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L'ADQ pourrait devancer le PQ

Fabien Deglise   1 mars 2007  Québec
Les promesses pleuvent, les autobus roulent et, désormais, la question se pose: poussée par un bon vent dans les sondages en ce début de campagne électorale, l'Action démocratique du Québec (ADQ) pourrait-elle dans un avenir prochain se hisser assez haut pour devenir la deuxième formation politique en importance au Québec? Devant le Parti québécois?

«Il y a six mois, ce scénario, c'était de la science-fiction», dit le sociologue Pierre Drouilly, de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). «À cette époque, on se demandait même si l'ADQ allait survivre. Mais là, il faut reconnaître que c'est de l'ordre du possible.»

La réorganisation de la constellation politique du Québec n'est pas encore totalement jouée, estime toutefois l'universitaire. Mais après plus d'une semaine de course, une chose est sûre: le courant ascendant dans lequel tourbillonne la formation politique de Mario Dumont est de plus en plus perceptible. «Ça commence à être dangereux [pour le PQ]», dit-il. Les récents coups de sonde dans la population semblent vouloir le confirmer. À l'échelle nationale, l'écart entre le PQ et l'ADQ se rétrécit en effet, comme l'indique un portrait des intentions de vote dressé par Léger Marketing entre les 21 et 24 février derniers et publié dans les pages du Devoir lundi.

Cet exercice prospectif accorde d'ailleurs déjà une deuxième place à Mario Dumont dans la catégorie du «chef qui fait la meilleure campagne». Un quart des électeurs est d'accord avec cette affirmation, ce qui place le chef adéquiste non seulement derrière Jean Charest (31 %) mais aussi à 11 points d'avance sur le candidat péquiste, André Boisclair.

Autre instantané: un sondage CROP mené pour le compte du Soleil concrétise, du moins sur papier, le rêve adéquiste dans l'agglomération de Québec. Les résultats ont été publiés hier par le tabloïd de la capitale. Avec 30 % des intentions de vote dans ce coin de la province, l'ADQ y talonne le parti au pouvoir (32 %) mais devance la formation indépendantiste (25 %), celle-ci étant ainsi reléguée au rang de tiers parti dans les 12 circonscriptions sondées.

Là aussi, les 500 répondants estiment dans une proportion de 30 % que Mario Dumont est le chef le plus apte à diriger le prochain gouvernement du Québec, contre 34 % pour Jean Charest. André Boisclair se retrouve en troisième place en recueillant 15 % des appuis, avec une marge d'erreur de quatre points 19 fois sur 20.

La résurrection de l'ADQ ne fait donc aucun doute et s'explique aussi par un «très bon début de campagne» de la formation politique dirigée par Mario Dumont, juge le politologue Jean-Herman Guay, de l'Université de Sherbrooke. Mais il y a peut-être autre chose.

«Avec l'arrivée de Stephen Harper [à Ottawa], une chimie s'est créée, ajoute-t-il. La réapparition de Dumont dans l'actualité l'a de nouveau placé en situation de force. Mais il y a aussi le désabusement à l'endroit du Parti québécois, qui fait en sorte que le vote souverainiste est en train de se transférer vers une position mitoyenne.» L'ADQ rendrait cette position attirante — avec sa stratégie autonomiste et son appui au OUI en 1995 — pour «un certain nombre de souverainistes» qui estiment que «la quête d'un pays» doit être aujourd'hui considérée avec modération, ajoute-t-il.

Dans cette écologie politique, un parti monte et l'autre descend forcément, ce qui laisse du même coup présager l'apparition prochaine, si la tendance se maintient, d'un point de contact entre les deux trajectoires. Sur cette charnière, l'ADQ pourrait alors grimper pour revendiquer le statut de deuxième parti politique au Québec.

