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Boisclair présente ses candidats issus de l'immigration

Robert Dutrisac   5 mars 2007  Québec
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a eu droit à Montréal, hier, aux encouragements de Monia Magri, de la communauté latino-québécoise.
Photo : Jacques Nadeau
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a eu droit à Montréal, hier, aux encouragements de Monia Magri, de la communauté latino-québécoise.
Le chef du Parti québécois, André Boisclair, a présenté, hier, sa brochette de 12 candidats issus de l'immigration dont les trois quarts sont cantonnés dans des forteresses libérales.

Dans la liste, on retrouve, dans Borduas, Pierre Curzi, qui est né au Québec de parents d'origine italienne, et dans La Prairie, François Rebello, qui est né d'un père d'origine portugaise. Tous les deux sont tellement de culture québécoise que l'on peut douter que l'appellation «issus de l'immigration» leur convienne.

Deux seuls candidats — Pierre Curzi et Marie Malavoy, dans Taillon — sont dans des circonscriptions considérées comme sûres pour le PQ. François Rebello est dans une circonscription qui a déjà été péquiste quand le parti était au pouvoir. La moitié des candidats se présentent dans des circonscriptions où la majorité libérale dépasse les 15 000 voix.

Le Parti québécois soutient qu'il dépasse le Parti libéral du Québec quant au nombre de candidats issus de l'immigration. Au PLQ, on en compte également douze, mais il faut inclure dans la liste le député de D'Arcy-McGee, Lawrence Bergman, de confession juive, a indiqué la porte-parole libérale, Isabelle Melançon.

Au cours d'un point de presse en matinée, André Boisclair a réitéré que c'étaient les membres du PQ qui choisissaient les candidats. «C'est comme ça que la démocratie fonctionne dans notre parti», a-t-il dit. Changer les règles pour permettre au chef de désigner un certain nombre de candidats afin de permettre à plus de personnes issues des communautés culturelles ou encore à plus de femmes de se présenter dans des circonscriptions prenables ne fait pas partie de ses priorités. «Ce serait toute une révolution», estime M. Boisclair.

Encore l'homophobie

Au cours d'un discours prononcé dans le quartier du marché Jean-Talon, André Boisclair, étranglé par l'émotion, s'est arrêté pendant presque une minute alors qu'il venait de parler d'homophobie. «Jamais nous ne voudrons vivre dans une société où le racisme, l'intolérance, la discrimination ou l'homophobie sont... [pause de 48 secondes pendant laquelle les applaudissements ont fusé] des situations qui, chez nous, peuvent être tolérées», a-t-il déclaré devant environ 200 personnes.

«Il ne faut jamais se laisser distraire par des débats faits par des démagogues», a-t-il dit, faisant allusion à Mario Dumont. «La vraie lumière rouge sur le tableau de bord, ce n'est pas le débat sur l'accommodement raisonnable, [...] c'est celui du chômage chez les jeunes des minorités visibles.»

«L'avenir appartient aux sociétés métissées», estime M. Boisclair qui juge que le Québec est un modèle pour l'intégration de ses immigrants. «Nous sommes un peuple brillant qui peut servir de modèle dans le monde», a-t-il dit.

Il y a eu le défit zéro, mais c'est à «l'exclusion zéro» que M. Boisclair rêve. «La marche, elle peut être longue et elle va être difficile parfois. Mais des utopies dans la vie, et le rêve, ce n'est pas fou de temps en temps.» Son engagement en faveur d'un Québec «plus juste et plus solidaire», il est sincère, a-t-il souligné, se targuant d'emprunter une démarche anti-électoraliste. «Il n'y a personne qui pourra nous dire que c'est un grave calcul stratégique et politique qu'on est en train de faire là, que nous marquons des gains sur le plan politique. Mais ça fait du bien parfois de se dire, pendant une campagne électorale, que ce n'est pas ça qu'on cherche, que ce n'est pas des votes qu'on cherche à acheter.»






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  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 06h42
    Le mythe du vote ethnique au PQ
    « Ca fait 40 ans que le PQ est ouvert aux immigrants. A chaque élection les sondeurs nous disent que cette fois ça y est, le PQ va faire une percée dans les communautés culturelles. Arrive l'élection, on ouvre les boites et Pierre Drouilly trouve rien. Pas plus que 5 à 8% de votes ethniques. Veulent rien savoir du PQ. C'est le grand mystère Montréal QUE JAMAIS ON ABORDE. On prend pour acquis qu'ils vont encore voter libéral, pis surtout on n'en parle pas. Sujet tabou.

