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Le OUI de Dumont

Michel David   6 mars 2007  Québec
Dès le déclenchement des élections, on a demandé à Mario Dumont dans quel camp il se rangerait s'il y avait un autre référendum sur la souveraineté. Bien entendu, il a refusé de se prononcer. «Il n'y aura pas de référendum», a-t-il répondu.
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  • Steve Fortin - Abonné
    6 mars 2007 08 h 17
    L'"autonomisme" ne fait qu'encourager la confusion.
    Monsieur David,

    Contrairement à M. Desjardins, je crois que la position constitutionnelle de l'ADQ doit être soulevée au cours de cette élection; surtout quand on admet que le message de ce parti est en grande partie orienté vers les "souverainistes mous" (on m'expliquera un jour ce que c'est que cette coquille vide...). Force est d'admettre que la question nationale est tributaire de toutes les autres; que l'on pense à l'environnement, alors que les orientations canadiennes et québécoises sont diamétralement opposées (surtout avec les ultra-conservateurs).

    Ce qui est désolant cependant, c'est le manque de substance de Jean Charest sur toutes questions mais surtout celle-là. D'entretenir les vieux démons et d'avoir recours aux vieilles tactiques de chantage n'arrive plus à masquer le vide sémantique des libéraux en ce qui concerne la place du Québec dans la fédération canadienne. Avec chaque élection provinciale ou fédérale, la présence même de partis souverainistes agace la population canadienne que l'on instruit pas quant à la nature du projet souverainiste. L'ajout d'une position mitoyenne "autonomiste", pragmatiquement irréalisable dans ce contexte où tout gain du Québec dans la fédération est perçu comme fait au détriment des autres provinces, ne fait qu'alimenter la confusion.

    Chaque jour qui passe en est un qui nous mène vers la nécessité du pays afin que nous puissions évoluer en accord avec ce qui fait que nous soyions "distincts" de nos amis canadiens. Pour le bien de tous. En ça, le "oui" de Mario Dumont serait salutaire.
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  • Roger Demers - Inscrit
    6 mars 2007 08 h 19
    Le oui de m. dumont
    Justement, l'opinion de M. Dumont sur ce sujet, on s'en fout royalement! C'est là une grosse partie des problèmes avec vous les journalistes. Vous nousprêtez toutes sortes d'intentions juste pour poser dees questions embarassantes aux politiciens... On serait beaucoup plus intéressés pas des questions de fond et de politiques à long terme... mais non. C'est pas assez raccoleur.
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  • Micaël Bérubé - Abonné
    6 mars 2007 08 h 34
    Michel David injuste : L'autonomisme ne conduit pas aisément à un OUI ou à un NON
    L'autonomisme de l'ADQ préconise de demeurer au sein de la fédération canadienne mais en faisant respecter les champs de compétence provinciaux. Un argument en ce sens est que l'on comprend mal pourquoi le fédéral viendrait gérer, avec notre argent, des dossiers qui ne concernent que les québécois. D'un autre côté, les dossiers qui concernent les canadiens dans leur ensemble appartiennent naturellement à Ottawa. D'où la position mitoyenne de l'ADQ. Le rapport Allaire décrit une division possible des pouvoirs en fonction de ce genre de critère. L'autre argument se fonde sur un certain nationalisme qui affirme qu'en raison de l'unité québécoise, il est plus naturel de concentrer les pouvoirs décisionnels concernant le Québec, à Québec. La position n'a rien de flou, sauf pour ceux qui vivent dans un monde monochrome où le rouge et le bleu sont les seules couleurs possibles.

