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Votez libéral et évitez la partition

- Du fédéralisme de chantage, clame Boisclair - Charest n'est pas capable de gouverner le Québec, dit Dumont

Photo : Jacques Nadeau
Après avoir commis son «lapsus» mardi au sujet de la partition du Québec advenant une victoire du OUI, le chef libéral, Jean Charest, a refusé hier de s'engager, quoi qu'il advienne, à se porter à la défense de l'intégrité du territoire québécois. En fait, il a évité de répondre à la question, même si elle lui a été posée plusieurs fois en matinée et en après-midi, au massif de la Petite-Rivière-Saint-François et à l'Université Laval, où il a fait des annonces sur les «saines habitudes de vie». Il a toutefois admis qu'il ne «condamnerait» pas ceux qui plaideraient pour la partition.

Selon Jean Charest, la meilleure façon d'éviter la partition est pour les Québécois de voter libéral le 26 mars. Il a aussi repoussé les questions sur le sujet en les qualifiant d'«hypothétiques». Les Québécois préféreraient ne pas «faire ces débats», a dit le chef libéral, qui fera campagne dans l'ouest de l'île de Montréal aujourd'hui. «Le 26 mars prochain, on décidera ensemble si on veut [consacrer] nos samedis soir à cette question-là pour les quatre prochaines années ou si l'on veut plutôt s'occuper de [nos] systèmes de soins, de santé et d'éducation, de nos universités et de nos collèges», a-t-il répété plusieurs fois en reprochant aux médias de s'intéresser à cette question. «C'est vous qui soulevez les questions là-dessus.» Semblant exaspéré en après-midi à l'Université Laval, le chef libéral a déclaré: «J'ai dit que le Québec est indivisible. Ça règle le problème.» Se ravisant par la suite, il a opté pour l'ironie, affirmant qu'il était au fond enchanté qu'on lui pose encore et toujours cette question puisque cela inciterait les Québécois à voter pour les libéraux.

Fait cocasse, lorsqu'il a voulu réitérer sa correction de mardi, Jean Charest a de nouveau bafouillé, dans un point de presse à l'extérieur, au sommet du massif, par un temps glacial: «En réponse à une question en anglais, j'ai employé le mot "divisible" alors que j'aurais dû employer le mot... euh... J'ai utilisé le mot "indivisible" alors que j'aurais dû utiliser le mot "divisible". Ou le contraire.»

The Gazette rappelait mardi qu'en 1996 Jean Charest avait déclaré que, «si les séparatistes ont un droit à la dissidence, ils ne peuvent nier ce même droit aux autres», reformulation de la célèbre phrase de Pierre Elliott Trudeau: «Si le Canada est divisible, le Québec l'est aussi.»

Hier, il a répété que la question de la partition sera soulevée de manière «inévitable» après un OUI. «Ça, c'est la réponse honnête», a-t-il soutenu. Mais qui la posera? En 1996, M. Charest, qui était le chef du Parti conservateur, avait affirmé: «Il est loin d'être clair que le Québec n'est pas divisible. Je crois que les Cris et les Inuits auraient une très bonne cause» devant les tribunaux. Hier, il a précisé: «Je voyais et je constatais en 1995 qu'il y avait des groupes autochtones qui allaient potentiellement poser la question, mais ça, c'est très hypothétique.» Un autre journaliste lui a demandé s'il n'avait pas affaibli la position du Québec en livrant sa réponse «honnête» évoquant la possibilité d'une partition. «Non», a-t-il répondu, laconique.

Cadeau aux souverainistes

Estimant que les propos sur la partition révélaient un «fédéralisme de chantage», le chef péquiste, André Boisclair, a soutenu en matinée qu'une telle position ne fera qu'alimenter la ferveur souverainiste. Le chef péquiste a aussi réagi au point de vue exprimé en 1995 par Stephen Harper, alors député réformiste. Seuls les Québécois «pure laine» formaient un peuple et, à ce titre, eux seuls pourraient se séparer, ce qui conduirait à la partition du Québec, avait-il dit.

Selon M. Boisclair, le territoire du Québec, en vertu du droit constitutionnel canadien, est indivisible et ses frontières ne peuvent pas être modifiées sans le consentement de l'Assemblée nationale. Il a accusé Jean Charest d'être «totalement irresponsable» d'avoir soulevé la question de la partition advenant un Oui au référendum sur la souveraineté et d'«avoir manqué de jugement».

«Sa job comme premier ministre, ce n'est pas de poser des questions sur l'intégrité du territoire québécois, sa job, c'est de la défendre [...] comme ses prédécesseurs l'ont fait», a dit M. Boisclair. «La vérité a ses droits. Le premier ministre doit être transparent. Il doit assumer ses responsabilités. Jamais la question de l'intégrité du territoire ne fera partie des discussions, des négociations ou de quelconques échanges qu'on pourra avoir avec le gouvernement fédéral» après un référendum victorieux, a avancé M. Boisclair.

Dans une entrevue accordée au Soleil en juin 2006, André Boisclair affirmait ne pas être un «kamikaze» de la souveraineté. Désormais pourtant, un seul scénario lui sied: tenir un référendum rapidement au cours du premier mandat. Or le candidat-vedette de Borduas, Pierre Curzi, a formulé des doutes sur la stratégie arrêtée par le PQ en 2005, dans une interview accordée à l'émission Les Francs-Tireurs de Télé-Québec, diffusée hier, dont Le Journal de Montréal faisait état.

Ces réserves n'ébranlent pas le chef péquiste, qui assure que le prochain référendum sera assurément gagnant. Un gouvernement du PQ dépensera des fonds publics «de façon raisonnable» afin de préparer le référendum, comme le stipule la plateforme électorale du parti. «Nous allons mobiliser les régions derrière un nouveau projet de gouvernance. Nous allons bâtir une coalition qui fera appel aux souverainistes de tous les horizons», a-t-il indiqué. Il s'est montré vague sur les sommes qui seraient allouées à cette démarche. «Je vais mettre au moins autant d'argent que M. Charest en a mis dans son Conseil de la fédération», a-t-il indiqué. Selon le Secrétariat aux affaires intergouvernementales canadiennes (SAIC), le gouvernement québécois dépense 580 000 $ par an pour les activités du Conseil de la fédération, un budget qui sera porté à 830 000 $ en 2012.

Quant au chef adéquiste Mario Dumont, il estime que Jean Charest a commis l'erreur de parler de la partition du Québec parce qu'il rêve de devenir premier ministre du Canada. «Après quatre ans comme premier ministre du Québec, [Jean Charest est] plus populaire à Winnipeg qu'à Montmagny. Avec des déclarations comme celles-là, l'écart va se creuser», a lancé le chef adéquiste. «S'il n'est pas à la hauteur de défendre l'intégrité du territoire, M. Charest n'est pas à la hauteur d'être le premier ministre du Québec», a-t-il martelé hier, tant en Beauce qu'en Estrie.

Il n'a toujours pas été possible hier de joindre Benoît Pelletier, ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes. Il a rencontré très discrètement la presse hier, à Sherbrooke, aux côtés de sa collègue Monique Gagnon-Tremblay, pour dresser le bilan des réalisations libérales depuis quatre ans en matière d'affaires internationales. Un seul journaliste a participé à cette conférence de presse, qui n'avait pas été convoquée par les voies habituelles. En 1997, avant d'entrer en politique, Benoît Pelletier, alors professeur en droit constitutionnel à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa, avait soutenu que «l'action des partitionnistes pourrait faire échouer le projet de sécession du Québec» (Le Droit, 24 février 1997).

