Charest charge l'ADQ
Le candidat adéquiste de Deux-Montagnes, Jean-François Plante
Saguenay et Gatineau — Jean Charest est tombé à bras raccourcis sur l’Action démocratique du Québec hier, réclamant la démission d’un candidat de cette formation ayant à ses yeux «banalisé» la tragédie de Polytechnique de 1989. En soirée à Gatineau, il a ridiculisé une dizaine de candidats adéquistes en citant leurs propos étranges. Plus tôt à Saguenay, il avait aussi exigé que le parti de Mario Dumont «fournisse ses engagements chiffrés» cette semaine et a soutenu que l’ADQ négligeait les régions. «En trois jours [en région], j’ai vu davantage de pancartes nous mettant en garde contre les orignaux que de pancartes de l’ADQ!», a-t-il raillé hier, à Saguenay.
En après-midi, il avait vertement dénoncé le candidat adéquiste de Deux-Montagnes, Jean-François Plante, ancien élu de Vision Montréal et émule de Jeff Fillion. M. Plante — qui a du reste présenté ses excuses en fin de journée — aurait déclaré en décembre 2006, sur sa «radio Internet» radioxtrm.com, dont le slogan est «c'est comme le FM, mais la marde en moins»: «On vient de passer le 6 décembre et j'ai encore refusé de mettre le ruban blanc. Imagine-toi donc combien on est épouvantable de pas mettre ce ruban-là. Et là, on nous a encore sorti la chanson de la violence faite aux femmes. Pourquoi la violence faite aux femmes? Il n'y a pas de violence faite aux hommes? Ça existe pas? Pourtant, y'a des chiffres qui nous disent que, bon, c'est à peu près semblable.» C'est du moins ce que l'on pouvait lire dans une série de transcriptions de propos de M. Plante remise aux médias par l'organisation du Parti libéral hier.
«C'est extrêmement grave [...] À mes yeux à moi, il devrait non seulement être "discipliné", il devrait démissionner», a déclaré M. Charest hier en conférence de presse, tout en nuançant: «Si c'est ça le fond de sa pensée.»
D'autres déclarations du candidat Plante portaient sur la notion d'équité salariale. À ses yeux, celle-ci empêche les hommes de rentrer sur le marché du travail: «Comme si c'était pas assez, on fait encore des mesures pour faire entrer encore davantage de femmes. Moi, qu'on fasse rentrer davantage de femmes, je veux bien, mais c'est parce que cela a un effet pervers: il y a moins d'hommes qui rentrent. [...] Donc, on est en train de faire [...] un genre d'apartheid là, c'est carrément ça ou on bloque les hommes, là.»
Adéquistes ébranlés
L'affaire a ébranlé le camp adéquiste. Le candidat a publié une lettre d'excuses en fin de journée, et le chef Mario Dumont a fait un point de presse pour se dissocier des propos de son candidat et pour répliquer au chef libéral.
Dans sa lettre, M. Plante affirme qu'il «adhère sans condition» et «supporte [sic] l'actuel programme d'équité salariale», bien qu'il ait pu en critiquer «certains éléments de mise en oeuvre». Il a aussi condamné la «violence faite aux femmes» et soutien n'avoir voulu «en aucun temps [...] banaliser cette dramatique réalité, pas plus en parlant du drame de Polytechnique que de tout autre événement tragique». Il ajoute condamner «toute violence, que les victimes en soient des femmes, des enfants ou des hommes». «Si mes propos, émis dans le cadre d'une émission radiophonique qui se veut polémiste, ont pu porter à interprétation à cet égard, je m'en excuse et je tiens à réitérer mon adhésion profonde aux principes de l'égalité des personnes et de la non-violence.»
YouTube prend le relais
Mais sa lettre n'était pas encore expédiée hier que quelque sept autres extraits controversés de son émission circulaient, notamment sur le site YouTube. Par exemple: «Les Québécois ont souvent un profil de petits crosseurs. [Ils sont comme] les Mexicains, qui sont un peu plus magouilleurs [ou alors les] Tunisiens, qui fonctionnent avec le backshish.» Le Parti libéral a nié avoir déposé ces extraits sur Internet, hier. «Ça ne vient pas de chez nous», a certifié la directrice des communications du parti, Isabelle Melançon. (Si c'avait été le cas, cela aurait constitué une dépense électorale.)
