samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 12h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les priorités du PLQ en éducation - Charest proposerait Le Survenant aux jeunes

Antoine Robitaille   28 février 2007  Québec
Le premier ministre Jean Charest, que l’on aperçoit ici derrière son ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, a énoncé ses priorités en éducation hier.
Photo : Jacques Nadeau
Le premier ministre Jean Charest, que l’on aperçoit ici derrière son ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, a énoncé ses priorités en éducation hier.
Saint-Sauveur — S'il avait un roman à mettre au programme au secondaire, le chef libéral Jean Charest choisirait Le Survenant, de Germaine Guèvremont. C'est ce qu'il a expliqué hier lors d'une conférence de presse où il a présenté ses engagements en matière d'éducation, dont l'ajout d'une heure à la journée de classe au primaire et au secondaire et l'embauche de 1000 professionnels de l'éducation pour aider les élèves en difficulté.

M. Charest a raconté avoir été «beaucoup marqué» par le livre de Germaine Guèvremont, publié en 1945 et qui a fait l'objet de diverses adaptations à la radio, à la télévision et au cinéma. «En le lisant, s'est-il rappelé, j'essayais de décoder dans ma propre famille, autour de moi, ce que je lisais, ce que j'étais capable de sentir de cette région de Sorel, du Bas-Richelieu. J'ai trouvé ça fascinant, j'en garde un souvenir, encore aujourd'hui. Le livre m'a beaucoup beaucoup frappé», a-t-il brièvement expliqué.

Questionné sur le même sujet après la conférence de presse, son ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier, a répondu: «Je ne sais pas. Je n'ai pas de grand roman que toutes les générations devraient lire.» À ses yeux, ce qui est important à l'école, aujourd'hui, c'est «de proposer des livres qui intéressent les jeunes, qui collent à leur réalité». C'est pour cela que le Parti libéral propose d'augmenter le nombre de bibliothécaires scolaires «formés à la littérature jeunesse», a dit le ministre, dont l'épouse est elle-même bibliothécaire.

M. Fournier, du reste, ne croit pas «que les jeunes veulent lire aujourd'hui ce que d'autres lisaient avant. [...]. Mes intérêts à moi ne sont pas nécessairement les intérêts de ma fille. Il faut que les gens qui sont dans l'équipe-école puissent les épauler». M Fournier concède que certains «grands romans ont été là pour nous», mais il a insisté pour dire «qu'il y a maintenant de nouveaux écrits et je ne voudrais pas qu'on discrimine les nouveaux écrits en se disant "il n'y a que les anciens". Il faut ouvrir l'ensemble du potentiel pour les jeunes. Il faut les intéresser à tout. Autant à ce qui a été écrit il y a 40 ans qu'à ce qui s'est écrit il y a 40 jours».

Dans son exposé sur l'éducation, le premier ministre avait précédemment admis que «les parents du Québec ont exprimé des inquiétudes quant à la qualité de la maîtrise du français chez les jeunes». M. Charest prétend que le Parti libéral a répondu à ces inquiétudes en augmentant «le temps d'enseignement consacré au français». Au cours d'un second mandat, le chef libéral a expliqué que le gouvernement se donnerait les moyens de mesurer les résultats. «Nous allons introduire un examen du ministère d'Éducation en français à la fin de chaque cycle du primaire [...]. C'est-à-dire en deuxième année, en quatrième année, en sixième année du primaire. Et en secondaire II et en secondaire V.» M. Charest a aussi promis un plan de promotion de la lecture «orienté sur le plaisir de lire» qui comportera «l'embauche de bibliothécaires et de personnel ayant des compétences dans l'animation de bibliothèques scolaires», une mesure évaluée à 20 millions de dollars.

Par ailleurs, l'heure supplémentaire ajoutée après les cours au primaire et au secondaire pourra être consacrée à l'aide au devoir. D'autres élèves pourront s'adonner aux activités parascolaires telles que le sport ou les arts. Un nouveau personnel devra s'acquitter de cette tâche auprès des élèves à partir du 2e cycle du primaire jusqu'à la fin du secondaire. Le PLQ estime que cela coûtera quelque 200 millions de dollars par année.

Trompe-l'oeil

S'insurgeant contre les données du Parti libéral, le député péquiste Camil Bouchard a accusé le parti de Jean Charest de faire de la «comptabilité créative» et de pratiquer le «trompe-l'oeil». «Ils disent avoir accru le budget de l'éducation de 2,2 milliards, mais c'est assez olé olé: ils ont comptabilisé là-dedans les quelque 600 millions qu'il a annoncé dans son budget pré-électoral, qui n'est pas voté!», a dénoncé hier M. Bouchard, qui était jusqu'à récemment critique de l'opposition en matière d'éducation. L'embauche, promise hier par les libéraux, de 1000 professionnels destinés aux élèves en difficulté, est déjà consacrée par la dernière négociation avec les enseignants. «C'est un 100 millions qu'il a annoncé en 2005 dans les conventions collectives», ajoute M. Bouchard. «En fait, ce n'est pas de la comptabilité créative, c'est du trompe-l'oeil!»

***

Avec Marie-Andrée Chouinard

Le Devoir et Presse canadienne
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Tommy D'Aigle
    Inscrit
    mercredi 28 février 2007 09h46
    Une oeuvre déjà étudiée au collégial, sinon au secondaire
    M. Charest et M. Fournier devraient, avant de tenir de si beaux discours, consulter les gens et les conseillers pédagogiques qui les entourent.

    L'oeuvre si célèbre de Germaine Guèvremont est en effet sujet à une lecture obligatoire pour plusieurs étudiants collégiaux dans le cadre du cours "Littérature québécoise". À défaut de lire cette oeuvre, les enseignants en choisissent généralement une autre tirée de ce que l'on appelle la "littérature du terroir", comme par exemple "Maria Chapdelaine" de Louis Hémon.

    De plus, certaines écoles, notamment celles ayant adopté un programme d'études internationales, travaillent à partir de ce classique québécois, dès le 3e secondaire parfois.

    Dans un Québec où l'on souhaite accentuer les appartenances régionales, notamment au Saguenay-Lac-St-Jean, en Gaspésie, en Abitibi-Témiscamingue et sur la Côte-Nord afin de stimuler le retour des jeunes au sein de celles-ci suite à leurs études, il serait plutôt préférable de favoriser l'adoption de lecture d'oeuvres originaires de ces régions.

    Aussi, je vois plutôt mal le MELS imposer à l'ensemble des enseignant de français du Québec la lecture obligatoire de ce roman. Ne pourrait-on pas laisser les professionnel(le)s de l'enseignement faire librement leur métier qui ne se limite pas qu'à l'école, mais bien à leurs vies entières?

    "Le survenant" de Germaine Guèvremont constitue un pan de l'histoire québécoise et relate fort bien la scène sociale de l'époque traitée, mais avant d'imposer, on doit d'abord analyser et méditer ses propos, Monsieur le premier ministre...

    Tommy D'Aigle
    Étudiant en enseignement secondaire, UQAC

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012