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Charest appelle Harper à l'aide

Le chef libéral traite Dumont de crypto-séparatiste

Antoine Robitaille   3 mars 2007  Québec
Photo : Agence Reuters
C'est une sorte d'appel à l'aide mâtiné de menace, hier midi à Montréal, que le premier ministre Jean Charest a lancé à son homologue fédéral Stephen Harper dans un discours clé de sa campagne, qui portait sur le déséquilibre fiscal et dans lequel il a présenté son adversaire en montée, le chef adéquiste Mario Dumont, comme un crypto-séparatiste.

Il a en effet mis en doute les convictions fédéralistes de M. Dumont en déclarant, en anglais: «Chaque fois qu'il a été mis au pied du mur ["when push comes to shove"] et qu'il a été contraint de faire un choix, comme en 1992 et en 1995, Mario Dumont s'est rangé du côté des séparatistes», a souligné M. Charest au jour 10 de la campagne électorale devant quelque 850 convives invités par la Chambre de commerce italienne au Canada, dont le maire de Montréal, Gérald Tremblay.

Un sondage Léger-Marketing-Le Journal de Montréal a confirmé hier l'importante montée de l'ADQ et de Mario Dumont, une tendance déjà mesurée dans le sondage Léger Marketing-Le Devoir de la semaine dernière. Après répartition des indécis, les libéraux de Jean Charest recueillent maintenant 36 % des intentions de vote, le PQ, 29 %, et l'ADQ, 25 %. L'ADQ s'y impose comme force en croissance et, selon les analyses, elle pourrait aller chercher environ 20 circonscriptions. Elle en prendrait 11 aux mains du PLQ et quatre au PQ. Reposant sur un vaste échantillon, cette étude a permis de mettre en relief les tendances dans les grandes régions. Or, dans quatre d'entre elles (Laurentides-Lanaudière, Mauricie, Capitale nationale et Chaudière-Appalaches), l'ADQ recueille entre 30 et 37 % des intentions de vote.

D'une pierre deux coups

Par conséquent, le premier ministre Jean Charest a souhaité faire d'une pierre deux coups hier: d'une part, s'adresser au reste du Canada — d'où les nombreux passages en anglais de son discours — afin qu'on y comprenne qu'il est le seul vrai «fédéraliste» québécois et qu'il a besoin d'une aide, laquelle doit venir dans le budget Harper-Flaherty. À propos de ce budget, il a déclaré: «Les Québécois s'attendent à ce qu'il y ait un progrès significatif et concret dans le dossier du déséquilibre fiscal. Le gouvernement fédéral a en main tout ce qu'il faut pour prendre ses décisions.»

D'autre part, il a dénoncé ses adversaires, se débarrassant vite du PQ en le qualifiant de parti de la division qui sera assurément insatisfait, comme le Bloc, de tout règlement du déséquilibre fiscal. «Ce script-là est déjà écrit, intonation comprise. La dernière chose que veut André Boisclair, c'est un règlement du déséquilibre fiscal», a déclaré le leader du PLQ.

Se faisant revendicateur à l'endroit d'Ottawa, il a présenté le PLQ comme «le seul parti» qui puisse régler durablement le déséquilibre fiscal, décrivant le phénomène en ces termes: «Ce partage inéquitable des ressources financières fait que le gouvernement fédéral accumule des surplus pendant que les provinces, sauf l'Alberta, ont beaucoup de difficulté à équilibrer leur budget. En 2007, la démonstration du déséquilibre fiscal n'est plus à faire», a-t-il déclaré.

S'adressant encore au reste du Canada, M. Charest a affirmé que le règlement du déséquilibre fiscal se ferait aussi «dans l'intérêt du Canada». L'enjeu n'est pas «seulement pour le Québec, c'en est aussi un pour l'avenir de notre fédération». Réussir à trouver une solution à ce problème démontrerait, a-t-il insisté, la souplesse dont le pays a besoin pour progresser.

