mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h37


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Boisclair ne craint pas l'homophobie

Robert Dutrisac   2 mars 2007  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Québec — L'homophobie ne devrait pas nuire aux chances du Parti québécois lors des présentes élections puisqu'il y a des millions de Québécois qui sont «épris d'égalité» et qui voteront pour cette formation politique. C'est ce qu'a déclaré en substance le chef du PQ, André Boisclair, qui a dû commenter hier les propos homophobes d'un animateur de radio de Saguenay.

André Boisclair a reconnu que l'homophobie existe au Québec, tout comme le racisme et la discrimination. «Je sais que les Québécois sont épris d'égalité, épris de liberté, et s'il y a des gens qui veulent amener la campagne électorale sur cette question, ce n'est pas moi qu'ils vont rencontrer sur leur chemin, ce sont des millions de Québécois qui souhaitent plus de justice et plus d'égalité», a-t-il dit au cours d'un point de presse tenu à l'école secondaire de Neufchâtel. «Quand je parle de cette façon, je sais qu'il y a des millions de Québécois qui, derrière moi, applaudissent et sont de notre côté. Ce sont ces gens-là qui vont appuyer le Parti québécois à la prochaine campagne électorale.» Ce sera aux électeurs de juger si la question de son homosexualité est un boulet pour son parti, a-t-il dit.

Comme l'a rapporté Le Quotidien de Saguenay hier, l'animateur populiste Louis Champagne s'en est pris sur les ondes de CKRS au candidat péquiste dans la circonscription de Jonquière, Sylvain Gaudeault. Le candidat n'a pas caché son homosexualité lors du lancement de sa campagne électorale mercredi. Louis Champagne a affirmé que jamais les travailleurs d'usine de la région ne voteraient pour une «tapette». Il s'est demandé si le PQ n'était pas devenu «un club de tapettes».

«C'est insultant de laisser penser que des gens qui seraient dans les régions, que des travailleurs qui travaillent en usine auraient une vision différente de ce que signifie le principe d'égalité au Québec par rapport à des gens qui vivraient dans les [grandes] villes. Je la rejette complètement, cette analyse-là», s'est insurgé André Boisclair.

Lors d'une entrevue accordée à CHOI-FM à Québec le matin même, le chef péquiste avait abordé de lui-même la question du suicide chez les jeunes homosexuels. Il a par ailleurs réagi avec humeur aux propos de l'animateur Denis Gravel, qui a qualifié les militants péquistes de «roteux de baloney», une expression inusitée du lexique vernaculaire québécois. «La vulgarité n'a pas sa place et il n'y a pas de "roteux de baloney" dans notre équipe», a-t-il répliqué, visiblement agacé.

À Ottawa, Gilles Duceppe, qui a déjà eu maille à partir avec Louis Champagne, a qualifié d'«odieux» les propos de l'animateur sur le candidat Sylvain Gaudeault. «Les Québécois sont rendus beaucoup plus loin que ça sur cette question et on le voit par des gens qui ont affirmé leur homosexualité et qui sont très populaires, qui animent des émissions, qui sont des vedettes, a dit le chef du Bloc québécois. Je ne comprends pas certaines chaînes de radio de tolérer que les gens, que leurs employés répandent des choses semblables.»

Selon Christian Dufour, politologue à l'École nationale d'administration publique (ENAP), ces manifestations homophobes pourraient favoriser André Boisclair. «L'ADQ a le vent dans les voiles. Ça libère la parole et il y a un certain radicalisme qui fait plaisir à du monde. Mais s'il y a trop de Champagne, ça peut nuire. C'est comme s'il y avait trop d'Hérouxville», a-t-il expliqué.

Christian Dufour estime qu'André Boisclair a eu tort de faire son «coming-out», de sortir du placard, comme le veut l'expression consacrée, dans l'hebdomadaire Voir en 2000 alors qu'il était ministre au sein du gouvernement Bouchard. «Ce que je n'ai pas aimé là-dedans, c'est qu'il l'a fait parce qu'il a été poussé à le faire» par les groupes de pression gais. «Ils [les politiciens] se trouvent à mettre leur vie privée sur la place publique et ils deviennent des cibles. Il y a un prix à payer pour jouer cette carte-là», juge l'universitaire.