«Le mouvement ascendant actuel de l'ADQ peut effectivement créer une synergie, réveiller les troupes, activer le militantisme», dit M. Guay. Et le débat des chefs pourrait faire toute la différence puisque «Mario Dumont pourrait alors marquer des points».

Aux yeux du politologue, la joute télévisuelle est incontournable pour une éventuelle redistribution des rôles sur la scène politique québécoise. Mais elle n'est pas le seul point de passage obligé pour que l'ADQ se mette aussi à grandir. «Il doit aussi y avoir un cumul d'autres éléments pour former une combinaison gagnante», dit-il.

Des handicaps à surmonter

En effet, malgré un capital de sympathie sans doute lié à un vent conservateur qui souffle en ce moment sur le continent, l'ADQ doit encore composer avec quelques tares qui retardent forcément son développement. «L'appui à l'ADQ est localisé, résume le sociologue Simon Langlois, de l'Université Laval. Ce parti est fort là où les forces conservatrices ont résisté à la Révolution tranquille», soit, grossièrement, dans une vallée courant de Rivière-du-Loup à Lotbinière, avec quelques emprises dans la région de Québec.

Or, pour former une opposition solide, la formation de Mario Dumont se doit de «percer dans l'axe centre du Québec [de Trois-Rivières à Sherbrooke], dans l'Outaouais et aussi dans la région de Montréal», poursuit-il. Dans ce dernier cas, il s'agit d'un territoire où vivent les trois quarts des électeurs mais où le discours adéquiste touche «un peu moins de cordes sensibles», sauf peut-être dans les couronnes nord et sud de Montréal.

«Dans les zones de bungalows de la classe moyenne, Dumont pourrait peut-être performer, souligne Jean-Herman Guay, et aller chercher des circonscriptions. Il y a là un phénomène émergent à surveiller.»

La quête de votes dans le 450 ne peut toutefois pas faire oublier d'autres handicaps avec lesquels l'ADQ doit vivre en ce moment. À commencer par la faiblesse de son organisation politique sur le terrain, en dehors des terres où la formation est fertile, et par l'absence d'une équipe sérieuse qui, dans une phase ascendante, risquerait de nuire à la formation, résume M. Guay. «Vous pouvez mener une bonne campagne, vous pouvez avoir un chef qui a un flair politique indéniable, mais sans équipe, l'ADQ va finir par plafonner», dit-il, ajoutant toutefois ceci: «En 1984, Brian Mulroney a bien pris le pouvoir avec une équipe très faible. À l'époque, ç'avait étonné tout le monde.»

N'empêche, avec l'appui public de plusieurs personnalités — le chef libéral fédéral Stéphane Dion a déjà commencé la semaine dernière en appuyant l'ADQ pour bloquer le PQ — et un reste de campagne sans faux pas pour Dumont, le tiers parti pourrait se retrouver en bonne position pour prendre du galon au cours des prochaines semaines, estiment les experts consultés. Ce faisant, il pourrait tracer des contours surréalistes et inédits de la scène politique provinciale, où les deux principales forces en présence seraient alors deux partis évoluant du même côté de l'échiquier: à droite, mais en s'aventurant parfois au centre!

«Si ça devait se produire, ça déclencherait une série de secousses sismiques du côté du PQ», dit Pierre Drouilly. «Ça va être le drame, ajoute Jean-Herman Guay. Si le Parti québécois devait être battu à plate couture avec un score analogue à celui de 1970 [23 % des voix, se faisant ainsi reléguer au troisième rang des partis en lice], ça donnerait l'impression que la boucle est bouclée. Il y a là un risque d'éclatement.»

Le scénario est bien sûr hypothétique, tient-il à souligner tout en insistant sur le fait que la volatilité de l'électorat (45 % de l'électorat pourrait changer d'opinion pendant la campagne, selon le sondage Léger Marketing) rend pour le moment hasardeuse toute prédiction. «On pourrait aussi très bien assister à une résurrection du PQ, dit M. Guay. Ce n'est pas impossible. Même si, pour le moment, le portrait [livré par la formation politique d'André Boisclair] n'est pas très rose.»






