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Une charge contre l'hypocrisie fiscale des libéraux - Dumont met à contribution une famille de la classe moyenne

Kathleen Lévesque   24 février 2007  Québec
Saint-Georges-de-Beauce — Mario Dumont a poursuivi hier l'entreprise de démolition du bilan libéral pour une troisième journée avec pour cible «l'arnaque» que représenterait l'abandon des baisses d'impôt promises par Jean Charest.

Pour des fins de démonstration, Mario Dumont a rendu visite à une famille modeste de Saint-Georges-de-Beauce et s'est livré à un calcul dans la salle à manger lui permettant d'affirmer que la classe moyenne s'est appauvrie sous le régime libéral. Pour un couple comme les Drouin-Boissonneault, dont le revenu annuel est d'environ 40 000 $ par année avec quatre jeunes enfants, le chef de l'ADQ a estimé que la perte est de quelque 2400 $ par année.

Pour parvenir à ce montant, M. Dumont a expliqué que, si le gouvernement libéral avait tenu sa promesse de réduire les impôts d'un milliard de dollars par année pendant cinq ans, les Drouin-Boissonneault auraient vu leur fardeau fiscal diminuer d'environ 1456 $ plutôt que de seulement 349 $. De plus, cette famille, comme l'ensemble des Québécois, a dû faire face à des hausses de tarifs, notamment d'électricité et d'assurance médicaments. Résultat: «la classe moyenne est prise à la gorge», a affirmé le chef adéquiste.

Mario Dumont était visiblement à l'aise dans cette mise en scène avec les quatre enfants qui illustraient parfaitement la vraie vie d'une famille de la classe moyenne. Dans un petit siège berçant, la plus jeune, Lori, âgée de sept mois, a gazouillé tout au long de la conférence de presse. Du haut de ses 18 mois, Alexi a fait un peu de remue-ménage sous l'oeil de son grand frère Jonathan, chargé de le surveiller. Quant à Mélodie, calepin à la main, elle a décidé d'imiter les journalistes et a noté les explications de Mario Dumont.

Le tableau était charmant, mais les engagements de l'ADQ n'ont pas tout à fait convaincu Karine Boissonneault. Si son conjoint Pascal Drouin appuie l'ADQ depuis déjà un certain temps, Mme Boissonneault, qui a voté pour le Parti québécois en 2003, réserve sa décision.

Pour l'instant, l'ADQ s'engage «à ne pas augmenter les taxes et les impôts, ni directement ni de façon détournée». M. Dumont a même promis qu'il n'y aura pas de gel de tarifs qui finit par une explosion tarifaire venant bouleverser le budget des gens de la classe moyenne. «Ce genre de politique, les gens sont conscients que c'est de l'hypocrisie, de l'opportunisme», a-t-il dit. L'ADQ propose plutôt une augmentation raisonnable et progressive en fonction des revenus des contribuables. Quant à une éventuelle baisse d'impôt, elle ne peut être possible que si une marge de manoeuvre pouvait être dégagée, a-t-il expliqué. Dans l'immédiat, un gouvernement adéquiste annulerait les hausses prévisibles des permis de conduire et des immatriculations.

Michel Audet

La réplique des libéraux ne s'est pas fait attendre. Le ministre des Finances et député sortant, Michel Audet, flanqué pour l'occasion d'un fiscaliste d'une firme privée, a affirmé que Mario Dumont ne sait pas compter.

M. Audet a accusé Mario Dumont de «déformer la réalité» en ne tenant pas compte des chèques de soutien aux familles instaurés au début du mandat. Tableau à l'appui, il donne l'exemple d'un couple avec deux enfants qui gagne 50 000 $ par année et qui s'en tire avec 1855 $ de plus dans ses poches.

Mais voilà, ces données ne tiennent pas compte des augmentations de tarifs. Selon les chiffres fournis par le PLQ par après, ce montant fond pour s'établir 646 $ une fois comptabilisées les hausses de tarifs (si les deux enfants fréquentent les garderies).

M. Audet s'est moqué des critiques du chef de l'ADQ en ce qui concerne la promesse de baisses d'impôt libérale non respectée: «Il fait preuve d'incohérence. Il nous accuse de ne pas avoir baissé les impôts, mais lui, il confirme qu'il ne le fera pas.»

Mario Dumont n'a guère été impressionné par la sortie de M. Audet, un ministre dépêché par Jean Charest qui cherche ainsi à se défiler. «Jean Charest devrait revenir dans la campagne. On comprend qu'il veut faire des belles annonces, il veut faire la belle parade. Mais à ce moment-ci, ce que les Québécois attendent du premier ministre, c'est qu'il réponde des actions des quatre dernières années. Là, il se comporte comme quelqu'un qui a honte de son programme et de son bilan», a commenté M. Dumont.

Avec la collaboration de Clairandrée Cauchy

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