    Malgré la clarté de la position autonomiste, est-ce si évident pour un autonomiste quel scénario est le meilleur, entre le fédéralisme centralisé et la séparation ? Forcez un voyageur qui souhaite se rendre à Trois-Rivières à choisir entre Montréal et Québec. Vous lui causerez un grand malaise d'ailleurs parfaitement légitime. C'est pourquoi Mario Dumont prend une décision sage en refusant de répondre s'il voterait OUI ou NON. Tout dépend des circonstances du moment, à savoir laquelle des options nous rapprocherait le plus de l'option autonomiste. Lorsqu'on ne tient pas compte des circonstances, l'autonomisme ne détermine aucune décision entre le OUI et le NON. Il faudrait qu'on le réalise et qu'on cesse de forcer M. Dumont à porter les couleurs habituelles du spectre politique québécois.

    Et si l'éventuel référendum comportait trois choix ? Entre les deux excès on pourrait retrouver une troisième possibilité : Employer les moyens nécessaires pour faire respecter nos compétences, mais sans quitter la fédération. Voilà qui mettrait fin au débat. Pourquoi les québécois s'obstinent-ils à ne considérer que deux options tout aussi insatisfaisantes ? Un référendum doit-il, en vertu de la loi, porter sur seulement deux options ? S'il est permis de se séparer à la suite d'un référendum, pourquoi ne serait-il pas permis de faire respecter, unilatéralement si nécessaire, nos champs de compétence ?

    Quoiqu'il en soit, le Québec aurait fortement intérêt à échanger son vieux moniteur constitutionnel monochrome pour un nouvel écran HD.

    Micael Bérubé
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  • May West - Abonnée
    6 mars 2007 09 h 05
    Parlons-nous des vraies choses
    Bravo et merci, M. Desjardins, de si bien dire et expliquer à M. David, qu'il est plus que temps, qu'il se ré-aligne sur la voie de l'objectivité et du non parti-pris.

    Disons que ce dernier penchant est plutôt évident dans ses chroniques depuis le déclenchement des élections, au Québec, (sauf dans le dernier paragraphe de son avant-dernière chronique ...!) Le problème, c'est que si on ne plus trouver d'objectivité dans Le Devoir, où allons-nous la trouver, pour l'Amour du Ciel?

    Parlant d'objectivité, ici, j'aimerais demander à M. David ce qu'il pense de l'article de M. Guy Glorieux, parue dans Le Devoir, ce matin, et intitulée « Le véritable enjeu ».

    Croit-il valable l'idée de mettre en marche une pétition afin dire à nos représentants et députés du Bloc québécois, « que devant l'ingérence fédérale, le Bloc québécois n'a d'autre choix, s'il veut garder sa capacité d'agir et de représenter utilement les intérêts du Québec à Ottawa, que de quitter la Chambre avant le dépôt du budget et de refuser de commenter ce document ou même de voter à son sujet. Parce qu'en l'acceptant, le Bloc accepterait ce qui constitue un manquement grave aux règles de la démocratie. »

    L'idée de la pétition est la mienne. C'est qu'à défaut d'entendre nos journalistes nous éclairer en se prononçant sur le sujet, c'est la seule idée (arme démocratique, si l'on peut dire) qui m'est venue à l'esprit.

    Très cordialement vôtre,
    May West

    Très cordialement,
    May West
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  • roger montreal - Abonné
    6 mars 2007 13 h 31
    LE OUI DE DUMONT
    POUQUOI M DAVID vous demandez a M DUMONT de se prononcer pour le oui ou le non.
    En vos qualité de journaliste vous savez la réponse.
    Vous savez que M. DUMONT a rencontré son grand ami le premier ministre du canada /HAPER/ juste avant l élection, depuis cette rencontre il est devenu OTONOMISTE par pur hasard.
    Je vous crois assez intelligent pour voir son jeux, diviser les votes des nationalistes pour que les libéraux soient élus,
    Comme récompense /ministre au fédéral/
    Pourquoi ne pas renseignez les lecteurs qui vous font vivre grassement, honnêtement et dire les vrais choses, les gens pourrons choisir librement
    Nous appelons ça un journaliste neutre.
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com
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  • Steve Fortin - Abonné
    6 mars 2007 15 h 32
    Réponse à M. Bérubé
    Monsieur Bérubé, vous n'êtes pas sans savoir que les gains qui ont été réalisés au cours des trente dernières années quant à la place du Québec dans la fédération canadienne, l'ont été en grande partie à cause du rapport de force qui est établi entre la « menace séparatiste » et l'ambivalence du peuple québécois. Nombreux sondages d'opinion ont démontré que la majorité des québécois n'adhéraient pas à l'identité canadienne; ce qui est partie prenante du caractère distinct de notre nation (et qui participe à la dite ambivalence).