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Vos réactions

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  • Alain Frigon
    Abonné
    mercredi 28 février 2007 23h33
    Fin de la récration svp.
    « Le paradoxe est que les sondages nous disent encore que 45 % de la population du Québec se dit souverainiste. Si ces souverainistes ne veulent pas détruire à tout jamais leur rêve de voir le Québec devenir un pays, il faut que la fin de la récréation soit sonnée et qu`ils reviennent au Parti Québécois.
    Vous n'aimez pas M. Boisclair, soit. Alors bouchez-vous le nez et votez tout de même pour le Parti Québécois.
    Pour ma part, je ne comprends pas la séduction qu'exerce Mario Dumont sur l'électorat. Maître de la phrase clip qui fait manchette au téléjournal, M. Dumont, dit la girouette, n'a aucune solution sérieuse à offrir aux problèmes complexes auxquels notre société doit faire façe.
    Malheureusement, les gens ne votent qu'à partir de perception, souvent erronnées.
    Notre démocratie est malade car sous l'emprise démesurée du pouvoir des médias électroniques qui fabriquent des images que les gens gobbent tout rond, sans jugement.
    Cette campagne électorale est triste à voir. »

  • pascal durand
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 01h20
    D'erreurs en erreurs
    « Il y a déjà 12 ans que j'ai déserté le PQ, d'erreurs en erreurs ce parti dégoute les souverainistes comme moi. Je voterai Québec solidaire qui m'apparaît un parti souverainiste qui correspond à mes rêves, mes espoirs et mes valeurs. Je laisse les cadeaux aux grandes entreprises (la taxe en capital)au PQ, j'espère qu'elles vont voter pour lui. »

  • julien arsenault
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 06h02
    L'agonie du PQ
    « Madame/Monsieur
    Tel que le prédisait Bernard Landry en fin de campagne de mars 2003 aux fin de récupérer le vote péquiste quittant le bateau, la perte de cette élection disait-il à Maisonneuve à l'écoute, sera le commencement de la fin du PQ.
    Et dès le lendemain de l'élection d'André Boisclair en octobre 2005 Denyse Bombardier signait une très sévère chronique dans vos pages intitulée l'Agonie du PQ. La redondance a mal servi le PQ. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 07h26
    Où sont les 40,000 Boisclairistes?
    « Exit le crucifix à l'Assemblée nationale, welcome le voile sur le terrain de soccer. André Boisclair, déconnectée du Québec profond, est en train de tuer le PQ et l'espoir d'un pays. C'est à brailler.

    Avant l'élection du 26 mars, il faut savoir comment André Boisclair est devenu chef du parti. Où sont les 40,000 personnes qui ont acheté ses cartes? Qui sont-ils? Combien de temps ont-ils milité au PQ? Quel est leur orientation sexuelle (je soupçonne une filière homosexuelle, mais faut le prouver). Combien de cartes ont été achetées sur Internet? Etc. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 1 mars 2007 07h47
    L'ADPQ !
    « Le PQ est fort où l'ADQ est faible et vice versa. Ça fait que...s'ils désirent gagner l'élection de 2011, ces 2 formations devront se fusionner en mettant chacun de l'eau dans leur vin qui deviendrait : Un parti centriste, nationaliste et autonomiste avec constitution québécoise. Le Québec collecterait tous les taxes et impôts et remettrait sa partie au fédéral pour services rendus.

    On rejoindrait ainsi l'idée avant-gardiste d'Yvon Deschamps : Un Québec indépendant "ou presque" dans un Canada "un peu moins" uni.

