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L'autonomiste

Bernard Descôteaux   6 mars 2007  Québec
Où donc loge Mario Dumont sur la question nationale? Si demain devait avoir lieu un nouveau référendum sur la souveraineté, serait-il à nouveau dans le camp du oui comme en 1995? Est-il, comme le prétend Jean Charest, un crypto-séparatiste qui se cache derrière des positions autonomistes?

Ces questions étaient posées il y a quelques jours par le premier ministre qui fait maintenant de l'Action démocratique sa cible principale. La voyant gruger de plus en plus le vote libéral, il craint l'attrait qu'exerce auprès de ses électeurs nationalistes la plate-forme autonomiste adéquiste. À la clef, plusieurs circonscriptions pourraient lui échapper, ce qui explique sa tentative de diaboliser son adversaire.

Le comportement passé de Mario Dumont ne permet cependant pas de présumer qu'il appuierait à nouveau la souveraineté lors d'un prochain référendum. Loin de là. Au référendum de 1995, il n'était entré sous le parapluie du oui qu'à certaines conditions, notamment la négociation de bonne foi avec le Canada d'une entente de partenariat. Il ne donnait pas un appui à la souveraineté «pure et dure». Le cas échéant, on peut croire qu'il aurait plutôt de très fortes hésitations à rejoindre une autre fois le camp du oui, compte tenu du programme actuel du Parti québécois.

Le Mario Dumont de 2007, il faut le souligner, n'est pas le Mario Dumont de 1995. L'Action démocratique, lorsqu'elle participa pour la première fois en 1994 à une élection, défendait le rapatriement de toute une série de pouvoirs donnant un véritable statut particulier au Québec. Sa position s'inspirait des recommandations d'un comité institué par le premier ministre Robert Bourassa pour définir une nouvelle politique constitutionnelle libérale à la suite de l'échec de l'Accord du lac Meech. Devant le rejet du rapport de ce comité, plusieurs libéraux, dont Mario Dumont alors président de l'aile jeunesse, avaient quitté le Parti libéral pour créer l'Action démocratique.

Depuis, Mario Dumont a changé. Il a connu plusieurs défaites. S'il revendique toujours plus d'autonomie pour le Québec, il a toutefois baissé d'un cran le niveau de ses exigences. Le chapitre du programme portant sur l'autonomie se résume à seulement cinq grands points: réouverture du dialogue constitutionnel, adoption d'une constitution québécoise qui désignerait le Québec comme «État autonome», défense des champs de compétence provinciale, rétablissement de l'équilibre fiscal entre les ordres de gouvernement, instauration d'une seule déclaration de revenus.

Ce n'est «ni la rupture ni la soumission au Canada de 1982», a déjà dit Mario Dumont pour qualifier sa position qui le place à mi-chemin entre fédéralistes et souverainistes. Dans la mesure où il croit au maintien du lien fédéral — «s'affirmer sans se séparer» est le titre du chapitre du programme sur l'autonomie —, on peut le classer parmi les fédéralistes, ce qui n'en fait pas pour autant un allié de Jean Charest. Tout au contraire, il n'y a pas d'adversaires plus acharnés.

L'opposition de ces deux hommes s'explique. Tous deux font campagne en prétendant pouvoir défendre mieux que l'autre la place du Québec au sein de la fédération canadienne. Or, à côté de la plate-forme autonomiste vigoureuse de Mario Dumont, celle du Parti libéral ne peut que paraître faible, tant les engagements qu'elle contient sont minimalistes. Outre le redressement de l'équilibre fiscal, on réclame seulement d'être associé à la nomination des juges à la Cour suprême et à négocier une entente relative à la culture et aux communications pour préciser les rôles respectifs d'Ottawa et de Québec. Lorsqu'on lui demande si le Québec réintégrera la Constitution canadienne au cours du prochain mandat, Jean Charest répond invariablement que le fruit n'est pas mûr. Mario Dumont offre au contraire de cet attentisme un volontarisme qui plaît à bien des Québécois. Le premier ministre a raison de s'inquiéter.

***

bdescoteaux@ledevoir.ca
 
 
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  • Jean-François Couture - Inscrit
    6 mars 2007 07 h 50
    Tricheur et Naufrageur : Le Retour
    Jean-François Lizée a clairement démontré en long et en large les basses oeuvres du Tricheur et Naufrageur de notre Pinocchio national qu'était Robert Bourassa.

    Les demandes autonomistes de Dumont sont une hérésie pour quiconque suit la politique canadienne avec un minimum de neurones qui pétaradent.

    Qu'à cela ne tienne, n'importe quoi plutôt que l'indépendance telle que défendue par le PQ et quelque 250 ans de résistance à l'assimilation.

    Que Harper nous pontifie de son miroir aux alouettes sans valeur juridique et constitutionnelle confirme la vacuité qui amenuise le Québec depuis son annexion au Haut-Canada.

    Une nation qui ne signifie rien est insignifiante.