    Il y a 5,5 millions d'électeurs. Si les trois-quarts vont voter et que 34% votent PQ, le parti de Boisclair devrait avoir 1,4 million de votes.

    Les immigrants font 10% de l'électorat soit 550,000 votes. Si les trois-quarts vont voter et que 8% votent PQ, 44,000 immigrants devraient voter PQ soit 3,1% du vote.

    9,6% des candidats péquistes sont des ethniques alors que seulement 3,1% des votes le sont. Même au PQ on fait dans les accommodements déraisonnables.

    NB: Je croyais que la mère de Curzi était québécoise et le père de Rebello indien? »

  • Jean-Pierre Boutin
    Abonné
    lundi 5 mars 2007 07h49
    Intervention manifeste de maturité de la part de André Boisclair
    « André Boisclair fait preuve de jugement, de maturité et de sincérité. Je souscris entièrement à sa vision de la société québecoise et je l'applaudis. Je suis à découvrir un programme très intéressant et une équipe pour le mettre en oeuvre.
    Une grand-maman qui espère un Québec dirigé par une équipe enfin inspirante pour les citoyens du Québec! »

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 07h52
    Le PQ et les minorités? Quelle plaisanterie!
    « Il semblerait que pour éviter la catastrophe, André Boisclair mise à présent sur "la posture de la victime", toujours payante dans l'opinion publique québécoise. D'ailleurs si je me souviens bien, c'est en partie comme ça qu'il a gagné la course à la chefferie, à la différence près qu'il n'était pas alors victime de l'homophobie, mais de la coke... autre film, mêmes simagrées.

    Évidemment, pour surfer sur cette dynamique un peu usée (le succès d'un "remake" est toujours aléatoire), il faut d'une part se montrer un peu plus subtil sur la forme (d'ou l'étrange concertation pour nous enfoncer dans le crâne qu'on lui veut des misères à cause de son orientation sexuelle, à ce pauvre André), et d'autre part viser les tripes de l'électorat sur le fond, parce quand on a la larme à l'oeil, on ne réfléchit plus (d'ou le "parallèle" opportun avec la discrimination ethnique). Tout cela pendant que le jeune leader la joue noble et stoïque.

    La réalité, c'est que le PQ n'a plus grand-chose à apporter à la vie politique québécoise, du moins tant qu'il s'accrochera obstinément à une stratégie référendaire vouée à l'échec, et effectivement c'est injuste de mettre ça sur le seul dos de son chef actuel. Mais ça ne justifie pas le "chantage émotif" qu'on nous sert depuis quelques jours, ni cet appel de dernière minute à la piétaille immigrante, qu'on oubliera commodément une fois la crise résorbée.

    Rappelons à cet égard le pitoyable bilan péquiste en matière d'intégration des minorités ethniques, qu'il s'agisse de de représentation parlementaire (tous les péquistes "ethniques" sont systématiquement envoyés à l'abattoir), administrative (mois de 1% de "colored" dans la fonction publique québécoise), ou professionnelle (voir la complaisance du PQ envers le corporatisme des ordres professionnels qui font barrage aux immigrants diplômés, un problème auquel le gouvernement Harper, lui, a pourtant décidé de s'attaquer - constatant l'inaction des juridiction provinciales). On juge d'une action politique à ses résultats, et non à ses intentions si généreuses soient elles.

    Une fois les pendules remises à l'heure, quand Mr. Boisclair se sera raffraîchi la mémoire et en aura fini avec ses larmes de crocodile, on pourra peut-être parler à nouveau de choses sérieuses. Les Québécois issus de l'immigration, eux aussi, "ils se souviennent", et ils ont des yeux pour voir. Le "parler vrai" d'un Mario Dumont, ou (hélas) le clientélisme effronté d'un Jean Charest, seront toujours plus efficaces que les beaux discours qui ne mangent pas de pain, parce qu'ils n'ont jamais été suivis de gestes efficaces. »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 08h03
    Petite correction
    « C'est 33,000 votes ethniques plutot que 44,000 soit 2,3% du vote péquiste.

