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Charest oublie Boisclair sur la Grande Allée

Antoine Robitaille   1 mars 2007  Québec
Photo : Jacques Nadeau
Québec — Inquiets de la montée de l'Action démocratique du Québec dans la région de la Capitale nationale, le chef libéral Jean Charest et son candidat-vedette Philippe Couillard ont multiplié les attaques à l'endroit du chef de l'ADQ, Mario Dumont, hier à Québec. Ainsi, ils ont à toutes fins utiles oublié le chef péquiste André Boisclair dans leurs discours. Le PQ, selon un sondage du Soleil, est tombé à 25 % dans les intentions de vote à Québec et continuerait de chuter. Le PLQ mène le bal avec 32 % et l'ADQ le talonne à 30 %. Puisque l'échantillon utilisé est petit (500 répondants), la marge d'erreur est de 4 % (19 fois sur 20), ce qui signifie que le PLQ et l'ADQ sont coude à coude.

Le chef libéral veut être de plus en plus présent à Québec. Depuis le début de sa tournée, le 21 février, son organisation a ajouté au moins deux journées à Québec — dont hier — à son horaire. C’est aussi lui qui a réclamé que le débat des chefs ait lieu dans la capitale. C’est d’ailleurs au coeur de l’Hôtel du Parlement, au restaurant Le Parlementaire, le 13 mars, que les trois chefs s’affronteront.

Hier après-midi, M. Charest était en entrevue à la station très écoutée CHOI-FM, laquelle a un penchant adéquiste, comme à l’époque où le controversé Jean-François Fillion en était l’animateur-vedette. Avant que M. Charest n’entre en ondes, un animateur, Hugo Langlois, a dit à quel point la décision de tenir le débat à Québec lui avait fait plaisir. Dans l’entrevue d’une demi-heure qui a suivi, le chef libéral n’a pas prononcé une seule fois le nom d’André Boisclair. Et l’intervieweur, Gilles Parent — qui a entamé la conversation en confiant qu’il avait voté libéral en 2003 —, n’a parlé du PQ qu’une seule fois, affirmant que ce parti est en «déroute». M. Charest a profité de son passage pour critiquer Mario Dumont à plusieurs reprises, condamnant par exemple le caractère «mal ficelé» du programme adéquiste en matière de soutien à la famille et soulignant que M. Dumont n’a «pas d’équipe».

En matinée, lors de l’annonce d’une promesse d’investissement de 400 millions de dollars pour l’agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Québec, le chef libéral avait aussi pris Mario Dumont pour cible, fustigeant les idées de l’ADQ en santé, par exemple l’instauration d’un ticket modérateur ou la création d’un réseau de cliniques privées sans rendez-vous.
En soirée à Lévis, M. Charest a mitraillé Mario Dumont alors qu’il ne réservait que deux cartouches tout au plus à André Boisclair. Il a mené une charge à fond de train contre le projet de l’ADQ de verser 5200$ par année aux familles avec des jeunes enfants, reprochant au chef adéquiste de ne rien dire sur la façon dont il financerait ce programme.

«Quand on dit qu’on va donner 5000$ à une famille et on ne dit pas où l’on va prendre l’argent, et qu’on ne dit rien sur les enfants de 6 à 18 ans, je pense qu’on peut pas mal deviner que l’ADQ couperait les fonds pour les enfants de 6 à 18 ans. C’est comme ça qu’il va le financer. En tout cas, s’il ne nous donne pas de chiffre, je vais être obligé de conclure que c’est là où ils vont prendre l’argent.» Le programme de soutient aux enfants mis en place en janvier 2005 par le gouvernement Charest coûte 2 milliards et profite à 856 000 familles.
Plus tôt, le ministre de la Santé Philippe Couillard, candidat libéral dans Jean-Talon, avait aussi vilipendé le chef adéquiste. Après avoir reconnu que Québec a «une coloration politique» particulière puisque ses citoyens veulent qu’on réponde à leurs besoins concrets, il a fait valoir que «M. Dumont donne l’illusion de répondre à leurs besoins concrets». Il a donné l’exemple du ticket modérateur: «Quand j’entends M. Dumont qui parle des “vraies questions” au “vrai monde”, j’ai envie de lui poser moi aussi une vraie question: c’est qui, le “vrai monde” qui va payer le ticket modérateur? Ça va coûter combien? Comment on va percevoir ça? Si, moi, je suis malade parce que j’ai le diabète et que je viens trois fois à l’hôpital dans une semaine, est-ce que je vais payer, 25, 50 ou 100 $ ou je vais en être épargné? Comment on va gérer ça?» Selon M. Couillard, il y a un «pattern» à l’ADQ: «On arrive avec un petit coup de baguette magique, on donne la phrase qui sonne bien dans les médias. Mais dès qu’on commence à gratter un peu, dès qu’on commence à voir un peu de quoi on parle [...], ça s’écroule comme un château de cartes.»