Le Devoir

Avec la Presse canadienne
 
 
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  • Fortier André
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 01h08
    Perplexité
    Où en sommes-nous rendus les Québécois de toutes souches et de tous horizons maintenant? S'agit-il de lassitude, de je m'en foutisme, de déboussolement, de cynisme? Je n'entend pas beaucoup monsieur et madame tout le monde vivement réagir au fait que l'actuel leader de notre État admette candidement qu'il n'y a pas lieu de le défendre contre les attaques de quelque part que ce soit qui menacent son intégrité. Où en sommes-nous dans nos aspirations au respect de notre identité collective et nos spécificités si admirablement reconnues à travers le monde? On s'en fout que le groupuscule X ou Y bafoue de notre démarche si hautement démocratique et respectueuse en tentant de la bloquer par des passe-passe de mauvais aloi répondant à des préoccupations politiques de courte vue et bassement partisanes? Et surtout, on laisse un leader se montrer indigne de si ostentatoire façon en acceptant sa pseudo explication de lapsus, alors qu'il passe le reste de la journée à en remettre, mais cette fois plus indirectement. Jamais il n'aura été aussi bien fondé le dicton populaire ' On a les dirigeants qu'on mérite. ' À moins que....

  • Yves Poitras
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 02h25
    Jean Charest se fout du Québec
    Il serait peut-être prêt à le défendre, mais à ses conditions.

  • l poisson
    Inscrite
    jeudi 8 mars 2007 03h02
    Votons libéral pour en finir avec le référendum grâce à une partition préventive
    Voici peut-être ce à quoi pensait M. Charest en faisant son lapsus
    en anglais mardi et
    en français mercredi:

    "Si avec la loi sur la clarté référendaire, Stéphane Dion a pu :
    a) couper l'herbe sous le pieds des souverainistes qui croient encore à la suffisance d'un référendum démocratique et victorieux et
    b) se faufiler à la chefferie libérale fédérale;

    jusqu'ou pourrais-je, moi jean Charest, aller dans l'Histoire canadienne
    a) en faisant reconnaître préventivement par mon futur gouvernement libéral la partition possible du territoire provincial par le fédéral (déjà entamée d'ailleurs par Parcs-Canada, la Commission des ports nationaux, la Commission de la capitale nationale, le Labrador ou d'éventuelles revendications amérindiennes)
    b) en règlant entre le 19 et le 26 mars le désiquilibre fiscal actuel avec des "progrès significatifs"
    c) en continuant de faire oublier au monde que j'étais le favori de Brian Mulroney comme c'est écrit sous la cote " Jean J. Charest" dans" l'Encyclopédie canadienne" de CanWest ?

  • Sophie Maheu
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 04h55
    Charest et la partition
    Sa position, finalement pas ambiguë, nous permet de comprendre pourquoi il s'est installé À Westmount.

    Robert Lachance

  • Pierre-Paul Roy
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 05h15
    Une chose est sûre
    Jusqu'à la déclaration de Jean Charest sur la «disibilité» du Québec j'étais un indécis au sujet de mon vote le 26 mars. Maintenant je ne le suis plus: je vote Parti Québécois.

  • Sylvie Provost
    Inscrite
    jeudi 8 mars 2007 06h11
    Charest ne devrait plus être en politique!
    On en a marre que nos politiciens nous brandissent des spectres, des épées de Damoclès, et pourquoi? Juste pour gagner ses élections. Charest ne pense pas à autre chose... C'est donc la preuve qu'il se fout complètement du peuple québécois. Bientôt il va nous ressortir les montagnes rocheuses? Comme si on ne pouvait pas aller les visiter quand on veut. On s'en fout. On sait que 2 + 2 = 4, que le Québec serait plus performant sans le Canada, que le Québec pourrait mieux gérer les impôts que nous ne verserions plus au fédéral. Le Québec serait libre de décider lui-même de ce qui est le mieux pour lui. Comme un jeune qui devient adulte et qui ressent le besoin de s'éloigner de ses parents. On s'est fait voler le référendum de 1995. Va-t-on se faire voler le prochain aussi? Les vieux qui avaient peur de perdre leur pension sont remplacés par les vieux qui ont voté PQ et oui au premier référendum... Les jeunes sont désabusés de la saleté politique mais voteront OUI, car ils comprennent... Il faut que les québécois se serrent les coudes et votent PQ, c'est encore le meilleur moyen d'améliorer notre sort collectif. Charest veut vendre le Québec, Dumont aussi. Québec Solidaire veut abolir la richesse et Québec Vert, bien qu'intéressant, ne pèsera pas assez lourd dans la balance.

  • Alain Larouche
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 07h32
    Question?
    M. Charest est-il un politicien vicieux? Ceux qui acquiescent à sa stratégie les sont-ils aussi? Posez la question c'est d'y répondre.

  • Franklin Assoumou N.
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 08h16
    Les souverainistes ont toujours raison?
    Le débat sur la partition du Québec nous révèle encore une fois comment les souverainistes vivent dans l'illusion totale et veulent que tous les Québécois vivent dans cette même illusion et se réveiller quelque temps avec des surprises désagréables après un vote pour la séparation. Comme d'habitude, lorqu'un politicien dit la vérité aux Québécois, les séparatistes sortent les gros sabots et les insultes personnelles pour la dénoncer. En quoi le Québec est indivisible alors que le Canada l'est? On peut toujours chercher dans la constitution et les engagements des précédents premiers ministres pour justifier que le Québec soit indivisible, mais dites-moi si la constitution canadienne dit que le territoire canadien est divisible. Pourtant, les séparatistes veulent le diviser. Mais dans ce cas, c'est pas grave! Tout sera beau et parfait après la séparation du Québec. Ça c'est le vrai mensonge des souverainistes!

    Jean Charest doit défendre l'indivisibilité du territoire québécois tant qu'il est premier ministre; aucun doute là-dessus. En quoi les souverainistes doivent-ils l'obliger à défendre cette indivisibilité advenant une séparation? Charest ne veut rien savoir de la séparation (comme la majorité des Québécois l'ont exprimé à deux reprises en passant) et c'est son droit fondamental. Il préfère le Canada! Il défend donc l'intégrité du territoire canadien et c'est normal! Pourquoi s'offusquer de cela, à moins d'être démagogue? Ce n'est pas à lui de commencer à spéculer sur ce que le territoire du Québec deviendra après un vote pour la séparation! C'est comme lui demander d'être un avocat de la séparation. Il ne peut honnêtement garantir ce que sera le territoire du Québec une fois séparé. Il peut souhaiter que le territoire reste le même, mais il ne peut le garantir et c'est normal! C'est à Boisclair de faire ce genre d'engagement et ça n'engage que lui, car il ne sait pas lui-même exactement ce que si passera après un oui pour la séparation. Il me semble que c'est logique!

    Mais bon, les souverainistes crient toujours les plus forts dans les médias. Je suis convaincu qu'ils continuent ainsi à démontrer qu'ils ne sont pas réalistes et transforment tout le temps la vérité dite par les libéraux en campagne de peur. Ce n'est pas une campagne de peur de dire qu'on ne sait pas ce qui se passera exactement après un oui pour la séparation. Boisclair lui-même ne le sait pas, sinon qu'il nous dépose un plan concret des étapes et comment elles seront réalisées (incluant les coûts financiers et sociaux) sans aucun problème comme il prétend. C'est bien beau de vendre un rêve de pays, mais il ne faut pas non plus vendre des illusions et du fantasme au peuple juste pour gagner des élections comme le font les souverainistes! Charest dit la vérité aux Québécois et ils doivent s'en souvenir le moment du vote!

    Je sais déjà qu'on me dira...Tu n'as pas raison ou je ne comprends rien, car les souverainistes ont toujours raison? Ridicule...

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 08h32
    Quels droits autochtones ?
    Ghislain Picard, un Québécois en autant que je suis concerné tant par son nom que par sa façon de parler notre langue nationale, soutient que les autochtones ont des droits ancestraux au Québec. Mais lesquels?