    Après 40 ans d'ouverture aux minorités, à peine 33,000 immigrants vont voter PQ!!! Pourquoi après 4 longues décennies d'ouverture, pourquoi en présentant 12 candidats ethniques, le PQ ne fait pas mieux que 33,000 votes???Comme disait Claude Jasmin: est-ce qu'on pue?

    On s'interroge sur le mystère Québec (un phénomène de radio essentiellement). On s'étonne que les gens changent d'idée avec les années et changent aussi leur vote. Mais personne ne se demande pourquoi 97% des Anglos et 92% des Allos refusent systématiquement de voter pour le PQ? »

  • Sylvain Simard
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 11h16
    Le PLQ et les minorités: vive l'ignorance!
    « Le PLQ récolte la majorité des appuis non-francophones par ce que ces derniers sont des fédéralistes à cause de leur ignorance du projet souverainiste. Il y a toujours une fausse idée dans ces milieux que la volonté souverainiste est motivée surtout par un rejet du Canada. Menottés par leur attachement profond au Canada, ils sont incapables d'adhérer au projet de société que le PQ propose. Mais il y a toujours de l'espoir, car la loi 101 va encourager la communication et la compréhension entre les francophones et les non-francophones. Le résultat est qu'un jour, les Québécois, qu'ils soient francophones ou non, décideront enfin de prendre leur avenir commun en main en se donnant tous les moyens qui sont dus aux peuples souverains. »

  • Jacques Quenouilles
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 11h33
    re: mythe du vote ethnique
    « La réponse a ta question est simple. les néo-québébois n'adhère pas à la vision séparatiste. Contrairement au PQ, le PLQ est un parti inclusive. Le PQ ne fait que du flirtage avec les communautés culturelles alors que chez Libéraux, les représentants des communautés culturelles font parti du processus de décisions.

    M. Noel, vous criez haut et fort que le PQ est ouvert aux immigrants, mais ce que je dois comprendre c'est que le PQ est ouvert à leurs appui. Depuis la déclaration de Jacques Parizeau, le PQ procède à une campagne de marketing visant à attirer le vote ethnique, mais grande majorité des candidats péquiste des communautés culturelles sont placé dans des forteresses libéraux. Les communautés culturelles ont juste l'impression que vous les utilisez comme de la bétail pour faire votre show.

    L'erreur du PQ est de penser que leur échec est causé par les votes ethniques sans pousser leur réflexions plus loin. Ce que le PQ néglige est que la majorité des immigrants viennent avec leurs cultures, leurs valeurs et leurs histoires, et on y retrouve les valeurs communs tel la solidarité et l'unité, ce qui est contraire à la vision séparatiste. On peut remarquer que chez les immigrants, les différents générations de la famille restent sous un même toît malgré les discordes qui peut y avoir. Ceci démontre comment l'unité est une valeur ancré dans les moeurs des néo-québécois.

    Alors, M. Noel j'espère avoir répondu à ton questionnement et j'espère aussi que le PQ cesse leurs tentatives raté de séduire les communautés ethnique, ca devient fatigant.(pour ne pas dire insultant) »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 11h58
    Réponse à M. Jacques Noël
    « Il faut croire que les Anglos et les Allophones ne votent pas pour le PQ parce qu'ils sont contre le « projet de pays ». Quelle autre raison peut-il y avoir? Ce n'est pas du tout parce que les Québécois puent.
    Par ailleurs, les immigrants (dont je fais partie) émigrent d'abord au Canada et, ensuite, s'installent dans la province qui leur offre le plus sur divers plans. C'est comme ça que des immigrants s'installent au Québec, en Ontario, en Alberta, etc. Et je pense comme tous les immigrants. J'ai émigré au Canada et non en Ontario.


    Après 40 ans d'ouverture aux minorités, à peine 33,000 immigrants vont voter PQ!!! Pourquoi après 4 longues décennies d'ouverture, pourquoi en présentant 12 candidats ethniques, le PQ ne fait pas mieux que 33,000 votes???Comme disait Claude Jasmin: est-ce qu'on pue?