En 2006, Robert Bernier, professeur à l'ENAP et spécialiste du marketing politique, avait procédé à une enquête qualitative, s'appuyant sur des groupes de discussion (focus groups) et surtout sur des entrevues individuelles, pour évaluer les prédispositions de l'électeur québécois à l'égard de ses leaders politiques. La personnalité d'André Boisclair, notamment son homosexualité, pourrait constituer un handicap pour le PQ en région, avait-il observé. Comme il l'avait déclaré au Devoir l'an dernier, M. Bernier estime que M. Boisclair ne passe pas la rampe. «Il est incapable de connecter avec la population», juge-t-il. Christian Dufour abondait dans ce sens hier.

Son extraction bourgeoise, ses études à Brébeuf, sa gestuelle et son débit saccadé nuisent au chef péquiste, affirme M. Bernier. Et «le fait qu'il soit homosexuel, ça vient renforcer un sentiment d'homophobie qui est présent dans certains segments de la population», notamment chez les personnes âgées, a avancé l'universitaire. «On ne peut pas refaire le monde.»

L'époque actuelle favorise l'essor des valeurs conservatrices, selon lui. «Nous sommes entrés, à la toute fin des années 90, dans un mouvement de conservatisme plus accentué», que ce soit au Québec, aux États-Unis ou même en France, a fait valoir M. Bernier. «Nous sommes dans une renaissance des valeurs traditionnelles» que Jean Charest et Mario Dumont se trouvent à incarner.

En revanche, le PQ dispose d'une base militante très solide qui pourrait fortement se mobiliser. «Si on ostracise M. Boisclair, il va y avoir un renforcement de l'identité partisane. Si ce phénomène se produit, il va y avoir une cristallisation de l'électorat nationaliste», a souligné Robert Bernier.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 00h39
    Le courage d'André Boisclair
    « Malgré ses erreurs et son débit un peu saccadé quand il parle, on ne peut qu'admirer André Boisclair pour son courage et sa ténacité, surtout lorsqu'on voit des journalistes qui ne cessent de le harceler avec des questions sur son orientation sexuelle. »

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 06h08
    L'ignorance élevée en vertue
    « Les dinosaures comme ce Louis Champagne, qui s'enrichissent en diffusant les pires insanités sur les ondes n'ont plus leur place dans notre société. Mais il faudrait se poser la question de savoir comment il se fait que ce genre d'individus sans scrupules envahissent les ondes. C'est surement pour le profit, il doit y avoir un auditoire qui écoute les divagations de ces hurluberlus, ces spécialistes de la diffamation, du négativisme et de l'ignorance crasse élevée en vertue. Je crois que la majorité n'apportera aucun crédit aux propos ce ce crétin. L'orientation sexuelle n'a rien à voir avec la compétence et l'intelligence. »

  • Michel Prévost
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 07h15
    Mario Dumont et les radios-poubelles
    « Ces radios-poubelles sont vraiment une plaie. Elles véhiculent le sexisme, le racisme et l'homophobie. Mario Dumont qui a appuyé les manifestants contre la fermeture de CHOI à Québec cautionne-t-il, sous le couvert de la liberté d'expression, les propos haineux de "tels" animateurs? J'aimerais bien l'entendre développer là-dessus... »

  • Annie Rioux
    Inscrite
    vendredi 2 mars 2007 07h29
    La honte d'être québécoise
    « Le Québec est englué dans une léthargie conservatrice. Par peur, par ignorance, c'est ce genre de sujet qui font la une de nos journaux, tandis qu'on devrait parler de politique, c'est-à-dire d'idées pour faire avancer le Québec. Cette question de l'homophobie, elle existe en effet, et non seulement dans nos régions (originaire d'une région, j'habite aujourd'hui à Québec)... mais elle existera toujours (j''en ai bien peur et j'en ai honte). Il est grand temps de «murir», pour ceux qui n'y seraient pas encore arrivés; pour les autres, nous n'attendons qu'une chose, élire le plus respectable et prometteur des chefs: André Boiclair. »