    En fait, les anglophones préféreraient accorder le statut de nation aux Métis (48 %), aux Acadiens (45 %), aux autochtones (65 %) et aux francophones canadiens (45 %) plutôt qu'aux Québécois .

    "Ainsi, si 78 % des francophones du Canada reconnaissent que le Québec forme une nation, seulement 38 % de leurs compatriotes anglophones pensent de même." www.ledevoir.com/2006/11/11/122687.html

    Mario Dumont continue la longue tradition servile d'abbatre le voile de l'ignorance sur les yeux du peuple Québécois.

    "Le démagogue prêche des doctrines qu'il sait fausse à des gens dont il sait qu'ils sont idiots !" - H. L. Mencken

    Plus ça change... Charest a fixé la date de l'élection générale 4 jours avant le dépôt du rapport d'enquête du juge Bernard Grenier, afin d'éviter que la divulgation de la preuve de l'implication directe dans le scandale des commandites et, plus particulièrement, dans celui d'Option Canada.

    C'est non seulement Charest que déculotte les documents mis à jour par lester et Philpot, mais aussi Claude Dauphin (maintenant maire de l'arrondissement Lachine à Montréal), l'ancien premier ministre du Québec Daniel Johnson, le ministre canadien aux affaires étrangères Pierre Pettigrew (de 1996 à 2005), le publicitaire André Morrow, l'ancienne ministre canadian du Patrimoine Liza Frulla (de 2002 à 2005 - conjointe d'André Morrow), le Groupe Everest et BCP (groupes de publicité impliqués dans le scandale des commandites) et certains autres membres influents du Parti Conservateur du Canada.

    Il s'agit de la plus grande fraude démocratique de l'histoire du Canada. Il s'agit de la plus grande fraude démocratique en Occident depuis longtemps. « Ce n'est pas qu'un référendum qui a été volé, mais un pays.

    "Depuis 1763, nous n'avons plus d'histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous sécrétons nos propres bourreaux." - Léon Dion Politicologue et papa de Stéphane.

    Comme la vie est cruelle et prévisible au Québec qui ne se souvient plus de... rien !
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  •  
  • Jocelyne Lalonde - Inscrite
    6 mars 2007 08 h 26
    Le Dumonti Code
    Nous voilà en pleine politique fiction. Les crypto-séparatistes seront-ils enfin dévoilés? L'antéchrist Mario sera-t-il démasqué par Jean Le baptiste Charest en personne? Quel secret, enfoui dans la plate-forme électorale dumontesque, apprendrons-nous enfn sur la nature première des adéquistes?

    Il est presque dommage que votre texte soit aussi réalistement exact dans les faits. Presque, parce qu'autrement ça aurait pu faire un best-seller. Tout y est, quête de pouvoir, intrigue, forces occultes, humour jaune.

    N'y manque que la belle histoire d'amour que serait le retour au bercail de l'enfant prodigue...

    Fiou! J'en ai des chaleurs...

    À quand la suite, Monsieur Charest?
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  •  
  • Michaël Lessard (micles.biz) - Abonné
    6 mars 2007 09 h 29
    La plateforme démonctre qu'il s'agit d'une position pour la confédération
    Si on lit la plateforme, on voit que Marie-Dumont n'est pas souverainiste dans le sens de quitter le Canada. Comme tout fédéraliste modérée, il est pour un respect de la Constitution du Canada dans laquelle il est écrit que les gouvernements provinciaux sont souverains dans leur compétence particulière.

    Bref, il est pour que le Québec reste membre de la fédération canadienne.

    Évidemment, comme nous l'avons vu lors de ces élections, le terme « autonomiste » vise à confondre les gens souverainistes qui connaissent plus ou moins les nuances politiques. C'est une tactique pour que les souverainistes cessent de voter automatiquement PQ. Or, l'ADQ est fédéraliste comme on peut le voir dans leur plateforme.

    M'enfin, je ne crois pas que le PQ fera un réferendum dans les prochaines années, donc peu importe. On ne vote pas présentement pour ou contre la souveraineté. De plus, si on veut que notre député-e soit souverainiste, on peut aussi choisir Québec solidaire.

    Soyons clairs !
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  •  
  • Mario Bruyère - Inscrit
    6 mars 2007 10 h 20
    Encore plus utopique que la souveraineté
    Entre la sécession non conditionnelle à une association du PQ et le béni-oui-oui constitutionnel de Charest, on peut facilement comprendre la séduction qu'exercent les idées autonomistes de Dumont auprès de plusieurs Québécois. Seules ombres au tableau : le principe de sacro-sainte égalité (vers le bas) des provinces et la masse critique requise pour modifier la constitution. Outre l'Alberta et à un moindre degré la Colombie Britannique, je doute que les propositions de Dumont trouvent preneurs. Or, à moins que l'Ontario cesse d'être le bastion indécrottable du fédéralisme centralisateur et libéral, il sera impossible d'avoir la masse critique requise pour procéder à ces changements. On en revient donc au statut quo. À ce titre, Charest et Boisclair sont certainement plus pragmatiques que Dumont.
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