Jean Charest a par la suite voulu signifier aux Québécois que l'ADQ est le parti d'un «homme seul» et que celui-ci est «muet» à propos du déséquilibre fiscal. Il a pris du temps pour rappeler le discours qu'avait prononcé Mario Dumont à Toronto en 2002, «ce discours d'abdication des intérêts du Québec», que le chef adéquiste n'a pas tenté de corriger depuis. Selon le premier ministre, les deux partis d'opposition prônent une politique de la «chaise vide» en matière de relations avec le reste du Canada. «C'est un autre sujet où l'ADQ révèle son incompréhension. Derrière des airs de revendication, l'ADQ ne prône rien d'autre que le repli du Québec sur lui-même.» Souhaitant faire contraste, Jean Charest a soutenu qu'il avait fait reconnaître la nation québécoise: «Oui, le Québec est une nation très fière. Et nous sommes aussi une nation d'inclusion. Ça doit toujours faire partie de la fibre intime de notre société.»

Au reste, il en a profité pour réitérer ses promesses à l'endroit des collèges et des universités ainsi que des écologistes, soutenant que les sommes supplémentaires qu'il recevra d'Ottawa seront notamment consacrées à ces secteurs.

En matinée, lors d'un point de presse à l'hôtel Delta, à Montréal, M. Charest avait réitéré ses propos de la veille, à Asbestos: les problèmes des urgences et du système de soins de santé ont été causés par les débats sur la souveraineté dans les années 90 puisque les gouvernement Parizeau et Bouchard n'avaient comme seule priorité que de faire la souveraineté.

Aussi, il en a profité pour condamner les propos homophobes de l'animateur de radio du Saguenay Louis Champagne à l'endroit d'André Boisclair, tenus la semaine dernière mais qui ont soulevé un tollé jeudi. «C'est l'occasion de faire le point et de dire que nous voulons faire campagne sur les idées et sur le fond et non pas sur les questions qui relèvent de la vie privée des personnes», a dit M. Charest.

Par ailleurs, André Boisclair a dit refuser de se «laisser distraire» par le sondage Léger-Marketing-Le Journal de Montréal qui le place au dernier rang en matière de popularité: «Que les gens qui font des sondages et des analyses fassent leur travail, moi, je mène une campagne avec un message de fond», a martelé le chef péquiste, de passage à Granby pour traiter du dossier de la santé.

Au moment même où André Boisclair et Louise Harel éludaient les questions sur les sondages, les députés Diane Lemieux et François Legault étaient dépêchés en renfort devant les médias à Montréal pour se porter à la défense de leur chef. Mme Lemieux a fait valoir que «l'écart se rétrécit» entre libéraux et péquistes puisque l'ADQ commence à gruger des votes du côté de Jean Charest. Elle a aussi souligné que l'appui dont bénéficie l'ADQ n'est pas définitif compte tenu du fait que plus de la moitié des sympathisants adéquistes affirment pouvoir encore changer d'avis.

Quant aux faibles résultats obtenus par André Boisclair, on peut les attribuer, selon Mme Lemieux, au fait qu'il est chef depuis seulement un an et des poussières tandis que Mario Dumont et Jean Charest sont en poste depuis beaucoup plus longtemps. «André Boisclair est quelqu'un à découvrir», a-t-elle plaidé. François Legault a abondé dans ce sens, soulignant que «les gens ne connaissaient pas bien André Boisclair». Par ailleurs, M. Legault a reconnu que même dans la région de Lanaudière, où il est député, «il semble y avoir une tentation de voter pour Mario Dumont».

Le Devoir

Avec la collaboration de Clairandrée Cauchy et Kathleen Lévesque
 
 
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  • l poisson
    Inscrite
    samedi 3 mars 2007 02h25
    "Pas de progrès, pas d'avancement." Si t'es pas d'avance, ment
    Judicieuces observations sur l'usage de la langue anglaise par M. Charest. afin de "quémander" un peu d'argent des taxes payées par les Québécois au trésor fédéral p.c.q. selon lui, les Québécois se contenteraient ou s'attendent à
    "un progrès significatif et concret dans le dossier du désiquilibre fiscal"

    En échange de ce "progrès" est-ce que M. Charest :
    a)serait prêt à adopter un loi prohibant tout nouveau référendum sur l'accession à la souveraineté ?
    b) serait prêt à signer le rapatriement unilatéral de 1982 ?

    Personnellement, j'aimerais bien que M. Charest réponde par un "oui. ou par un "non" avant le 26 mars. À moins qu'il n'ait déjà donné sa réponse à M. Harper.