Cependant, le PLQ a fait circuler à bord de l'autobus un florilège de déclarations de M. Plante, hier:
«Dans la fonction publique québécoise y'a davantage de femmes que d'hommes.»
«Ça fait trois ans que j'essaie de convaincre ma blonde de sacrer le camp du Québec.»
«Il y a des filles que tu connais, t'as le goût de baiser la première fois que tu les vois, pis d'autres que ça prend peut-être une couple de mois, pis là tu dis ouin, me semble qu'est pas pire cette fille-là, me semble que elle, en fin de compte, est regardable, me semble que je donnerais un coup.»
Dumont réplique
Mario Dumont a contre-attaqué, hier après-midi. Il a condamné la stratégie libérale consistant à fouiller dans le passé des candidats adéquistes. «Nos adversaires font un travail pour retrouver tout ce que nos candidats ont pu dire un jour dans leur vie. Cela cache une autre affaire: dans Matane, la députée [libérale Nancy Charest] a fait quelque chose de plus grave qu'une déclaration: elle a négligé son monde. Elle n'était même pas au courant d'une fermeture d'une industrie qui a mis 50 personnes au chômage», a poursuivi M. Dumont, qui parlait de l'entreprise Spielo Gaming, de Sainte-Anne-des-Monts, un fabricant d'appareils de vidéopoker.
La veille, M. Dumont avait été contraint de tempérer les ardeurs de son candidat dans Montmagny-L'Islet, Claude Roy, spécialiste de chasse et de pêche qui avait déploré le système de contrôle des armes à feu. M. Dumont avait alors mentionné que l'ADQ favorisait un certain contrôle des armes à feu afin d'éviter que ces armes ne servent à des fins criminelles.
Jean Charest s’est envolé hier après-midi pour Gatineau, où une manifestation d’une centaine de militants syndicaux de la FTQ, de la CSN ainsi que de quelques étudiants ayant pour but de dénoncer le bilan du gouvernement Charest, a gêné le début d’un rassemblement partisan à l’aéroport.
Dans son discours en soirée, le chef libéral s’est moqué de l’ADQ, parti qui veut abolir les commissions scolaires, le Conseil de la fédération et Emploi-Québec. «On pourrait les appeler les abolitionnistes démocratiques du Québec !», a-t-il lancé. Puis il a cherché à démontrer la faiblesse de l’équipe de l’ADQ en revenant sur les propos de M. Plante et en demandant de nouveau sa démission, malgré les excuses du principal intéressé. M. Charest en a profité pour élargir ses attaques à une dizaine d’autres candidats adéquistes dont il a cité des propos étranges. Il a notamment mentionné Linda Lapointe, ancienne présidente de l’Association des marchés d’alimentation, qui avait écrit récemment au premier ministre pour lui proposer d’être candidate en expliquant qu’elle ne croyait plus en son chef Mario Dumont… M. Charest a fait éclater la salle de rire en se moquant du candidat Martin Otis, un jeune de 22 ans membre du comité exécutif de la commission jeunesse: «Écoutez, j’ai été parachuté dans le comté. […] Je ne voudrais pas avoir l’air de manquer de respect à mes électeurs. J’ai l’intention de venir faire du porte-à-porte toutes les fins de semaine.» «Chers amis, je pense qu’on peut lui donner congé les fins de semaine», a commenté M. Charest.
Plus tôt hier, Jean Charest avait rencontré le Cercle de presse de Saguenay. Il a réitéré sa volonté de conquérir les cinq circonscriptions de la région. Il a promis de faire plus pour la région si elle votait pour les candidats libéraux et non pour des péquistes, qui ont tenu selon lui «la région pour acquis». Il s'est défendu d'adopter une stratégie à la Marc-Yvan Côté. Dans les années 80, le ministre libéral avait dit à une région qu'elle devait «voter du bon bord» pour obtenir ce qu'elle voulait.
