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Faire payer les pollueurs pour financer les verts

Fabien Deglise   23 février 2007  Québec
Puiser dans les poches des pollueurs pour financer et soutenir les citoyens verts: voilà en substance le projet économique que le Parti vert du Québec (PVQ) se prépare à défendre au cours des prochaines semaines devant les électeurs. Ce plan, composante du programme électoral du parti qui doit être dévoilé aujourd'hui à Montréal, vise par exemple à réduire le nombre de véhicules utilitaires sport (SUV) énergivores sur les routes, à lutter contre l'étalement urbain, à faire réapparaître les tramways dans les rues et à inciter les entreprises à abandonner le chauffage au gaz et au mazout pour l'électricité et la géothermie.

Le plan vert des verts, dont Le Devoir a pris connaissance, est une sorte de stratégie fiscale et économique pour «poser des gestes fermes et cohérents» contre les changements climatiques, indique le document. Ce que les partis traditionnels, qualifiés de «partis gris», ne font pas, dénonce la formation politique écolo.

Dans les grandes lignes, le PVQ propose donc de faire le ménage dans le secteur des transports, principale source au Québec d'émissions de gaz à effet de serre (GES), à l'origine du réchauffement de la planète. Ce ménage passerait par exemple par l'imposition d'une «taxe à double levier» sur les voitures énergivores (SUV, camionnettes et consorts) pour subventionner, avec l'argent ainsi récolté, les acheteurs de véhicules électriques, d'hybrides et autres modèles à faible consommation de carburant.

Toutefois, ces acheteurs, le PVQ ne les souhaite pas trop nombreux puisqu'il vise dans son plan vert à diminuer globalement le parc automobile du Québec. Dans cette optique, les transports collectifs électriques, tramways et trains, seront ainsi favorisés par l'équipe de Scott McKay, chef du Parti vert, qui, sans entrer dans le détail, songe à faire revivre des projets de transports en commun sur rail entre Montréal et les villes de banlieue. Et ce, pour «réduire le nombre de kilomètres parcourus par les automobiles», peut-on lire dans ce plan.

Cette réduction du kilométrage passe également, pour les verts, par la lutte contre l'étalement urbain. Aussi, pour mener à bien ce combat, le PVQ propose par exemple un équilibrage de la fiscalité non seulement entre l'île de Montréal et son 450 en particulier mais aussi entre les villes et leurs banlieues en général.

Cette mesure a pour but de contrer l'exode d'une certaine catégorie de contribuables qui, attirés par la fiscalité attrayante des couronnes urbaines, contribuent davantage à la production de GES avec leurs transports pendulaires. Elle s'accompagnerait aussi, avec un gouvernement formé par le Parti vert, de péages sur les ponts afin d'encourager le recours aux transports en commun, indique le document.

Développement économique durable

Avec, dans sa ligne de mire, l'investissement de

1 % du PIB du Québec pour lutter contre le réchauffement de la planète, soit 2,6 milliards de dollars par année, le PVQ doit présenter aujourd'hui un plan contenant des mesures écolo-fiscales touchant également le monde de l'industrie. Une des mesures les plus importantes concerne d'ailleurs l'efficacité énergétique des entreprises.

Les verts proposent de les aider à délaisser par exemple le chauffage au gaz et au mazout pour l'électricité, une source d'énergie plus verte au Québec en raison de la prédominance de l'hydroélectricité. L'abolition de l'utilisation du charbon, toujours en usage au Québec, est également au coeur du plan vert du PVQ.

Sur un autre thème, cette formation politique, qui arrive en quatrième position en ce début de campagne en matière d'intentions de vote des Québécois, donc devant Québec solidaire (QS), souhaite «intensifier» le développement de l'architecture verte au Québec avec des mesures fiscales et une nouvelle législation.

Pour parvenir à ses fins, le PVQ compte d'ailleurs proposer une «réforme du Code du bâtiment» afin d'imposer des normes de construction répondant à une logique de développement durable et d'utilisation responsable des ressources. Objectif? Rendre obligatoire par exemple l'exploitation de la géothermie, les toits verts, la récupération des eaux de pluie et les panneaux solaires, et ce, dans les constructions tant gouvernementales que privées.

