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Mario Dumont attache le grelot des accommodements raisonnables

Le chef adéquiste se lance dans la bataille «pour faire des gains»

Kathleen Lévesque   22 février 2007  Québec
Mario Dumont a lancé les hostilités sur la question des accommodements raisonnables au cours d’un point de presse à Québec.
Photo : Jacques Nadeau
Mario Dumont a lancé les hostilités sur la question des accommodements raisonnables au cours d’un point de presse à Québec.
Québec — Mario Dumont ne s'est pas empêtré dans le formalisme habituel du déclenchement électoral. Le chef de l'Action démocratique du Québec a ramené le délicat dossier des accommodements raisonnables, promettant d'agir là où ses adversaires se défilent.

Mario Dumont a donc promis de donner suite à la commission d'enquête Taylor-Bouchard. Pour illustrer ses propos, le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) avait à ses côtés une petite bibliothèque débordant de rapports tablettés au fil des ans par le gouvernement de Jean Charest, dont ceux concernant le CHUM, la réforme électorale et la Gaspésia. Selon M. Dumont, le rapport attendu par la commission Taylor-Bouchard instituée par Jean Charest pour examiner de près les accommodements raisonnables — une façon de se débarrasser d'une «patate chaude» — risque de rejoindre les autres documents.

«On va parler d'immobilisme», a-t-il dit, avant d'ajouter: «C'est la position où les libéraux sont à leur meilleur.»

Mario Dumont ne craint pas qu'un débat sur la question des accommodements raisonnables en pleine campagne électorale ne provoque une division, comme l'a prétendu Jean Charest. «La seule chose qui a divisé les Québécois, c'est la mollesse du gouvernement, quand on a toléré l'intolérable», a fait valoir le chef adéquiste. «Il n'y aurait jamais eu d'Hérouxville s'il y avait eu... »

Selon M. Dumont, les Québécois, tout comme lui, précise-t-il, ne condamnent pas la politique en matière d'immigration. Mais devant «un glissement et un recul sur les valeurs communes», ils s'inquiètent et veulent que quelqu'un «se lève». Or le premier ministre a tardé à réagir et André Boisclair «se cache en dessous des meubles pour éviter le sujet», a-t-il affirmé.

Chose certaine, il est hors de question pour l'ADQ de cacher un volet important de son programme politique concernant l'identité québécoise. L'ADQ propose de doter le Québec d'une constitution afin de renforcer les valeurs communes déjà existantes (égalité des sexes, démocratie, justice et solidarité). Il est également question d'améliorer l'enseignement de l'histoire ainsi que de bonifier les programmes d'intégration des nouveaux arrivants, notamment en mettant l'accent sur la francisation.

Bien qu'il s'engage sur un terrain mouvant, Mario Dumont a dit refuser de tomber dans les attaques personnelles et les invectives. Il n'a pas ménagé pour autant ses adversaires. S'il ne veut pas emprunter le vocabulaire d'André Boisclair pour qualifier le premier ministre de «menteur», il ne mentionne pas moins que Jean Charest n'a pas respecté sa parole. Quant à la consommation passée de cocaïne du chef péquiste, un rappel fait par les libéraux, M. Dumont n'a pas voulu s'y attarder tout en notant au passage que tous les Québécois connaissaient les problèmes passés de M. Boisclair.

Pour Mario Dumont, ses adversaires se démarquent d'abord et avant tout par leur manque de leadership. Les promesses abandonnées illustrent bien le problème chez M. Charest alors que, du côté de M. Boisclair, c'est l'absence de programme qui démontre qu'il «a manqué à ses devoirs».

Après sa rencontre avec la presse à l'hôtel du parlement, le chef adéquiste a entamé concrètement sa campagne électorale. Il s'est d'abord rendu dans la circonscription de Jean-Talon, traditionnellement acquise aux libéraux, pour y faire du porte-à-porte. Par la suite, il a inauguré le local électoral de Lévis, une circonscription qui était péquiste jusqu'en 2003 avant de passer entre les mains des libéraux. «On se lance dans la bataille pour faire des gains», a rappelé M. Dumont sourire aux lèvres.

C'est avec la même franchise qu'il a dit être heureux que les élections 2007 soient enfin déclenchées, lui permettant «égoïstement» de tourner la page sur la difficile campagne de 2003.
 
 
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