    J'offre cette idée, tout à fait gratuitement, à ces 2 formations. Le nom est déjà trouvé : l'ADPQ. »

  • alain castonguay
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 07h52
    Oui c'est possible...
    « L'A.D.Q. de Mario Dumont cultive un terreau qui a été mis en place avec la défaite référendaire de 1995. La faiblesse du oui dans cette région de Québec donnait le signal à cette formation politique et aujourd'hui il va en récolter les fruits...

    C'est plus qu'un phénomène en émergence. Tout est en place pour un changement de la donne politique qui aura des répercussions certes sur le mouvement souverainniste.

    La dialectique fédéraliste-souverainniste est maintenant révolue.Les souverainnistes devront rebâtir la coalition ...avec la modernité de ce siècle.

    Alain »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 08h09
    Un signe des temps, peut-être...
    « Au risque de me faire crucifier par quelques indépendantistes-souverainistes-nationalistes, je me demande s'il ne faut pas voir dans ce qui se passe un signe des temps.
    Je pense que l'indépendance-séparation du Québec est un argument de moins en moins vendeur. Il n'y a plus que les purs et durs qui se laissent encore emballer par un tel propos. Et il y en a de moins en moins. Pour beaucoup de Québécois, ce n'est plus qu'un rêve à côté duquel ils sont passés... Ce qu'ils veulent, c'est travailler, bouffer et s'amuser aussi, avoir une vie normale, quoi! Et ce, même au sein de la confédération canadienne.
    Le PQ devrait donc changer son registre et offrir du concret plutôt que du rêve. Il y a déjà eu deux référendums. M. Boisclair parle d'en faire un autre si son parti est porté au pouvoir. Combien de référendums peut-on faire? À quel moment le PQ réalisera-t-il qu'il est ridicule de faire des référendums à la chaîne? Le moment est venu de passer à autre chose. »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 08h16
    Encore une vague... ou un tsunami dévastateur?
    « Le coeur des électeurs est sans doute moins difficile à sonder qu'à comprendre. Depuis l'élection de Jean Charest en 2003 en passant par celle de Stephen Harper en 2006 (et il y en a eu bien d'autres avant), j'ai bien de la difficulté à suivre et à saisir les va-et-vient des comportements électoraux des québécois. Pour être du côté du pouvoir, on abandonne sans difficultés d'excellents députés, on se laisse porter par des vagues et des formules toutes faites et on vote aveuglément ou instinctivement pour des gens sans feuille de route pour défendre efficacement nos intérêts, sans programme articulé et donc susceptible d'être réalisé (aussi se retrouve-t-on à récriminer contre les politiciens qui n'ont pas tenu leurs promesses comme le PLQ), sans perspectives à long terme et donc susceptibles de définir un avenir. Ce qui nous donne, par exemple à Québec, une équipe conservatrice extrêmement faible au fédéral (peut-être à l'exception de monsieur Bernier), et une équipe de ministres libéraux provinciaux également sans beaucoup d'envergure (M. Bellemarre a claqué la porte, M. Després déçoit énormément par sa gestion à la petite semaine, M. Hammad a été déchu, madame Delisle allait l'être). Qu'est-ce que cherchent les Québécois exactement? Il me semble qu'on a de la difficulté à compléter nos devoirs d'information et d'analyse correctement, à reconnaître nos besoins en dehors des peurs collectives, à emprunter une destinée réfléchie et responsable en dehors des courants majoritaires ... comme si çà n'était pas très important dans le fond, comme si on pouvait vivre des tsunamis et poursuivre sans plus de souci notre route le lendemain! C'est un peu le niveau de désoeuvrement, d'impuissance et de désillusion que j'ai lue chez les habitants du Sri Lanka lorsque j'ai visité le pays suite au tsunami à l'exception que je comprends mieux l'ampleur de la tâche à laquelle ils devaient s'attaquer.