    On s'interroge sur le mystère Québec (un phénomène de radio essentiellement). On s'étonne que les gens changent d'idée avec les années et changent aussi leur vote. Mais personne ne se demande pourquoi 97% des Anglos et 92% des Allos refusent systématiquement de voter pour le PQ »

  • louis lévesque
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 13h12
    Journaux inutiles....
    « On se plaint souvent que cette campagne se fait sur l'image que les politiciens sont trop soucieux de leur image au détriment de leurs idées...Pour avoir assisté à l'évenement et au discours, je constate que M. Dutrisac se concentre davantage sur l'image qu'il voit que sur les idées qu'il a entendu. Le 3/4 de l'article se souci davantage de l'origine des candidats et d'une pause durant le discours que du dicours lui-même! »

  • louis lévesque
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 13h27
    Que font les journalistes?
    « C'est bien de savoir qui était dans la salle, et quand il y a eu une pause de 45 sec... Mais si les journalistes ne nous disent pas que Boisclair tiens à ce que nos institions soit et reste neutres et laiques, qui nous le diras? Qui nous diras que le PQ n'acceptera pas que des employé de l'état ne puisse servir au près de certaines communauté au personne à cause de leur sexe ou de quelquonque autre critère d'exclusion? Qui nous dira que le taux de chomage beaucoup plus élevé chez les noirs que dans le reste de la population n'est pas seulement leur problème mais celui de TOUS les Québécois? Qui nous dira dira les vrai idées, les vrais enjeux, les vrai problémaiques dans cette campagne pour que les québécois prennent un décision éclairé le 26 mars? »

  • Jocelyne Lalonde
    Inscrite
    lundi 5 mars 2007 13h35
    Le père de François Rebello
    « Le père de François Rebello est bel et bien né à Goa en Inde. Sa mère est ''québécoise''. Je suppose que cela fait de lui, bureaucratiquement parlant, un descendant d'immigrant. Pourtant, je n'ai pas connu plus québécois que lui. Plus lucide, plus engagé, plus ouvert aussi sur le monde et sur l'avenir. Un Québécois à son meilleur, quoi!

    Je ne sais pas bien s'il est démagogique ou non d'utiliser ses origines à des fins électorales, ce que je sais pertinemment, par contre, c'est que, nonobstant toute partisanerie, nous avons besoin de gens aussi inventifs que lui pour poursuivre notre croissance. Quelle que soit leur origine.

    Alors peut-être vaudrait-il mieux cesser de les sortir du lot en mentionnant leur ascendance et nous les laisser apprécier pour ce qu'ils sont : des québécois engagés et fiers de l'être. »

  • jacques noel
    Inscrit
    lundi 5 mars 2007 16h29
    A Etienne Merven
    « Imaginez si j'émigrais à Barcelone et que je disais crûment aux Catalans: vous savez, moi j'ai immigré en Espagne, grand et merveilleux pays admiré de tous, je vais apprendre l'espagnol, langue internationale, plutot que votre dialecte de merde (le tiers des immigrants au Québec ne parlent pas un mot de français, un autre tiers le baragouinent à peine même après 20 ans ici) et votre combat de libération nationale, faites-moi rire, c'est dépassé, folklorique. Et comme vous êtes assez caves pour me donner le droit de vote, ben au prochain référendum je vais me faire un véritable plaisir de voter contre vous au point de faire la différence en bout de ligne. Tant pis pour votre cause ancestrale.

    Et comme si ce n'était pas assez comme humiliations, imaginez si les Catalans poussaient la bêtise, par peur de se faire traiter de racistes, jusqu'à m'appeler Catalans ainsi que tous ceux qui leur rient en pleine face, pendant qu'eux, forcés de se redéfinir, s'appeleraient Catalophones ou Catalophones de vielles souches!!!

    Bienvenue au pays du PQ, au pays des cocus. Jamais ces abrutis ne libèreront le Québec. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    mardi 6 mars 2007 01h51
    Et Langevin, pour casser du sucre encore une fois
    « Mme Langevin semble éprouver pour M. Boisclair une haine absolue. Il paraît et cela revient comme une litanie dans toutes ses interventions que M. Boisclair utilise l'homophobie à son profit, pour faire sa campagne. Je vous ferai remarquer madame, que ce n'est pas M. Boisclair qui soulève constamment la question de son orientation sexuelle, ce sont les journalistes et les journalistes le font, parce que certains sont homophobes et éprouvent un plaisir sadique à mettre M. Boisclair dans l'embarras et à démolir son image.