Ce plan fiscal et économique contre les GES que le PVQ doit présenter ce matin va marquer le début du dévoilement du programme électoral de cette formation politique. Le parti a annoncé hier son intention de le diffuser tout au long de la campagne sous forme de «cinq défis» lancés au Québec, a annoncé hier Scott McKay, chef des verts, lors d'une conférence de presse pendant laquelle le parti a fait part de sa stratégie de communication pour les prochaines semaines. Outre l'environnement, la santé, l'éducation, l'économie, la culture et la réforme du système électoral vont se retrouver au coeur de sa plate-forme électorale.

Pour rejoindre l'électorat, le PVQ reconnaît avoir «des moyens modestes» qui ne lui permettront pas de rivaliser avec les «guéguerres de pancartes» que les partis traditionnels vont se livrer, a expliqué M. McKay tout en dévoilant les affiches vertes du PVQ, tout simplement marquées de la phrase «Je vote». «C'est simple et écrit en petits caractères pour obliger les gens à faire un effort», a-t-il dit.

«Les partis essaient de se vendre comme des lessives. Le PVQ dit non à ça. Pour nous, une campagne, c'est un moment privilégié pour s'informer. [...] Les électeurs informés prennent de meilleures décisions et notre campagne veut donc s'adresser à leur intelligence», a poursuivi M. McKay, visiblement réjoui par les résultats du récent sondage CROP-La Presse qui accorde à son parti 9 % des intentions de vote, contre 5 % pour Québec solidaire (QS), «le petit parti», a dit le chef des verts. Ce même sondage place également l'environnement au deuxième rang des enjeux de cette campagne, selon les électeurs, après la santé, certes, mais devant l'éducation, l'emploi et le déséquilibre fiscal.

Dans ce contexte, le chef des verts a invité hier les électeurs à voter pour les «vrais verts», a-t-il expliqué lorsqu'on l'a interrogé à propos des thèmes écolos qui semblent habiter les stratégies électorales des autres formations politiques. «Alors que les données de la science sur les changements climatiques sont connues depuis 20 ans, où étaient MM. Charest et Boisclair dans les dernières années? C'est ce que doivent se demander les électeurs.»

Conscient de ne pas pouvoir obtenir le pouvoir le 26 mars prochain, le PVQ souhaite toutefois que l'appui de ses électeurs soit assez fort pour «envoyer un message clair» aux partis traditionnels. «Tôt ou tard, le Québec va devoir prendre la voie environnementale pour faire face aux changements dans son développement. Et il vaut mieux que ce soit plus tôt que tard», a-t-il expliqué.






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  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 04h49
    Le diesel, les moteurs à deux temps, et la combustion du bois rien?
    « Et le smog y pensez-vous. Le plus gros émetteur de particules fines qui tuent la combustion de bois, le diesel et les moeurs à deux temps. Réduire les GES et crouler sous le smog n'est pas souhaitable. Il faut protéger la planète autant que nos vies. Tout comme le tramway est-ce que vous oubliez les problèmes reliés à ce mode de transport. »

  • Jean-Pierre Dupuis
    Inscrit
    vendredi 23 février 2007 07h47
    Oui, mais mon petit confort?
    « Il faut vraiment travailler à changer les mentalités. Quoique disent les sondages sur les préoccupations environnementales des québécois, très peu sont prêts à faire de petits efforts. Prenons par exemple les moteurs de voitures qu'on laisse tourner au ralenti pour rien. Mes voisins ont 4 voitures toutes équipées de démarreurs à distance, ils font tourner ces moteurs pour rien 30 minutes tous les matins. Dans les stationnements des super marchés, ils sont légions ces ignorants qui vont faire leur épicerie en laissant la voiture en marche, même l'été! Et ces messieurs, trop paresseux pour accompagner madame, attendent dans la voiture en marche bien au chaud en écoutant de la belle musique! Il ne pensent pas qu'il sont en train de polluer, tout ce qui les intéressent c'est leur petit confort. Il faut éduquer la population et il y a du pain sur la planche. En fait, le meilleur moyen serait de légiférer car la majorité ne réagit qu'aux mesures coercitives. Et le temps presse! Il faudrait interdire ces maudits démarreurs à distance qui poussent à la paresse et taxer l'essence afin qu'elle reflète les coûts environnementaux, d'infrastructure, de problèmes de santé causés par la pollution et aussi d'hospitalisation et de réadaptation dû aux accidents. Avec le litre à 5 dollars, les gens y penseraient à deux fois avant de gaspiller l'essence. »