    Fernand Bélair, Québec »

  • Pierre François Gagnon
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 09h01
    Le droitisme péquiste finit de clouer le cerceuil
    « Sous Landry et pire encore avec Boisclair, le PQ a viré tant à droite qu'il n'y a plus que cela dans le paysage politique nord-américain. Résultat: les électeurs se sont polarisés, ils préfèrent voter pour un parti de droite natif plutôt que pour un parti qui branle dans le manche par rapport au centre gauche. Les électeurs plus socialisés, quant à eux, vont protester en votant vert ou solidaire ou en annulant leurs votes. »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 09h03
    Préférer "l'original" au "clone"???
    « Le P.Q. n'ayant jamais réussi en 40 ans à présenter franchement aux Québécois une option claire et précise et un projet de constitution réaliste se voit maintenant pris à son propre jeu! En cherchant constamment à louvoyer au gré des circonstances favorables ou non à leurs "ambitions" (tiens, tiens...un peu...beaucoup comme Mario Dumont!), peut-être que les électeurs décideront pour le meilleur et pour le pire de préférer "l'original Dumont" au "clone Boisclair" à titre de chef de l'opposition! »

  • Jean-Philippe Godbout
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 10h33
    ADQ au commande du Québec fin mars !!!!
    « Aux dernières élections, les grand médias d'informations nous innondaient d'articles sur la probabilité que l'équipe dumont(petit d) se retrouve au pouvoir.
    On connait la suite... La chute.

    Nous en sommes encore au début, j'espère que l'ADQ va continué de monter dans les sondages pour atteindre son zénith 1-2 semaines avant le vote. La, la question ne sera plus, est-il possible que l'ADQ devienne le principaux parti d'opposition, mais plutôt: est-il possible que l'ADQ soit au commande du Québec?

    Avouez que cela fait peur !!!!

    Et on connais la suite... La chute. »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 10h37
    Un mouvement trop tôt politisé
    « Beaucoup se sont opposés jadis à ce que le mouvement pour l'indépendance nationale du Québec prendre de chemin tortueux de la politique. J'ai été de ceux-là, même si j'ai ensuite milité pour le RIN et le PQ. L'autre voie, celle de la lente préparation d'un tsunami aurait-elle été préférable ?
    Roland Berger, London, Ontario »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 10h53
    à Etienne Merven
    « Allez expliquer aux Estoniens, aux Slovaques, aux Slovènes que la souveraineté des peuples est un concept dépassé.
    Les Irlandais ont mis 300 ans pour se débarasser des Anglais, les Ukrainiens 350 pour se débarrasser des Russes.
    Je ne vois pas pourquoi on abandonnerait alors que les sondages donnent 48% en faveur de la souveraineté, près de 60% chez les Québécois.

    Ce n'est pas parce que le Parti Québécois a été pris en otage par un mystérieux groupe de petits arrivistes qui sont en train de détruire ce qu'on a mis 4 décennies à construire qu'on va mettre une croix sur le projet qui nous tient à coeur depuis les premières bombes du FLQ

    Dans quelques mois, les Écossais pourraient aussi se libérer. A l'heure de la mondialisation, les peuples cherchent une ultime frontière pour protéger ce qu'ils sont et la souveraineté politique demeure encore la meilleure. »

  • André Doré
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 11h52
    Oh mommy, tell me why...
    « Mommy, daddy, I love you dearly
    Please tell me once again that beautiful story
    Un jour ils partirent de France
    Bâtirent ici quelques villages, une ville, un pays.
    Mommy, daddy, how come we lost the game?
    Oh mommy, daddy, are you the ones to blame?
    Oh mommy, tell me why it's too late, too late, much too late?

