    La gente culturelle, via les récents chantages et poursuites de Québécor, dans le dossier du fond de la télé, vient de sentir souffler dans son cou l'ignoble haleine de la définition du fascisme telle que proposée par Mussolini...

    "Le Fascisme devrait plutôt être appelé Corporatisme, puisqu'il s'agit en fait de l'intégration des pouvoirs de l'état et des pouvoirs du marché." - Benito Mussolini

    Le tout largement subventionné par vous et moi ! On a de la classe tout de même, on fournit le KY !

    On privatise bien la guerre et les gouvernements. Monsanto, brevète même la vie, alors la culture hein, y'a rien la !

    Abuser du bon peuple... c'est du gâteau médiatique.

    Nous sommes libres, de toute la longueur de notre chaîne. Nous sommes des Québécois à peur entière !

    L'existence des listes de Rabinovitch, Péladeau et Desmarais est un secret de polichinelle.
    Parce que les trois listes ne peuvent que se recouper à un certain niveau de la hiérarchie du pouvoir ; les journalistes, artistes et artisans de l'industrie culturelle sont désormais pris en otage et réduis au silence, sinon à l'insignifiance et au dirigisme de l'information comme de la création.

    Tous les hommes ont leur prix nous assure-t-on...

    Quel est celui de l'âme d'un peuple ?

    "Les puissants se servent des institutions même qui établissent la liberté de principe pour faire régner l'inégalité de fait dans le cadre de la loi." - Jean Jaurès

    *PS : Le droit d'utiliser la notion de "Traître à la Nation" a été légalement acquise grâce au jugement de la Cour d'appel du Québec dans l'affaire Hervieux-Payette.

    Cette grande leçon de droit civil aura pris 20 ans à se conclure et constitue un chapitre important de l'histoire judiciaire du Québec.
    L'essai sur la liberté de parole, en matière politique, de François Gendron : "L'AFFAIRE DES TRAÎTRES" raconte cette saga et devrait être une lecture requise de tous citoyens qui s'intéressent au débat public.

    "Il n'y a pas d'élégance à être un bon perdant quand l'enjeu perdu est la liberté." - John Hay Whitney »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    vendredi 9 mars 2007 08h28
    Regard plongeant
    « Oui cette analyse de Christian Rioux est une véritable pièce d'anthologie. Voilà du grand art : savoir regarder de haut et décoder une réalité qui se meut sur deux continents comme une véritable pièce de théâtre. On se prend à imaginer les politiciens comme des comédiens dont le rôle serait déjà écrit... Mais est-ce bien dans le ciel ? »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    samedi 10 mars 2007 17h00
    LE MENSONGE NATIONAL, LE PIRE DE TOUS
    « Vendredi midi (9 mars 2007), j'ai participé à la tribune de Pierre de Maisonneuve.

    Quelqu'un venait de dire, un peu comme Bernard Descôteaux, que je soupçonne de m'avoir entendu, que nous devrions enlever nos lunettes roses durant la présente campagne. J'ai dit au contraire qu'il faut mettre ses lunettes roses.

    J'ai proposé une nouvelle approche pour mettre fin à la polarisation centenaire entre le Québec et le Canada, au chapitre fédéralisme-souverainisme.

    J'ai dit qu'on devrait faire aux libéraux ce qu'on avait fait jadis à l'Union nationale, les rayer de la carte électorale du Québec.

    Si tu y réfléchis bien, ils sont dans les patates ceux qui disent que le parti québécois est un vieux parti. C'est totalement faux. En fait, le seul vieux parti à l'Assemblée nationale est le Parti Libéral du Québec, qui origine de la culture anglo-saxonne britannique, qui les a mis dehors depuis longtemps de leur paysage, en élisant à leur place des travaillistes.

    Je veux qu'on revienne au système de bipartisme au Québec.

    J'expliquais à un de Maisonneuve hésitant que si les libéraux disparaissaient de la carte, avec eux disparaîtraient tous les problèmes du Québec, parce qu'ils ne nous ressemblent pas du tout.

    Imaginez! Certains disent du parti québécois qu'il est un vieux parti alors qu'il n'a que 35 ans; à l'image de ses deux jeunes chefs de parti actuellement, André Boisclair et Mario Dumont, il est temps que le Québec récupère son identité nationale, en mettant les étrangers dehors, c'est-à-dire les libéraux, qui sont des fédéralistes extrêmes, contrairement à Mario Dumont qui est un fédéraliste modéré avec sa thèse autonomiste.

    Je disais donc aux auditeurs à l'écoute que maintenant qu'on a fait 7 ans dans le 3e millénaire, il serait grand temps que le Québec se débarrasse d'un parti libéral issu des Whigs britanniques, alors que les conservateurs en sont les Tories; le parti libéral a 140 ans; c'est le seul vieux parti à l'assemblée nationale.

    Et je faisais fantasmer de Maisonneuve en lui disant d'imaginer un instant que nous rayons les libéraux de la carte électorale québécoise, nous serions enfin en famille, entre autonomistes et souverainistes. On n'a rien de commun avec les "Canadiens", on est plutôt de type européen. On a prouvé par le passé que le Québec était contre tout ce qui est extrême, y compris le fédéralisme.