    Duplessis ( dont le papa de M. Charest a été l'un des organisateurs, selon le livre d'André Pratte) aimait bien faire passer le temps en martelant sur les estrades électorales remplies de loyaux fonctionnaires; " Pas de progrès, pas d'avancement. Pas d'avancement, pas de progrès". Mais avec M. Charest, nous voici rendu au "progrès significatif"; comme si le progrès pouvait parfois être insignifiant...

  • Guy Lafond
    Abonné
    samedi 3 mars 2007 05h53
    David contre Goliath
    Dans le Devoir du lundi 12 février, Jean-Robert Sansfaçons écrivait : « les Québécois restent les citoyens les plus taxés du continent. Voilà qui n'a rien de séduisant, mais qui devrait quand même inspirer les concepteurs des plates-formes électorales des partis. »

    Le Québec a de la difficulté à équilibrer son budget, nous dit Jean Charest. Outre la question du déséquilibre fiscal, n'y a-t-il pas également d'autres avenues à explorer davantage ?

    Plusieurs électeurs souhaitent toujours que le redressement des finances publiques passe par une réglementation plus serrée des mouvements des capitaux afin que la grande entreprise et les institutions financières contribuent davantage à l'assiette fiscale.

    Le 26 mars prochain, que l'exercice de la démocratie récompense le chef de parti qui aura trouvé comment mieux combattre l'influence outrancière des géants financiers qui à chaque année battent des nouveaux records de bénéfices.

  • Alain Rivet
    Inscrit
    samedi 3 mars 2007 08h12
    Mémoire courte
    "M. Charest avait réitéré ses propos de la veille, à Asbestos: les problèmes des urgences et du système de soins de santé ont été causés par les débats sur la souveraineté dans les années 90 puisque les gouvernement Parizeau et Bouchard n'avaient comme seule priorité que de faire la souveraineté. "

    Monsieur Charest a la mémoire bien courte. Dans ce même journal, il affirmait le 7 mai 1997:

    "Oubliez les Bouchard et les Rochon comme les coupables des coupures sauvages qui ont démembré les services de santé et d'éducation PARTOUT AU CANADA: le seul et unique coupable est Jean Chrétien à Ottawa".
    Déclaration de Jean Charest, 7 mai 1997 Le Devoir

    Faudrait peut être lui rappeler?

    Alain Rivet
    Québec

  • Joho
    Inscrite
    samedi 3 mars 2007 08h50
    Séparatisme et homosexualité dans le même bain
    Le visage rougit, la mâchoire crispée, le regard volontaire de celui qui en bouffera au petit déjeuner du bois vert, c'est avec ce « campaigner » faciès frôlant le ridicule que Jean Charest nous apprenait qui si jamais Boisclair ose dire qu'il ment il n'hésitera pas à nous apprendre une fois de plus qu'il a pris de la cocaïne. Charest nous avise donc qu'il ne peut pas mentir, la preuve étant la consommation passée de drogue de l'adversaire. C'est très songé.

    Changement de propos mais toujours la même stratégie de chantage. Quelques jours plus tard c'est le complot fédéraliste qui est à l'honneur. Dans la plus pure tradition de la pensée de Stéphane Dion, Jean Charest nous avertie que si les Québécois ose voter pour le PQ il y aura, grâce à la participation du gouvernement fédéral, un processus de paupérisation intensive de toute la population québécoise en cessant immédiatement les transferts fédéraux suite à l'élection des « séparatisses ». Il s'agit ici d'un appel à la violence puisque qu'un tel comportement politique s'il s'avérait mènerait au chaos.

    Ce n'est pas terminé. Si le gouvernement Charest n'a pas connu de succès en santé c'est parce que les Québécois ont osé vouloir participer à un référendum il y a onze ans.

    La spirale de la médiocrité est loin de faiblir chez les stratèges libéraux. La question du jour hier était comment faire coup double, c'est-à-dire à la fois ratisser chez les fédéralistes tentés par l'ADQ et récupérer un électorat homophobe qui n'ose dire son nom. La formule de haute volée intellectuelle choisie est simple, Dumont doit sortir du placard et avouer son séparatisme comme Boisclair a avoué son homosexualité. Les deux étant bien sûr un objet de honte, séparatisme et homosexualité dans le même bain.