    Mommy, Daddy (1971)
    Paroles : Gilles Richer et Marc Gélinas »

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 12h32
    Rappelez-vous 2003
    « On assiste au même phénomène qu'en 2003. Au début de la campagne, Mario est une étoile montante, il va devenir premier ministre! et tout à coup! le jour du scrutin, le monde se ressaisit et vote pour les deux principaux partis. Mario se retrouve avec 5 députés... »

  • Sylvain Lavoie
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 13h01
    Un fossé de génération...
    « Les québécois ne veulent pas être en reste, si le vent de droite néo-libéral souffle, alors ils sauterons dans le train. Dans les différents blogues, plusieurs parlent d'adopter le modèle albertain afin de générer de la "richesse collective", or il n'y a pas de pétrole au Québec...Donc il faut se rabattre à la réthorique anti-syndicale et anti-solidaire. Plusieurs, séduits par les propos simplistes de M. Dumont sont écoeuré de "payer pour les autres" et les "assistés sociaux". Ce n'est pas simplement le PQ qu'on pousse vers la porte, c'est l'idée même du "social". La génération X dont je fais partie, se caractérise par son adhésion sans borne aux principes du néo-libéralisme sauvage, n'ayant pas profité des conditions avantageuses des boomers en matière d'emploi, les "X" comme ils aiment se nommer eux-mêmes, sont contre tout ce qui est véhiculé par la génération précédente: rejet des syndicats, de la solidarité et de la justice sociale. Cette génération nombriliste n'a même pas eu le courage de se battre lors du dégel des frais de scolarité en 1990. Aussitôt leurs études terminées, ils sont les premiers à réclammer une hausse des frais de scolarité. Élevés dans le discours néo-libéral dans lequel baigne la société depuis les années soixante-dix, les "X" sont fiers d'être à droite, les"X" ne veulent pas payer d'impôts, les "X" sont contre l'aide sociale, les "X" sont contre la pensée unique, qu'ils n'ont jamais réussi à définir d'ailleurs. Demandez à un "X" combien coûte une assurance médicale privée pour une famille aux États-Unis, il ne saura vous répondre, pourtant le "X" est pour la privatisation du système de santé. Sociologiquement parlant l'actuel mouvement ressemble à la crise d'adolescence de tout une génération, une révolte contre les boomers. On percoit ce même ce fossé à l'intérieur du PQ, plusieurs "têtes-blanches" reprochant à Boisclair son virage jeunesse, préfèrent voter pour Charest ou l'ADQ. Le PQ se retrouvera virtuellement évincé de l'arêne politique, le débat se déplacant vers la droite. Oui le PQ est le parti d'une génération, celle des boomers et à cause de ses divisions internes: purs et durs, syndicalistes "libres" et autres, tout le champs politique est occupé par la droite. Un grand succès en perspective...Pour les "X" qui prendront la relève des boomers à un salaire inférieur de 20% pour le même emploi, et le plus souvent surnuméraires, la société n'existe pas, il n'y a que des individus...Alors méditons tous sur ces paroles de Margaret Thatcher. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 13h07
    M. Noël est « cranké »
    « Mon bon monsieur Noël,
    Vous avez raison sur certains points, mais vous faites tout un pataquès de vos idées, des miennes et de celles des autres.
    Je suis heureux pour les Estoniens, les Slovaques (qui, entre perenthèses, crèvent la faim depuis leur indépendance), les Slovènes (ce n'est guère mieux), les Irlandais et les Ukrainiens (la vie est si douce en Ukraine). Dans leur cas, la flamme était encore vivante, tandis qu'au Québec, les gens se désintéressent de plus en plus de la séparation-indépendance. C'est une réalité que l'on ne peut nier.
    Encore une fois, vous faites la distinction entre les « Québécois » et les immigrants, dont je fais partie.
    Je vous l'ai déjà dit, dans quelques mois je déménage à Québec. Nous serons peut-être voisins. Vous devrez donc supporter l'immigrant que je suis. Tant pis pour vous!
    De toute façon, je ne comprends pas votre empressement à toujours répondre à mes commentaires. Il suffit de vous « cranker » un peu et... c'est parti.
    À la prochaine chicane! »

  • Jean Desjardins
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 13h09
    Patience, on approche du fond du baril...
    « Le contexte politique québécois est désolant, certes, mais pas encore rendu au terme de sa formule actuelle.

