samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 12h43
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Boisclair et Charest se déchirent sur la question référendaire

Le chef libéral continue de brandir une punition fiscale d'Ottawa

Robert Dutrisac , Antoine Robitaille   27 février 2007  Québec
L’affrontement s’est poursuivi hier entre le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le chef libéral, Jean Charest, à propos des conséquences d’un référendum.
Photo : Jacques Nadeau
L’affrontement s’est poursuivi hier entre le chef du Parti québécois, André Boisclair, et le chef libéral, Jean Charest, à propos des conséquences d’un référendum.
Laval — Dès le déclenchement d'une campagne référendaire, le gouvernement fédéral réduira voire annulera le règlement du déséquilibre fiscal prévu le 19 mars, a déclaré le chef libéral hier. M. Charest a ainsi précisé ses déclarations de dimanche, empreintes d'ambiguïté, sur les «risques» de la souveraineté.

Il a toutefois maintenu que le processus référendaire mettrait en péril le versement des transferts fédéraux au Québec. Cela a conduit les chefs souverainistes André Boisclair et Gilles Duceppe à réitérer leurs accusations de «chantage» à l'endroit du premier ministre et de son «complice», Stephen Harper.

En matinée, à Laval, Jean Charest avait d'abord tenté de renvoyer toute question sur les transferts fédéraux à André Boisclair. À ses yeux, le chef péquiste devait expliquer comment il pouvait, dans sa plateforme électorale, «garantir les transferts fédéraux». Il l'avait aussi accusé d'entretenir l'ambiguïté dénonçant à maintes reprises l'évolution du vocabulaire péquiste, dans lequel le mot référendum a été remplacé par le vocable «consultation populaire».

Pressé de question sur ce qu'il pensait, lui, des lendemains d'une élection d'un gouvernement péquiste, M. Charest a finalement laissé tomber: «Les choses continuent comme la veille [...] et ce que le gouvernement fédéral aura mis dans son budget — que ce soit en terme de péréquation — n'existera plus, ne sera plus là, le jour où le Parti québécois fait un référendum et cherche à créer l'indépendance. Il faut être clair là-dessus, il faut le dire.»

D'Ottawa à Baie-Comeau

À Ottawa, le premier ministre conservateur Stephen Harper a dit refuser de s'impliquer dans l'élection québécoise. Son ministre des Finances, Jim Flaherty, s'est montré un peu plus loquace en rappelant qu'il ne préparait «qu'un seul budget», valide peu importe le parti qui prendra le pouvoir au Québec le 26 mars.

De Baie-Comeau où il faisait campagne hier, André Boisclair a tout de même accusé M. Harper et le chef libéral Jean Charest de maintenir intentionnellement, chacun de son côté, une certaine ambiguïté autour de la question des transferts fédéraux versés au Québec, en cas de référendum favorable à la souveraineté. M. Boisclair a dit percevoir, dans les silences du premier ministre canadien, une forme subtile «d'ingérence». Il croit plutôt à une «transition ordonnée et responsable» du statut de province à celui d'État indépendant en cas de oui référendaire.

«Nous allons continuer de payer la TPS, les contribuables québécois vont continuer de payer de l'impôt au gouvernement fédéral. Les entreprises vont payer de l'impôt sur leur masse salariale au gouvernement fédéral et, en contrepartie, le gouvernement fédéral va continuer de nous payer ses transferts. Ce n'est ni dans l'intérêt du Québec souverain ni dans l'intérêt du Canada de faire en sorte de créer le chaos sur ces questions», a soutenu M. Boisclair.

Plus tôt, au sortir de la période de questions à Ottawa, le chef bloquiste Gilles Duceppe s'était dit inquiet du «chantage» du chef du PLQ. «Imaginez qu'un leader souverainiste aurait dit, le lendemain d'un oui au référendum, "on cesse de payer des impôts puis des taxes à Ottawa..." ça aurait fait scandale [...]. Or eux font exactement la même chose, ils laissent planer [cette possibilité]. Je pense que Jean Charest se comporte actuellement comme il se comportait comme vice-président du comité du nom en 1995, et ça, c'est inquiétant.»

