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Lettres: Élection et éducation : de la parole à la réalité

Luc Papineau - Enseignant, Le 4 mars 2007  7 mars 2007  Québec
En général, les campagnes électorales sont l'occasion de demi-vérités bien frustrantes, tant elles ne correspondent pas toujours à la réalité des faits.

Ainsi, à un parent qui se plaignait de la lisibilité des bulletins de la réforme, Jean Charest a répondu qu'il devrait aborder ce sujet lors d'une réunion du conseil d'établissement de son école. Or, le chef du PLQ devrait savoir que les CE n'ont aucun pouvoir de changer les choses. Ce sont les directions d'école qui le possèdent et, pour des raisons de cohérence, elles se sont généralement entendues sur un modèle unique dans chaque commission scolaire. Les parents n'ont donc, à proprement parler, aucun mot à dire quant à la facture des bulletins de la réforme, contrairement à ce que M. Charest laissait entendre à ce parent.

De plus, afin de rassurer les gens inquiets de la réforme, la plate-forme électorale libérale prévoit des examens à la fin de chaque cycle du primaire et du secondaire. On peut alors croire que les élèves devront bien savoir quelque chose s'ils veulent les réussir. On peut fortement en douter pour deux raisons. Premièrement, de tels examens existent déjà en cinquième secondaire et on ne cesse de dénoncer le laxisme de ceux-ci. Par exemple, en écriture de français de cinquième secondaire, un élève peut faire une faute de grammaire ou d'orthographe tous les 15 mots et réussir malgré tout cette épreuve! Deuxièmement, rien n'indique que ces examens auront un poids déterminant dans le parcours scolaire des élèves. En effet, un mauvais résultat à ceux-ci peut être noyé dans ce qu'on appelle le «bilan des apprentissages», une évaluation du cycle entier que plusieurs enseignants et parents estiment douteuse et subjective. De toute façon, mauvais résultat ou pas, comme le redoublement est devenu une mesure exceptionnelle, il faut se demander quelle importance véritable auront les examens de fin de cycle promis par le PLQ.

Cette méconnaissance manifeste de nos leaders politiques explique peut-être pourquoi, même si elle est une de leurs priorités, l'éducation se porte si mal au Québec.
 
 
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