Par ailleurs, le premier ministre n’a pas tari d’éloges pour la Vielle Capitale hier, la décrivant comme «une place unique», «une des plus belles villes au monde». «La capitale nationale n’a rien à envier à Montréal.» «Je suis très fier d’être premier ministre d’une ville aussi magnifique [...]. Je sais que ça va vous paraître un cliché de le dire, mais moi, quand je me déplace à l’extérieur, je parle du Québec, je parle de ma capitale. C’est avec beaucoup de fierté.»

Boisclair à Québec
Aussi présent dans la région de la Capitale nationale hier, André Boisclair, en matinée, a refusé de parler à la presse. C’est à Charny, sur la rive sud, dans un centre de la petite enfance, qu’il a finalement répondu aux questions liées au sondage dévastateur du matin. Pressé de questions, il a souligné que ce n’est que le «début de la campagne» et que son parti n’a «pas dit son dernier mot à Québec». «Il y a encore plusieurs jours de campagne. Vous allez me voir souvent dans la capitale nationale, et je suis convaincu que les propositions réalistes et responsables du Parti québécois vont nous permettre de gagner la confiance des gens», a-t-il déclaré.

Malgré les mauvais scores dans les sondages, M. Boisclair a soutenu que «ce qu’on voit sur le terrain, c’est l’enthousiasme comme jamais on n’en avait senti en 2003. Il y a de l’énergie dans les rangs, il y a de la bonne humeur», a-t-il dit, sourire aux lèvres.
M. Boisclair a par la suite passé beaucoup de temps à critiquer l’ADQ et Mario Dumont en des termes qui convergent avec ceux des gros canons libéraux: «Quand je vois des gens qui tentent, par des formules-chocs, je pense que nous avons la responsabilité d’aller plus loin. M. Dumont n’a pas de cadre financier, il n’a pas d’équipe. Il n’y a aucune possibilité qu’il forme le gouvernement. Québec risquerait de se retrouver dans l’opposition. J’entends et je vois des gens à Québec qui ont le goût du pouvoir.»

Le Devoir
En collaboration avec Robert Dutrisac et la Presse canadienne






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  • Léandre Nadeau
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 02h52
    Le sondage de CROP à Québec
    « Peu de gens ont remarqué que le sondage dans la région de Québec est plus catastrophique pour les libéraux que pour le PQ. Les libéraux perdent 8 points (de 40% à 32%) depuis les élections de 2003, tandis que le PQ perd 3 points et l'ADQ gagne 1 point. Les libéraux pourraient donc perdre environ 4 comtés, eux qui en ont 9 sur 12 actuellement. Le PQ n'a qu'un comté actuellement et pourrait aller en chercher 2 de plus. »

  • Diane Jeannotte Tremblay
    Abonnée
    jeudi 1 mars 2007 04h47
    Un chef oublié...incroyable
    « Le même oublie de la part de Monsieur Dumont à l'émission de Pierre Maisonneuve à la radio de la Première Chaîne, hier midi.Et on nous dira que tout va bien pour le Parti Québécois d'André Boisclair.Quel désastre.
    Monsieur Boisclair ne pourra jamais remonter la pente et le PQ devra s'en mordre les pouces.
    Ce sera la première fois depuis la création de ce parti, que mon vote ira à quelqu'un d'autre. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 07h18
    La radio de Québec: le DGE doit enquêter
    « A Québec, CHOI fm, CHRC et le 93 font la propagande de l'ADQ toute le journée depuis depuis des années. Ca commencé avec Fillion, puis ca c'est généralisé. Tout ce que fait et promet Mario est bon; tout ce que fait et promet les deux autres partis est mauvais. Et je ne parle même pas des verts et des socialistes, objets de constantes railleries. Si ce n'est pas une façon de contourner la loi électorale, me demande ce que c'est?