    Pour terminer, hier Charest suppliait Harper s'immiscer dans la campagne électorale et qu'il doit annonçer aux Québécois qu'ils seront arrosés d'argent si son parti était élu. C'est sans parler de ce retour vers le futur libéral qui consiste à faire peur au monde avec les chèque de pension.

    Ce à quoi nous assistons c'est la démonstration des limites de Jean Charest, Il n'est pas un bon « campaigner » à partir du moment où il doit défendre la gestion de son gouvernement. Il sera probablement réélu car le Parti Libéral peut compter sur un nombre constant d'électeurs et grâce à la division de la balance des votes c'est un boulevard qui s'ouvre pour eux.

    Sitôt les Libéraux réélus il faudra s'attendre à un sérieux Québec bashing de la part du ROC après que les journaux auront expliqué aux anglophones que les Québecois capricieux a été acheté pendant la campagne électorale.

  • Dane Kennedy-Tremblay
    Abonné
    samedi 3 mars 2007 10h01
    Pourquoi fut-ce M. Boisclair : /
    M. Legault aurait-eu, à mon avis, toute l'expérience nécessaire pour devenir chef du parti québecois... En plus, les Québecois auraient pu se reconnaître en lui alors qu'avec Boisclair... Je veux dire que M. Legault se rapproche plus de l'archétype du québecois moyen que l'autre... Il ne nous reste plus que la marginalité solidaire (paradoxe?).

    ps: À l'époque, j'étais pourtant content que Marois perde...

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    samedi 3 mars 2007 11h29
    Si Charest m'était conté...
    M. Charest nous considère comme des chaussons aux pommes pour nous fourrer de sa compote électorale servie à l'ancienne. Un Québec moderne, progressif et surtout informé ne se laissera pas raconter la même ritournelle de promesses irréalisables et maquillées.

    Considérons les baisses d'impôts qui furent traduites par des hausses de tarifs d'Hydro, de la SSAQ, du transport en commun, des frais de garderie et j'en passe... Êtes-vous prêts?ivan jobin

  • emeri
    Abonné
    samedi 3 mars 2007 11h45
    Charest à genoux!
    Comment un homme digne ce nom peut se sentir quand, face à
    850 Italiens de Montréal, supplie, à genoux, le grand frère
    du fédéral de lui redonner notre argent pour qu'il puisse
    gagner ses élections? A la place de Jean Charest j'aurais
    honte à pleurer et comme Québécois qui se tient debout j'ai
    honte des agissements de cet homme.
    Pourtant il devrait savoir que jamais le ROC va laisser
    Harper aider un peuple qui veut se sortir du joug fédéral
    dans lequel nous croupissons depuis trop longtemps.
    A preuve, rappelons comment son club des Premiers ministres des neuf
    autres provinces l'on laissé tomber de belle façon lors
    de ses dernières doléances auprès d'eux, y a pas si longtemps.
    Jamais le Québec, dans cette fédération, ne gagnera quoique ce soit de tout ce qui gigote dans une autre langue que l'anglais.
    Pour ma part j'aime cent fois mieux un premier ministre
    homosexuel debout qu'un Jean charest à genoux.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 3 mars 2007 12h20
    Le scénario est déja connu
    Le budget fédéral donnera au Québec ce que Boeing donnera aux autres provinces et voila l'équilibre fiscale bien balancé. Que Charest le veuille ou pas c,est cela qui surviendra.
    Les électeurs revoteront-ils pour quelqu'un qui hier a admis avoir menti a l'électorat pour gagner les précédente élections?
    En plus il est revenu avec ce 2.00 par semaine par semestre des étudiants, oui la première cession c'est vrais mais à la 2e ça double et a la 3e encore une x 2.00 de plus c'est a dire 6.00 par semaine, etc... Un mensonge qui cache la vérité de plus. Pauvre mentalité...

