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Oui aux blogues, non aux vidéos

Paul Cauchon   2 mars 2007  Québec
Les blogues, ce sont des lettres aux lecteurs, mais les vidéos critiquant le gouvernement sur YouTube s'apparentent à des cas de dépenses électorales.

Le Directeur général des élections (DGE) a eu fort à faire hier pour expliquer son intervention auprès de sites vidéo comme YouTube et Google Vidéo. En effet, le DGE a fait retirer cette semaine une dizaine de vidéos produits par deux citoyens, «Les Alarmistes», qui critiquaient la performance du gouvernement Charest, des vidéos qui avaient été visionnées plus de 12 000 fois.

Les pratiques sur Internet continuent donc de mettre au défi la loi électorale alors que le DGE tente difficilement de distinguer ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas.

Depuis plusieurs mois, ces deux citoyens avaient produit des vidéos qui critiquaient le gouvernement et qui circulaient sur Internet. «Nous ne sommes liés à aucun parti politique, et c'est un devoir de citoyen de critiquer le gouvernement en place», a affirmé au Devoir Éric Savard, un des deux membres des Alarmistes.

Mais voilà: cette semaine, le duo a retiré ses vidéos, à la demande du DGE, et en a produit un nouveau, qu'on pouvait trouver sur YouTube et Google Vidéo hier, intitulé Retrait préventif, qui explique l'affaire. «Nous sommes des citoyens qui refusent d'être réduits à de simples consommateurs d'information, peut-on y entendre. Nous reviendrons à la charge pour parler des sujets occultés par les grands médias à la solde des néolibéraux.»

Le duo affirme que le DGE a été saisi d'une plainte, mais le DGE nie cette information. «Aucune plainte n'a été déposée en soi», a expliqué Karine Lacoste, porte-parole du DGE. «Cela a été porté à notre attention, c'est tout», a-t-elle précisé, refusant de dire qui a ainsi attiré l'attention du DGE.

Le DGE a d'ailleurs fait deux interventions contre des vidéos sur Internet cette semaine. Dans un autre cas, un individu avait produit un vidéo encourageant la population à ne pas aller voter et utilisant le logo du DGE, ce qui est illégal.

Mais le cas des Alarmistes est plus complexe.

Ainsi, on estime que ces vidéos pourraient être considérés comme des dépenses électorales non autorisées puisqu'ils ne sont pas approuvés par un parti officiel et s'attaquent aux politiques du gouvernement sortant. «Ce n'est pas du tout la liberté d'expression qui est en cause ici, a expliqué Karine Lacoste. Le mot clé, c'est la notion de dépense électorale. La loi balise les dépenses qui pourraient favoriser ou défavoriser des candidats.»

Mais du même souffle, Mme Lacoste a reconnu qu'il n'est pas évident de déterminer l'ampleur d'une telle dépense en 2007 alors que n'importe qui peut maintenant produire des vidéos presque à coût nul grâce au développement des technologies numériques.

Par ailleurs, des citoyens qui critiquent violemment sur les blogues les partis actuellement en campagne ne sont pas menacés puisque les blogues «peuvent s'apparenter aux lettres aux lecteurs des journaux», a indiqué Mme Lacoste.

Le groupe Quebecor a lancé la semaine dernière une section électorale sur son Espace Canoë, où des citoyens peuvent s'exprimer par vidéo. Est-ce une dépense électorale? «Nous considérons Espace Canoë comme une extension d'un groupe médiatique existant», a expliqué Mme Lacoste.

Il semble donc que le DGE ne considère par YouTube comme un média de même nature que le site de Quebecor. «Ce n'est pas facile, il nous faut juger au cas par cas», a reconnu Mme Lacoste.

L'article 404 de la loi électorale prévoit 14 exceptions aux dépenses électorales autorisées. Parmi ces exceptions, on mentionne évidemment, pour protéger la liberté d'expression, la publication de chroniques, d'éditoriaux et de lettres aux journaux ainsi que la diffusion de nouvelles et de commentaires à la radio et à la télévision.

La loi introduit également la notion d'«intervenant particulier», soit un individu ou un groupe lié à aucun parti et qui peut demander au DGE d'être reconnu comme intervenant particulier pour intervenir sur un sujet d'intérêt public en campagne électorale.

On peut prévoir que l'attitude du DGE sera chaudement discutée sur Internet, dans les forums de discussion et dans les blogues. Mais de façon surprenante, Éric Savard, qui se définit lui-même comme un musicien professionnel et un enseignant de Québec, ne s'oppose pas à la demande du DGE. «Nos clips critiquent les politiques de démantèlement de l'État, a-t-il expliqué, et revendiquent la justice et l'égalité. La loi électorale est garante de la justice et de l'égalité. Nous avons donc accepté la demande du DGE. Le véritable problème en matière de liberté d'expression, je le vois plutôt dans le débat des chefs, où deux partis [Québec solidaire et le Parti vert] ne peuvent pas se faire entendre.»






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  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 07h03
    Le DGE-Charest
    « Le directeur général des élections est un imbécile! Charest, le pire premier ministre de l'histoire du Québec doublé d'un tripoteur de vérité.