    De plus, pourquoi user de la rhétorique mensongère quand vous parlez de l'option souverainiste en la nommant « séparatiste » : ces canulars à la Jean Chrétien sont une insulte à l'intelligence des québécois. Nous savons tous que le terme « séparation » éminemment négatif, participe au discrédit implicite de cette option. Qu'il soit utilisé par les canadiens anglais ou les libéraux passe encore; nous connaissons leur dessein... Soyons francs et parlons de la souveraineté ou de l'indépendance; car c'est de ça qu'il est question; un projet de pays, rassembleur, qui n'est pas un affront à nos amis canadiens, mais bien l'émancipation trop longtemps retardée du peuple québécois dans toute sa diversité.
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  • Linda Hart - Abonnée
    6 mars 2007 15 h 41
    L'art de se tirer dans le pied
    Je pense que M. David a mis le doigt sur un élément qu'il est important de discuter. Il a fait ressortir la position de ces fédéralistes qui, comme M. Pratte, n'envisageraient avec aucun plaisir la disparition du PQ car elle signifierait un net recul du Québec sur l'échiquier politique canadien. Je suis une assidue des chroniques de M. Pratte et je constate que ses positions n'ont pas vraiment changé, il demeure le chantre de ce qu'on pourrait appeler un fédéralisme éclairé.

    M. David a bien fait son travail de chroniqueur et sa description de la position volontairement floue de M. Dumont est exacte et finement analysée. Si la question référendaire est à l'ordre du jour, dans le cadre de la présente campagne, la responsabilité en incombe aux membres du PQ et on ne peut reprocher à M. David de l'aborder. Son commentaire a aussi le mérite de questionner les souverainistes concernant l'effet du référendum sur la position du Québec au sein de la fédération canadienne. Le référendum est une arme à deux tranchants qui de ce fait, devrait être manipulée avec précaution et à bon escient.

    Je suis une ardente partisane du processus démocratique et je considère que le PQ est un des trop rares partis qui s'entêtent à l'appliquer au niveau de la base. Tout n'est pas rose au sein du PQ, très loin de là, mais ceux qui veulent s'y impliquer ont le loisir d'y faire entendre leur voix. Tant et aussi longtemps que les journalistes continueront à dire que "le PQ est un parti dur à tenir", je serai rassurée à ce propos.

    Toutefois, la question référendaire, parce qu'elle emporte des conséquences qui dépassent très largement les effectifs du PQ, parce qu'elle concerne l'éventuelle cession du Québec, parce qu'elle représente une arme redoutable dans la lutte qui nous oppose aux tenants d'un fédéralisme dur et centralisateur, parce qu'elle implique l'avenir de tous les Québécois et indirectement de tous les Canadiens, parce qu'elle contient un élément délétère potentiellement capable d'affaiblir la position québécoise et donc de réduire ses atouts dans le rapport de force Canada-Québec, ne devrait en aucune façon être à la merci des états d'âme des membres du parti. Le référendum bénéficie d'une loi et il est inscrit dans les statuts du PQ. Cela est suffisant à en assurer la pérennité. Je considère que les membres du PQ ne devraient avoir aucune possibilité d'imposer la tenue d'un référendum dans le cours d'un mandat précis et qu'à cet égard, le recours aux conditions gagnantes était génial. Pour toutes les raisons mentionnées précédemment, le choix du moment idéal à la tenue d'un référendum devrait impérativement et strictement relever des élus. Le moment opportun et les conditions gagnantes, ce concept est à lui seul suffisant à assurer le maintien d'une épée de Damoclès que le reste du Canada déteste, mais qui pourrait l'amener à mettre de l'eau dans son vin, son autre effet étant de limiter les prétentions des tenants d'un fédéralisme ultra-centralisateur. Le référendum, dans le cadre politique canadien, doit être utilisé avec finesse et intelligence. S'en servir, comme l'ont fait les membres du PQ, pour déclarer la guerre au reste du Canada, alors que leurs munitions étaient au plus bas et leurs troupes plutôt mal en point, ne fait que renforcer la position d'un Jean Charest qui n'a pas manqué de l'utiliser, afin de distraire la population des vrais enjeux et de s'approprier les votes de ceux qui en ont ras-le-bol de cette question et qui n'en comprennent pas les avantages.