  • Françoise Labelle
    Inscrite
    vendredi 2 mars 2007 07h58
    Affreux, Dégoûtant Québec
    « Au moins l'Odieux dit ce que plusieurs cachent hypocritement. Les gais, on les tolère au Québec, tant qu'ils se mêlent des pas affaires d'homme: le sport, la politique et les affaires.
    L'homophobie dégoutte de partout depuis son élection comme chef du PQ. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 08h19
    La filière....Corus?
    « Louis Champagne travaille à CKRS qui appartient à Corus Québec.

    Qui est l'ex-président de Corus Québec? Pierre Arcand qui se présente pour le parti libéral dans Mont-Royal et qu'on cache depuis la gaffe monumentale sur Le Pen. »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 10h15
    Incroyable...
    « Il y a des jours où vraiment j'ai peine à croire à pareille turpitudes! Heureusement que la jeune génération est plus ouverte aux rythmes de notre temps.

    Québécois... vous étiez nombreux à défendre le film «Crazy» et les difficultés sociales et personnelles d'un jeune homosexuel en pleine crise d'identité; vous étiez nombreux alors à faire preuve d'ouverture d'esprit, ouvert à plus de justice et de droit et ...vlan! Un vieux «chunk» homophobe abitibien, plein d'idées préconçues revient semer le doute...

    Qu'ont en commun les : (et sortez vos dictionnaires s'il le faut!) Alexandre le Grand, Aristote, St-Augustin, Jules César, Richard-Coeur-de-Lion, Miguel de Cervantès, Michel-Ange, Christine de Suède, Albrecht Dürer, Frédéric Chopin, Pierre de Coubertin, Paul Verlaine, Colette, Marguerite Yourcenar, Édouard Daladier, John Edgar Hoover, Salvador Dali, Jean Maris, l'actuel maire de Berlin Klaus Wowereit, Marie-Claire Blais, Daniel Pinard, René-Richard Cyr, Michel Tremblay, Pierre Palmade, Amélie Mauresmo (tennis) etc. etc. sinon qu'ils (ou qu'elles) sont homosexuels (les) ou ayant avoués (es) avoir eu des relations homosexuelles satisfaisantes.

    Comme si l'orientation sexuelle avait quelque chose à voir avec la compétence. Rappelez-vous, il y a à peine 40 ans, c'étaient la lutte pour l'égalité des sexes.

    Comme un accent sur un mot, quand allons nous finalement comprendre que l'orientation ou le sexe n'a aucune importance et ce qui se passe dans la chambre à coucher d'un citoyen (ne) ne sont pas de nos affaires et n'a strictement rien à voir avoir la capacité de créer ou de gouverner!!! »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 10h22
    Occasions manquées.
    « Roteux de Baloney

    Encore une fois nous voyons ici la fracture qui s'élargie entre la région de Montréal et le RDQ (Reste du Québec). Quand on en est rendu à tenir pour de la vulgarité l'argot culturel des Québécois du RDQ, c'est qu'on a complètement perdu le lien avec le peuple québécois. Pire, on en est rendu au mépris envers ce peuple. C'est une répudiation totale et définitive du patrimoine québécois par l'élite des bien-pensants et pédants de Montréal.
    À partir du moment où M. Boisclair a traité l'expression "roteux de baloney" de vulgarité - expression qui sortie de la bouche de notre conteur Fred Pellerin passerait pour de l'éducation - il avait aussitôt perdu la partie. Il a non-seulement échoué lamentablement à saisir cette occasion pour un rapprochement culturel - par exemple en répondant sur un ton jovial qu'ils ne mangeaient plus de baloney depuis longtemps à Montréal et qu'il était venu là pour leur roter quelque chose de plus consistant - mais il a surtout réussi à creuser la divisiion identitaire de la façon la plus négative. Ici, Boisclair a exposé sa faiblesse, et le reste de son aventure au Saguenay ne fut qu'un enchaînement successif de cette démonstration.