    Les Hurons viennent de la Baie Géorgienne en Ontario. Ce sont les Jésuites qui les ont sauvés de l'holocauste. Les 2000 Hurons de Québec sont des Québécois, ayant tous au moins 80% de sang français, mangeant, vivant et s'habillant comme leurs voisins québécois!

    Les Iroquois viennent de l'État de NY, leur homeland.

    Les Micmacs viennent du Nouveau-Brunswick.

    Les Montagnais ont disparu et les Innus actuels viennent de l'Ontario.

    Restent les Inuits qui eux viennent du Grand Nord et d'Asie.

    La grande majorité des 72,000 Indiens du Québec ne peuvent fournir d'arbres généalogiques montrant que la grande majorité de leurs ancêtres étaient au Québec avant les miens. Alors est-ce qu'on pourrait en finir avec la farce des droits autocthones?

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 08h59
    Charest prépare déjà la partition du Québec!
    « Ce sont les Blancs qui vont se retrouver dans une réserve enclavée par des Innus, ce sera au tour des Blancs de payer des taxes au gouvernement autochtone. » Guy Bellefleur, négociateur pour les Ilnutsh de l'Est, in Le Soleil, 19 janvier 2002.

    Ce sont pas moins que les trois quarts du Québec que notre "Slobodan" Charest s'apprête à partitionner et en "offrir" la propriété exclusive à des gouvernements amérindiens totalement indépendants!

    Le lapsus de notre Milosevic Charest n'est pas sorti d'un souhait inconscient mais d'un plan réel et bien en marche depuis 2003! Notre partitionneur est déjà en négociation pour partitionner ces terres et souhaite sa réélection pour poursuivre son oeuvre de démentellement du Québec!

    Et ceci, dans le dos de la majorité, le peuple Québécois, qui n'a pas été même consulté et dont on ne prévois pas nécessaire d'entendre son avis!

    On va débatre de santé, d'éducation, et d'écologie verte, pendant qu'on s'apprête à dilapider le Québec et réduire sa nation à des locataires!

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 09h17
    Oser souffler sur le "château de cartes"!
    En quoi les propos de Jean Charest sont-ils scandaleux en ayant soufflé sur le "château de cartes"? Vaut-il mieux cacher le fait d'une réalité fort plausible? Le scénario des "purs et durs" est fort simple: on fait l'indépendance par tous les moyens et après advienne que pourra! Ceux qui n'embarquent pas dans ce jeu sont des traîtres ou des lâches!
    Pourtant, avec de tels propos, ils n'achèteraient même pas une auto usagée! Si les villes ont trouvé le moyen de se défusionner en renversant ce que Landry leur avait imposé, pourquoi être naïf au point de croire que "tout serait coulé dans le ciment"? Au risque d'être "sacrilège": si le Canada peut-être "séparé" qui peut affirmer, hors de tout doute, que le Québec est "intouchable", peu importe les convictions politiques?

  • nilo
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 09h21
    éloge de la douceur
    Si quelqu'un ment pour vous attirer à lui, il marque un point. Si vous réagissez avec émotion à son mensonge, il marque un autre point. Si vous vous mettez en colère du fait de vous être fait arnaquer, il marque un autre point. Si vous dépensez salive, argent, temps, effort et autres dérives pour vous justifier, il en marque cinq autres. Ainsi agit le menteur, l'artiste de la manipulation. Quoi faire? Comment agir?

    La douceur morale enseigne qu'il faut doucement fuir à la première évidence et ne plus y revenir. Une vielle histoire de statue de sel...

    Car, si on ne peut éviter de rencontrer le mal, de recevoir en plein visage quelque chose qui fait mal, un mensonge évident, un trompe l'oeil, une abstention, un sous-entendu méchant, un comportement trompeur, on peut cependant le fuir en moins de temps qu'il n'en faut pour dire: "Merci monsieur de m'avoir donné de vous voir dans votre dérive, vous m'avez délivré de vous."

    Vous revenez à vous dans l'instant; tous vos points perdus vous sont redonnés au double, au centuple parfois, car il n'est rien de tel que d'observer en silence le mensonge sans broncher pour accueillir sa propre vérité pour la vie.

    Ce jour là voter devient un pur plaisir, un privilège, un geste de citoyen du monde et vos voisins vont sentir que l'avenir passe par votre regard. Dites simplement ou vous désirez aller. Moi je suis souverain.

    Oneil Bouchard

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 09h56
    La souveraineté individuelle.
    Pendant que nous nous querellons entre nous dans la grande famille québécoise, d'autres en profitent pour ébranler les volontés de changement.

    Ceux qui se disent fédéralistes voteront Charest et les autres qui se disent souverainistes se diviseront en miettes pour les chiens. Pas besoin d'être divisible. On se divise déjà !

    C'est pourtant simple à comprendre.Arrêtez de chiâler er passez au geste. C'est ça être souverainiste.

    Avez-vous entendu l'actrice Laurier déclarer,je suis venu présenter André Boisclair parce qu'il me l'a demandé ? La petite a beaucoup de jugeotte.Je ne serais pas venue si on ne me l'avait pas demandé. Payée pour se montrer !

    Les artistes qui veulent sauver le monde devraient savoir que leur monde commence ici.Une autre forme de division. Occupez-vous de vos affaires, vous en avez amplement.

    Marcher pour sauver la planète,c'est bien beau à la télé.On se fait voir.

    Marcher pour se dire souverainiste, c'est se montrer indivisible.

    Valdor Lagacé-Gallant

  • Claude Boucher
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 10h08
    La grande campagne de peur reprend
    Incroyable. Non seulement indigne d'un premier ministre que je désavoue deux fois plutôt qu'une, les propos et l'absence de réponse de Jean Charest annoncent déjà la couleur que prendrait un débat référendaire. Jean Charest est-il le premier ministre de Westmount, du West Island et de Lennoxville? Incroyable. Aucun chef d'État ne peut, même du bout des lèvres, soulever une éventuelle divisibilité de son territoire, ça relève de l'hérésie, ou plutôt de la comédie loufoque à laquelle nous ont habitué les tenants du NON. Qu'on soit souverainiste ou non, le simple fait pour un premier ministre québécois de donner des munitions aux partisans québécois et canadiens anglais de la divisibilité du Québec relève de l'irresponsabilité totale, et font voir à quel point les libéraux de Jean Charest craignent de perdre le pouvoir, après un mandat marqué par l'irresponsabilité en matière de santé, d'emploi et d'environnement. Après tout, n'est-il pas logique, pour un parti politique qui vend une montagne qui fait partie du patrimoine québécois à des intérêts privés, de penser à vendre par anticipation une partie du Québec pour conserver le pouvoir?
    Non, le Québec n'est pas divisible, et ce n'est pas négociable, comme le souligne André Boisclair et Mario Dumont. Le Québec pré-existait le Canada. Le territoire du Québec a accepté (sous des représentations trompeuses et à travers des magouilles des politiciens de l'époque) de faire partie du Canada.
    Et honnêtement, croyez-vous vraiment que placés devant le choix entre demeurer dans un état québécois souverain et tomber dans les mains d'une Ontario avec ses Beer Stores, son âge légal à 19 ans, et tout ce qui fait que même les anglophones se reconnaissent plus dans notre culture distincte que dans celle indistincte du Canada anglais, croyez-vous vraiment, dis-je, que les partitionnistes iraient de l'avant? Le jeu de la peur, ça se joue à deux, monsieur Charest.
    Après les épouvantails de pensions de vieillesse, de péréquation et de partage de la dette, ne trouvez-vous pas que le débat pourrait se situer à un autre niveau que la peur? Auriez-vous peur de perdre vos appuis, monsieur Charest?