Enfin, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal écrivait récemment que «Jean Charest, c'est l'Alex Kovalev de la politique: il peut être très bon, mais il faut que ça le tente». Quand Le Devoir a demandé hier au chef libéral de commenter cette phrase, il a répondu laconiquement: «Ça me tente...»
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Avec la Presse canadienne
En après-midi, il avait vertement dénoncé le candidat adéquiste de Deux-Montagnes, Jean-François Plante, ancien élu de Vision Montréal et émule de Jeff Fillion. M. Plante — qui a du reste présenté ses excuses en fin de journée — aurait déclaré en décembre 2006, sur sa «radio Internet» radioxtrm.com, dont le slogan est «c'est comme le FM, mais la marde en moins»: «On vient de passer le 6 décembre et j'ai encore refusé de mettre le ruban blanc. Imagine-toi donc combien on est épouvantable de pas mettre ce ruban-là. Et là, on nous a encore sorti la chanson de la violence faite aux femmes. Pourquoi la violence faite aux femmes? Il n'y a pas de violence faite aux hommes? Ça existe pas? Pourtant, y'a des chiffres qui nous disent que, bon, c'est à peu près semblable.» C'est du moins ce que l'on pouvait lire dans une série de transcriptions de propos de M. Plante remise aux médias par l'organisation du Parti libéral hier.
«C'est extrêmement grave [...] À mes yeux à moi, il devrait non seulement être "discipliné", il devrait démissionner», a déclaré M. Charest hier en conférence de presse, tout en nuançant: «Si c'est ça le fond de sa pensée.»
D'autres déclarations du candidat Plante portaient sur la notion d'équité salariale. À ses yeux, celle-ci empêche les hommes de rentrer sur le marché du travail: «Comme si c'était pas assez, on fait encore des mesures pour faire entrer encore davantage de femmes. Moi, qu'on fasse rentrer davantage de femmes, je veux bien, mais c'est parce que cela a un effet pervers: il y a moins d'hommes qui rentrent. [...] Donc, on est en train de faire [...] un genre d'apartheid là, c'est carrément ça ou on bloque les hommes, là.»
Adéquistes ébranlés
L'affaire a ébranlé le camp adéquiste. Le candidat a publié une lettre d'excuses en fin de journée, et le chef Mario Dumont a fait un point de presse pour se dissocier des propos de son candidat et pour répliquer au chef libéral.
Dans sa lettre, M. Plante affirme qu'il «adhère sans condition» et «supporte [sic] l'actuel programme d'équité salariale», bien qu'il ait pu en critiquer «certains éléments de mise en oeuvre». Il a aussi condamné la «violence faite aux femmes» et soutien n'avoir voulu «en aucun temps [...] banaliser cette dramatique réalité, pas plus en parlant du drame de Polytechnique que de tout autre événement tragique». Il ajoute condamner «toute violence, que les victimes en soient des femmes, des enfants ou des hommes». «Si mes propos, émis dans le cadre d'une émission radiophonique qui se veut polémiste, ont pu porter à interprétation à cet égard, je m'en excuse et je tiens à réitérer mon adhésion profonde aux principes de l'égalité des personnes et de la non-violence.»
YouTube prend le relais
Mais sa lettre n'était pas encore expédiée hier que quelque sept autres extraits controversés de son émission circulaient, notamment sur le site YouTube. Par exemple: «Les Québécois ont souvent un profil de petits crosseurs. [Ils sont comme] les Mexicains, qui sont un peu plus magouilleurs [ou alors les] Tunisiens, qui fonctionnent avec le backshish.» Le Parti libéral a nié avoir déposé ces extraits sur Internet, hier. «Ça ne vient pas de chez nous», a certifié la directrice des communications du parti, Isabelle Melançon. (Si c'avait été le cas, cela aurait constitué une dépense électorale.)
Cependant, le PLQ a fait circuler à bord de l'autobus un florilège de déclarations de M. Plante, hier:
«Dans la fonction publique québécoise y'a davantage de femmes que d'hommes.»