    Les membres du PQ et ses dirigeants ont bénéficié de trois ans pour travailler à la mise au point d'un programme offrant aux Québécois une véritable alternative au gouvernement Charest. Ce programme devait prioritairement s'intéresser à réduire la fracture Montréal/régions, à proposer des solutions aux problèmes du système d'éducation, à envisager la question du système de santé, sous un angle différent de cette stupide vision à court terme qui consiste à y engouffrer toujours plus d'argent sans jamais en questionner l'organisation et les structures, à faire un portrait global de notre économie en ciblant les secteurs à prioriser, essentiellement les PME qui en sont le moteur, celles qu'il nous faut systématiquement encourager, comme celles dont il nous faut envisager la création. Avec un programme offrant aux Québécois un projet de société qui tienne compte de leurs priorités et qui soit digne de leurs aspirations, expurgé des promesses à court terme dont ils connaissent la vacuité et l'intention électoraliste, M. Boisclair aurait entamé la campagne sur un autre ton. Il n'aurait pas été contraint de s'empêtrer dans ce ridicule et stérile débat sur la question référendaire et dans des considérations sémantiques autour du mot référendum et consultation populaire. Il aurait été en mesure d'offrir aux Québécois des motifs de réflexion et des pistes de solutions. Les membres du PQ ont plutôt opté, à l'image de Québec Solidaire qui l'a fait pour d'autres motifs, pour l'éternel enfargement dans les fleurs du tapis consistant à jouer le jeu de ses adversaires avec un budget de l'an 1 revu et corrigé et avec l'imposition de la tenue d'un référendum dans le cours d'un éventuel mandat, le tout couronné par l'intervention de M. Duceppe avec sa motion sur la nation québécoise, qui n'avait aucun intérêt autre que celui de donner à M. Harper la chance de l'utiliser, afin de se faire du capital politique sans qu'il lui en coûte un rond.

    Ce fameux budget, un exercice particulièrement débile consistant essentiellement à tomber dans le piège des fédéralistes et à donner dans ce concept à la mode voulant que ce qui n'est pas chiffré soit inexistant, inconsistant et irréalisable. Accepter de réduire la souveraineté à une question d'argent, c'est l'amener exactement là où les fédéralistes veulent la voir. En effet, la souveraineté, envisagée du seul point de vue de l'argent qu'on en tirera au niveau gouvernemental, est un exercice profondément futile qui ne peut qu'être perdu d'avance. Le Québec étant un parent pauvre au sein de la fédération canadienne, il est évident qu'il reçoit plus qu'il ne donne, cela aurait dû être admis par les souverainistes, de même que l'autre évidence qui aurait consisté à affirmer l'impossibilité pour le gouvernement d'un Québec indépendant d'employer tous les membres de la fonction publique fédérale. Cela aurait permis d'évacuer les faux débats, de retirer aux fédéralistes leurs arguments à l'effet que les souverainistes ne sont que des hypocrites qui cachent la réalité aux Québécois, d'amener le débat au niveau de ce qu'il implique réellement et pour ce faire de poser d'abord les bonnes questions, celles qui soulignent les véritables enjeux.