    Tapettes

    Un autre mot d'argot typiquement québécois est le terme "tapette" qu'a utilisé l'animateur de radio. Cet animateur n'a jamais utilisé le mot "homosexuel". Le terme d'argot québécois "tapette" a la même signification que le terme "lopette" de nos cousins d'outre-mer; c'est à dire un hommes "sans épine dorsale" un homme "faible". Cet homme faible n'est pas nécessairement un homosexuel. On traite autant les hétérosexuels de tapettes ou lopettes. Ici aussi M. Boisclair a été très "faible", au point de confirmer l'attribut que lui lancait l'animateur de radio. Boisclair a eu tort de s'en défendre en se victimisant par son homosexualité. Il a démontré sa réelle faiblesse de façon encore plus prononcée en déclarant que ce ne sera pas lui qui donnera la leçon mais ses militants derrière lui. Dans la cour d'école, une telle réponse équivaut à "je vais t'envoyer mon grand frère". Boisclair dit ainsi à la face du monde qu'il ne peut pas se défendre lui-même, qu'il a peur de ces travailleurs en usine.
    Et c'est par cette même peur que Boisclair a répondu par le terme d'argot bien-pensant montréalais; "homophobe". Le summum en langue de bois, l'homophobie est une pure invention d'argot issue des milieux élitistes, ainsi que les groupes de pression gaies, et est utilisé pour donner un ton "clinique", "pathologique", à une répulsion envers l'homosexualité. Les travailleurs d'usines n'ont pas "peur" des homosexuels. Les seules personnes qui pourraient possiblement souffrir d'homophobie sont des hommes qui auraient peur d'en devenir eux-mêmes. Encore là, Boisclair a manqué une bonne occasion de contredire les doutes sur son courage. Il aurait pu, par exemple, faire comme les femmes musulmanes qui se sont rendues à Hérouxville pour confronter face à face ceux qu'elles croyaient (à tort) les méprisaient. L'occasion était à ce point excellente pour Boisclair que son opposant est aussi un homme qui gagne sa vie par le discours, la communication, l'argumentaire. C'est en proposant le duel, dans le studio de l'animateur, que Boisclair se devait de répondre, et non se réfugier derrière ses militants montréalais. Boisclair, aurait pu ainsi changer complètement son image et la direction de la course.

    Mais les Québécois du RDQ sont pas portés vers les imageries. Ils disent les choses comme elles sont. Toutes crues.

    Dieu merci. »

  • Alain Frigon
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 10h27
    Les
    « Vous vous souvenez du mouvement des Yvettes au moment du référendum de 1980: de simples propos malhabiles de Mme Payette et toute une tempête soulevée. De simples propos malhabiles.......loin de l'intolérence affichée par cet animateur de radio poubelle. Je propose donc maintenant la création du mouvement des tapettes pour le PQ. Un mouvement auquel se grefferaient non seulement les "tapettes", mais tout les hommes et femmes du Québec pour qui la justice, le respect de l'autre, la tolérence, l'égalité sont des valeurs essentielles.

    Sommes-nous en train d'assister à l'émergence du Québec réel? Après l'histoire d`Hérouxville, la petite fille au soccer, voici l'homophobie. Messieurs Charest et Dumont ont jugé important d'intervenir sur le port du hijab d'une petite fille, soufflant ainsi sur les braises de l'intolérence à des fins electorales. Leur silence par rapport aux propos indignes d'un animateur de radio les revèlent encore plus sous leur véritable jour: de petits politiciens démagogiques. Ils sont tout les deux indignent de porter la responsabilité de chef d'État.

    Il y a des jeunes de 14 et 15 ans qui se suicident à cause de l'homophobie. Il aurait été souhaitable que des gens qui aspirent aux plus hautes fonctions de l'État tirent une ligne et disent spontanément que ce genre de comportement est inacceptable dans notre société.