  • Alain Carré
    Inscrit
    samedi 3 mars 2007 14h06
    Dane Kennedy-Tremblay
    Ce sont les mêmes qui supportaient Boisclair à ses débuts mais là, ils ne voient plus le même homme de la même façon car les sondages sont plutôt bas pour le PQ et il faut le dire, beaucoup d'homophobe. Pensez-y un peu, à la première campagne de Duceppe, il a eu de la misère à passer mais aujourd'hui, plus personne ne parle de lui comme un boulet bien au contraire. Alors, les partisans du PQ, arrêter de voir tout noir et supporter le PQ comme vient de le faire la FTQ car Charest n'a rien fait de bon et l'ADQ veux juste détruire les institutions du Québec qu'on s'est bâtie et en plus, il n'a pas l'équipe pour prendre le pouvoir. S'il prend le pouvoir, le Québec va être dans la grande noirceur car à part 1 ou 2 candidats de prestige, qui va être ministre et il n'est même pas capable de présenter des chiffres..A-t-il peur que sa balloune se dégonfle?...

    Et arrêter de dire que c'est Boisclair qui est responsable car une lutte à trois, tout peut se jouer et quand l'ADQ prends du galon, c'est les autres partis qui en souffre comme en 2002.

    http://www.legermarketing.com/fr/intprov.asp?prov=

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 4 mars 2007 05h01
    Qui attend quoi ?
    Le titre du texte de M. Robitaille est très accrocheur, mais le journaliste a oublié de faire un petit tour, même rapide, de la question, comme d'ailleurs plusieurs des auteurs des commentaires que l'on peut lire plus bas.

    Il me semble que le PQ réclame la paternité de la lutte pour le règlement du désiquilibre fiscal. Le programme du PQ a volontairement laissé une partie non précisée de ses prévisions budgétaire en attendant de voir ce qui sera proposé comme règlement du déséquilibre fiscal dans le budget fédéral du 19 mars.

    Pourquoi faut-il conclure que l'un est à genoux et l'autre debout quand ils réclament la même chose?

    Georges Paquet

  • Linda Hart
    Abonnée
    dimanche 4 mars 2007 11h31
    C'est la faute aux péquissss
    Bravo à M. Alain Rivet, qui nous remémore avec à-propos une des très rares paroles de M. Charest qui ne soit un tissu de mensonges : "Oubliez les Bouchard et les Rochon comme les coupables des coupures sauvages qui ont démembré les services de santé et d'éducation PARTOUT AU CANADA : le seul et unique coupable est Jean Chrétien à Ottawa". La dénonciation des manoeuvres dégueulasses de Jean Chrétien étant politiquement contre-productive depuis que M. Charest sévit en politique provinciale, il devient plus rentable pour lui de reporter tout l'odieux des problèmes du système de santé sur les Bouchard, Rochon et Landry. Pour faire bonne mesure, dès qu'il aborde lesdits problèmes, M. Charest ne cesse de marteler, avec un parfait aplomb dans la mauvaise foi qui ne peut qu'être le fruit d'une longue expérience, que ceux-ci sont attribuables au référendum de 95. Cette manoeuvre lui permet de profiter du souhait de M. Boisclair et de son équipe de procéder à un référendum et du ras-le-bol référendaire d'un grand nombre de Québécois, afin de les convaincre que ce nouveau référendum ne saurait qu'entraîner le même genre de conséquences au niveau du système de santé que celles qu'il impute à celui de 95. Ce genre de raisonnement tordu et simpliste semble malheureusement avoir la cote auprès de certains Québécois. Advenant le cas où un journaliste déciderait de faire son travail, qui consiste à informer la population, et oserait rappeler à M. Charest sa déclaration de 1997, nul doute qu'il serait immédiatement stigmatisé comme un gros méchant péquissss et accusé de faire de la démagogie, pour se faire finalement répondre que depuis 1995, les Québécois paient le prix de la stupidité des péquiss et de leur entêtement à vouloir faire la souveraineté . M. Charest ne répond jamais directement à une question délicate, il tourne autour, il en dilue le contenu problématique et conclut systématiquement en accusant les autres d'être partiellement ou totalement responsables de la situation.

    J'aimerais ajouter qu'au printemps 2003, c'est Bernard Landry qui a négocié avec Jean Chrétien le versement de 2,8 milliards en trois ans pour la santé. M. Charest en a bénéficié et s'en vante aujourd'hui. Il nous promet aussi 1 500 nouveaux médecins comme s'il les sortait de sa poche, alors qu'ils sortiront plutôt des universités d'ici 2011.

