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Québec autonome - Dans l'antichambre de la souveraineté

Fabien Deglise   7 mars 2007  Québec
Vive le Québec... autonome! Depuis quelques jours, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) essaye de redistribuer les cartes sur la scène politique provinciale en affichant son côté autonomiste dans un univers dominé d'ordinaire par la dualité entre fédéralisme et souveraineté.
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  • loiselet
    Abonné
    mercredi 7 mars 2007 08h29
    Du pareil au moindre
    « Juste et intéressante analyse!

    Et pourquoi donc un parti étranger que constitue l'ADQ par rapport à la famille fédéraliste obtiendrait-t-il plus que M.Charest qui est déjà dans les bonnes grâces monétaires de M.Harper? Comment pourrait-t-il être plus "efficace" que ces deux frères siamois, épouvantails à corneilles et fièrement commanditaires? Pourquoi donc troubler aussi profitable inceste?

    Dans un tel fouilli d'opportunismes,le Parti Québécois et Québec Solidaire représentent une source de fraîcheur et de transparence en attendant une "représentation" que l'on souhaite meilleure. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 7 mars 2007 11h13
    Je suis épuisé
    « Par quelle restriction mentale ou aveuglement aliéné peut-on en venir à nier la réalité à ce point ? Ne voyez-vous donc pas à quel point la moindre reconnaissance même symbolique et vide de sens ou de conséquence est impossible à arracher au ROC ? Même John Saul, je crois, était désespéré de constater comment ces concitoyens ne se rendaient pas compte de la richesse qu'est le Québec pour le Canada.

    Ces gens ne veulent pas admettre que nous voulons une relation adulte d'égal à égal avec eux. Ils nous projettent sans répit dans l'agressivité et la non ouverture à nos besoins d'épanouissement et de vie adulte.

    Le parti Mario Dumont avec sa politique du simplisme à toutes les sauces nous revient avec cette idée géniale, héritage sans doute de Robert Bourassa, de se placer entre deux.

    Quant on est mou, sans saveur, sans odeur et sans colonne vertébrale, on stigmatise deux points de vue, que l'on peut alors au besoin qualifier d'extrémistes ou purs et durs, surtout le souverainiste bien entendu. Le point de vue fédéraliste, lui, sera qualifié de statu quo. On campe ses adversaires qui ont une opinion dans des rôles caricaturaux et on se place entre les deux.

    Cela me rappelle la qualité totale. Vous vous souvenez de cette mode qui a précédé celle de l'ISO 9000. Le concept est bel et bien enterré, Dieu soit loué, car il mettait mon intelligence à l'épreuve. Je n'avais jamais compris le rapprochement non humoristique de ces deux mots. Existait-il donc une qualité cheap ? Yvon Deschamps avait-il raison ? Québec souverain dans un Canada uni. »

  • Marc A. Vallée
    Abonné
    mercredi 7 mars 2007 21h29
    L'autonomie du Québec.
    « Le ministre Benoît Pelletier, dans le livre "Le fédéralisme canadien contemporain", inclut l'autonomie du Québec comme un des volets sur lesquels repose la politique du Parti Libéral du Québec. M. Mario Dumont parle d'autonomie plus grande pour le Québec en référant au programme de son parti. Le Parti Québécois, bien sûr, est à la recherche d'un pays. Devant tout cela, il doit y avoir une prise de conscience réaliste, puis un regard vers l'avenir. Quel que soit le degré d'autonomie, on est devant le fédéralisme ou l'indépendance.

    Moi, l'indépendance, elle me fait peur. Je ne crois pas qu'un Québec, comme pays indépendant regroupant les forces vives françaises en Amérique du Nord est une solution acceptable en 2007. Que sera le nouveau Canada sans le Québec? Comment les États-Unis voudront tirer avantage de la situation? Je reprends l'expression de Jean Charest : c'est le trou noir.

    Ayant posé que le seul compromis acceptable pour moi, c'est le fédéralisme, qui permet dans un premier temps à la société Québécoise de rayonner dans un pays Canadien, il s'agit de se demander comment le fédéralisme peut être transformé pour répondre aux attentes du Québec au XXIe siècle. Les vingt dernières années nous ont montré que les accommodements constitutionnels ne sont pas la meilleure voie de transformer le fédéralisme et qu'il faut trouver d'autres pistes. La reconnaissance de la nation Québécoise par la Chambre des communes est un jalon important parce que l'on sort du débat de la société distincte. On reconnait aussi que dans un Canada dont l'anglais et le français sont les langues officielles, il existe une majorité française au Québec, qui elle-même est une minorité en Amérique du Nord. Je crois qu'une évolution du fédéralisme peut venir d'une réflexion sur les droits et les devoirs de la nation Québécoise. »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    jeudi 8 mars 2007 23h19
    Le fédéralisme asymétrique fomnctionne
    « Jean Charest a réussi en décembre 2003 à convaincre ses homologues des 9 autres provinces et des 3 territoires de signer une entente débouchant sur le Conseil de la Fédération.