  • Maurice Monette
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 12h24
    C'est bien beau toutes ces suggestions du P.V.Q. mais...
    « De toutes façons, RIEN ne pourra faire changer d'un iota le DÉROULEMENT du CHEMINEMENT CÉLESTE de notre "MÈRE la TERRE" et, par ce parcours qui se reproduit de CYCLE CÉLESTE d'environ deux (2) milles ans en CYCLE CÉLESTES d'environ deux (2) milles ans, l'APOCALYPSE se réalisera quand même, envers et contre tous(tes)...

    Donc, qu'on fassent des efforts pour responsabiliser les gens quant à leurs "habitudes dégénérescentes" motivées par l'APPÂT du LUCRE et leur CONFORT BOURGEOI$, c'est bien. Mais, il est trop tard pour revenir en arrière. Les océans ont été SURexploités donc, plus de faune marine pour remplir les ventres affamés, les forêts RASÉES donc, plus de couvert végétal pour filtrer l'AIR que NOUS respirons, etc., etc., etc...

    Ainsi, la TERRE basculera sur son AXE, comme après chaque PÉRIODE d'environ 2000 ans et des RÉGIONS ENTIÈRES seront inondées alors que d'autres seront exondées. Pour preuve de ces allégations, faite des recherches sur les TRÉSORS qui se retrouvent aux fonds des océans. C'est donc qu'en d'autres TEMPS, d'autres ÉPOQUES ANTÉRIEURES, ces villes et villages étaient EXONDÉS(ES), pendant que d'autres RÉGIONS actuellement peuplées étaient sous l'EAU.

    Par contre, quandce CYCLE CÉLESTE se produisait à environ chaque 2000 ans, l'ATMOSPHÈRE n'était pas poluée et la COUCHE d'OZONE était toujours présente. Les océans étaient remplis de vie alors qu'aujourd'hui, ces principales SOURCES de BASES à la VIE ont été SURexploitées et il n'y a plus RIEN pour permettre une reprise du CYCLE de la VIE donc, il reste peu d'ESPOIR de pouvoir entreprendre une NOUVELLE PÉRIODE ÉVOLUTIVE d'environ 2000 ans.

    C'est pourquoi, malgré toutes ses BONNES INTENTIONS, je ne crois pas que le P.V.Q. n'apporte quoique ce soit de meilleur aux CHANGEMENTS INÉLUCTABLES auxquels NOUS seront toutes et tous confronter, à plus ou moins long terme... »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 18h29
    La simplicité volontaire, est-ce un accommodement raisonnable
    « Ces adeptes de la simplicité volontaire veulent nous faire adopter leur mode de vie. Rendu à la retraite, j'ai fait mon possible pour ne pas polluer la nature. Je suis d'accord pour nettoyer son perron mais l'exagération est aussi néfaste que la négligeance.