    Parlons maintenant de promesses électorales et de nuances sémantiques. En 2003, la plate-forme électorale de M. Charest faisait de la santé une PRIORITÉ ABSOLUE, en 2007, la plate-forme électorale de M. Charest fait de la santé une PREMIÈRE PRIORITÉ. M. Charest, qui est tellement à cheval sur la sémantique, lorsqu'il s'agit du référendum vs la consultation populaire, devrait commencer par envisager (ou par regarder dans les yeux) le problème de sémantique relatif à une question considérée comme essentielle par un grand nombre d'électeurs.

    Le Petit Robert définit absolu(e) : 1- qui ne comporte aucune restriction ni réserve ; 2- parfait, aussi parfait qu'on peut l'imaginer 3- indépendant de tout repère ou de tout paramètre arbitraire 4- ce qui existe indépendamment de toute condition ou de tout rapport avec autre chose et

    premier(ère) : 1- qui vient avant les autres dans un ordre; 2- le premier à venir (dans le futur); 3- qui vient en tête pour l'importance, la valeur, est plus remarquable que les autres; 4- qui doit être considéré satisfait d'abord.

    Il ressort de la lecture de ces définitions qu'il existe une importante nuance qualitative entre absolue et première ; le premier terme étant de loin plus absolument contraignant que le second, qui lui ne l'est que premièrement. Le bilan du gouvernement Charest, loin d'être reluisant, alors que la santé représentait sa priorité absolue, on peut légitimement s'inquiéter de l'air qu'il aura maintenant que la santé n'est plus que sa première priorité.

    Certains chroniqueurs se sont penchés, avec une avidité de chacals, sur le fin décorticage sémantique des mots référendum et consultation populaire. Je crois que les électeurs apprécieraient qu'ils sortent de leur mutisme et s'intéressent avec le même enthousiasme à décortiquer la nuance essentielle entre absolue et première (soulignons l'intervention de M. Michel C. Auger dans sa chronique du 3 mars "La "première priorité absolue""). Il me semble absolument raisonnable et premier que ce problème de sémantique soit abordé, surtout dans le cadre d'un enjeu aussi fondamental que la santé.

    M. Charest ne dédaigne pas les arguments fallacieux, le patinage de haute fantaisie et les promesses électorales démagogiques, je lui suggère donc quelques modifications à ses rengaines habituelles : "Chers électrices et électeurs, en 1995, le PQ a tenu un référendum qui a eu un effet déplorable sur la santé des Québécois. Il vous a causé un stress intolérable, imaginez, vous deviez choisir entre l'éventualité angoissante d'avoir à vous retrousser les manches pour faire un pays et le bonheur ineffable d'être des quêteux, dans un pays qui vous a toujours considérés comme des citoyens de seconde zone. Cette nécessité d'avoir à prendre parti a provoqué chez vous une grave détresse psychologique et physique, qui explique à elle seule l'échec de mon gouvernement en matière de santé, les épidémies de C Difficile et l'engorgement des urgences, de même que tous les maux qui affectent vos enfants tels l'hyperactivité, le déficit d'attention et le manque de discipline, occasionnés par l'angoisse éprouvée par vos chérubins, lors de vos fréquents séjours à l'urgence. Je me vois aussi contraint de dénoncer le débordement des urgences que nous connaissons durant la présente campagne électorale, celui-ci étant entièrement attribuable à André Boisclair et à cette inqualifiable manoeuvre hypocrite et malhonnête qui consiste à remplacer le mot référendum par le mot consultation populaire. En effet, chers électrices et électeurs, que pourrait-on inventer de plus néfaste pour votre santé que les altérations qu'on fait subir à ce dégoûtant concept de souveraineté, qui déjà vous occasionne des hausses de pression et des crises d'hystérie qui coûtent des fortunes à notre système de santé obligé, par la faute des péquissss, à soigner les AVC, les infarctus, l'angine et toutes les autres maladies qui découlent absolument et premièrement de leur existence. Mes chers électrices et électeurs, si vous désirez que les hôpitaux se vident, que la C Difficile disparaisse et que la santé collective des Québécois se rétablisse comme par enchantement, ce que vous devez impérativement faire, c'est de voter massivement pour moi le 26 mars. Anéantissez ces péquissss et je vous fais la promesse absolue et première que vous retrouverez la santé. Étant donné que vous serez à nouveau les moutons bêlants d'une nation très fière, je vous fais la promesse première et absolue de vous récompenser de votre choix éclairé, dicté par l'éclat premier et absolu du bilan de celui qui est le seul politicien absolument fédéraliste et premièrement canadien en activité sur la planète, en vous obtenant encore plus de paiements de transferts. Cela vous permettra d'oublier que vous ne recevrez que les miettes des retombées des juteux contrats accordés, par celui que j'arriverai bien à déloger un jour, sans appels d'offres à des compagnies américaines, de continuer à vous faire vivre avec l'argent des autres et de réellement apprécier le bonheur de participer, à titre d'assistés sociaux institutionnels d'une nation très fière, à ce magnifique pays qu'est le Canada qui vous offre si généreusement un projet de société incommensurablement plus stimulant que cette ridicule souveraineté, responsable de tous les maux dont souffre notre système de santé."

