Oui aux blogues, non aux vidéos
Les blogues, ce sont des lettres aux lecteurs, mais les vidéos critiquant le gouvernement sur YouTube s'apparentent à des cas de dépenses électorales.
Le Directeur général des élections (DGE) a eu fort à faire hier pour expliquer son intervention auprès de sites vidéo comme YouTube et Google Vidéo. En effet, le DGE a fait retirer cette semaine une dizaine de vidéos produits par deux citoyens, «Les Alarmistes», qui critiquaient la performance du gouvernement Charest, des vidéos qui avaient été visionnées plus de 12 000 fois.
Les pratiques sur Internet continuent donc de mettre au défi la loi électorale alors que le DGE tente difficilement de distinguer ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas.
Depuis plusieurs mois, ces deux citoyens avaient produit des vidéos qui critiquaient le gouvernement et qui circulaient sur Internet. «Nous ne sommes liés à aucun parti politique, et c'est un devoir de citoyen de critiquer le gouvernement en place», a affirmé au Devoir Éric Savard, un des deux membres des Alarmistes.
Mais voilà: cette semaine, le duo a retiré ses vidéos, à la demande du DGE, et en a produit un nouveau, qu'on pouvait trouver sur YouTube et Google Vidéo hier, intitulé Retrait préventif, qui explique l'affaire. «Nous sommes des citoyens qui refusent d'être réduits à de simples consommateurs d'information, peut-on y entendre. Nous reviendrons à la charge pour parler des sujets occultés par les grands médias à la solde des néolibéraux.»
Le duo affirme que le DGE a été saisi d'une plainte, mais le DGE nie cette information. «Aucune plainte n'a été déposée en soi», a expliqué Karine Lacoste, porte-parole du DGE. «Cela a été porté à notre attention, c'est tout», a-t-elle précisé, refusant de dire qui a ainsi attiré l'attention du DGE.
Le DGE a d'ailleurs fait deux interventions contre des vidéos sur Internet cette semaine. Dans un autre cas, un individu avait produit un vidéo encourageant la population à ne pas aller voter et utilisant le logo du DGE, ce qui est illégal.
Mais le cas des Alarmistes est plus complexe.
Ainsi, on estime que ces vidéos pourraient être considérés comme des dépenses électorales non autorisées puisqu'ils ne sont pas approuvés par un parti officiel et s'attaquent aux politiques du gouvernement sortant. «Ce n'est pas du tout la liberté d'expression qui est en cause ici, a expliqué Karine Lacoste. Le mot clé, c'est la notion de dépense électorale. La loi balise les dépenses qui pourraient favoriser ou défavoriser des candidats.»
Mais du même souffle, Mme Lacoste a reconnu qu'il n'est pas évident de déterminer l'ampleur d'une telle dépense en 2007 alors que n'importe qui peut maintenant produire des vidéos presque à coût nul grâce au développement des technologies numériques.
Par ailleurs, des citoyens qui critiquent violemment sur les blogues les partis actuellement en campagne ne sont pas menacés puisque les blogues «peuvent s'apparenter aux lettres aux lecteurs des journaux», a indiqué Mme Lacoste.
Le groupe Quebecor a lancé la semaine dernière une section électorale sur son Espace Canoë, où des citoyens peuvent s'exprimer par vidéo. Est-ce une dépense électorale? «Nous considérons Espace Canoë comme une extension d'un groupe médiatique existant», a expliqué Mme Lacoste.
Il semble donc que le DGE ne considère par YouTube comme un média de même nature que le site de Quebecor. «Ce n'est pas facile, il nous faut juger au cas par cas», a reconnu Mme Lacoste.
L'article 404 de la loi électorale prévoit 14 exceptions aux dépenses électorales autorisées. Parmi ces exceptions, on mentionne évidemment, pour protéger la liberté d'expression, la publication de chroniques, d'éditoriaux et de lettres aux journaux ainsi que la diffusion de nouvelles et de commentaires à la radio et à la télévision.
La loi introduit également la notion d'«intervenant particulier», soit un individu ou un groupe lié à aucun parti et qui peut demander au DGE d'être reconnu comme intervenant particulier pour intervenir sur un sujet d'intérêt public en campagne électorale.
On peut prévoir que l'attitude du DGE sera chaudement discutée sur Internet, dans les forums de discussion et dans les blogues. Mais de façon surprenante, Éric Savard, qui se définit lui-même comme un musicien professionnel et un enseignant de Québec, ne s'oppose pas à la demande du DGE. «Nos clips critiquent les politiques de démantèlement de l'État, a-t-il expliqué, et revendiquent la justice et l'égalité. La loi électorale est garante de la justice et de l'égalité. Nous avons donc accepté la demande du DGE. Le véritable problème en matière de liberté d'expression, je le vois plutôt dans le débat des chefs, où deux partis [Québec solidaire et le Parti vert] ne peuvent pas se faire entendre.»