  • Georges-Étienne Cartier
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 10h19
    partition ?
    voir commentaire à Dutrisac cette nuit.
    Georges-Étienne Cartier

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 10h24
    @Franklin Assoumoun
    "En quoi le Québec est indivisible alors que le Canada l'est?" (F. Assoumoun)

    Le Québec n'est pas une fédération, M. Assoumoun. C'est un État, un tout.

    Ce que vous appellez le Canada, est une fédération, donc un un ensemble de parties (États) et donc divisible.

    Cette fédération canadienne emprunte son nom de la terre-mère qui par son accouplement avec un peuple ont conçu le Canada. Cette terre-mère est le Québec. C'est le berceau, le corps, qui contient le coeur, et son peuple en est l'âme.

    L'âme est indivisible, M. Assoumoun.

    Le Québec ne se sépare pas, M. Assoumoun. Il reste où il est, de corps et d'esprit. Il ne fait que reprendre son libre-choix et ses droits sur son corps et son esprit.

  • André Chamberland
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 10h36
    Charest=Harper=chantage
    Votons tout sauf libéral
    André
    Lévis QC

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 10h43
    Le parti des anglais?
    Le Parti Libéral du Québec a toujours été le parti des anglais. Il tire la moitié de ses votes de ce groupe qui l'appuie à 99%. Donc aucune surprise avec la pensée (?) de M. Charest sur l'intégrité du territoire québécois. La surprise c'est qu'il récolte encore des votes chez les francophones. On est tenté de dire comme le poète: «Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves ? C'est assez! ».

    Raymond Saint-Arnaud,
    Ile d'Orléans,
    le 8 mars 2007

  • Fabienne Desbiens
    Abonnée
    jeudi 8 mars 2007 11h19
    Charest=Harper=chantage=Péril en la demeure!
    Votons tout sauf libéral... et j'ajouterais l'ADQ...

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 11h32
    Québécois d'origine francaise d'origine amérindienne...
    Si la population amérindienne québécoise représente quelque 1% de la population québécoise actuelle, combien sommes-nous québécois de souche à être d'origine amérindienne... le tiers peut-être?

    Lorsque les fédéralistes-partionnistes parlent d'une possible partition d'une partie du territoire québécois au cas où les amérindiens patentés (entendons par là les amérindiens qui sont reconnus comme tels par le gouvernement-tuteur ottawaien) manifestent le désir de rester au sein des réserves fédérales, quel recours auront les québécois francophones de souche mais ayant aussi des racines amérindiennes de par la mère de manifester le désir de rester dans un Québec souverain?

  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 8 mars 2007 11h35
    Les ambitions secrètes, mais perceptibles de M. Charest
    M. Charest n'est pas québécois, il est canadien et sa plus grande ambition, son rêve inavoué, mais perceptible est de remplacer M. Harper. Je pense que dans l'ensemble, il préfère une forte opposition du PQ. Dans son scénario idéal, lors de la prochaine fédérale, les anglos-canadiens se mettront à craindre une remontée de la ferveur souverainiste au Québec et donneront, selon leur réflexe normal en pareilles circonstances, le pouvoir au PLC. C'est un scénario qui pourrait d'ailleurs se réaliser, car le reste du Canada accusera M. Harper d'en avoir trop fait pour le Québec, avec son budget et sa déclaration sur la nation québécoise, tout en reliant à tort ce "laxisme" à la remontée de la ferveur nationaliste. Je pense que M. Charest a entamé son programme d'accession à la chefferie du Parti Conservateur avec l'affaire de la partition. Il est d'ailleurs à remarquer que cette déclaration a été faite en anglais. Ce faisant, il donne un sérieux coup de pouce au PQ, contribue à inquiéter les anglos-canadiens et se pose en ardent défenseur de la fédération canadienne, tellement ardent qu'il refuse catégoriquement de dire qu'il protégera l'indivisibilité du territoire québécois dans l'éventualité où celle-ci serait remise en question.

    Le calcul de M. Charest n'est pas sot, mais il est dangereux, car pour réaliser son ambition, il doit être élu au Québec, afin de continuer à contrôler la "game" durant la campagne fédérale. Il relève donc de nous de contrecarrer ses projets, tout en débarrassant le Québec d'un être vil et taré.

  • Dave Charron
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 12h13
    RE: Zach Gebello
    Le délire collectif...

    Pourquoi et par quel délire collectif peut-on affirmer qu'un territoire est divisible mais pas un autre? Y-a-t-il des actes ou des lois? Des amendements constitutionnels? Y-a-t-il des précédents internationaux en la matière? Y-a-t-il un règlement à ce sujet? Le Canada est divisible mais le Québec ne l'est pas? Pourquoi? Quels sont les arguments logiques qui peuvent être avancés pour expliquer cette différence? La réalité est qu'un argument pris pour justifier la partition du Canada peut aussi facilement être employé pour justifier la partition du Québec!

    Mais voilà que les souverainistes sautent et s'indignent. Quelqu'un a osé dire que le Québec pour être divisé. Ces chers souverainistes devraient prendre conscience de leur responsabilité, après tout ils sont seuls responsables de l'ouverture de cette boite de Pandore. Puisque tout ces souverainistes aiment tant jouer à la roulette russe avec notre avenir, alors jouons!

    Les souverainistes clament haut et fort depuis des années que le peuple a le droit de choisir. Donc pourquoi aujourd'hui ce même peuple ne pourrait-il pas se battre pour choisir de garder une portion du territoire québécois au sein du Canada? Leur choix n'est plus acceptable puisqu'il touche l'intégrité du territoire québécois? Quelle belle propagande souverainiste! Je peux détruire ton territoire mais toi tu ne peux pas toucher le mien! Un double standard de la part des souverainistes? Pardonnez-moi si je ne suis pas surpris.

    De plus, comment les souverainistes peuvent-ils croire que tous les fédéralistes au Québec vont simplement changer d'opinion au lendemain d'un referendum gagnant? Croient-ils que tous ces fédéralistes vont disparaître comme par magie? Pouff...le problème est réglé. Tous ces fédéralistes vont simplement se résigner? Qu'est ce qui empêche ces mêmes fédéralistes de faire référendums sur référendums eux aussi jusqu'à ce qu'ils aient gain de cause?

    La réalité au lendemain d'un référendum gagnant pour le camp du « oui » personne ne la connait. Ce qui est une certitude est que ce même jour des milliers de gens à travers le Québec vont commencer à se mobiliser pour réintégrer la fédération canadienne...

    Bref, le seul vrai résultat prévisible?
    Le Québec sera toujours aussi divisé...

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 13h06
    @Dave Charron
    M. Charron, le Québec a été annexé de force à la fédération britannique. Le Québec et son peuple sont coloniaux.

    Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux
    Résolution 1514 (XV) de l'Assemblée générale en date du 14 décembre 1960

    [...]

    Reconnaissant le désir passionné de liberté de tous les peuples dépendants et le rôle décisif de ces peuples dans leur accession à l'indépendance,

    Consciente des conflits croissants qu'entraîne le fait de refuser la liberté à ces peuples ou d'y faire obstacle, qui constituent une grave menace à la paix mondiale,

    Considérant le rôle important de l'Organisation des Nations Unies comme moyen d'aider le mouvement vers l'indépendance dans les territoires sous tutelle et les territoires non autonomes,

    Reconnaissant que les peuples du monde souhaitent ardemment la fin du colonialisme dans toutes ses manifestations,

    Convaincue que le maintien du colonialisme empêche le développement de la coopération économique internationale, entrave le développement social, culturel et économique des peuples dépendants et va à l'encontre de l'idéal de paix universelle des Nations Unies,

    [...]

    Convaincue que tous les peuples ont un droit inaliénable à la pleine liberté, à l'exercice de leur souveraineté et à l'intégrité de leur territoire national,

    [...]

    Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme
    Genève, Suisse

    Texte complet:
    http://www.unhchr.ch/french/html/menu3/b/c_coloni_

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 13h10
    Tant de haine, c'est pas possible...
    Depuis ce matin, je lis avec effroi les commentaires des uns et des autres au sujet du présent article.
    C'est affolant de constater une telle haine entre les Québécois des deux bords (les séparatistes et les fédéralistes). Il me semble que les plus virulents sont les séparatistes. Tout est bon pour tomber à bras raccourcis sur M. Charest et sa bande... Tous ceux qui ne sont pas « pure laine » y passent. Ça promet en cas de séparation! Autant de colère et d'amertume, ce n'est pas possible. Et c'est une colère aveugle et bornée (la colère est mauvaise conseillère, dit-on). C'est à croire que le bon Québécois, c'est le Québécois blanc, qui a un nom québécois, qui parle le québécois, qui est au Québec depuis plusieurs générations et qui est séparatiste. Les autres, ce sont des timorés, des peureux, des imbéciles qui ne comprennent rien, etc. Erreur! ce genre de comportement n'apporte rien au débat.
    Or donc, mesdames et messieurs, un peu de tenue et faites avancer les choses en présentant des arguments et des points de vue valables et non en dénigrant l'adversaire, comme le font les chefs des partis pendant la présente campagne électorale. C'est un spectacle navrant et chagrinnant!
    À bon entendeur, salut!

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 13h41
    La honte d'un premier ministre
    Comment peut-on se dire fier d'être Québécois et vouloir gouverner dans le meilleur intérêt des Québécois quand on ne défend même pas son territoire ? C'est ahurissant ! Honte à ce premier ministre ! Honte à nous aussi !, en tant que peuple, si nous réélisons à la tête de notre nation un homme qui n'a même pas à coeur de protéger l'intégrité des frontières dont il a la charge.

    Jean TURGEON

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 13h47
    Patapouf 1er et ses Bouffons-Drabes, ses pompes et ses oeuvres...
    Notre cher John J Charest vient encore d'approfondir le vide abyssal de sa pensée constitutionnelle en tombant de lapsus en lapsus et en y allant de menaces sybillines quant à la volatilité du débat sur la partition du territoire du Québec, ce que tout le monde s'était empressé d'oublier entre les référenda. Il donne nettement l'impression de vouloir gagner sur tous les tableaux, dont celui d'avoir toujours la bonne réponse. C'est la meilleure recette pour que le voteur se rende compte de toute l'énormité de l'étendue et de l'envergure de sa fourberie ainsi que de celle de son équipe.

    Combien de temps encore laisserons-nous sévir ces néo-esclavagistes de kermesse ?

    La promesse du chaos est la seule qui peut encore rebuter les à-plat-ventristes avachis devant le veau d'or fédéral, les bon-ententistes surannés qui sont incapables d'envisager tout nouveau paradigme organisationnel digne de peuples égaux dans un nouveau siècle. Trop compliqué, trop innovateur, on n'a pas le temps, ce n'est pas efficace, etc...

    Tout ce que nos ancêtres européens ont pu importer semble n'être que les divisions stériles entre monarchistes et républicains, entre colonialistes, colonisateurs et colonisés, entre exploiteurs et exploités, entre impérialistes et soumis, dominés, persécutés et écrasés.

    Nos amis du BQ se sont LAMENTABLEMENT écrasés l'hiver dernier avec l'approbation de ce hochet bruyant mais friable qu'est la reconnaissance canadian de la minorité historique "Quebecois" dans le United Canada.

    On en arrive donc avec des promesses de chaos, de déorganisation, de soumission par la force, de "j'étais là avant", de "Dieu et mon droit".

    Les Anglo-Saxons ne connaissent que le langage de la force (voir L'Irlande du Nord, la Rhodésie, les Boers, L'Inde coloniale, et j'en passe et j'en oublie) pour consentir à écouter un argument valable un tant soit peu. Le peuple québécois veut et leur demande de sublimer par les institutions politiques et diplomatiques ce désir de propriété et de violence qu'une certaine élite ultra-minoritaire voudra imposer pour faire valoir ses vues. S'il devait céder à cet effondrement moral qu'est la soumission du territoire par la force, le gouvernement canadian (que ce soit avec Harper ou tout autre patriote) et ses porte-voix-de-son-maître seront déjà perdants étant donné l'écroulement de l'édifice du discours de l'inclusion et de la tolérance dans la belle grande mosaïque multiculturelle canadienne. Je souhaite ardemment que de cette crise jaillisse la lumière (institutionnelle, constitutionnelle ou autre) car nous serons tous perdus, moralement et physiquement, Québécois et Canadiens également.

    Le meilleur moyen sera donc d'élire un gouvernement (une coalition ?) souverainiste qui se comportera en leaders d'État pour démontrer au gouvernement canadian que nous étions adultes bien avant que Phipps tente de poser un pied sur la terre d'Amérique, que nous saurons le rester, et que rien ni personne ne fera reculer la détermination du peuple québécois et de tous ceux qui veulent s'y joindre et s'en réclamer.

    Qu'Harper lâche donc les tanks dans les rues, il vaudra mieux pour lui qu'il nous envoie un escadron de constitutionnalistes...

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 13h50
    Les séparatistes manquent de réalisme
    Plusieurs messages sur ce forum confirment malheureusement la maxime cruelle de Sir Wilfrid Laurier: les Québécois n'ont pas d'opinions, ils n'ont que des émotions. Quand on lit les arguments des séparatistes, on en vient toujours à la même conclusion: très joli en théorie, inapplicable en pratique. La pensée magique professe que pour qu'un problème disparaisse, il suffit de refuser d'en parler... quelle naïveté!

    Cela vient sans doute de ce que le séparatisme n'a jamais été conçu comme une véritable solution, mais plutôt comme une option stratégique: beaucoup de gens qui se déclarent souverainistes ne souhaitent pas, en fait, la sécession, mais simplement conserver la possibilité de choisir la sécession.

    Pratiquement, advenant un hypothétique OUI à un référendum sécéssioniste, je ne vois vraiment pas comment on pourrait éviter la création d'une zone à statut particulier, style Hong-Kong ou Macau, même si cette zone est simplement "louée" au gouvernement fédéral canadien pour une période prédéterminée (ex. 99 ans): de cette façon on évite "officiellement" de remettre en cause l'intégrité du territoire québécois, mais on se donne deux ou trois générations pour calmer les esprits et rassurer les communautés, un minimum à mon avis.

    Ce serait impensable de procéder autrement pour une décision nécéssairement prise "sur le fil du rasoir" dans une population aussi polarisée, politiquement et ethniquement, et c'est la seule solution que pourrait appuyer la communauté internationale devant l'inextricable ampleur des litiges qui s'élèveraient alors. Et c'est un compromis bien dans l'esprit des traditions politiques canadienne et québécoise.

  • LeRévoltéTranquille
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 13h53
    Ah oui ! j'oubliais...
    J'espère que le jour des élections, le peuple du Québec en se choississant un gouvernement souverianiste-autonomiste-indépendantiste te dise, à toi et ta gang:

    Fuddle-duddle, mon Johnny Boy !

  • André Gingras
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 14h40
    Une question sur la partition
    Il ne faut pas se tromper, la séparation du Québec du Canada se fera sur une base territoriale alors que tout découpage éventuel du territoire québécois se ferait sur une base ethnique(anglaise pour l'ouest de Montréal et autochtone pour les premières nations).

    Puisque ce découpage serait sans doute supervisé par le gouvernement fédéral, est-ce que celui-ci ne serait pas obligé d'appliquer la même politique pour les autres provinces et accepter que celles-ci (spécialement l'Ontario et le Nouveau-Brinswick) puissent aussi être subdivisées sur une base ethnique?

