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Bilan mitigé en santé

Jean-Robert Sansfaçon   26 février 2007  Québec
Encore une fois, la santé sera l'un des thèmes prioritaires de la campagne électorale amorcée la semaine dernière. Et pour cause, puisque les Québécois eux-mêmes accordent toujours la première place à la santé dans leurs préoccupations.

D'abord, un constat: si les Québécois placent la santé au premier rang des problèmes auxquels le prochain gouvernement devra s'attaquer, c'est évidemment parce qu'un nombre croissant d'entre eux vieillissent. Mais c'est surtout parce qu'ils sont choqués que l'on ne soit toujours pas parvenu à régler des problèmes récurrents, comme l'attente interminable aux urgences et dans certaines spécialités, la prolifération des maladies nosocomiales, la pauvreté des soins à domicile et la difficulté de seulement trouver un médecin de famille.

Lors de la précédente campagne électorale, les libéraux avaient fait beaucoup de chemin sur le dos de leurs prédécesseurs péquistes, dont le bilan était effectivement peu reluisant. La mise à la retraite de milliers de médecins et d'infirmières, la fermeture de centaines de lits d'hôpitaux, dont les économies n'ont jamais été réinjectées dans les soins de première ligne, les compressions budgétaires excessives décrétées dans l'unique but de devancer l'atteinte du déficit zéro, tous ces gestes avaient contribué à la crise du système.

Au cours de son second mandat, le Parti québécois avait tenté d'arranger les choses en laissant croître les dépenses de cinq milliards de dollars, mais au moment de faire face à l'électorat, en 2003, nous en étions toujours à la promesse théorique d'une accessibilité améliorée.

Parvenus au pouvoir grâce à la promesse d'injecter rapidement plus d'argent, d'abolir les régies régionales, de réduire les listes d'attente et d'autoriser l'ouverture de cliniques affiliées, les libéraux n'ont réalisé qu'une partie de leurs engagements.

Oui, on a aboli les régies régionales... mais pour les remplacer par des agences régionales. On a aussi créé des réseaux locaux regroupant l'hôpital de la région, le CLSC et les centres d'hébergement sous l'autorité d'un même conseil d'administration, mais on se demande encore en quoi cela a amélioré le sort des patients. Quant aux fameuses cliniques affiliées, la loi qui les crée vient tout juste d'être adoptée et, pour le moment, leur contribution au système inquiète plus qu'elle ne rassure.

Cela dit, malgré ces réformes et la hausse spectaculaire de 83 % du budget de la Santé et des Services sociaux au cours des dix dernières années — comparativement à 46 % pour l'ensemble des dépenses de l'État —, l'attente aux urgences est toujours aussi longue et pénible, la difficulté d'être traité dans les délais requis aussi grande qu'avant (si l'on excepte quelques spécialités), les soins à domicile et les services de santé mentale restent déficients, et l'éclosion inacceptable de foyers d'infection en milieu hospitalier continue de perturber la vie des malades, quand elle n'entraîne pas leur mort.

Pas plus que Pauline Marois ou François Legault avant lui, le ministre Philippe Couillard ne peut être tenu pour responsable d'une situation de crise qui dure depuis plus de vingt ans. Au contraire, M. Couillard fut l'un des meilleurs ministres de la Santé des dernières décennies. Dans un mois, pour le meilleur et pour le pire, quelqu'un d'autre prendra le relais et tentera à son tour de relever cet impossible défi de corriger les lacunes criantes d'un système aussi monstrueux qu'essentiel.

C'est donc à la lumière de cette réalité qu'il faudra analyser les propositions qui seront présentées par les partis au cours de cette campagne.

***

j-rsansfacon@ledevoir.com
 
 
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  • roger montreal - Abonné
    26 février 2007 12 h 00
    CHAREST MENT ENCORE
    Comme pour le système de la santé les libéraux et CHAREST a la dernière élection on fait peur aux gens et promirent de faire mieux nous voyons le résultat.
    Maintenant après toute les mauvais coups qu ils ont faits, encore la peur avec les chèques du FÉDÉRAL ,vous ne croyez pas que les journaux devraient dénoncer ces choses tout de suite ,pour que la démocratie puisse s exercer normalement.
    Depuis une semaine CHAREST MENT
    /pour le dégel des universités- la plaque forme du P Q IL JOUE AVEC LES CHIFFRES /vous croyez pas que vous devriez dénoncer ça
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com
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  • Marc Beauregard - Inscrit
    26 février 2007 16 h 07
    Le mea culpa du PQ en matière de santé
    Sans vouloir sauter la clôture et joindre les rangs de la désinformation fédéraliste de toujours chez les Libéraux, il faut toutefois rendre à Bouchard ce que mérite Bouchard. Et ceci n'est pas de la désinformation.

    Je ne crois pas être le seul à avoir été sidéré par la pertinence des propos d'Amir Khadir à "l'émission de Guy A" du 25 février. Il a rappelé au peuple que c'est au nom du déficit zéro et sous la pression abjecte de la Banque Mondiale (lire Michel Chossudovsky :"Mondialisation de la pauvreté"), étonnamment et brillamment précisé par Dany Turcotte, que Bouchard a choisi le camp des banquiers internationaux, qui sont rien de moins que des shylocks appuyé par le G-7, envers et contre son peuple en forçant des milliers de médecins et infirmières à la retraite pour remplir les poches de cette meute financière.

    Le seul parti à suggérer l'affront contre ces magouilleurs de la haute finance internationale est celui de Dr. Khadir. Il est évident que ce ne sont pas les élites de Charest qui vont entreprendre cette bataille. Mais si le PQ veut reprendre les votes perdus, il aurais intérêt de s'y mettre immédiatement.
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