    Voici trois exemples de ces questions, auxquelles les fédéralistes n'ont jamais eu à répondre, parce que le PQ s'est toujours positionné sur la défensive et qu'il s'est constamment laissé distraire par des considérations futiles. Voici donc ces questions auxquelles j'aimerais bien voir les fédéralistes répondre : la quote-part de l'Ontario dans les paiements de transferts a subi une hausse constante et elle atteint environ 20 milliards aujourd'hui alors que le Québec est dans la position inverse, il ne contribue pas aux paiements de transferts, il en reçoit toujours plus. Comment pouvez-vous justifier cette situation, sans référence à l'avantage apparent pour le Québec de vivre d'aumônes, mais en nous expliquant ce qui justifie qu'il soit obligé de le faire, ou si vous préférez, pourquoi le Québec est-il celui qui reçoit, plutôt que celui qui donne, ou encore, pourquoi l'économie du Québec accuse-t-elle un retard aussi considérable sur celle de l'Ontario et pourquoi est-il impossible de combler ledit retard ou plus modestement de le réduire sensiblement, dans le cadre de la fédération canadienne ? Pourquoi le Québec est-il le parent pauvre de la fédération canadienne et ce, depuis 1867 ? Pourquoi l'Ontario a-t-elle bénéficié d'un pacte de l'automobile alors que le Québec, qui compte pour 55% dans l'industrie aéronautique canadienne, ne peut quant à lui bénéficier d'un pacte partiel, à la hauteur de 55% ?

    Ces questions ne sont que des exemples, une étude serrée des deux histoires et des deux économies en ferait apparaître beaucoup d'autres, aussi troublantes et aussi riches d'enseignements pour l'ensemble des Québécois.
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  • Marc A. Vallée - Abonné
    6 mars 2007 21 h 30
    L'illusion du référendum
    M. David, je suis en désaccord avec vous sur la nécessité d'un troisième référendum, qui serait gagnant, pour faire avancer la cause du Québec. Après le référendum de 1980 sur la souveraineté-association, le référendum de 1995 sur le partenariat, le rapatriement de la constitution de 1982, l'entente du Lac Meech, le référendum sur l'entente de Charlottetown, il faut se rendre compte que le Canada manque de souplesse constitutionnelle. René Levesque et Pierre Elliott Trudeau sont morts et nous avons besoin de nouveaux joueurs. Stephen Harper a joué une carte importante avec la reconnaissance de la nation Québécoise dans un Canada uni. Il reste à savoir ce que ça veut dire concrètement. Mais la dernière chose qui peut faire avancer le Québec et le Canada vers plus de souplesse est un nouveau référendum sur la souveraineté ou l'indépendance du Québec.
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  • Jean Desjardins - Abonné
    7 mars 2007 01 h 19
    Là où le bât blesse...
    Ce qui me frappe dans ce débat, c'est jusqu'à quel point les forces de changement sont présentement divisées, qu'on soit souverainiste pur et dur, souverainiste mou (sic), souverainiste pragmatique, autonomiste, lucide, solidaire, vert, contestataire du Système politique actuel, etc. Un constat cependant: Règle générale, ces forces vives s'expriment haut et fort, publiquement. Qu'on soit d'accord, nuancé, aligné ou non. Voici une forme de démocratie dans sa forme la plus pure et la plus respectable, ce qui est tout à notre honneur comme peuple pacifique dans le contexte paralysant de la politique canadienne actuelle.