L'esprit du renvoi

Selon le constitutionnaliste Henri Brun, le gouvernement fédéral violerait l'esprit du renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec de 1998 en cessant de verser des transferts au Québec au lendemain d'un référendum où le Oui l'emporterait. Le tribunal a statué que le gouvernement fédéral avait une obligation de négocier «de bonne foi» avec le Québec si le Oui recueillait une «majorité claire» à une «question claire» sur la sécession. Les juges ont cependant ajouté que ces négociations seraient d'ordre politique.

Questionné hier au sujet de ce renvoi, Jean Charest a refusé de répondre, se contentant de dire: «M. Boisclair écrit dans son programme qu'il va garantir les fonds [...]. Qu'il nous explique comment il va faire ça.»

M. Brun, qui a conseillé dans le passé plusieurs gouvernements péquistes, s'est dit étonné des déclarations de M. Charest. «C'est un peu inconcevable», estime-t-il. «Cette idée de rétorsion est incompatible avec la bonne foi.» En coupant les vivres au gouvernement québécois, Ottawa «aiderait le Québec à procéder unilatéralement en bout de ligne» pour proclamer son indépendance. «Le fédéral se placerait dans une mauvaise position vis-à-vis de la communauté internationale» qui, en définitive, doit reconnaître le nouveau pays en vertu du droit international. «Au fédéral, on en est bien conscients.»

Qui plus est, Ottawa serait sans doute mal avisé de ne plus verser de péréquation à une province qui fait toujours partie du Canada en dépit du résultat du référendum. Le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution de 1982. «Ça implique une égalité de traitement entre les provinces», a-t-il souligné. Cesser de verser de la péréquation à une ou l'autre des provinces de façon arbitraire serait sans doute inconstitutionnel, doit-on conclure.

Boisclair optimiste

Au reste, le chef péquiste estime que les déclarations de M. Charest infléchiront les tendances révélées par le sondage Léger-Marketing-Le Devoir d'hier. Selon lui, les propos de M. Charest auront un impact sur les sondages «de façon très claire». «M. Charest demeure flou, ambigu. Il s'est fait lui-même piéger à sa propre stratégie. Il croyait que c'était une bonne chose de faire intervenir le gouvernement fédéral pendant sa campagne», a dénoncé M. Boisclair.

Pour le chef du PQ, le sondage n'a «rien d'inquiétant»: «Nous sommes très confortables dans la position dans laquelle nous sommes en ce moment. Quand je vois le début de campagne mené par les militants du Parti québécois, par nos candidats, je suis rempli de confiance», a-t-il déclaré. Il considère que le climat politique est plus favorable au PQ en 2007 qu'il ne l'était lors de la dernière campagne, en 2003.

***

Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti et la Presse canadienne
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Vincent Bussière
    Abonné
    mardi 27 février 2007 03h29
    Une ''tite shot'' de peur avec ça!
    Il y avait bien longtemps qu'on avait pas eu droit à ces balivernes de campagne électorale, eh! oui chers électeurs cheres électrices si vous votez pour les séparatisse vous perdrez le droit de retirer votre argent car le fédéral va geler tout, comptes de dépenses et comptes de banque tant qu'à y être, ma foi Charest t'aurais pu faire plus original, à moins que tu ne penses que ceux qui se sont faits compter cette bonne blague il y a des années ne soient tous morts et plus là pour en parler, après tout, une vieille histoire même si elle est pas drôle peut toujours reservir, si ça elle marché il y a 20 ans pourquoi pas un nouvelle '' tite shot'' de cette peur si utile en campagne électorale, quelle tristesse, vas y mon Jean t'é capable!

  • Monique Cormier
    Abonnée
    mardi 27 février 2007 05h05
    Brinks bis
    Le coup de la Brinks, version 2007.