    J'ai conclu en disant qu'on mette le Parti québécois au pouvoir, et les adéquistes dans l'opposition officielle pour nous retrouver entre nous, après avoir rayé les libéraux de notre carte électorale.

    C'est peut-être la solution au nouveau Québec qui n'attend que ça pour tourner la page, et récupérer son destin national. Il faut revenir au bipartisme au Québec: PQ-ADQ, en concentrant la gauche (les verts et solidaires dans le PQ), et la droite dans l'ADQ; comme en France, notre mère patrie, on assisterait enfin à une véritable alternance au Québec.

    Bonne manière de crever l'abcès une fois pour toutes.

    Les adéquistes et péquistes nous ressemblent, contrairement aux libéraux qui ressemblent à leurs maîtres anglo-saxons. J'ai d'ailleurs fait sourciller de Maisonneuve en lui disant que les libéraux, de toute manière, sont des colonisés et des assimilés comme un certain réactionnaire dans le même papier (Le Devoir), nommé Zach, qui ne nous ressemble pas du tout, pas plus qu'un certain Tony que j'entends régulièrement à l'émission "Le couvre-feu". Même notre premier ministre est un irlandais qui n'a rien de commun avec nous.

    Chassons donc pour de bon les fédéralistes extrêmes que sont les libéraux, pour ne faire la place parmi nous qu'aux adéquistes et péquistes; autrement dit, mettons fin au débat de polarisation que tente une nouvelle fois Charest, entre fédéralistes et souverainistes, en mettant de l'avant nos nouvelles priorités entre nous: autonomistes et souverainistes.

    On peut réaliser ce changement radical dès le 26 mars. Ne passons pas à côté de notre histoire une fois de plus comme nation. Le Québec doit rester fidèle à son image, ne plus tomber dans le fédéralisme extrême, mais le fédéralisme modéré prôné par l'ADQ avec son autonomie, à la manière de la Catalogue, avec en contrepartie le souverainisme.

    Comme par hasard, durant la journée, sur d'autres tribunes, l'idée que j'ai lancée fait son petit bonhomme de chemin; j'ai entendu des propos dans le même sens depuis à deux reprises, et hier soir, durant la nuit, j'ai entendu une certaine fédéraliste extrême, Céline, qui n'ayant pas d'arguments a fait ce que les libéraux opportunistes et récupérateurs ont coutume de faire, nicher comme le coucou dans le nid des autres; alors que j'avais dit qu'il faut rayer de la carte québécoise le parti libéral, elle a dit qu'il fallait rayer le parti québécois de la carte. C'est ainsi que pensent les fédéralistes toujours à court d'idées; ils pigent dans les idées des autres en les pervertissant à leur avantage.

    Désormais, j'appellerai les libéraux qui oseront encore s'afficher ainsi, des fédéralistes extrêmes, car c'est ce qu'ils sont. Donc, culturellement rien à faire avec nous. Ne votons pas pour les fédéralistes extrêmes le 26 mars. Envoyons les libéraux à l'histoire de notre passé douloureux. Votons désormais pour le PQ ou l'ADQ, et prenons notre rendez-vous avec le postmodernisme. Ne regardons pas passer le train, sautons dedans, en laissant les libéraux derrière nous. Et cessons de piétiner les nôtres, Mario Dumont ou André Boisclair. Ils sont les jeunes hommes de la situation. Et il n'y a plus de libéraux au Québec; que des autonomistes et des souverainistes, enfin!

    Quand on entend ici, des animateurs à la SRC, comme Michel Lacombe à "Ouverts le samedi", dire sans retenue que le parti québécois est en chute libre, on se demande s'il vit à l'heure française qui dit la même chose par Christian Rioux de la gauche de Ségolène Royal.

    J'espère une fois de plus que l'électorat, des deux côtés de l'Atlantique, mouchera le nez de ceux qui se prétendent vigiles de l'opinion publique. Il se trouve que nous ne nous laissons plus programmer par les journalistes d'opinion débranchés de la publique, à l'image des sondeurs affamés tel CROP, qui ne pensent plus qu'en termes de rentabilité pour leur employeur.

    Et merci au Devoir de nous donner plus d'espace que Voir toujours aussi chiche avec ses 2000 caractères permis seulement si on s'avise d'y écrire. »

  • Serge Gingras
    Inscrit
    dimanche 11 mars 2007 11h35
    Ne pas prendre des vessies pour des lanternes
    « Bonjour M. Rioux!

    Je ne partage pas votre dureté face à Guy A. Lepage. M. Lepage n'a pas la prétention d'être un journaliste et son programme en est un de divertissement et d'information tout azimuth. Ce n'est pas Point de mire.

    S'il faut blâmer quelqu'un, c'est l'invité.

    Cela dit, j'apprécie toujours vos présences Kiosque.

    Sans rancune,

    Serge Gingras, Aylmer (Gatineau) »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
10 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009