    Ce qui me frappe également dans ce débat, c'est la discipline absolue des forces du statu quo. Discrétion totale sur les fondements de cette option, argumentaire superficiel jamais contesté à l'interne (« Ça va très bien », « On habite le plussssss meilleur pays », « Les méchants séparatissss vont vous retirer vos pensions », « Attention aux termes 'consultation populaire' ou 'référendum', il y a un piège... », « Souveraineté ou Autonomie, c'est pareil », « Pourquoi changer, c'est pas si pire », etc.). Aucun débat public autre que des slogans vides de sens et manifestement trompeurs. Aucune remise en question sinon de savoir qui assumera le pouvoir... Bref, aucune argumentation solidement appuyée sinon que la bonne vieille tactique de piéger les autres parties à se justifier et à se re-justifier ad nauseam. C'est ce que je qualifie de forme la plus paresseuse, la plus décadente ou la plus lâche de la démocratie vécue à la canadienne et, par extension à la québécoise, présentement. Bref, il est urgent de ne pas savoir, de tout mêler et surtout, de ne rien faire ! La caricature d'un bon vieux couple qui est en train de sécher vivant, qui s'haït pour se tuer mais qui ne veut surtout pas entendre les mots 'séparation' ou 'divorce', que ce soit à l'amiable ou non... Faut vraiment croire à l'au-delà pour accepter ça!

    Par ailleurs, c'est justement là que le bât blesse !

    En effet, pendant que des gens de bonne foi s'affairent à discuter ouvertement (ou naïvement, selon...) d'idées permettant d'aller de l'avant et de construire une Société somme toute différente, adulte, prospère et moderne, de sinistres personnages manipulent cette bonne foi pour mieux satisfaire des intérêts obscurs et par delà, d'empêcher les forces de changement de s'actualiser pleinement. C'est à cause de cela que je ne puis accepter que les purs et durs (aussi bien fédéralistes que souverainistes) en viennent systématiquement à compter sur la complaisance des médias pour réduire le focus de l'élection du Gouvernement du Québec uniquement à la question référendaire. Avec comme conséquence d'occulter le reste des enjeux , tout aussi vitaux, qu'on vive dans un Québec indépendant ou non. Et ce, depuis plusieurs décennies. D'où ma déception envers la communauté journalistique qui ne joue pas suffisamment son rôle de critique exigeante et constructive visant à regarder les choses dans leur ensemble et à forcer toutes (...toutes, toutes, bon sang! ) les forces en présence à se commettre sur l'essentiel de leur vision et ce, sans détours ni faux-fuyants ! En ce sens, je réitère que le OUI ou le NON de Mario Dumont est accessoire et futile par rapport à d'autres éléments beaucoup plus préoccupants de son discours. Je réitère enfin que cette élection n'est pas référendaire et qu'elle permettra de toute manière à tous les partis politiques de poursuivre leur mission respective, quoiqu'il arrive. Un programme de parti, ça s'ajuste, surtout quand le sens commun l'exige ! L'histoire le prouve... D'où l'idée de ne pas s'enfarger dans les fleurs du tapis.

    En conclusion, je retiens pour aujourd'hui les deux lectures complémentaires suivantes aux fins de questionnement et de poursuite de ma réflexion personnelle eu égard aux autres opinions exprimés dans la présente chronique :

    (1) l'éditorial de Bernard Descôteaux du Devoir d'aujourd'hui qui traite du même sujet que monsieur David, mais avec une perspective qui invite à regarder les divers côtés de la médailles, à clore le débat et à passer à autre chose, plutôt qu'à s'y complaire.
    (2) L'opinion de monsieur André Larocque dans le Devoir d'aujourd'hui intitulée : « Le débat des chefs passera à côté de l'essentiel » . On pourrait changer 'débat des chefs', par 'campagne électorale' et le contenu de son message serait tout aussi pertinent, à mon avis.

    Au plaisir.


    Jean Desjardins
    Laval
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  • Claude L'Heureux - Abonné
    7 mars 2007 21 h 06
    Fédéralistes... responsables?
    Monsieur David a raison de tourner les réflecteurs sur les fédéralistes et leurs responsabilités face aux déconvenus du Québec après les deux référendums perdus. Monsieur Boisclair devrait demander à monsieur Charest soit de tenir un référendum pour signer la constitution de 1982 soit de cautionner un prochain référendum sur la souveraineté. Là il se montrerait un digne chef de la nation québécoise.
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