    Poser la question, c'est sans doute y répondre.

  • Benoit Pitre
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 15h11
    Charest n'a pas l'étoffe et/ou l'intégrité d'un premier ministre
    Quel irresponsable, quel menteur!

    Plonger le Québec dans le cahos pour des fins partisanes est définitivement une spécialité de M. Charest. Promesses irresponsables de défusions municipales (on en voit le beau résultat aujourd'hui sur la rive-sud entre autres), mensonges sur la nécessité d'une centrale ultra-polluante au Suroît, baîllon sur n'importe quel sujet qui mériterait un débat un chambre où il pourrait perdre la face, irresponsable mention de la possibilité de partition du Québec...

    M. Charest est un politicien de la pire espèce, sans scrupules, prêt à tout pour un vote, et un lâche qui n'a pas les couilles de débattre des idées démocratiquement à l'Assemblée Nationale, tel qui devrait être le cas dans une vraie démocratie.

    Le Québec est indivisible, point. Si la logique d'un Québec divisible existait, et donc que la minorité regnerait sur la majorité, alors toutes les régions ayant voté à presque 50% en faveur du OUI en 1995 devraient être indépendantes maintenant! Ou bien, est-ce encore un double-standard pour les fédéralistes qui ne jouent par les règles que quand celà leur convient???

    Et bien non, les indépendantistes n'ont pas obtenu plus de 50%, et le Québec est toujours pour l'instant à PART ENTIÈRE au sein du Canada (si l'on ne tient pas compte du "petit" fait que le Québec ne fait pas parti de la constitution canadienne depuis 1982, oops). Donc ce faux-débat de division du territoire n'est que malhônneteté intelectuelle de la part de M. Charest, le Nixon du Québec.

    Quelle irresponsabilité flagrante!

  • nilo
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 16h28
    cétacé
    Pourquoi on parlerait pas de fermer Gentilly ll?
    Ils ont un problème de stockage, ça tombe bien! Hydro a un problème surproduction d'énergie, ça tombe bien! Les éoliennes ont le vent en poupe, ça tombe bien! Toutes les formations politiques soufflent à pleins poumons sur les pales, le développement régional, les redevances, la nationalisation, le savoir faire local, ça tombe fichument bien! Comme ça, on sera pas obligé de construire un entrepôt à merde atomique ou il y aurait 1% de la nôtre et 99% de celle que monsieur Baird brûle de nous envoyer, en échange d'un sourire de Stephen Harper.

    Nilo

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 16h48
    @André Gingras
    Monsieur Gingras, vous venez implicitement d'admettre que le soutien au projet souverainiste est une affaire de nationalisme ethnique, et non civique, contrairement à ce que le PQ tente d'accréditer (sans grand succès) depuis quelques années. Réalisez-vous cela? Et comprenez-vous alors pourquoi l'appui à ce projet restera toujours marginal dans les communautés immigrées, fussent-t'elles francophones?

  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 8 mars 2007 16h57
    M. Charron prend sa pause et sa plume et repart sur le sentier de la guerrre
    Commençons par le commencement. Le Canada n'est pas un pays, c'est une fédération. Pourquoi est-ce une fédération ? Parce que le Bas-Canada, ne voulant pas renoncer à son identité, n'aurait pas adhéré à une autre forme d'union. Il est important de mentionner d'entrée de jeu que la population du Bas-Canada n'a jamais été consultée concernant cette union.

    Le Bas-Canada et le Haut-Canada possédaient chacun un territoire qui a, par la suite été modifié, en particulier lorsque le gouvernement canadien a récupéré les territoires de la partie nord du Canada, qui avaient été concédés à la compagnie de la Baie d'Hudson. Le transfert de territoires se fait en deux étapes : en 1898, la région de l'Abitibi jusqu'à la rivière Eastmain et le Québec perd alors une portion de territoire du côté nord-est et en 1912, le territoire s'agrandit jusqu'au détroit d'Hudson, le district d'Ungava (Nouveau-Québec). En 1927, le Conseil privé décide d'accorder à Terre-Neuve, qui selon les textes de 1763 n'avait que la côte du Labrador, un territoire d'environ 290 000 km carrés en se basant, pour définir cette côte, sur la ligne de partage des eaux. À partir de ce moment, le territoire du Québec est celui que nous connaissons aujourd'hui.

    Les partisans de la souveraineté veulent que ce territoire, dont les frontières sont clairement visibles sur n'importe quelle carte se retire de cette fédération et devienne un pays souverain. Pourquoi désirent-ils créer un pays ? Les français du Québec forment 85% de la population, ils ont défriché ce pays, ils se sont appropriés son territoire et y ont investi leur énergie et leur créativité. Ce territoire est leur demeure, ils s'y identifient prioritairement et sont très nombreux à le considérer comme leur pays. Du fait de leurs origines françaises et catholiques, ils n'ont jamais ressenti le sentiment d'appartenance au Canada qui a cours dans les autres provinces, ils se considèrent comme le parent pauvre dans cette fédération qui a toujours été, l'histoire le démontre de façon éclatante, beaucoup plus favorable à l'Ontario. La fédération canadienne a été la vache à lait de l'Ontario et cette province a bénéficié depuis 1867 de toutes sortes de passe-droits qui lui ont permis en grande partie de devenir ce qu'elle est aujourd'hui. La meilleure preuve en est l'économie florissante de l'Ontario qui verse 20 milliards au titre des paiements de transferts, alors que le Québec est toujours dans l'état de celui qui en reçoit. Les français du Québec sont nombreux à penser qu'ils tireraient mieux leur épingle du jeu, s'ils bénéficiaient d'une souveraineté complète. Ce sentiment s'est accru devant les refus continuels et très clairement exprimés par le fédéral et les autres provinces de changer les règles du jeu constitutionnelles, afin de diminuer les prérogatives d'Ottawa et d'augmenter celles des provinces. Le Québec ne peut rien espérer au niveau d'un changement constitutionnel, cela a été démontré à de multiples reprises. Le fédéral et le reste du Canada n'ont tellement rien à offrir au Québec, que tout ce qu'il leur reste actuellement pour le retenir, ce sont les paiements de transferts et les menaces dont M. Charest se fait le chantre inégalé et inégalable.

    Revenons au territoire et faisons une comparaison de nature coloniale. L'Érythrée a longtemps été une province de l'Éthiopie, elle est ensuite devenue une colonie italienne, puis elle a été administrée par l'Angleterre qui l'a réunie à l'Éthiopie dans une fédération. L'Érythrée a très rapidement manifesté des "prétentions" autonomistes, l'Éthiopie a choisi de l'envahir et d'en faire à nouveau une province. Cet acte de guerre a donné lieu à un conflit sanglant qui a duré 30 ans. L'Éthiopie a finalement perdu la bataille et en 1993, l'Érythrée a acquis sa souveraineté par référendum, joignant les rangs des pays membres de l'ONU la même année. Je n'ai pas l'intention de faire un parallèle parfait entre l'Érythrée et le Québec. Cet exemple ne sert qu'à démontrer qu'une puissance coloniale peut décider d'un système pour ses colonies avec l'intention d'en avantager une au détriment de l'autre. La raison d'être de cette fédération tenait au fait que sans l'Érythrée, l'Éthiopie se retrouvait enclavée par rapport à la Mer Rouge. La fédération était donc conçue, afin de favoriser le développement de l'Éthiopie, elle servait de vache à lait à l'Éthiopie. La fédération canadienne répondait au même besoin et le gouvernement fédéral était destiné à assurer le succès de l'Ontario et c'est ce qu'il a fait avec le résultat qu'on connaît. En passant, je ne fais pas de fixation sur l'Ontario et je n'ai rien à lui reprocher, elle a fait ce que nous aurions fait à sa place, elle a profité de la situation au maximum, elle a tiré tout ce qu'elle pouvait de la vache à lait.