    D'autre part, Sylvain Bouchard hier matin a sorti le squelette du placard de Boisclair. Bizarrement il n'y a eu aucune réaction. Jusqu'à maintenant du moins!A suivre... »

  • Jacqueline Bordeleau
    Inscrite
    jeudi 1 mars 2007 09h36
    La déconfiture de M. Boisclair ne me surprend pas
    « Militante depuis 1968 au Parti Québécois, je voterai pour un autre parti pour la 1e fois cette année la mort dans l'âme. Mais il m'est impossible de voter pour M. Boisclair qui n'a rien à dire et n'a aucun vécu. Il est artificiel et il pense qu'il a toujours raison. J'ai pu le constater l'an passé lorsqu'il s'est présenté député dans mon comté de Lafontaine. Je lui ai demandé s'il pouvait faire la promotion de la souveraineté pour que les plus jeunes puissent connaître les raisons qui la motivent. IL m'a tout simplement répondu que tout avait été dit sur ce sujet et que chacun avait ses propres motivations pour la vouloir. Je n'en suis pas encore revenue. Et malgré l'envoi de 3 lettres pour continuer le débat, il ne m'a jamais répondu. J'ai prévu alors ce qui lui arrive aujourd'hui.

    Jacqueline Bordeleau »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 10h42
    Un universitaire dandy
    « André Boisclair a tout contre lui ou presque, présentant les allures d'un universitaire sans humilité et d'un dandy sans goût.
    Roland Berger, London, Ontario »

  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 1 mars 2007 11h50
    Mme Tremblay oublie ... incroyable
    « M. Charest et M. Dumont oublient M. Boisclair et voilà que Mme Tremblay décide de leur emboîter le pas et d'oublier elle aussi ... de réfléchir aux enjeux qui sont dans la balance et dont l'importance dépasse infiniment le règne temporaire d'André Boisclair. Ceux qui quittent le navire, plutôt que de faire preuve de solidarité, n'auront à s'en prendre qu'à eux-mêmes, lorsqu'ils seront représentés par un petit bonhomme sans envergure, qui s'empressera de brader le peu qui nous reste et par un autre petit bonhomme qui nous entretiendra de la quadrature du cercle qui consiste en un Québec autonome dans un Canada fort et uni. On nous a déjà fait le coup il me semble ... et notre devise dans tout cela ... on devrait la remplacer par "J'me rappelle pus". On a parfaitement réussi chère madame à vous faire oublier l'essentiel, à vous en détourner pour fixer votre attention sur l'accessoire, cela est incroyablement ... pathétique. »

  • Jean Pierre Bouchard
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 17h54
    En finir avec le PQ?
    « Madame Hart a raison en s'acharnant sur A.Boisclair, plusieurs souverainistes vont jeter le bébé avec l'eau du bain. Le bébé en l'occurrence étant le parti qui transcende ses chefs d'un moment. Souhaite t'on chez les lecteurs du Devoir que le Parti Québécois devienne un tiers parti voué à disparaître? L'ADQ est un mirage soutenu en sous main par les conservateurs d'Harper. Le risque n'est pas négligeable de se retrouver dans la situation de 1969 avec deux partis provinciaux de droite et fédéraliste à l'assemblée nationale. Québec Solidaire est socialiste plutôt que souverainiste, je ne le vois pas remplacer le PQ en 2011.

    jpbouchard@sympatico.ca »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 19h57
    L'indépendance une question de volonté
    « Monsieur Boisclair a dit, ce matin (à Radio X), qu'il y aurait un autre référendum s'il s'appercevait (comme en 80 et en 95) que le fédéral avait triché au lieu de jeter la serviette comme l'ont fait Bouchard et Parizeau. Que voulons-nous de plus? Un sauveur comme René Lévesque? Il fallait le faire en 80 alors. Si nous donnons une forte représentation à monsieur Boisclair au lieu de se contenter de faire du sur-place avec Charest et Dumont. Ça vas-tu finir par finir? Branchons-nous! »

  • Alain Carré
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 22h29
    Bordeleau et Berger
    « Vos commentaires sont incroyables et ils me font rire. Vous êtes sûrement des membres de la secte Mario le "Magicien" Dumont qui pense régler les problème avec sa baguette magique. Le seul problème de Boisclair est qu'il est homosexuel et ça dérange du monde au Québec autant les journalistes. Et si c'étais une femme, ce serait le même refrain...

    Cou donc, arrêter de vous inventer des raisons et ditess le que vous êtes homophobe. S'il était père de famille, vous ne diriez pas la même chose, alors, dites donc la vérité au lieu de ressembler au politicien. »

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