    "Le véritable problème en matière de liberté d'expression, je le vois plutôt dans le débat des chefs, où deux partis [Québec solidaire et le Parti vert] ne peuvent pas se faire entendre.»" C'est tout-à-fait vrai! »

  • pierre minville
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 08h02
    oui aux blogues, et oui aux vidéos
    « Oui aux deux puisqu'ils sont des instruments populaires modernes de discussion entre citoyens au moment de choisir le gouvrenement des quatre prochaines années. Oui aux deux parce qu'il est normal de critiquer le parti qui est au pouvoir avec les moyens du bord sans que la loi électorale ne brime de quelque façon la liberté d'expression de l'électorat. Oui aux deux toutefois en faisant assumer à chaque blogueur la responsabilité de sa présentation, bien évidemment.
    Enfin, non au DGE qui veut couper les cheveux en quatre en cherchant à trouver des dépenses dans la production d'un vidéo. Quand j'utilise ma cam pour produire un vidéo j'ai bien moins de dépenses que le citoyen qui prend sa voiture pour aller convaincre des voisins ou amis.
    Le DGE doit revenir sur cette décision. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 09h40
    Vive la liberté d'expression et l'implication politique personnelle
    « Chaque citoyen doit avoir le droit et la liberté d'exprimer ses convictions politiques de la manière qui lui plaît à condition de ne pas être payé par un parti politique pour le faire.
    André Chamberland
    Lévis »

  • Robert Parenteau
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 09h56
    Et des dépenses favorables ... au PLQ?
    « Quelle sera la position du DGE face au dépôt du budget fédéral favorisant le PLQ? Ce dépot devrait-il être interdit de parution au Québec?

    robert.parenteau012@sympatico.ca »

  • Claudette Bachand
    Inscrite
    vendredi 2 mars 2007 10h58
    Le PLQ noyaute les blogues!
    « J'ai lu récemment que le PLQ encourage les jeunes militants à noyauter les blogues et les forums. Mais je n'ai rien entendu à propos des vidéos. Donc, je comprends parfaitement la décision du DGE. »

  • Daniel Hémond
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 14h34
    NON
    « Il est inacceptable que le directeur général des élections impose un baillon aux simples citoyens qui désirent s'exprimer sur la conduite des politiciens même durant une campagne électorale... Que ce soit de manière écrite ou visuelle... La liberté d'expresion est un droit fondamental.
    On devrait interdire, par contre, les promesses électorales mensongères et les abus de pouvoir des gouvernements.
    Daniel hémond
    ici c'est pas radio Canada : http://pasrc.blogspot.com

    nouveauxbarbartes@hotmail.com »

  • Stéphanie Côté
    Inscrite
    vendredi 2 mars 2007 20h20
    La liberté d'expression bafouée
    « Je suis scandalisée qu'on est exigé le retrait des vidéos des alarmistes d'internet. De quels droits? Une fois de plus on tente de baîlloner l'opposition... Le fait de critiquer les actes d'un gouvernement démontre un intérêt pour la politique qui est souvent peu marqué chez les jeunes aujourd'hui. Pourquoi a-t-on si peur de la critique chez les libéraux? Je considère que chacun peut exprimer ce qu'il pense d'un parti et le fait de ne pas être en accord avec des politiques permet d'ouvrir le débat et d'argumenter les idées défendues par les élus. Il me semble avoir lu plutôt cette semaine que le DGE tentait d'imposer le même genre de baîllon aux étudiants qui ont lancé la caravane du gel afin d'informer les étudiants sur les enjeux de cette élection. On arrête pas de dire que les jeunes représentent les dirigeants de demain donc la moindre des choses est de s'assurer qu'ils aient un maximum d'information sur la campagne afin qu'ils se sentent davantage impliquer dans la destinée du Québec.

    Stéphanie »

  • bianca viens
    Abonnée
    samedi 3 mars 2007 05h31
    Vive le Québec libre, disait-on...
    « De nos jours qui s'intéressent réellement au politique au sens même du terme? Lorsque nous savons que toutes informations véhiculés pas les médias est la somme d'une désinformation, vouloir bannir ceux qui osent affirmer un point de vue divergent à même la structure sociale démontre une faiblesse de la structure. De quoi craindrent-ils vraiment? »

  • Christian Charron
    Inscrit
    samedi 3 mars 2007 12h18
    L'interdiction des vidéos des Alarmistes par le DGEQ est injustifiée, arbitraire et illégale
    « Pour qu'un message ne soit pas considéré comme une dépense électorale, cela prend deux conditions en vertu de la Loi électorale :
    1) le coût pour produire le message doit être nul ou minimal ;
    2) le message doit être diffusé gratuitement par le diffuseur.

    Les vidéos des Alarmistes rencontraient ces critères, et pour cette raison, l'action du DGEQ est injustifiée, arbitraire, illégale et est une grave atteinte à la liberté d'expression.

    Pour en savoir plus :
    http://www.christiancharron.com/article.php3?id_article=215 »

  • francis dery
    Inscrit
    mardi 6 mars 2007 20h10
    Permettez aux nouveaux partis de participer au débat
    « UN DÉBAT DES CHEFS... POUR TOUS !!!

    Pour signer la pétition: http://www.debatpourtous.net »

  • francis dery
    Inscrit
    mardi 6 mars 2007 22h04
    Interdisons les éditos et chroniques politiques de La Presse
    « Ils sont si biaisés en faveur de Jean Charest.
    Les auteurs font de gros salaires. Je ne m'étonnerais pas qu'ils recoivent autour de $10000 le texte. Car je compare aux conseillers-scripteurs des discours de Line Beauchamp.

    Publier une chronique biaisée a la place d'un rancart publicitaire dans le journal La Presse, c'est sacrifier une importante source de revenu. Le coût est plus important que de produire un court métrage et de le diffuser par YouTube.

    Et Jean Charest n'a pas à débourser, ni à comptabiliser ce coût dans son rapport au DGE »

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