    Elle se fonde sur le principe que les provinces doivent reprendre le contrôle de la fédération dans l'esprit de 1867. Rappelons que cet esprit est basé sur un certain nombre de valeurs et de principes, dont le respect de la Constitution, en particulier le partage des compétences, le respect des différences et de la diversité, ainsi que le respect du rôle constitutionnel de chaque ordre de gouvernement.

    En choisissant une approche participative, ouverte et contributive à la fédération canadienne, le gouvernement du Québec vise à renforcer les pouvoirs du Québec et éviter les situations où le gouvernement fédéral envahit les champs de compétence provinciale.

    Les ententes sur la Santé, les congés parentaux, la reconnaissance du Québec comme Nation, la place du Québec à l'UNESCO et enfin le déséquilibre fiscal sont autant de dossiers qui sont inspirés de cet esprit de fédéralisme asymétrique.

    En fait, l'asymétrie est un hommage à la souplesse et à l'adaptabilité, essentielles à la formule fédérale classique. Les composantes constitutives du Canada se sont réunies non seulement pour mettre en commun des ressources, des valeurs et des idéaux, mais également pour mieux défendre, faire valoir et promouvoir leur originalité et leur différence. Les Canadiens et les Canadiennes reconnaissent d'emblée que la force de notre fédération provient de la vitalité de ses différentes régions et identités; peu soutiennent que ces qualités sont un frein à son développement.

    La valorisation de cette diversité, la multiplicité des réalités qui composent le Canada et la variété des façons d'atteindre nos objectifs communs constituent la principale raison du rejet, lors de la naissance du Canada en 1867, du modèle unitaire au profit du modèle fédéral.

    Avant même que l'on ait songé à qualifier formellement le fédéralisme canadien d'asymétrique dans la récente entente sur la santé, celui-ci s'est développé sous le signe de l'asymétrie et de la saine expression de sa diversité profonde.

    D'abord, il existe une asymétrie constitutionnelle qui s'exprime notamment par les différences dans les pouvoirs législatifs et exécutifs accordés par la Constitution aux différentes provinces ou territoires. Les exemples de cette asymétrie sont nombreux. Soulignons, par exemple, l'article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 sur l'usage des langues française et anglaise au Québec et au gouvernement fédéral, l'article 93, de cette même Loi, sur les écoles confessionnelles, ainsi que l'article 23 de la Loi de 1870 sur le Manitoba sur le bilinguisme institutionnel dans cette province. Soulignons également les paragraphes et articles de la Charte canadienne des droits et libertés sur le bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick, ainsi que la non-application au Québec de l'alinéa 23(1)a) de cette charte en ce qui touche à certaines modalités de l'éducation dans la langue de la minorité. À cette liste, s'ajoute l'article 6 de la Loi sur la Cour suprême qui accorde au Québec le tiers des juges siégeant à la Cour suprême.

    Il existe aussi une asymétrie financière, qui s'exprime dans les transferts aux provinces et aux territoires, et dont la péréquation est l'exemple le plus frappant.

    Il existe également de nombreux exemple d'asymétrie de nature législative. Comme l'a confirmé, en 1990, la Cour suprême du Canada dans l'arrêt Sheldon, une loi fédérale peut s'appliquer de manière différente d'une province à l'autre, selon les valeurs et les diversités de chacune. De plus, la clause interprétative figurant à l'article 91 de la Loi constitutionnelle de 1867 rappelle qu'une compétence fédérale peut, dans certains cas, impliquer certaines considérations à caractère local. C'est là un facteur qui peut justifier une intervention législative asymétrique.

    Enfin, il existe une asymétrie administrative, chaque fois que l'administration fédérale et les gouvernements des provinces s'entendent pour administrer des programmes nationaux différemment, selon les besoins et les aspirations propres à chaque province.

    Oui, le système fédéral s'il est respecté dans son esprit n'a pas besoin de chercher une formule plus satisfaisante pour l'ensemble des québécois et des canadiens.

    Déjà deux Premiers Ministres fédéraux, Paul Martin et Stephen Harper, ont accepté de vivre dans cet esprit fédératif asymétrique. C'est porteur d'avenir et d'espoir.

    Quand Mario Dumont aura fini de copier sur les autres, on le prendra au sérieux. »

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