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Les verts se font les apôtres de l'éco-fiscalité

Fabien Deglise   24 février 2007  Québec
Le chef du Parti vert du Québec (PVQ), Scott McKay, a mis au défi hier ses homologues libéral et péquiste, Jean Charest et André Boisclair, de lui voler une idée: augmenter la taxe de vente du Québec (TVQ) sur les produits dommageables pour l'environnement afin de réduire cette même taxe sur ceux plus respectueux de la nature mais aussi sur les services. Cette «mesure fiscale cohérente» viserait à stimuler l'économie du Québec tout en la mettant sur une «voie plus verte», a expliqué M. McKay lors du lancement en grande pompe du Plan vert des verts à Montréal hier.

Dans les faits, les verts proposent l'adoption d'une TVQ à géométrie variable afin de percevoir 2,5 milliards de dollars de plus par année sur les biens de consommation dont la fabrication contribue à l'émission de gaz à effet de serre (GES). Ces GES sont à l'origine du phénomène de réchauffement de la planète. L'argent ainsi perçu devrait permettre de réduire d'un montant équivalent cette taxe sur les services et les produits favorables à la cause environnementale.

La publicité serait toutefois un service que cette baisse ne toucherait pas, car «nous sommes convaincus qu'il s'agit d'une nuisance», a expliqué Xavier Daxhelet, un des mem-bres du Parti vert à l'origine de ce plan qualifié de «vaste chantier économique et fiscal». «Notre programme environnemental vise aussi à réduire la consommation, mais également la création de déchets à la source dans une logique de développement durable.»

Pour le biologiste et spécialiste du développement durable Claude Villeneuve, de l'Université du Québec à Chicoutimi, cette idée d'éco-fiscalité est «très belle sur papier» mais complexe à mettre en place en raison de la présence sur le marché de plusieurs produits importés dont on connaît peu ou pas le pedigree, a-t-il expliqué en entrevue au Devoir. «Cela peut aussi faire apparaître des barrières au commerce qui vont à l'encontre du libre-échange.»

Le PVQ a reconnu d'ailleurs hier la complexité de sa mesure, qu'il avoue être incapable à l'heure actuelle de détailler afin de nommer les produits surtaxés et ceux qui le seraient moins. «Nous en sommes encore à l'idée générale, a reconnu M. McKay. Mais avec nos premiers députés verts à l'Assemblée nationale, notre µpremier contrat de recherche [les députés disposent d'un budget pour cela] va être consacré à la modélisation de ce plan fiscal pour faire apparaître des mesures concrètes.»

Au-delà de la TVQ, le plan des verts pour la réduction des gaz à effet de serre entre 2007 et 2012 prévoit également une foule de mesures visant à réduire la présence des automobiles sur la route, à lutter contre l'étalement urbain mais aussi à faire de l'architecture verte une norme plutôt qu'une exception, comme l'indiquait Le Devoir dans son édition d'hier.

Baptisé «Objectif Kyoto +», la stratégie verte des verts prévoit une réduction de 3 % de la production des GES par année sur 13 ans afin d'atteindre une réduction de 30 %, soit 40 mégatonnes, en 2020. C'est l'équivalent des GES produits par le secteur des transports.

«40 Mt, c'est un projet ambitieux, mais les mesures proposées par le PVQ sont globalement réalistes et peuvent sans doute permettre de le concrétiser, a commenté M. Villeneuve hier. J'y vois toutefois un bémol: d'ici 2020, le parc automobile actuel ne sera pas totalement remplacé au Québec et une bonne part des véhicules qui consomment beaucoup d'essence vont toujours être en circulation.»

Ce scénario, le PVQ rêve toutefois de l'esquiver. Son plan contient en effet plusieurs mesures pour réduire ce parc automobile, avec des mesures fiscales mais aussi le développement du transport en commun électrique. «Le Québec est un chef de file en cette matière, a dit M. McKay. Nous vendons des tramways électriques partout dans le monde. Mais pas ici.»






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  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 23h57
    Le ballon vert se dégonfle
    « Avant hier dans une conférence au Canadian Club, l'ancien conseiller spécial de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, soutenait que la signature canadienne au bas du protocole de Kyoto en 2002 visait avant tout à «conscientiser» l'opinion publique aux efforts immenses qui doivent être faits pour lutter contre les changements climatiques. Il est allé jusqu'à avouer ceci: «Quand on a décidé de signer, on savait que c'était extrêmement ambitieux et que ce serait difficile d'atteindre les cibles de Kyoto». Un peu plus loin, il en rajoute : «Mais je ne suis pas certain que l'opinion publique canadienne, qui était très favorable à Kyoto dans l'abstrait, était à ce moment-là prête à faire des gestes concrets pour lutter contre les changements climatiques. Pas plus que le gouvernement lui-même avec ce qu'il y avait vraiment à faire. Les cibles de Kyoto étaient extrêmement ambitieuses et c'était tout à fait possible qu'au bout du compte, les objectifs à court terme doivent être repoussés.»

    On nous a menti effrontément mais on a aussi créé une plate-forme pour les écolos, apôtres de la simplicité volontaire qui veulent nous imposer leur façon de vivre. Alors toute voiles dehors, ils ont entrepris une campagne électorale pompés à bloc, en convainçant un autre parti de porter fièrement leur couleur: le vert...

    Les gens savent maitenant que le réchauffement médiatique n'avait qu'un but: leur faire avaler des couleuvres vertes. L'environnement a sa place dans l'échiquier politique mais pas aussi importante que celle que l'on a médiatisé à outrance et autant que le souhaite les Greenpeace de ce monde. Les écolos alarmistes ne doivent pas devenir la grenouille verte plus grosse que le boeuf.

    D'ailleurs les verts proposent que 2012, la cible de Kyoto, soit allongée en 2020 et la rebaptisent Kyoto+ . Ceci confirme le discours de Monsieur Goldenberg et accrédite plus fortement la position du gouvernemnt Harper qui s'est fait taxer de tous les maux et même de ne pas respecter Kyoto quand ces gens savaient très bien que c'était impossible à réaliser.

    Les libéraux avouent maintenant qu'ils nous ont menti et leurs supporteurs écolos aussi. Ces derniers ont crié à l'immobilisme du gouvernement Harperet de l'autre main ont changé les cibles en les reculant de 8 ans. Il serait trop dangereux que le ballon vert se dégonfle subitement. Alors ils nous mentent encore... »

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    samedi 24 février 2007 17h16
    mesures vertes et mûres ?
    « Il y a quand même un progrès dans les mentalités et dans les "promesses" électorales. On parle d'environnement, c'est devenu, du moins en théorie, une préoccupation pour les partis ce qui n'était pas le cas aux dernières élections ou le mot était presque tabou si on ne voulait pas perdre son électorat. Il faut des mesures assez radicales pour appuyer Kyoto certes mais doit-on patiner, préparer la population pendant des décennies pour que des changements s'effectuent ? Ou laisser les choses se détériorer comme c'est le cas actuellement. On ne fait qu'empirer la situation si on évite de la regarder en face. Oui, les écolos prennent de la place et s'ils ralentissent la cadence de certains dossiers pour qu'on prennent du recul collectivement au lieu de foncer sans réfléchir aux conséquences à long terme c'est une bonne chose. S'ils ont le courage de leur conviction et sont prêts à mettre de l'énergie pour un avenir meilleur dans notre société, on devrait les respecter et non les dénigrer. L'investissement à long terme dans notre environnement sera plus rentable que de tenter de récupérer ce qui est en voie de disparaître.
    Sommes-nous mûrs pour des changements de comportements de notre mode de consommation ? »

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