    Le réchauffement médiatique pour qu'après tout ce brassage le GIEC nous annonce 1,8 degrés de chaleur de plus en 2100. Fallait le faire cette annonce catastrophique pour nous imposer l'impossible. Soit, nous obliger à modifier radicalement nos comportements en société. Malgré que le GIEC ait négligé les ilôts de chaleur, cette théorie de la concentration urbaine réchauffante, les mêmes experts ont aussi négligés de larges pans du phénomèmne du réchauffement solaire préférant nous culpabiliser, nous les humains mais des pays riches seulement. Ainsi, on a oublié qu'il n'y avait pas seulement 35 pays dans le monde mais 196 pays. On a oublié les deux principaux pollueurs de la planète (États-Unis et Chine) qui ne sont pas dans la liste de Kyoto. On a oublié que 14 des 17 villes les plus populeuses du monde ne sont pas touchée par le protocole. On a oublié de nous donner le portrait exact du Québec dans ce bilan de pollution. Comment ignorer que Kruger et Abitibi vendent des crédits à la bourse du carbone de Chicago, deux papetières du Québec qui ont baissé leurs émanations de 43%. Que penser des efforts de Roche, Tembec, Falconbridge, Alcan et bien d'autres pour respecter la nature. Comment ignorer que Mars a subit le même phénomène climatique occasionné par les rayons solaires alors qu'ici c'est 90% du phénomène.

    On a bien beau alarmer les gens mais nous ne sommes pas dupes et votre révolution de nos valeurs ne sont pas pour moi, des accommodements raisonnables.

    Le tramway à Québec, vous savez celui dont on a enlevé les rails et que l'on veut remettre sur pied. C'est un milliard de dollar cette lubie écologique, négligeant le ms minibus électriques dans les vieux murs et l'expérience des autobus hybrides. Je préfère dépenser ce argent là pour lutter contre la bactérie C difficile dans nos hôpitaux. Je préfère avoir plus de place dans nos garderies avant de dépenser dans le chromé écologique surtout quand notre bilan n'est pas catastrophique, au contraire.

    Je vais continuer à utiliser mon bac bleu pour les plastics, le verre et le papier ou le carton. Je vais continuer à mettre mon herbe au chemin dans des sac plastique. Mais de grâce, ne m'imposez pas un bac brun de matière putrécibles dans mon entrée. Les odeurs et les vapeurs de méthane sont aussi dommageables à mes qualités olfactives qu'à l'environnement. Surtout quand je sais que le méthane produit 23 fois plus de GES que le CO2. Assez, c'est assez je vais verdir de colère et mon portefeuille est vide... »

  • Kévin Chaput
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 20h37
    Hey grand papa Fernand Trudel (reponse)
    « Oh pauvre Mr., je m'endoute que tes priorités ne soient pas les mêmes que moi, un jeune. Cependant, j'aimerais mieux te voir payer pour mon avenir et celui de tes petits enfants dans un domaine qui va servir la collectivité et non plus aux désirs individualistes.
    Oui, ça coûte cher changer, mais il faut faire un pas en avant et non plus rester là et attendre...
    Ah oui, peut-être que les projets environnement visent les pays occidentaux, mais c'est les pays occidentaux qui sont au coeur du problème et non pas les pays pauvres.
    Si on est capable de changer nos modes de vie occidentaux, les autres pays feront de même, car l'Occident est actuellement le modèle à suivre et le moteur de la pollution mondiale,par son mode de vie frénetique. »

  • Kévin Chaput
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 20h48
    Maurice Monette ( reponse)
    « MMM, je crois que soit vos lisait trop de livres falistes, mais bon...
    Quand la mer, la terre et tout le reste va commencer à s'épuiser considerablement. On verra alors le prix des cannettes de thon, des fruits et autres produits de base augmenter jusqu'à 2000%. À date, c'est trop tirer par les cheveux...vos avez abandonnée sans faire un effort pour aider l'environnement. Je crois qu'à place de tout laisser tomber, prennez votre temps pour y penser et agir en consideration.
    Ainsi, vous allez faire un petit pas pour l'homme et un grand pas pour l'humanité.
    p-s: votre façon d'agir peut avoir un impact positive sur les gens, quand celui-ci est bien fait. »

  • Kévin Chaput
    Abonné
    vendredi 23 février 2007 20h50
    Jean-Pierre Dupuis (reponse)
    « Oh oui, tu a raison..
    cependant, le problème est qu'à 5$ le litre..mmm l'argent va servir à enrichir les grosses compagnies pétrolières et non à la société. »

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