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Option Canada - Charest pourrait témoigner pendant la campagne

Antoine Robitaille   24 février 2007  Québec
Trois-Rivières et Drummondville — Le premier ministre Jean Charest a été convoqué pour témoigner devant le juge à la retraite Bernard Grenier, qui enquête actuellement dans le dossier d'Option Canada, une société-paravent dont le camp du NON se serait servi en 1995 pour contourner la loi électorale du Québec. M. Charest, qui était le vice-président du camp du NON en 1995, pourrait donc être appelé à témoigner pendant la campagne électorale puisque le juge Grenier tient coûte que coûte à respecter son échéance du 31 mars, comme il l'a dit au Devoir le 24 janvier dernier. De deux choses l'une: ou bien le commissaire-enquêteur Grenier reporte pour une quatrième fois le dépôt de son rapport (initialement attendu le 21 juin 2006, puis le 21 septembre dernier, puis le 31 mars prochain), ou bien le premier ministre est convoqué avant le 31 mars. Une possibilité que ni lui ni son entourage n'ont niée hier. «On n'a pas de contrôle sur ça, nous», a dit son attaché de presse, Hugo d'Amours.

«J'ai été invité à témoigner, comme on s'y attendait», a rappelé le premier ministre hier à Trois-Rivières, en marge de l'annonce d'une aide financière à la papeterie Kruger. Plus tard, le bureau de M. Charest a informé Le Devoir que le premier ministre avait reçu un «avis» en novembre dernier, lequel ne comportait pas de date précise de convocation. Son chef de cabinet,

Stéphane Bertrand, qui était directeur général du PLQ en 1995, a reçu le même type d'avis en janvier. M. Charest a déclaré que «tout le monde» dans son entourage «allait collaborer au travail du juge Grenier. Sans exception, les gens chez nous vont collaborer».

Les sénateurs

Dans ses mémoires intitulés The Way It Works - Inside Ottawa (Douglas Gibson Books), l'ancien conseiller spécial de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, affirme que M. Charest, qui était alors chef du Parti conservateur, avait été mêlé aux préparatifs de la campagne du NON dès février 1995. Il explique qu'il avait alors mis sur pied une «coalition» des forces fédéralistes au Québec, qui «coopéreraient pour établir une stratégie concertée pour le référendum». Dans cette coalition, en plus des «libéraux fédéraux et provinciaux», il y avait le Parti progressiste-conservateur, note M. Goldenberg. Pour participer à la direction de cette coalition, M. Charest «avait délégué ses organisateurs seniors au Québec, le sénateur Pierre-Claude Nolin et mon bon ami [écrit M. Goldenberg], l'ancien sénateur Jean Bazin».

Participait aussi à ces réunions le diplomate Howard Balloch. Ce dernier est le signataire d'un document classé «secret» qui se trouve en annexe au rapport Gomery et qui a été déposé à l'Assemblée nationale le 20 février par l'opposition péquiste. Dans ce document, on évoquait la possibilité de financer des activités de propagande fédéraliste «sous le couvert de la campagne sur les rôles et services du gouvernement du Canada» et d'en faire partager les coûts aux partenaires, soit le Conseil pour l'unité canadienne, le PLQ et le gouvernement fédéral.

«J'étais sur le terrain»

M. Charest a réaffirmé hier qu'il n'avait pas été mis au courant de la création d'Option Canada. D'abord, au sujet des affirmations de M. Goldenberg, il a répondu ceci: «Je ne vais pas commenter à la pièce un commentaire qui a été fait par quelqu'un d'autre.» Plus tard, il a affirmé que MM. Nolin et Bazin, qui le représentaient, ne lui faisaient «pas de rapport» sur ce qui se disait lors des réunions de la coalition. «Posez-leur ces questions. Ils sont en bien meilleure posture pour répondre à ces questions que moi», a-t-il répondu en anglais. M. Nolin n'a pas rappelé Le Devoir hier. Interrogé à ce sujet mercredi, M. Charest notait qu'en 1995, il était chef «d'un parti politique avec deux députés à la Chambre des communes» et que les moyens n'étaient pas grands. «Je n'ai pas fait des réunions d'organisation, moi, j'étais sur le terrain et je faisais campagne», a-t-il dit.