    Le territoire québécois a donc été dessiné entièrement par Londres et par son valet Ottawa, exactement comme les puissances coloniales l'ont fait par exemple, en Afrique et au Moyen-Orient. Les pays d'Afrique qui se sont affranchis de la tutelle coloniale l'ont fait, la plupart du temps, en respectant ces frontières coloniales. Ce sont aujourd'hui des pays souverains que la communauté internationale a accueillis et il ne viendrait à l'idée de personne de contester ces frontières et de prétendre qu'elles sont divisibles. Les frontières américaines, les États-Unis étant une ancienne colonie anglaise affranchie, ne sont contestées par personne, y compris celles des états comme l'Alaska et Hawaii qui ne possèdent le statut d'état que depuis 1959.

    La question des frontières d'un pays n'est pas un jeu, ce n'est pas quelque chose qu'on déplace quand cela nous tente. Le territoire du Canada a été distribué et je ne pense pas qu'aucune province serait d'accord pour dire que ses frontières sont divisibles. Concernant l'indivisibilité du territoire québécois, je laisse la parole à Patrice Garant, constitutionnaliste de l'Université Laval : "Il y a des bases très solides pour dire que le territoire du Québec est vraiment indivisible et que les collectivités, les minorités ou les régions n'ont, comme tel, aucun droit à la partition du territoire". Et la première de ces raisons consiste dans le fait qu'il n'y a, sur le territoire du Québec, qu'un seul gouvernement légitime et souverain dans sa sphère de compétence, et il s'agit du gouvernement québécois qui siège à l'Assemblée Nationale du Québec. Les comtés électoraux, les régions et les villes sont des créatures de ce gouvernement qui peut, à sa guise, les fusionner, les défusionner, les faire disparaître ou en créer d'autres. Toutes ces entités locales doivent donc leur existence à des lois votées par l'Assemblée Nationale du Québec.

    Je cède la place à Eugénie Brouillet, professeure de droit constitutionnel à l'Université Laval : "L'indivisibilité de toutes les provinces canadiennes est enchâssée dans la Constitution du Canada depuis 1871 et cette indivisibilité a été répétée dans la Loi constitutionnelle de 1982. Et le Parlement du Québec a réitéré cette indivisibilité du territoire québécois dans la loi 99 sur les prérogatives du peuple québécois".

    Concernant cette patente ridicule de partition, écoutons Peter Trent, l'ex-maire de Westmount : "Je pense que ça ne convaincra aucun francophone de devenir fédéraliste en menaçant que Westmount ou Pointe-Claire vont rester avec le Canada. Il me semble que c'est un peu bébé comme argumentation". M. Trent doit avoir compris quelque chose que M. Charron, probablement trop occupé à travailler et à payer des impôts (comme s'il était le seul), ne semble pas avoir encore saisi.

    Concernant les enclaves linguistiques, je rapporterai maintenant les propos de deux éminents professeurs anglophones et non-québécois. Il s'agit de M. Don Cartwright, professeur au département de géographie, University of Western Ontario et de M. Colin Williams, professeur-chercheur au département d'études galloises, University of Wales, Cardiff et professeur auxiliaire au département de géographie, University of Western Ontario, publiés dans Le Devoir du 18 novembre 1997, sous le titre "Les enclaves linguistiques ne régleraient rien".

    "L'idée de remanier les frontières d'un pays met toujours le feu aux poudres car se pose alors le problème de l'inclusion et de l'exclusion des populations frontalières.

    Dans ce contexte, l'éventualité de la partition d'un Québec souverain devenu république reçoit, au Canada, beaucoup d'attention et d'appui de la part d'universitaires, de journalistes et de membres de la classe politique. Nous estimons qu'il existe, au-delà d'une possible violence, des raisons contraignantes pour rejeter pareille solution destinée à satisfaire les fédéralistes québécois.

    De nombreux défenseurs de la partition soutiennent que les régions devant demeurer au sein du Canada doivent être contiguës, principe géographique. Ils se concentrent sur la situation des anglophones du Québec sans beaucoup se préoccuper, si tant est qu'ils le fassent, de celle des francophones qui vivent entre Montréal et la frontière ontarienne ou de leurs voisins franco-ontariens qui, si l'on veut tenir compte des principes démocratiques, méritent eux aussi qu'on discute de leurs intérêts. Pour autant qu'on invoque les "droits" des Anglo-Québécois, comment pourrait-on oublier le sort des Franco-Ontariens qui vivent rapprochés du Québec et dans la sphère d'influence de cette province, c'est-à-dire qui sont placés, du point de vue géographique, dans un lieu et une situation semblable à celle des Anglo-Québécois ?

    Près de 40% des 530 000 francophones de l'Ontario habitent la vallée de l'Outaouais ou ses environs, principalement dans la région d'Ottawa et les comtés unis de Russell et de Prescott. Ils sont majoritaires dans ces derniers comtés qui jouxtent la frontière québécoise. Leur origine remonte, pour la plupart, aux premiers colons venus du Québec s'établir dans cette région, et les rapports étroits, de nature familiale et autre, qu'ils entretiennent avec les personnes de l'autre côté de la frontière ont grandement contribué à soutenir leur culture. Les Franco-Ontariens ont appuyé majoritairement la cause fédéraliste, mais advenant la séparation, leur sécurité culturelle dans le reste du Canada serait compromise, tout comme la reconnaissance constitutionnelle des deux langues officielles du Canada. Cela pourrait marquer la fin du bilinguisme officiel, sur le plan fédéral, et de l'aide financière de la province à l'égard des services en français dans le domaine de l'éducation, de la justice et du gouvernement. S'ils devaient perdre leurs systèmes de soutien culturel obtenus progressivement au fil des générations, il n'est pas illusoire de penser que de nombreux Franco-Ontariens vivant près de la frontière pourraient opter, individuellement, en faveur de déménager au Québec ou décider, collectivement, de revendiquer leur inclusion territoriale dans un Québec limitrophe devenu souverain. Cela serait conforme au principe géographique des partitionnistes, mais pareille expression d'affinité, même si elle ne devait jamais aboutir, confirmerait la situation de Montréal et de la partie québécoise de la vallée de l'Outaouais (entre Hull et Montréal) comme enclaves fédéralistes au Québec.

    Les partitionnistes posent notamment pour prémisse que les régions anglophones du Québec sont limitrophes de l'Ontario et constituent donc le prolongement naturel du Canada anglais. Or, entre l'île de Montréal et la frontière ontarienne, un nombre important de francophones ont, dans Vaudreuil-Soulanges, voté oui au référendum. Si en plus, on démontrait aux partisans du non de cette circonscription et de l'île de Montréal que la politique fédéraliste consiste bel et bien dans la partition, il ne faudrait pas sous-estimer le degré de solidarité qui pourrait en résulter, en opposition à la menace à l'intégrité territoriale du Québec. Conjuguons à cette éventualité la réaction que pourraient avoir les Franco-Ontariens : la distance qui sépare de la frontière ontarienne Montréal et la partie inférieure de l'Outaouais québécois s'en trouve sensiblement accrue.

    Ayant pris conscience du caractère enclavé de Montréal et de l'Outaouais inférieur, les partitionnistes devraient alors se préparer à affronter de nombreux problèmes : soutenir la vitalité démographique de la population, attirer et conserver dans ce territoire les capitaux d'investissement et assurer le va-et-vient entre ces enclaves entourées d'un pays où leurs liens avec le reste du Canada seraient vus d'un mauvais oeil. Les habitants de ces enclaves seraient inévitablement perçus par le reste du monde comme des Canadiens diminués ou de seconde classe, avec toutes les conséquences négatives qui en découleraient sur le plan socio-économique. S'il est vrai que l'incertitude politique actuelle a affaibli l'économie montréalaise, il est douteux que le statut d'enclave puisse redresser cette situation.