    En effet, à voir la coalition souverainiste se déchirer joyeusement sur la place publique, à voir l'ADQ s'ajuster au gré des besoins en clips creux mais efficaces pour aller chercher des votes, à voir les libéraux se taper la bedaine pour leur administration-bidon et leur défense du statu quo "à tout prix" , à voir une grande majorité de politiciens - serviteurs de leurs concitoyens - davantage intéressés par leur carrière, à voir trop de journalistes se concentrer dans la recherche de combats de coqs rentables pour les parts de marché au détriment de l'analyse critique et du vrai contenu, à voir le citoyen-type se complaire dans ce Système et à croire encore à des promesses tout aussi débilitantes les unes que les autres, je crois qu'il faudra être patient pour quelques années encore...

    L'humain étant ce qu'il est, c'est la souffrance qui le poussera à passer à l'action. Ça viendra mais l'abcès n'est pas encore mûr. Notre 'p'tit pain' est encore au rendez-vous... Patience, le mur de béton s'en vient !

    À quand l'émergence d'une nouvelle alliance de citoyens de diverses tendances davantage intéressés à bâtir un nouveau projet équilibré de Société ? Un projet qui rallie les impératifs sociaux d'un Société moderne avec la prospérité économique. Un projet qui ne met pas systématiquement en opposition: patrons et syndicats, riches et pauvres, jeunes et vieux, respect des droits individuels et des droits collectifs, religions et laïcité, santé et éducation, écologie et développement civilisé. Un projet qui ne résume pas tout à une confrontation aliénante entre souverainistes et fédéralistes tout aussi bêtement inconditionnels les uns que les autres. Un projet qui compte sur la synergie entre tous les acteurs du Système et qui voit les choses dans leur ensemble plutôt qu'à la pièce. Bref, un projet qui propose des avenues nouvelles et réalistes en vue de sortir le Québec du bourbier politique, social et économique dans lequel il s'est enfoncé ...probablement inconsciemment.

    En attendant, je vois, j'écoute, je me renseigne et je réfléchis. Je pleure, je ris. J'irai voter le 26 mars prochain, par acquis de conscience. Pour la première fois de ma vie, je ne sais pas encore pour quel parti ou quel candidat mais ce dont je suis sûr c'est que, quoiqu'il arrive, je devrai malheureusement voter ...pour du vent. Par la suite, je demeurerai cependant ouvert à participer à toute initiative sérieuse visant à remettre en question notre Système actuel et à bâtir quelque chose de nouveau, moderne, consistant et équilibré. Quelque chose d'inspirant et de passionnant. Un pays qui a de l'allure, quoi !!! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 1 mars 2007 14h57
    À Jacque Noël...
    « Cher Monsieur,
    Si vous consultiez les Slovaques, les Estoniens, les Slovènes, les Tchéquies, les Lithuaniens, les Roumains, les Luxembourgeois et bien d'autres, vous constateriez que ces peuples ont décidé de transférer une bonne partie de leur souveraineté à une antité politique et économique plus grande, qu'est l'Union européenne parce qu'ils ont réalisé que leurs intérêts étaient mieux protégés et promus, et que pour faire face à la mondialisation il vaut mieux affronter les géants chinois, indiens et autres, ensemble, que chacun pour soi. Il me semble que les Québecois qui y regardent d'un peu plus près, sont en train de comprendre cela. Avec l'intérêt que vous portez à cette question, vous pourriez être un de ceux qui leur explique celà. L'appartenance à l'ensemble canadien est loin de représenter la puissance de l'Union européenne, mais il faut au moins nous présenter ensemble dans la compétition mondiale.