L'enquête du juge Grenier a été commandée par le directeur général des élections, Marcel Blanchet, après la publication du livre Les Secrets d'Option Canada (Les Intouchables) de Robin Philpot (candidat péquiste dans l'actuelle campagne électorale) et Normand Lester. À partir d'une boîte de documents contenant l'essentiel des finances de l'organisation occulte, ceux-ci ont déterminé qu'Option Canada avait dépensé quelque 5,2 millions de dollars en infraction à la loi électorale québécoise.

Joint à Montréal hier, le commissaire-enquêteur Bernard Grenier a catégoriquement refusé de répondre à nos questions. Le 24 janvier, il avait indiqué au Devoir qu'il avait encore de «10 à 15 personnes» à interroger avant de terminer son enquête et de plancher sur la rédaction de son rapport. Le 11 janvier, le DGE avait confié qu'il reporterait la publication du rapport Grenier si celui-ci lui était remis en pleine campagne électorale, afin de «ne pas mêler les cartes» ou d'influer sur le jeu électoral. Le chef de l'opposition, André Boisclair, ainsi que les représentants de l'ADQ avaient alors protesté publiquement. Le 24 janvier, M. Blanchet faisait volte-face et affirmait qu'il publierait le rapport «dès que possible» lorsqu'il l'aura reçu, élections ou pas.






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  • andre arseneault
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 06h44
    Élection 2007???
    « Nous nous demavdons encore pourquoi on a perdu notre référendum d'octobre 1995,
    c'est à cause de toutes ces magouilles, et quand je pense que des gens peuvent encore croire en Charest??? »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 07h17
    Le passé trouble de Charest comme chef du NON !
    « "Depuis 1763, nous n'avons plus d'Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux." - Léon Dion / Politicologue et papa de Stéphane

    Comme la vie est cruelle !

    L'extraordinaire coalition que le peuple québécois avait réussi à mettre en place qui permettait à Parizeau, Bouchard et Dumont de s'exprimer d'une seule voix serait aujourd'hui pour le moins improbable et souligne encore plus le déshonneur crasse du vol de cet exercice démocratique pourtant exemplaire de la part de la nation Québecoise.

    Nos maîtres ont méprisé l'aspiration démocratique du peuple Québecois pour contrecarrer illégalement et frauduleusement cet unique rendez-vous avec l'histoire. http://www.centpapiers.com/spip.php?article1028

    Dans la vie d'une nation, ce genre d'ignominie est aussi dramatique qu'impardonnable ! Pas surprenant que l'on a essayé de balayer le tout sous le tapis.
    http://www.cyberpresse.ca/article/20070206/CPBLOGUES07/70206009&blogdate=20070206&cacheid=20070206

    Tôt ou tard la notion de « traître à la nation » refera surface face au vol du référendum de 95. http://flamantsroses.orbyte-si.com/robinphilpot/index.htm

    Le droit d'utiliser cette notion a été légalement acquise grâce au jugement de la Cour d'appel du Québec dans l'affaire Hervieux-Payette. Cette grande leçon de droit civil aura pris 20 ans à se conclure et constitue un chapitre important de l'histoire judiciaire du Québec. http://www.crdp.umontreal.ca/cours/drt3805/hervieuxc.ssjb.html

    "Il n'y a pas d'élégance à être un bon perdant quand l'enjeu perdu est la liberté." - John Hay Whitney »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 08h04
    Province à vendre.
    « Hier, on apprenait que Charest, qui a vendu une partie d un Parc National à des amis pour faire des condos, a inclus une clause d indemnité au cas ou la vente serait annulée par le PQ rendu au pouvoir. En toute circonstances les petits amis de Charest sont assurés de se remplir les poches au détriment du bien publique.
    Aujourd hui on apprend que Charest aurait participé, dès le début en Février 1995, à un complot pour violer les lois garantissant le processus démocratique du Québec lors du Referendum d Octobre 1995.