    Le fait de retrancher de la République du Québec une partie, si mince soit-elle, de Montréal ou de l'Outaouais porterait un coup sérieux à l'économie de ce pays naissant et pourrait par conséquent ne pas être admis en droit international. Par le passé, la Cour internationale de justice de La Haye a pris en considération la situation économique d'un pays avant d'endosser ou de rejeter la question d'un ajustement frontalier. Les limites extracôtières de l'Allemagne dans la mer du Nord ont été modifiées parce que ce pays n'avait pas obtenu une part raisonnable des ressources maritimes malgré que le protocole international sur l'extension de la zone extracôtière eût été respecté. En 1956, la Norvège avait dépassé la distance de cap à cap pour délimiter sa ligne de base droite à partir de laquelle mesurer ses eaux intérieures et sa mer territoriale. Bien que la Grande-Bretagne ait contesté cette initiative en droit international, la Cour internationale a tranché en faveur de la Norvège parce que l'amélioration de ses pêches était cruciale à son économie côtière.

    Parallèlement, si le Québec perdait son arrière-pays du nord-ouest en raison de la volonté de partition des peuples autochtones, cela pourrait constituer une autre érosion de sa viabilité économique. Sans nier le droit des peuples autochtones à demeurer au sein du Canada, ni le fait que ces terres sont limitrophes du reste du Canada, il y a lieu de tenir compte du droit du Québec à ce que son territoire septentrional puisse continuer à lui servir de base de ressources. Cette région a été considérablement mise en valeur et elle renferme des ressources essentielles au futur bien-être économique du Québec. Nous sommes d'avis qu'à l'égard de cette région éloignée, il serait possible de conclure un accord semblable à celui qui concerne l'Irlande du Nord (accord Anglo-Irlandais de 1985) par lequel la Grande-bretagne et l'Irlande se consultent sur l'administration de ce territoire périphérique. Aussi désagréable que puisse paraître ce précédent, l'administration conjointe permettrait aux peuples autochtones de conserver la citoyenneté canadienne et assurerait au Québec un accès indéniable aux ressources de la région.

    Pour rejeter notre position en matière de partition, certains diront que nous n'avons pas tenu compte de la volonté des fédéralistes québécois de continuer à faire partie du Canada. Le droit international comporte, ici encore, des précédents à leur situation. Le gouvernement canadien n'est pas disposé à sanctionner la thèse souverainiste voulant que les Québécois auraient automatiquement droit à la citoyenneté canadienne en cas de séparation, mais les particuliers pourraient faire exercer ce droit en présentant une demande. Nous appuyons cette possibilité qui réduirait le risque de conflit. Les fédéralistes qui viendraient à trouver déplaisant de vivre dans la République du Québec pourraient se prévaloir de ce droit pour déménager ailleurs dans le reste du Canada".

    Je ne partage pas nécessairement l'opinion de ces deux chercheurs, mais je pense que cela éclaire le débat d'un jour moins hystérique.

    En ce qui regarde les droits autochtones, il est évident que plusieurs pays dont le Canada, les États-Unis, l'Australie, la Suède, la Finlande, la Norvège, la Russie et l'Indonésie, verraient d'un très mauvais oeil qu'un tribunal international accorde à un territoire autochtone une partition, soit pour le rattacher à un autre territoire, soit pour le doter d'un territoire souverain. Je ne pense pas que ce sera demain la veille.

    Ils n'ont pas parlé non plus des Acadiens du Nouveau-Brunswick et des Franco-Ontariens du nord de l'Ontario qui pourraient demander la partition pour joindre leur territoire à celui du Québec.

    En terminant, il semble que la ligne jurisprudentielle de droit international applique généralement le principe du maintien des frontières telles qu'elles étaient avant l'accession à la souveraineté.

  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 8 mars 2007 17h08
    M. Merven nous trouvait chialeurs pour les avions, maintenant nous sommes agressisfs
    M. Merven nous sommes juste plus nombreux à écrire ici. Pour ce qui est de l'hystérie, lisez M. Charron et vous serez servi. Je vous réfère aussi aux discours de certains partitionnistes qu'on retrouve sur plusieurs sites. Allez-y voir et cessez de nous accuser d'être des gros méchants dès qu'on ouvre la bouche pour leur répondre. Évidemment vous préférez le genre mouton bêlant, c'est plus facile à manipuler. Votre parti pris est gros comme un train, cela devient un peu ridicule à force d'être on ne peut plus évident. Vous pouvez aussi garder vos conseils paternalistes pour vous, nous n'avons plus l'âge.

  • Guylain Tremblay
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 19h23
    La partition: jusqu'ou peut-on en appliquer le principe?
    Je résume en une phrase l'argument de la partition: "Si le Québec peut se séparer, rien n'empêche une de ses régions de faire de même; on court donc le risque d'une escalade dangereuse, et à la limite extrème, un danger de conflit, au moins diplomatique".

    À mon avis, c'est un argument qui ne tient pas la route. Voici pourquoi:

    1. Le monde s'est redéfini sans arrêt depuis toujours, et particulièrement au 20e siècle.
    2. Le Droit international a en conséquence établi des règles générales pour baliser ces évenements inévitables, étant donné l'évoulution naturelle des très nombreux peuples réunis sous diverses formes d'associations, souvent créées par la force.
    3. Ces règles du droit à l'autodétermination sont les suivantes.

    Une population peut aspirer à l'indépendance si:

    A. Cette population a une histoire commune,
    B. Un site de peuplement ayant des bases légales bien délimitées
    C. Une cohérence facilement identifiable au sein d'institutions politiques, juridiques, commerciales, et civiles communes.
    D. Un système de gouvernement légitimement constitué et élu.
    E. Une volonté exprimée majoritairement, par le vote libre sur une question claire

    Sur ces bases, on ne peut parler d'une possible partition de comtés tels que Westmount, car dans ce cas, la cohérence n'y serait pas du tout. En effet, les gens de Westmount travailleraient et auraient de très nombreux autres liens quotidiens sur le territoire d'un autre pays, ce qui serait absurde.

    Donc, on ne peut dire que ce qui est vrai pour le Québec serait vrai pour Westmount. Dans un tel cas, pourquoi les gens du Saguenay, qui ont votés en 1995 à 73% pour la séparation, n'ont jamais eu même l'ombre de l'idée de se séparer du reste du Québec, même si on peut dire que ce groupe de gens est déjà beaucoup plus proche de la définition de peuple que les gens de Westmount (histoire, lieu de vie bien circonscrit, institutions communes, etc.).

    C'est donc bel et bien un argument de peur, qui ne grandit pas ceux qui l'utilisent. Les fédéralistes seraient bien plus avisés d'en vendre les bienfaits, plutôt que de dire aux gens que "ça serait tellement de trouble de se séparer".

    Ce type de raisonnement me fait penser au conjoint qui reste malheureux en couple, parce que c'est très traumatisant de partir seul. Un jour, il faut oser, souvent pour le bien des deux, même si au début c'est assez stressant.

  • Louis Lapointe
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 19h54
    Une autre promesse qu'il ne pourra pas tenir!
    M.Charest promet la partition du Québec si le PQ est élu le 26 mars et fait la souveraineté par la suite. Comment pense-t-il réaliser cette promesse dans l'opposition, alors qu'il n'a même pas tenu celles qu'il avait faites à la dernière élection?

  • Dominic Biron
    Inscrit
    jeudi 8 mars 2007 20h35
    Charest dit encore des niaiseries
    C'est evident que Charest essaie encore de detourner l'attention de son bilan en disant n'importe quoi.

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 9 mars 2007 06h57
    CQFD
    CQFD!

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