  • Alain Larouche
    Abonné
    mardi 27 février 2007 06h48
    Réveillez-vous
    Ça fait vraiment pitié d'entendre Charest faire peur au Québécois avec de telles balivernes. Et dire qu'il est premier ministre. A-t-il vraiment le Q.I. nécessaire pour occuper cette fonction? J'en doute. Et dire que les Québécois sont près à le choisir comme représentant du peuple. S.V.P. réveillez-vous.

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 07h14
    Ottawa nous vole 5,8 milliards par année
    Selon l'économiste Stephen West -dans une étude publiée jeudi dernier dans L'Observateur économique canadien, une publication spécialisée de Statistique Canada- on envoie à Ottawa 41,6 milliards et Ottawa nous retourne seulement 35,8 milliards pour un vol de 5,8 milliards. Ces chiffres rejoignent ceux de Legault qui parlaient de 41,6 vs 34,6.
    Pourtant tout le monde s'était moqué de Legault!

    Ottawa nous vole l'équivalent de 7 prolongement de métro de Laval par année payés cash! Mais n'en parlez pas à Boisclair. Ca pourrait réveiller le PQ

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 07h38
    Le m.pris:À quoi s attendre d autre.
    À quoi peut on s attendre d un Premier Ministre qui a vendu une partie d un Parc National à des amis pour la construction de condos (une passe à la Elvis Graton). Ce petit démagogue ne reculera devant aucun coup sale pour pour manipuler la peur qu il s est présente chez ce peuple qui branle dans le manche (de guitar). Il se présente come un canadian-first-and -foremost qui va défendre l intérët du Canada avant celle du Québec en toute circonstance.

    Si on avait la moindre fierté ce petit démagogue payerait le prix de ce mépris. Mais nous sommes tellement pissou que je me demande si nous méritons pas ce mépris.

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 08h53
    Vivement la vérité, M. Charest!
    Et nous voilà donc repartis! Exactement comme si nous n'avions rien appris depuis 30 ans! Exactement comme si les québécois ne pouvaient pas lire et comprendre! M. Charest, malgré tous ses engagements des quinze dernières années, n'a jamais profité d'une réflexion profonde sur le sujet de l'avenir du Québec. Sa pensée couvre rarement plus qu'une année de gestion et de crises à la fois. Quand il devient nécessaire de voir un peu plus loin, il revient à ses vieilles approches de tribun démagogique avec des formules cyniques qui n'en sèment pas moins le doute et la peur dans l'esprit des gens; à cet égard, il n'est vraiment qu'une coche en-dessous de son collègue Mario Dumont! Comment alors les gens peuvent-ils développer une confiance que les politiciens vont un jour leur dire la vérité? Quand ceux-ci vont-ils décider de nous accompagner dans la réflexion au lieu de nous imposer leurs courtes vues et leurs intérêts? Je présume que l'on doit mériter encore quelques Options Canada! Vivement la vérité sur le sujet!

    Fernand Bélair, Québec

  • Linda Hart
    Abonnée
    mardi 27 février 2007 09h02
    Le mensonge paiera-t-il une fois de plus ?
    M. Brun nous a très clairement expliqué ce que valaient les propos de M. Charest. En fait, notre petit bonhomme Pillsbury national applique tout simplement la vieille maxime "mentez mentez, il en restera toujours quelque chose" en espérant qu'il en restera suffisamment pour lui assurer le pouvoir. Les électeurs québécois sont seuls en mesure de lui donner la bonne leçon qu'il mérite, en lui démontrant clairement, le 26 mars, que le mensonge ne paie pas.

  • mélisa gagné
    Inscrite
    mardi 27 février 2007 09h13
    Effectivement,
    je suis d'accord avec M. Larouche: "Réveillons-nous"! Il faut arrêter ces histoires de "chantage" publique, d'enfantillage. Jean Charest, M. le premier ministre est manifestement de mèche avec Harper, nerveux des histoires avec Boisclair et la souveraineté, niaiseux avec son dégel des frais de scolarité...puis content tout seul dans sa paperasse de "nouveaux médecins" d'ici 20 ans! Tout ce qu'il faut souhaiter: les Québécois doivent voter, et pas pour le Québec solidaire. Nous nous devons de faire en sorte que Charest ne soit plus au pouvoir; ça suffit le PLQ. En osant espérer qu'à Sherbrooke...on se réveille aussi et que la croix évite le rouge sur fond bleu?!