    M.Boisclair, homme de principe, refuse d'embarquer dans des débats démagogiques. Mais cela n'est pas payant électoralement. On le voit par les sondages.

    Je suis heureux que M.Boisclair tienne le cap, maintienne cette droiture. À défaut de gagner les élections, il aura gagné le respect de plusieurs. J'espère que les gens se réveilleront avant le 26 mars. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    vendredi 2 mars 2007 10h53
    La génération X, le prix de notre égocentrisme
    « Les radios-poubelles et les animateurs comme Louis Champagne ou Jeff Fillion ne font que flatter et exacerber les rancoeurs et les frustrations des jeunes de la génération X, les jeunes hommes en particulier. Ces jeunes, particulièrement en région, vivent un très intense sentiment de marginalisation et ils ne se retrouvent, ni dans le PQ, ni dans le PLQ. Je pense qu'ils sont aussi majoritairement conservateurs, extrêmement individualistes et leur culture générale est quasi inexistante. Leur conservatisme, leur vision historique à courte vue, leurs frustrations et leur étroitesse d'esprit en font des victimes privilégiées des radios-poubelles. Ils sont le produit achevé d'un système d'éducation déficient qui ne vise plus à former des esprits bien faits, mais plutôt des esprits bien pleins. Pleins d'informations techniques, afin de correspondre aux exigences des employeurs.

    Leur avons-nous permis de rêver, leur avons-nous permis d'acquérir les outils indispensables à une véritable compréhension du monde, leur avons-nous offert un projet de société qui laisse place à leurs aspirations. La génération des "baby boomers", dont je suis, n'a pas fait la Révolution Tranquille, elle en a tout simplement récolté les fruits. Elle a inventé ... la sécurité d'emploi et s'est assise sur son steak. Elle a outrageusement profité de l'essor du Québec pour elle-même, elle a créé un état providence pour satisfaire ses propres besoins et l'âge venant, elle a préparé la relève pour elle-même, en s'assurant de former de bons travailleurs et non de bons citoyens. Ces bons travailleurs se sont heurtés de plein fouet à ... la sécurité d'emploi et aux effets pervers de la mondialisation. Ils doivent bien souvent se contenter de salaires médiocres et la précarité est leur lot. Nous les avons voulus étroits d'esprit, individualistes, techniquement compétents, mais sans culture et sans vision, c'est ce que nous avons. Nous récoltons tout simplement ce que nous avons semé. »

  • Manon Moreau
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 11h13
    La vieille idéologie de conservation
    « Ils sont plusieurs à vouloir garder vivante une idéologie de conservation extrêmement immobilisante et violente. Peut-être rappeler que le folklore appartient à la mémoire collective, qu'il est une des constituantes essentielles de notre identité, mais que nous ne sommes pas obligés d'actualiser certains mythes fondateurs qui, loin de faire de nous des libres penseurs, nous enferment dans une idéologie dont le moteur est l'exclusion, et dont le message renferme le ferment de toutes les guerres: la haine identitaire. Il n'en faut pas beaucoup pour trouver l'Autre menaçant, pensons à Rose Latulipe attirée par le Diable, pour qu'il éveille en nous la peur atavique de disparaître... Mais on est tous l'Autre de quelqu'un quelque part...

    Ce serait donc au nom de cette angoisse, enfermés dans un narcissisme primaire, une névrose qui nous enferme tous dans une logique de survivance malsaine que nous revendiquerions notre droit d'être un peuple, voire une nation? J'ai toujours voté OUI, car comme le disait Gaston Miron, le mot "indépendance" est un des plus beaux mots du dictionnaire, mais il semble que certains soient encore animés par un nationalisme de bas étage, effrayant même, et que pour eux l'étalon de mesure soit toujours l'homme blanc hétérosexuel accompagné d'une femme qui marche bien droit dans la "maison du père" entourée d'une rimbabelle d'enfants qu'heureusement Mario Dumont viendra "sauver".

    "Je n'ai jamais été si [honteuse] d'être Québécoise."

