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    L'ADQ recrute des candidats au PQ et au Bloc

    Saguenay-La Baie — Des souverainistes se détournent du Parti québécois et deviennent candidats aux côtés de Mario Dumont. Jusque-là membres du PQ ou du Bloc québécois, six militants défendront la vision autonomiste de l'Action démocratique du Québec.

    Hier, Mario Dumont a présenté à la presse Robert Émond, le président du Syndicat national des travailleurs des pâtes et papiers de l'usine de Port-Alfred fermée depuis décembre 2003.

    Outre Robert Émond, l'ADQ a réussi à susciter la défection d'au moins cinq autres péquistes ou souverainistes notoires. Georges Lapointe, qui se présente dans Argenteuil, était le candidat péquiste dans la circonscription en 2003. Robert Deschamps, dans Saint-Maurice, s'est présenté à l'investiture du Bloc québécois en vue des élections de 2006. François Benjamin est l'ancien président de la Maison nationale des Patriotes. Conrad Harvey, le petit-fils du premier député du PQ dans Charlevoix, a toujours été d'allégeance péquiste avant de rejoindre l'ADQ.

    Enfin, Bernard Lefrançois, un avocat de 52 ans qui est candidat dans Duplessis, affiche une longue feuille de route au sein du PQ. Il a été coprésident du Comité du Non dans la circonscription lors du référendum de Charlottetown, président de l'association péquiste du comté et de l'exécutif régional du parti. Il a également été candidat à l'investiture du PQ dans Duplessis en 1994 et en 2003 et a connu la défaite.

    Mario Dumont n'a pas manqué de souligner que l'affirmation nationale du Québec face à Ottawa qu'il propose ainsi que l'autonomie des régions ont suscité bien des adhésions. Et l'échange de «gros mots» entre Jean Charest et André Boisclair sur les transferts fédéraux au lendemain de la souveraineté du Québec lui a donné une autre occasion de mettre en exergue la «fatigue» des Québécois devant cette «rengaine» d'affrontement entre fédéralistes et souverainistes.

    «Ce n'est pas un hasard si aujourd'hui des gens comme M. Émond et M. Lefrançois, un joueur important dans l'histoire du Parti québécois sur la Côte-Nord, sont candidats de l'ADQ. Ces gens-là [MM. Charest et Boisclair] devraient recevoir le message, comprendre que le Québec est rendu ailleurs», a affirmé M. Dumont.

    Mû par un nouvel élan, le chef adéquiste croit même possible de faire une percée dans la région du Saguenay, où libéraux et péquistes se partagent les cinq sièges. Hier, il a sillonné les circonscriptions de Lac-Saint-Jean, Chicoutimi, Jonquière et Dubuc. «On a une très bonne équipe et, sur le plan de l'organisation, on prend notre place», a soutenu M. Dumont avec prudence.

    À l'inverse, le candidat syndicaliste Robert Émond n'a pas caché son enthousiasme. «J'espère que c'est un tsunami qui décolle d'ici pour recouvrir l'ensemble de la province de Québec de l'Action démocratique», a-t-il lancé.

    La candidature de ce dernier a été officialisée en fin d'après-midi dans un local portant le logo de la CSN, dans l'arrondissement La Baie à Ville Saguenay. Pour cet homme au franc parler, la vision autonomiste de l'ADQ est le meilleur projet politique afin d'assurer la croissance économique des régions. «J'ai eu ma carte de membre du Parti québécois quelques années. Mais après maintes et maintes questions sur la souveraineté, j'ai abandonné parce que j'étais tanné. Je ne veux pas passer ma vie à me faire poser la même question. Un moment donné, il faut passer à autre chose et investir dans le développement du Québec», a soutenu M. Émond avant d'ajouter que le syndicalisme est «un mal nécessaire».

    «Je reste souverainiste», a livré Bernard Lefrançois au Devoir. «Mais ce n'est pas le temps de parler de souveraineté. Le Québec n'est pas prêt.»

    «Je ne sais pas si [la souveraineté], c'est une idée du passé, mais ce n'est pas une idée du présent», a-t-il poursuivi. «Les gens veulent passer à autre chose. L'autonomie, c'est là qu'il faut aller pour le moment.»

    Selon Jean-Nicolas Gagné, tous ces candidats souverainistes ont maintenant la foi autonomiste. «S'ils sont adéquistes, ils ne sont pas souverainistes, ils sont autonomistes», a-t-il dit. Mais s'il y avait un autre référendum sur la souveraineté, on ne sait comment ils voteraient. Mais la question ne se pose pas puisqu'il n'y a pas de référendum à l'horizon, a soutenu M. Gagné.

    Mario Dumont a expliqué que le candidat Émond apporte un espoir aux citoyens comme ces quelque 600 travailleurs qui ont perdu leur emploi à la fermeture de l'usine d'Abitibi-Consolidated. «Ces travailleurs-là ont été des témoins privilégiés de quel genre de gars est Robert Émond. Ils l'ont vu aller. Ils l'ont vu travailler. Ils l'ont vu comment, lui, il se souvient de son monde», a dit M. Dumont pour qui il s'agit d'autant d'éléments garantissant la qualité du député que peut devenir M. Émond.

    Outre le projet autonomiste de l'ADQ, Bernard Lefrançois a vanté d'autres aspects de la plate-forme électorale de son nouveau parti: l'autonomie que l'ADQ réserverait aux régions, sa politique familiale et le ménage que le parti entend faire dans les structures de l'État, à commencer par l'abolition des commissions scolaires. Le candidat a invoqué aussi l'inaction de la candidate péquiste, Lorraine Richard, l'inaction aussi des gouvernements péquistes dans cette circonscription qui est représentée par le PQ depuis 1976.
     
     
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