  • Linda Hart
    Abonnée
    dimanche 4 mars 2007 11h43
    Il y a être à genoux et être à genoux
    M. Paquet, il y a une différence fondamentale entre être à genoux parce qu'on le veut bien, par simple opportunisme politique consistant à utiliser le budget fédéral dans le cadre d'une élection provinciale et être à genoux parce que la décision d'un autre nous y contraint.

  • Fernand Trudel
    Abonné
    dimanche 4 mars 2007 20h33
    Le conseil de la fédération vous connaissez ?
    Le conseil de la fédération vous connaissez ? Non !!!

    Vous devriez car c'est la pierre angulaire du nouveau fédéralisme asymétrique. Asy quoi ?

    Le 5 décembre 2003, treize Premiers Ministres signaient un accord qui unissaient les 10 provinces et les 3 territoires dans un nouveau concept du Canada. Naturellement, ses détracteurs sont les péquistes et les libéraux fédéraux et pour cause. On leur enlève leur «nonosse» après lequel ils se chicanent depuis trois décennies maintenant et dont les seules options sont ou la centralisation des pouvoirs, ou la séparation du Québec.

    Voici donc en gros, ce que c'est le Conseil de la Fédération.

    Les provinces se sont mises d'accord qu'elles entendaient reprendre le rôle de leadership qui leur revient à titre de partenaires de la fédération, et ce, conformément à l'esprit qui a présidé à la création du Canada il y a 136 ans. Rappelons que cet esprit est basé sur un certain nombre de valeurs et de principes, dont le respect de la Constitution, en particulier le partage des compétences, le respect des différences et de la diversité, ainsi que le respect du rôle constitutionnel de chaque ordre de gouvernement.

    Le Conseil de la fédération est une nouvelle institution permanente dans le paysage politique canadien. Il est appelé à jouer un rôle important en créant une dynamique et une synergie nouvelles dans les relations fédératives. En travaillant ensemble dans un esprit de coopération, les gouvernements provinciaux et territoriaux serons appelés à développer des stratégies et des positions communes, ce qui aura pour effet d'établir un nouveau rapport de force avec le gouvernement fédéral.

    En choisissant une approche participative, ouverte et contributive à la fédération canadienne, notre gouvernement vise à renforcer les pouvoirs du Québec et éviter les situations où le gouvernement fédéral envahit les champs de compétence provinciale.

    Voilà l'oeuvre de Charest qui a amené le concept de fédéralisme asymétrique. Maintenant expliquons cette asymétrie.

    Il faut comprendre que l'asymétrie, au Canada, se manifeste de plusieurs façons. D'abord, il existe une asymétrie constitutionnelle. Elle s'exprime notamment par l'article 133 de la Loi constitutionnelle de 1867 sur l'usage des langues française et anglaise au Québec et dans l'ordre fédéral de gouvernement, l'article 93 sur les écoles confessionnelles et l'article 94 sur l'uniformisation des règles de droit privé pour toutes les provinces sauf le Québec. On pourrait ajouter à cette liste de nombreuses autres mesures constitutionnelles ou purement législatives illustrant l'asymétrie, comme le paragraphe 23(6) de la Loi constitutionnelle de 1867 portant sur la nomination des sénateurs ou encore l'article 6 de la Loi sur la Cour suprême qui accorde au Québec le tiers des juges de cette juridiction.