  • Guillaume Poulin
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 09h17
    Mais où est dont l'équipe de rêve
    Je fais partie du 49% des Québécois qui pense que le Québec devrait être pleinement responsable de sa destinée. De plus, je suis du 85% des gens qui exprimait leur mécontentement envers le gouvernement Charest. Dans ces conditions, mon choix logique serait de voter en faveur du PQ. Toutefois, même si je trouve que M. Boisclair semble à l'aise en campagne électorale, je cherche encore des candidats d'impacts dans cette formation politique et j'en trouve peu. J'espère que le PQ 2007 saura, malgré son virage jeunesse, convaincre qu'il présente des candidats solides qui seront aptes à mener à bien la souveraineté du Québec. Sinon, je vais voter pour Amir Khadir, un homme important, qui se présente dans ma circonscription.

  • Mira Elvera
    Inscrite
    mardi 27 février 2007 11h24
    Monsieur Charest, 8000$ divisé par 6, ça fait pas 50$!
    Si vous avez regardé "Tout le monde en parle" dimanche dernier, vous avez vu la candidate Christine St-Pierre mentir à pleine bouche lorsqu'elle a parlé d'augmentation de frais à l'université. Elle a dit: ...50$ par session... Faux. Il en coûterait 50$ pour la PREMIÈRE session, jusqu'à concurrence de 8000$ à la fin du bac. Un baccalauréat, ça dure 3 ans en moyenne; mettons que 50$ x 6 sessions, ça fait 300$. On est loin du 8000$ qui est avancé par le PLQ. Une autre fausse publicité gracieuseté de Jean Charest. Je le verrais bien dans une nouvelle publicité des têtes-à-claques.

  • Valdor Lagacé-Gallant
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 12h47
    Le voilà enfin ce moment tant attendu !
    Au printemps,c'est connu, tout, nous amène à nous adapter aux changements. La vie demande que ça bouge.

    Nous allons participer à quelque chose d'assez surprenant dans cette campagne électorale. Le moment décisif se prend là,pendant que nous y sommes.

    Changement d'heure,changement d'éclairage.

    Les gens peureux ont des croyances.
    Croire,c'est se soumettre.

    Ce n'est plus une question claire qu'il nous faut. C'est un momentum. Le voici !

    Valdor Lagacé-Gallant

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    mardi 27 février 2007 22h34
    LES MENSONGES DE CHAREST
    Une fois de plus, que c'est triste!

    "Chassez le naturel, il revient au galop", dit le fameux dicton qui s'est toujours avéré dès que le parti libéral du Québec était en cause. Ainsi, Charest, le chef du clan du mensonge dans la présente campagne, a fait ressortir fin février 2007 que si le Québec dit Oui à une consultation populaire sur son avenir, les transferts fédéraux entrevus par le budget de Jim Flaherty du 19 mars précédant le scrutin québécois, seraient terminés.

    Une seule ombre au tableau

    J'ai aussi lu les propos du constitutionnaliste Henri Brun. Ce qui me fait peur c'est que l'Irlandais de service à Québec qui tente de se faire réélire une autre fois sur des malversations, profiterait de la porte ouverte par l'expert cité plus haut, à savoir:

    «Qui plus est, Ottawa serait sans doute mal avisé de ne plus verser de péréquation à une province qui fait toujours partie du Canada en dépit du résultat du référendum. Le principe de la péréquation est inscrit dans la Constitution de 1982.»

    ...parce que nous n'avons pas signé cette constitution. Le ferait-il, notre mouton de Panurge? pour nous "enfirouaper" une fois de plus?...Attention à la chimère qui dort en lui!

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
12 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Articles
éditoriaux
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012