    Je cite M. Michel David, Le Devoir du 3 mars "Même s'il (M. Boisclair) refuse de se laisser distraire, chaque point de presse est devenu l'occasion d'une nouvelle séance de torture". D'autres journalistes questionnent sans relâche M. Boisclair sur son orientation sexuelle pour ... vendre de la copie.

    Ces journalistes, cela est confirmé par M. David dans son article, ne s'intéressent absolument pas à ce que M. Boisclair raconte, ils poursuivent systématiquement leur travail de destruction. C'est ainsi, que des gens comme vous, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, reprennent à leur compte la campagne de salissage médiatique entreprise dans le cadre de la présente campagne.

    Ce n'est pas M. Boisclair qui utilise son homosexualité madame, c'est vous et tous les autres intolérants radicaux qui profitez de toutes les tribunes qui vous sont offertes pour ne parler que de cela. Si j'étais André Boisclair, je pense qu'en effet je n'aurais pas seulement gardé le silence pendant quelques secondes, le temps de ravaler mes larmes et mon émotion, j'aurais carrément éclaté en sanglots. Je considère comme parfaitement dégoûtant cette manière de l'accuser d'utiliser son homosexualité dès qu'il ouvre la bouche pour tenter d'expliquer sa vision d'une société inclusive.

    On ne lui accorde pas que cette vision est généreuse et qu'elle a le mérite de rêver d'égalité et d'harmonie, on choisit plutôt de ne pas écouter et de se cantonner dans ce que les médias véhiculent, cet André Boisclair n'est pas un vrai gars, il n'a pas de couilles, regardez-le donc, cette moumoune qui se retient pour ne pas pleurer.

    Et on ne s'arrête pas là, joignant l'injure à l'insulte, on décide que c'est lui qui manipule l'opinion, que c'est lui qui utilise sa différence, qu'il tente de se gagner des votes en jouant la victime et pour finir, que son émotion était planifiée. Toute cette merde me donne envie de vomir.

    Continuons l'analyse de votre commentaire. Pierre Curzi et François Revello n'ont pas été présentés comme des immigrants , mais comme des candidats issus de l'immigration, ce qui est parfaitement exact. Ces deux personnes font une excellente démonstration de la capacité d'accueil et d'intégration harmonieuse dont peut faire preuve la société québécoise.

    M. Charest et M. Dumont n'ont pas dénoncé les propos de Louis Champagne dès la sortie de ces propos comme vous le prétendez. Ils l'ont fait un certain nombre de jours plus tard, ils l'ont fait contraints et forcés par l'opinion publique. M. Charest, avec un sourire entendu (étant donné que vous semblez éprouver une véritable fascination pour le sourire de M. Boisclair, on peut toujours espérer qu'il vous reste une toute petite gouttelette d'objectivité et que vous avez peut-être remarqué celui de M. Charest) et sans pouvoir retenir une petite remarque fielleuse sur la consommation de cocaïne de M. Boisclair et M. Dumont, de manière suffisamment laconique pour qu'on puisse douter de sa sincérité. Évidemment, démagogie oblige, il y a plusieurs homophobes parmi ses électeurs (on peut en effet penser que les Louis Champagne et les Jeff Fillion de ce monde opteront pour l'ADQ, au nom du beau principe, qui se ressemble s'assemble).

    Quand vous dites avoir eu de la sympathie pour André Boisclair lors de la publication des propos de Louis Champagne, vous me faites bien rire. Vous cassez du sucre sur le dos de cet homme-là depuis le début de la campagne. Ayez au moins le courage de vos opinions.

    En ce qui concerne vos accusations selon lesquelles M. Boisclair passe son temps à attaquer ses adversaires, je pensais plutôt que vous disiez qu'il passait son temps à parler de son homosexualité. Faudrait vous décider. En ce qui concerne les attaques, je vous suggère la lecture des manchettes depuis le sondage qui montre une progression de l'ADQ dans les intentions de vote. Tout ce qu'on lit se résume à : Dumont tire à boulets rouges sur Charest et Charest sort son bazooka pour tirer Dumont. Je ne crois pas que M. Boisclair remporte le premier prix dans l'agressivité (évidemment, me direz-vous, c'est un gay, il doit manquer de testostérone). M. Charest est tellement hors de lui de sentir le souffle fétide de l'ADQ qui le talonne, qu'il y a de bonnes chances qu'il termine la campagne les cheveux raides, quand à M. Dumont, il met tellement d'énergie à haïr M. Charest et aussi à devoir mettre au pas certains de ses candidats issus non de l'immigration, mais du néandertal, qu'il ressemble de plus en plus à un singe grimaçant.

