Sortie historique des Premières Nations
Ghislain Picard accuse les chefs des partis d'escamoter le dossier autochtone
Photo : Jacques Nadeau
Pour la première fois de son histoire, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador a décidé de s’immiscer dans une campagne électorale. Réunis en face de la place de la Grande-Paix à Montréal, les chefs Warren Lahache (Kahnaw
L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL) a brisé hier un traité qu'elle respectait depuis toujours: celui de rester à l'écart du débat de toute campagne électorale. Mais cette année, devant l'absence notée des revendications autochtones dans les plates-formes des principaux partis, l'APNQL s'est sentie obligée d'intervenir.
C'est en «territoire mohawk», en face de la place de la Grande-Paix, dans le Vieux-Montréal, que le chef de l'APNQL et quatre chefs de différentes communautés sont sortis de leur réserve historique hier. Leur message: le développement du Québec ne se fera pas sans les Premières Nations. Pour elles, le «statut quo actuel n'est plus acceptable» et «le prochain gouvernement devra revoir en profondeur sa relation politique» avec les Amérindiens, a averti Ghislain Picard.
Un appel ultime
Le chef de l'APNQL a indiqué que cette première intervention — qui consiste surtout à exercer des pressions sur les partis politiques— pourrait se répéter lors de la prochaine campagne électorale fédérale. Il a mentionné dans son discours qu'il s'agissait d'une sorte «d'appel ultime» aux politiciens. Après quoi, les Premières Nations se tourneront vers d'autres moyens que la négociation pour avoir des réponses satisfaisantes à leurs revendications.
«À l'exception de Québec solidaire, a indiqué M. Picard en marge de sa conférence de presse, les partis escamotent complètement la question [autochtone], qui est fondamentale. C'est inconcevable que les quatre autres grands partis n'aient pas une ligne sur les questions qui nous préoccupent. On parle de régionalisation, de gestion des ressources naturelles [sans parler de nous] [...]. Ce sont des enjeux qui nous interpellent pourtant directement. On nous a placés devant un non-choix: il fallait absolument rappeler [notre existence].»
M. Picard estime que les partis n'ont rien à gagner en laissant les peuples des Premières Nations à l'écart du débat. «C'est une question qui, tôt ou tard, va les rattraper.»
Mais pour autant qu'elle s'immisce dans la campagne actuelle, l'APNQL le fait sans prendre position. Elle n'a ainsi apporté son soutien à aucun des cinq principaux partis en lice. «Tous les gouvernements disent vouloir changer les choses et entretenir de bonnes relations avec nous, a dit M. Picard. Mais généralement, quand on fait le bilan quatre ans plus tard, c'est négatif. Et cela doit changer.»
Interrogé à savoir quelle note il donnerait au gouvernement sortant, Ghislain Picard s'est montré prudent. «Je donnerais 25 % pour l'écoute, et la même chose pour la compréhension et l'action. Mais tous [les partis sont] au même point», a-t-il dit. Quoi qu'il en soit, tous les chefs ont été conviés hier à un débat qu'organise l'APNQL le 20 mars.
Selon le chef Picard, moins de 10 % de la population autochtone participe aux diverses élections fédérales et provinciales.
C'est en «territoire mohawk», en face de la place de la Grande-Paix, dans le Vieux-Montréal, que le chef de l'APNQL et quatre chefs de différentes communautés sont sortis de leur réserve historique hier. Leur message: le développement du Québec ne se fera pas sans les Premières Nations. Pour elles, le «statut quo actuel n'est plus acceptable» et «le prochain gouvernement devra revoir en profondeur sa relation politique» avec les Amérindiens, a averti Ghislain Picard.
Un appel ultime
Le chef de l'APNQL a indiqué que cette première intervention — qui consiste surtout à exercer des pressions sur les partis politiques— pourrait se répéter lors de la prochaine campagne électorale fédérale. Il a mentionné dans son discours qu'il s'agissait d'une sorte «d'appel ultime» aux politiciens. Après quoi, les Premières Nations se tourneront vers d'autres moyens que la négociation pour avoir des réponses satisfaisantes à leurs revendications.
«À l'exception de Québec solidaire, a indiqué M. Picard en marge de sa conférence de presse, les partis escamotent complètement la question [autochtone], qui est fondamentale. C'est inconcevable que les quatre autres grands partis n'aient pas une ligne sur les questions qui nous préoccupent. On parle de régionalisation, de gestion des ressources naturelles [sans parler de nous] [...]. Ce sont des enjeux qui nous interpellent pourtant directement. On nous a placés devant un non-choix: il fallait absolument rappeler [notre existence].»
M. Picard estime que les partis n'ont rien à gagner en laissant les peuples des Premières Nations à l'écart du débat. «C'est une question qui, tôt ou tard, va les rattraper.»
Mais pour autant qu'elle s'immisce dans la campagne actuelle, l'APNQL le fait sans prendre position. Elle n'a ainsi apporté son soutien à aucun des cinq principaux partis en lice. «Tous les gouvernements disent vouloir changer les choses et entretenir de bonnes relations avec nous, a dit M. Picard. Mais généralement, quand on fait le bilan quatre ans plus tard, c'est négatif. Et cela doit changer.»
Interrogé à savoir quelle note il donnerait au gouvernement sortant, Ghislain Picard s'est montré prudent. «Je donnerais 25 % pour l'écoute, et la même chose pour la compréhension et l'action. Mais tous [les partis sont] au même point», a-t-il dit. Quoi qu'il en soit, tous les chefs ont été conviés hier à un débat qu'organise l'APNQL le 20 mars.
Selon le chef Picard, moins de 10 % de la population autochtone participe aux diverses élections fédérales et provinciales.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
- autochtone,
- Québec (province),
- élection,
- Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL)
Haut de la page