    Si nous voulons nous appuyer sur le passé, sortons plutôt des bibliothèques le Manifeste de Borduas et révoltons-nous contre la petitesse des démagogues. Métissons-nous. Soyons une langue vivante ouverte à tous les changements. Une langue morte ne se transforme pas, au mieux quelques initiés la parle encore dans les Églises. En sommes-nous encore là? »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 12h17
    Quand l'honneur n'est pas toujours au rendez-vous
    « On nous dit que monsieur Champagne est en congé de maladie de sa tribune radiophonique... je peux comprendre pourquoi. Malheureusement, ses propos (quelque soient les définitions du dictionnaire, on sait très bien ce qu'il voulait dire) auront laissé des doutes épouvantables et non mérités sur le jugement de ses auditeurs, des travailleurs et des électeurs du Saguenay. Le candidat visé s'est montré courageux. En réponse à un journaliste, Monsieur Boisclair a fait une belle démonstration de l'honneur en plaidant pour une société plus ouverte et juste. Des voix se sont élevées depuis au Saguenay et un peu partout au Québec, mais les grands silences sont devenus éloquents, particulièrement ceux de Messieurs Charest et Dumont, satisfaits de profiter des gains qu'une majorité tente toujours de réaliser sur les autres. Cela ne les honore pas beaucoup!

    Fernand Bélair, Québec »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 12h36
    Régionnophobie
    « Crainte excessive de quitter Montréal. »

  • Robert Raymond
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 12h56
    Quels choix avons-nous vraiment?
    « Mes choix électoraux découlent d'une comparaison et d'une évaluation des propositions de chaque candidat et de celles de son parti. En ce sens, je n'ai rien à foutre de l'orientation sexuelle de ceux qui sollicitent mon appui en tant qu'électeur et les propos de cet animateur ne me touchent pas. Il ne faudrait cependant pas que se répète le phénomène des Yvettes d'une élection passée basé sur une quelconque sympathie à l'égard d'André Boisclair à cause de ce genre de propos. Ce sont les idées et les valeurs qui doivent orienter nos choix électoraux. Ceci dit, comme l'écrivait un autre lecteur dans cette colonne, nos débats politiques tournent en rond depuis plusieurs décennies autour de la question de l'indépendance: n'avons-nous pas dit deux fois NON à la proposition du PQ? N'y a t il pas dans cet acharnement à reposer la question un manque de respect de la volonté populaire? quand passerons-nous enfin à autre chose? quand aurons-nous le choix entre des partis politiques de tendances différentes sans toujours devoir voter en fonction de la sempiternelle question? J'aspire à un paysage politique où les québécois, comme les canadiens de toutes les autres provinces, pourraient enfin avoir à choisir entre des options claires de gauche, de droite, du centre sans avoir à se positionner sur LA question? J'espère que cette élection-ci nous en donnera l'occasion: une défaite cinglante du PQ et l'arrivée de l'ADQ à titre d'opposition officielle serait un bon pas dans cette direction. »

  • Christian Bélanger
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 14h32
    Louis Champagne doit quitter les ondes de CKRS 590 AM
    « http://www.lbr.ca/article-4-5344.html

    Je souhaite vivement que la population en ait assez des propos non seulement acerbes mais totalement inadéquats...

    Après avoir entendu les propos de Louis Champagne au sujet du candidat du Parti Québécois dans Jonquière, Monsieur Sylvain Gaudreault, hier, le 1er mars 2007, sur les ondes de CKRS 590 AM, je souhaite vivement que la population en ait assez des propos non seulement acerbes mais totalement inadéquats que livre Louis Champagne sur les ondes radiophoniques depuis ces dernières années...

    Ce genre de propos, notamment celui au sujet de l'homosexualité, fait littéralement passer les gens de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour une bande de gros colons, sans aucune mais aucune ouverture d'esprit... Non seulement l'attitude de Louis Champagne est nuisible pour l'image de la région, mais elle est également nuisible puisque certaines personnes pourraient croire que ses propos intellectuellement limités sont un certain reflet de la vérité puisque l'on le laisse parler depuis tant d'années sur les ondes radiophoniques...