    Vous reprochez à M. Boisclair de dire la même chose que M. Charest concernant Mario Dumont. Que pourrait-il dire d'autre que le peu qu'il y a à dire à ce sujet : M. Dumont n'a pas d'équipe, son parti est celui d'un seul homme, il est opportuniste et démagogue. Oh, c'est vrai, il a oublié de dire qu'il était dangereux. Mais s'il l'avait fait, vous et vos semblables auriez été les premiers à l'accuser de calomnier M. Dumont. Il s'est donc contenté de dire ce qu'il y a à dire sur M. Dumont, je suis désolée si les termes qu'il a utilisés pour le faire ressemblaient à ceux employés par M. Charest, mais M. Charest a-t-il enregistré un brevet sur les mots lorsqu'il s'agit de qualifier M. Dumont ?

    Si vous lisez les chroniqueurs, vous verrez qu'eux aussi utilisent ces mêmes mots : pas d'équipe, parti d'un seul homme, opportuniste et démagogue. Cela explique parfaitement et le personnage et son parti et il n'y a pas grand-chose à ajouter. Évidemment, M. Charest étant un grand partisan et un ardent défenseur de la propriété privée, parti pris qu'il a d'ailleurs fort bien illustré en bradant une partie du Mont Orford et aussi en subventionnant le centre de ski du Mont Tremblant, qui appartient à Fortress, une entreprise américaine dont les actifs se chiffrent à 30 milliards, à la hauteur de la modique somme de 47,5 millions, alors qu'il n'a supposément pas d'argent pour investir dans le Parc du Mont Tremblant qui tire le diable par la queue et qui, dans le cadre d'un deuxième mandat sera peut-être bradé lui aussi. M. Charest étant donc, comme on l'a démontré un grand admirateur de l'entreprise privée, il a peut-être pris un brevet sur les mots qui caractérisent M. Dumont et sa formation.

    En ce qui concerne la priorité que donne le PQ à l'éducation, vous auriez sans doute préféré que M. Boisclair imite M. Charest et parle de santé, santé, santé. Quant à moi, je ne rajeunis pas, mais cela ne m'enlève pas la faculté de réfléchir et je sais pertinemment que si le Québec ne fait pas un investissement majeur dans l'éducation, nous n'aurons bientôt plus du tout les moyens de supporter un système de santé qui nous coûte la peau des fesses. Investir dans l'éducation, c'est faire le bon pari, le pari sur la jeunesse, le pari sur un peuple éduqué qui générera de meilleurs revenus et paiera plus d'impôt, ce qui nous permettra d'investir dans le système de santé. Investir dans la santé en oubliant l'éducation, cela équivaut à se tirer dans le pied. Les libéraux nous ont démontré, de manière éclatante et probablement volontaire, que d'investir des milliards dans la santé ne changeait à peu près rien. La santé a un urgent besoin d'une Révolution Tranquille et ce n'est pas l'argent qui en sera le moteur.

    Il faut penser autrement, éliminer les gaspillages d'argent et d'énergies, modifier profondément les règles du jeu en matière de gestion, assouplir les cadres, intégrer les syndicats à la prise de décision, donner plus d'importance à l'avis des divers spécialistes qui oeuvrent en milieu hospitalier et cesser de prendre les médecins pour des dieux et leur opinion pour parole d'évangile. En un mot, que le système de santé devienne autre chose qu'une structure bureaucratique et autocratique complètement enfermée dans sa tour d'ivoire et qu'il devienne un lieu ouvert où tous collaborent dans un même effort à soulager la souffrance et à insuffler l'espoir .

    Ce n'est certes pas avec un gouvernement qu'on peut, sans être du tout paranoïaque, soupçonner de laisser volontairement le système se détériorer, afin de justifier sa privatisation aux yeux d'une population qu'on aura subtilement programmée à l'accepter comme la seule solution et qui trouve des milliards pour investir dans deux méga-hôpitaux dont nous n'avons absolument pas besoin et que nous n'avons pas les moyens de nous offrir, qu'on peut espérer parvenir à ladite Révolution. »

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