    Georges Paquet »

  • Michel Dion
    Inscrit
    jeudi 1 mars 2007 17h45
    Les conséquences de Chef Académie...
    « Qui étaient les 40000 nouveaux membres du PQ? S'agirait-il plutôt, de gens qui ont acheté un droit de vote à 5,00$ pour ce qu'ils croyaient être le nouveau jeu Chef Académie? Il y avait, voyez-vous, un peu de cela. Le clan Boisclair a misé beaucoup sur ce phénomène de société. Stupide stratégie de marketing. Le PQ et le mouvement en souverainiste en paient chèrement le prix depuis. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    jeudi 1 mars 2007 22h59
    M. Merven et la pensée réductrice
    « Vous savez M. Merven, c'est votre petit ton condescendant qui tape. Vous semblez penser détenir le monopole de la vérité alors que comme nous tous vous n'énoncez que vos opinions. Je peux juste vous dire que vous allez être extrêmement déçu. La souveraineté n'est pas morte, loin de là et elle risque de vous sauter à la figure plus tôt que vous ne le croyez. Nous ne nous contenterons pas éternellement du rôle de quêteux qui représente le seul projet de société que le Canada ait à nous proposer. Je vous ferai aussi remarquer qu'il y a au Québec un grand nombre de personnes pour lesquelles la vie ne se résume pas à travailler, à manger et à s'amuser. C'est une bien triste petite vision simpliste et étriquée que vous avez là mon cher M. Merven. C'est probablement ainsi que vous vivez et cela vous regarde, mais vous faites des généralisations assez pathétiques à partir de votre cas pour que l'on vous signale en passant que beaucoup de Québécois ont dépassé ce stade de vie peut-être un peu primaire, pour ne pas dire primate. »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 2 mars 2007 01h30
    Jacques Noël je suis là
    « Lorsque nous avons voter à la course à la cheferie cela représentait la même proportion dans la population dans les sondages. Je demeure certaine que même si Landry ou Marrois était en tête la plongée serait probablement plus grande.
    Mes enfants de près de 30 ans pour la première fois ont manifestés le désire d'être membre. Mon mari et moi étions du même avis pour donner notre confiance à Boisclair. Durant la course lorsque j'ai vue sa popularité dans les salles ma première réaction fut de me souvenir du syndrôme de Céline Dion. Aussi, chose qui était presque abscent il n'y a pas si longtemps c'e sont les prises de positions de l'avalanche d'éditorialistes qui pennent position plutôt que de faire du journaliste. De plus les fédéralistes ont très peur de M. Boisclair parce que depuis deux ans la souveraineté était au plus haut. Un autre phénomène durant la campagen je connais un groupe environnementale qui depuis deux ans déblatère sur Boisclair (pas à cause de l'hommme) mais parce qu'il n'a pas reçu l'argent qu'il demandait. Ce Monsieur en question c'est allié avec un journaliste influent et un parti politique et un communicateur. Pourtant il avait refuser la subvention à la suggestion suite à une étude d'une chaire universitaire qui ne recommandait pas ce programme trop coûteux pour peu de résultat. Eux il ont fait un tord énorme au PQ. C'est pire que de la mafia.
    Tout cela pour dire que la partie est loin d'être terminée. Le pire dans tout cela c'est l'attitude des péquistes qui se laissent influencer par les opinions médiatique plutôt que de manifester l'appui au chef. Heureusement que Boisclair plusieurs disent qu'il ne le connaissent pas trop contrairement si c'était Landry ou Marrois. C'est le lot de notre histoire. Remarquez le PLQ l'arogance envers les souverainistes, message faux etc. et ça marche. M. Dumont n'a pas été capable après 4 mandats d'augmenter les membres de son parti (2005 924 membres) sans équipe comment peut-il gérer le Québec? J'ose croire que certains se réveilleront. Hier à RDI après la conférence de presse de Boisclair Durivage dit" Je ne prend pour aucun parti mais je lui lève mon chapeau il sait où il s'en va etc...J'ai compris que je n'était pas la seule a reconnaitre Boisclair comme un chef. »

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