    Pour le bien commun ainsi que pour l'image de la région, Louis Champagne doit quitter les ondes radiophoniques et ne plus jamais y revenir!

    Sans doute, il serait bien de le faire savoir à son employeur CKRS 590 AM, alors pour votre information:

    Administration et Programmation :
    Téléphone : (418) 545-2577
    Fax: (418) 545-9186
    auditoire@ckrs.ca

    Christian Bélanger,
    Saguenay, arrondissement Chicoutimi »

  • Michel Prévost
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 14h49
    Confondre culture populaire et mepris
    « Les regions n'ont pas non plus le monopole du sexisme, du racisme et de l'homophobie. Le "gay bashing", c'est dans les grandes villes qu'on le retrouve. Ce qui est propre a certains endroits bien connus, ce sont ces radios haineuses, ou les mots "tapette", "plotte" ou "negre", sont dits toujours dans un sens meprisant. Et ce n'est pas parce qu'ils font partie de la culture populaire, qu'il faut en abuser en ondes. Apres tout, on demande normalement a nos enfants de ne pas les utiliser... »

  • Guillaume Van Til
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 15h34
    Réponse à Michel Prévost
    « Cher Michel,

    Vos propos lancer sur mario Dumont sont totalement infondé. Il s'est lui-même expliquer au franc-titeur de Téléquebec. Il dit qu'il n'apuyait pas les commentaire incessé de l'animateur en question. Il était pour son renvois. Par ailleurs, ce n'est pas tous les animateur qui sont cons. Mario pronait sur le fait que cette station avait le droit de resté en vie parce qu'elle diffusait de bons programme. Il n'y a plus de vermine qui y grouille.

    Ce n'est pas parce que je le défend que je vais voter pour lui. Seuleument, vérifier vos commentaires avant! »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    vendredi 2 mars 2007 16h19
    Stéréotypage
    « "Il ne faudrait cependant pas que se répète le phénomène des Yvettes d'une élection passée basé sur une quelconque sympathie à l'égard d'André Boisclair à cause de ce genre de propos."(Robert Raymond)

    Et c'est exactement ce que le parti souhaite exploiter.
    On commence à en avoir pas mal assez d'un parti qui se veux le protecteur de la veuve et de l'orphelin, les homosexuels, les porteuses de hijabs, et puis quoi encore.
    Ce parti nous fait passer pour un peuple de faibles. Des éternelles victimes.

    La vérité est que c'est Boisclair lui-même qui associe "tapette" à "homosexuel" en se déclarant ainsi visé. Et toute cette campagne de victimisation ne fait que contribuer encore plus au stéréotypage de l'homosexuel comme un être faible et sans épine dorsale.

    Désolé, mais cette brute d'animateur radio a raison. Boisclair est un faible. Une lopette. Et personne ne devrait être accusé d'homophobie de le dire. Car ce serait admettre que tapette ou lopette est synonyme d'homosexualité ou de faiblesse. Du stéréotypage. Or, c'est faux.

    Un de mes héros depuis longtemps, une personne que j'admire pour sa force, son solide caractère, en plus de sa créativité, est Fredy Mercury. Un homosexuel qui n'a même pas hésité à nommer son groupe "Queen". Cette personne ne démontrait pas un iota de faiblesse. Il inspirait la force de caractère et l'admiration. Aucun lien avec un être faible qui doit être protégé ou défendu.
    Personne, même pas cet animateur de radio n'aurait oser une minute le traiter de "tapette". Il en aurait subit les conséquence je le vous le garanti.

    Les homosexuels n'ont pas besoin de ce stéréotypage et le peuple québécois non-plus. Nous ne sommes pas des victimes ni des faibles.

    C'est ce parti qui a fini par faire de la victimisation sa marque de commerce et cet animateur a raison de poser la question à savoir si le PQ n'est pas devenu un repère de victimisés, de plaignards, de faibles.

    On fait pas l'indépendance d'un peuple par la pitié. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
18 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009