«Ça fait trois ans que j'essaie de convaincre ma blonde de sacrer le camp du Québec.»
«Il y a des filles que tu connais, t'as le goût de baiser la première fois que tu les vois, pis d'autres que ça prend peut-être une couple de mois, pis là tu dis ouin, me semble qu'est pas pire cette fille-là, me semble que elle, en fin de compte, est regardable, me semble que je donnerais un coup.»
Dumont réplique
Mario Dumont a contre-attaqué, hier après-midi. Il a condamné la stratégie libérale consistant à fouiller dans le passé des candidats adéquistes. «Nos adversaires font un travail pour retrouver tout ce que nos candidats ont pu dire un jour dans leur vie. Cela cache une autre affaire: dans Matane, la députée [libérale Nancy Charest] a fait quelque chose de plus grave qu'une déclaration: elle a négligé son monde. Elle n'était même pas au courant d'une fermeture d'une industrie qui a mis 50 personnes au chômage», a poursuivi M. Dumont, qui parlait de l'entreprise Spielo Gaming, de Sainte-Anne-des-Monts, un fabricant d'appareils de vidéopoker.
La veille, M. Dumont avait été contraint de tempérer les ardeurs de son candidat dans Montmagny-L'Islet, Claude Roy, spécialiste de chasse et de pêche qui avait déploré le système de contrôle des armes à feu. M. Dumont avait alors mentionné que l'ADQ favorisait un certain contrôle des armes à feu afin d'éviter que ces armes ne servent à des fins criminelles.
Jean Charest s’est envolé hier après-midi pour Gatineau, où une manifestation d’une centaine de militants syndicaux de la FTQ, de la CSN ainsi que de quelques étudiants ayant pour but de dénoncer le bilan du gouvernement Charest, a gêné le début d’un rassemblement partisan à l’aéroport.
Dans son discours en soirée, le chef libéral s’est moqué de l’ADQ, parti qui veut abolir les commissions scolaires, le Conseil de la fédération et Emploi-Québec. «On pourrait les appeler les abolitionnistes démocratiques du Québec !», a-t-il lancé. Puis il a cherché à démontrer la faiblesse de l’équipe de l’ADQ en revenant sur les propos de M. Plante et en demandant de nouveau sa démission, malgré les excuses du principal intéressé. M. Charest en a profité pour élargir ses attaques à une dizaine d’autres candidats adéquistes dont il a cité des propos étranges. Il a notamment mentionné Linda Lapointe, ancienne présidente de l’Association des marchés d’alimentation, qui avait écrit récemment au premier ministre pour lui proposer d’être candidate en expliquant qu’elle ne croyait plus en son chef Mario Dumont… M. Charest a fait éclater la salle de rire en se moquant du candidat Martin Otis, un jeune de 22 ans membre du comité exécutif de la commission jeunesse: «Écoutez, j’ai été parachuté dans le comté. […] Je ne voudrais pas avoir l’air de manquer de respect à mes électeurs. J’ai l’intention de venir faire du porte-à-porte toutes les fins de semaine.» «Chers amis, je pense qu’on peut lui donner congé les fins de semaine», a commenté M. Charest.
Plus tôt hier, Jean Charest avait rencontré le Cercle de presse de Saguenay. Il a réitéré sa volonté de conquérir les cinq circonscriptions de la région. Il a promis de faire plus pour la région si elle votait pour les candidats libéraux et non pour des péquistes, qui ont tenu selon lui «la région pour acquis». Il s'est défendu d'adopter une stratégie à la Marc-Yvan Côté. Dans les années 80, le ministre libéral avait dit à une région qu'elle devait «voter du bon bord» pour obtenir ce qu'elle voulait.
Enfin, le chroniqueur de La Presse Vincent Marissal écrivait récemment que «Jean Charest, c'est l'Alex Kovalev de la politique: il peut être très bon, mais il faut que ça le tente». Quand Le Devoir a demandé hier au chef libéral de commenter cette phrase, il a répondu laconiquement: «Ça me tente...»
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Avec la Presse canadienne
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