Le Directeur général des élections (DGE) a eu fort à faire hier pour expliquer son intervention auprès de sites vidéo comme YouTube et Google Vidéo. En effet, le DGE a fait retirer cette semaine une dizaine de vidéos produits par deux citoyens, «Les Alarmistes», qui critiquaient la performance du gouvernement Charest, des vidéos qui avaient été visionnées plus de 12 000 fois.
Les pratiques sur Internet continuent donc de mettre au défi la loi électorale alors que le DGE tente difficilement de distinguer ce qui est acceptable de ce qui ne l'est pas.
Depuis plusieurs mois, ces deux citoyens avaient produit des vidéos qui critiquaient le gouvernement et qui circulaient sur Internet. «Nous ne sommes liés à aucun parti politique, et c'est un devoir de citoyen de critiquer le gouvernement en place», a affirmé au Devoir Éric Savard, un des deux membres des Alarmistes.
Mais voilà: cette semaine, le duo a retiré ses vidéos, à la demande du DGE, et en a produit un nouveau, qu'on pouvait trouver sur YouTube et Google Vidéo hier, intitulé Retrait préventif, qui explique l'affaire. «Nous sommes des citoyens qui refusent d'être réduits à de simples consommateurs d'information, peut-on y entendre. Nous reviendrons à la charge pour parler des sujets occultés par les grands médias à la solde des néolibéraux.»
Le duo affirme que le DGE a été saisi d'une plainte, mais le DGE nie cette information. «Aucune plainte n'a été déposée en soi», a expliqué Karine Lacoste, porte-parole du DGE. «Cela a été porté à notre attention, c'est tout», a-t-elle précisé, refusant de dire qui a ainsi attiré l'attention du DGE.
Le DGE a d'ailleurs fait deux interventions contre des vidéos sur Internet cette semaine. Dans un autre cas, un individu avait produit un vidéo encourageant la population à ne pas aller voter et utilisant le logo du DGE, ce qui est illégal.
Mais le cas des Alarmistes est plus complexe.
Ainsi, on estime que ces vidéos pourraient être considérés comme des dépenses électorales non autorisées puisqu'ils ne sont pas approuvés par un parti officiel et s'attaquent aux politiques du gouvernement sortant. «Ce n'est pas du tout la liberté d'expression qui est en cause ici, a expliqué Karine Lacoste. Le mot clé, c'est la notion de dépense électorale. La loi balise les dépenses qui pourraient favoriser ou défavoriser des candidats.»
Mais du même souffle, Mme Lacoste a reconnu qu'il n'est pas évident de déterminer l'ampleur d'une telle dépense en 2007 alors que n'importe qui peut maintenant produire des vidéos presque à coût nul grâce au développement des technologies numériques.
Par ailleurs, des citoyens qui critiquent violemment sur les blogues les partis actuellement en campagne ne sont pas menacés puisque les blogues «peuvent s'apparenter aux lettres aux lecteurs des journaux», a indiqué Mme Lacoste.
Le groupe Quebecor a lancé la semaine dernière une section électorale sur son Espace Canoë, où des citoyens peuvent s'exprimer par vidéo. Est-ce une dépense électorale? «Nous considérons Espace Canoë comme une extension d'un groupe médiatique existant», a expliqué Mme Lacoste.
Il semble donc que le DGE ne considère par YouTube comme un média de même nature que le site de Quebecor. «Ce n'est pas facile, il nous faut juger au cas par cas», a reconnu Mme Lacoste.
L'article 404 de la loi électorale prévoit 14 exceptions aux dépenses électorales autorisées. Parmi ces exceptions, on mentionne évidemment, pour protéger la liberté d'expression, la publication de chroniques, d'éditoriaux et de lettres aux journaux ainsi que la diffusion de nouvelles et de commentaires à la radio et à la télévision.
La loi introduit également la notion d'«intervenant particulier», soit un individu ou un groupe lié à aucun parti et qui peut demander au DGE d'être reconnu comme intervenant particulier pour intervenir sur un sujet d'intérêt public en campagne électorale.
On peut prévoir que l'attitude du DGE sera chaudement discutée sur Internet, dans les forums de discussion et dans les blogues. Mais de façon surprenante, Éric Savard, qui se définit lui-même comme un musicien professionnel et un enseignant de Québec, ne s'oppose pas à la demande du DGE. «Nos clips critiquent les politiques de démantèlement de l'État, a-t-il expliqué, et revendiquent la justice et l'égalité. La loi électorale est garante de la justice et de l'égalité. Nous avons donc accepté la demande du DGE. Le véritable problème en matière de liberté d'expression, je le vois plutôt dans le débat des chefs, où deux partis [Québec solidaire et le Parti vert] ne peuvent pas se faire entendre.»
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