    À quoi doit on s attendre d un politicien québécois qui se décrit, comme Daniel Johnson, comme un "Canadian first and foremost".

    Comptons sur la médiacratie fédéralistes pour nous "vendre" Charest en 2007, comme il nous on vendu Daniel Johnson en 1994, alors qu après neuf ans de pouvoir il avait entraîner le Québec dans une profonde sinistrose économique, comme le meilluer choix politique que le fédéralisme peut offrir à cette province .

    Commence t on seulement à voir le coût réel du fédéralisme.

    Province à vendre. »

  • Pierre-S Lefebvre
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 09h06
    Des autruches
    « Il y a eu les membres du Conseil privé canadien (Chrétien,Carle, Pelletier et Himmelfarb)dont la contribution à la Commission Gommery fut très peu candide. Il y aura des Charest, Bazin, Nolin et autres sur Option Canada. Ils souffrent tous du syndrôme d`alzheimer quand vient le temps de partager leur responsabilité dans les coups fourrés fédéralistes. Et ils sont au pouvoir durant tout ce temps. Y aura-t-il immunité, une fois de plus, pour ces êtres fourbes? »

  • Muguette Gratton
    Inscrite
    samedi 24 février 2007 10h52
    Médias télévisés
    « Monsieur Robitaille,

    Je vous ai entendu hier à la conférence de presse poser une question à Jean Charest sur Option Canada. Immédiatement après, RDI a mis un terme à sa présentation de cette conférence. La commentatrice a dit qu'ils y reviendraient dès que ça reparlerait d'Option Canada, ce qui n'a pas été fait, bien sûr. Elle a simplement dit un peu plus tard quelque chose comme : monsieur Charest a dit qu'il n'aurait peut-être pas le temps de lire (un document je suppose) avant la fin de la campagne. Aucun média télévisé n'a parlé de votre question, aucun! Imaginez si c'était le PQ qui était impliqué! Je suis scandalisée de voir combien peu de journalistes sont neutres et il est dommage pour des journalistes comme vous qu'un jour, cette classe de professionnels se retrouvera derrière les politiciens sur la liste des mal-aimés.

    Muguette Gratton »

  • Fernand Bélair
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 14h28
    La vérité sera longue à se manifester!
    « Je veux bien faire confiance aux enquêteurs et au juge, mais si on se fie à la détermination qu'a démontrée avant lui le juge Gomery avec les différents témoins de sa commission, je ne suis pas sûr que la vérité sortira facilement des membres de cette bonne famille libérale ou de ses collaborateurs du temps. Comme le dit si bien M. Charest, lui, il était sur le terrain et c'est justement lorsqu'il se retrouve sur le terrain qu'il retrouve ses habilités de tribun démagogique, confiant de pouvoir jeter plein de poudre aux yeux aux gens qui ont de la difficulté à mesurer les intentions et les stratégies qui se cachent derrière ses gestes et ses actions. Je ne suis donc pas sûr du tout qu'on va pouvoir mobiliser sa mémoire durant la campagne électorale actuelle (il réfère d'ailleurs déjà les questions aux autres personnes impliquées); on va donc sans doute attendre son témoignage après les élections et comme d'habitude on aura une autre fois l'impression d'avoir été largement berné par cet homme!

    Fernand Bélair, Québec »

  • Olivier Nguyen
    Inscrit
    samedi 24 février 2007 20h43
    Brève observation
    « Cette enquête semble illustrer un mouvement qui désire imputer à l'arrivisme de certains la faillite de la cause indépendantiste. »

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