    Il existe aussi une asymétrie financière, qui s'exprime dans les transferts aux provinces, lesquels, pour toutes sortes de raisons, ne sont pas nécessairement les mêmes pour toutes les provinces. L'exemple le plus frappant d'asymétrie financière est évidemment la péréquation, que ne reçoivent en ce moment que huit provinces sur dix.

    L'asymétrie peut également être de nature législative. Cela a d'ailleurs été confirmé en 1990 par la Cour suprême du Canada dans l'arrêt Sheldon portant sur la compétence fédérale sur le droit criminel.

    Enfin, il existe une asymétrie administrative. Nous pensons ici, entre autres, à la perception des impôts par le Québec (1954), à la création du Régime des rentes du Québec (1964) et de la Caisse de dépôt et de placement (1965), au droit de retrait avec compensation financière -- y compris des points d'impôt -- de certains programmes fédéraux (1965), aux diverses ententes Ottawa-Québec en matière d'immigration, dont la fameuse entente McDougall-Gagnon-Tremblay (1991), aux relations directes du Québec avec la France (à compter de 1965), à la participation du Québec et du Nouveau-Brunswick à la Francophonie internationale (1971 et 1977), à la perception de la TPS par le Québec (1990-91), aux ententes sur la formation et l'adaptation de la main-d'oeuvre, signées respectivement par le Québec et nombre d'autres provinces (1997), ainsi qu'à l'entente de principe Ottawa-Québec sur les congés parentaux (2004). L'entente sur la santé s'inscrit dans cette dernière catégorie. L'asymétrie qui y est exprimée n'a pas de portée constitutionnelle. Du reste, cette asymétrie vaut pour toutes les provinces, quoi que seul le Québec s'en soit prévalu en matière de santé.

    La volonté et les besoins des communautés, des régions et des autres entités politiques évoluant en système fédéral peuvent être respectés à la condition que l'on sache faire preuve d'une certaine souplesse. L'histoire a démontré que, loin de saper l'unité nationale et de favoriser l'éclatement des pays, l'adoption de mesures asymétriques, spéciales, permettent aux entités fédérées de coexister harmonieusement avec l'autorité centrale, réduisant ainsi les tensions indues, les confrontations contre-productives, voire les demandes de sécession. Cela a fonctionné en Belgique et en Suisse, par exemple. Même l'Espagne, l'Italie et le Royaume-Uni empruntent de plus en plus la voie de l'asymétrie, bien que ces pays ne puissent encore être qualifiés d'États fédéraux.

    À l'inverse, le conflit perpétuel entre partenaires fédératifs, les contraintes exercées par un ordre de gouvernement sur un autre et la répartition inégale du pouvoir politique et des ressources financières ont la plupart du temps entraîné l'éclatement des fédérations, comme ce fut le cas entre autres de l'ex-URSS et de l'ex-Yougoslavie.

    Au Québec, la «ligne dure» fédérale, lorsqu'elle fut appliquée, a grandement contribué à alimenter le sentiment séparatiste. Cette intransigeance a poussé dans le camp sécessionniste des milliers de Québécois qui cherchaient de bonne foi une réforme du fédéralisme canadien qui répondrait mieux à leurs aspirations collectives.

    Voilà pourquoi j'estime que non seulement on doit accommoder la différence dans l'espace canadien mais aussi élever celle-ci au rang de valeur tout en préservant la cohérence et la cohésion de l'ensemble et tout en préservant l'intégrité du principe fédératif. Car cette asymétrie ne saurait être sans limites.

    Alors vous comprenez maintenant pourquoi dans un tel environnement le Québec a pu multiplier les ententes fédérale provinciales applaudi mêmes par les adversaires acharnés du fédéralisme rentable. La prochaine est sur le déséquilibre fiscal où là encore, le Québec va tirer les marrons du feu.

  • Linda Hart
    Abonnée
    lundi 5 mars 2007 13h11
    Le conseil de la fédération : faites-moi rire !
    Le conseil de la fédération : à part du placotage, il a obtenu quoi votre fameux conseil de la fédération. Si ma mémoire est bonne, il n'est même pas arriver à s'entendre sur la question du déséquilibre fiscal. C'est bien joli les structures, mais bien souvent, ce n'est que de la poudre aux yeux. Le conseil de la fédération, une farce oui. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre et pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

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