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Quelle continuité ?

Bernard Descôteaux   22 février 2007  Québec
Le premier ministre Jean Charest a donné hier midi le coup d'envoi à une campagne électorale en vue d'un scrutin le 26 mars. D'entrée de jeu, il a demandé à ses concitoyens un deuxième mandat pour poursuivre la réalisation de ses engagements. La continuité qu'il propose nous oblige à nous arrêter au bilan de ses quatre premières années.

Le premier mandat du gouvernement Charest peut être divisé en deux parties, la première couvrant les années 2003-05. Ce fut une période faite d'avancées, de reculs et, surtout, d'affrontements avec de nombreux groupes de citoyens. Ces trois années ont laissé un goût amer à une majorité de Québécois, qui n'ont pas apprécié de voir leur gouvernement se transformer en apprenti sorcier.

Dès les premiers mois qui ont suivi l'installation des libéraux au pouvoir, les Québécois ont découvert que le Parti libéral pour lequel ils avaient voté avec l'intention de se débarrasser du gouvernement péquiste n'était pas le parti centriste dont ils avaient gardé le souvenir. Les réformes mises en avant ont vite pris leur sens. La modernisation de l'État québécois cachait en fait la remise en cause de plusieurs acquis.

La première attaque contre le «modèle québécois» a été d'autant plus vivement ressentie que le gouvernement Charest rompait ainsi son engagement électoral explicite de ne pas hausser les frais de garde dans les centres de la petite enfance. «On n'a pas voté pour ça!», ont répliqué les parents dans un slogan qui a fait florès. Cette phrase a été reprise par les opposants aux défusions municipales, à la révision du régime d'assurance automobile, à l'abolition de l'article 45 du Code du travail sur la sous-traitance et à l'adoption d'une loi sur les partenariats public-privé.

L'opposition des Québécois au moindre geste du premier ministre — ajoutons à la liste des controverses les subventions aux écoles privées juives, les compressions de 103 millions à l'aide aux étudiants, la centrale au gaz du Suroît, l'installation du CHUM au centre-ville de Montréal, la privatisation du mont Orford — n'a pas affecté l'assurance affichée par celui-ci. Apparemment, du moins. «On maintient le cap», répétait-il toujours à ses militants. Néanmoins, ses reculs et ses valses-hésitations ont créé l'impression d'un appareil hors de contrôle.

Un des problèmes de ce gouvernement était alors la faiblesse de l'équipe ministérielle et l'absence de direction. N'eût été quelques ministres, dont Philippe Couillard à la Santé et Monique Jérôme-Forget au Conseil du trésor, ces trois premières années auraient été une catastrophe totale. Le premier a réussi à reprendre en main, du moins en partie, les services de santé. Si les urgences débordent encore souvent et si la pénurie de médecins et d'infirmières persiste, on peut néanmoins constater un progrès général. Quant à la présidente du Conseil du trésor, elle a exercé un contrôle des finances qui a permis au gouvernement de dégager une certaine marge de manoeuvre. Cela n'a toutefois pas suffi pour lui permettre de diminuer les impôts d'un milliard de dollars par année, ce qui était la grande promesse du programme libéral.

Ces 12 derniers mois, le premier ministre a toutefois dû reprendre son gouvernement en main. La direction est devenue plus sûre et un changement de cap s'est doucement effectué. On peut même parler de métamorphose. Comprenant enfin que les Québécois voulaient un gouvernement plus centriste et qu'ils auraient de toute façon le dernier mot, le gouvernement Charest s'est transformé au point de devenir presque aussi social-démocrate que le Parti québécois. D'ailleurs, plusieurs des mesures dont Jean Charest se dit aujourd'hui le plus fier avaient été pilotées par un gouvernement péquiste. C'est le cas des congés parentaux, de l'équité salariale et de l'entente sur la diversité culturelle à l'UNESCO. Il a aussi bien saisi l'état de l'opinion publique en adoptant un plan vert vigoureux. Il a également profité de l'arrivée du gouvernement Harper à Ottawa pour faire avancer les revendications historiques du Québec.

Au cours de cette dernière année, la méfiance d'une partie de l'électorat s'est atténuée, mais pas au point de garantir au Parti libéral, en ce début de campagne, un deuxième mandat. Reste à savoir lequel des deux visages du gouvernement Charest est le vrai, celui de l'idéologue conservateur des premières années ou celui du centriste des derniers mois. Pour pouvoir répondre à cette question, il faudrait savoir à quelle période le premier ministre fait référence quand il prononce le mot «continuité».






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  • Steve Fortin
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 23h48
    Le jupon dépasse de partout!
    « Me semble-t-il que cette continuité est facilement identifiable quand on considère l'ingérence planifiée du néo-conservateur Harper et de son allié inconditionnel et ancien chef du parti investi par l'idéologue albertain. Ne soyons pas dupes, Charest savait très bien que la direction qu'il préfère (les trois premières années du dernier mandat) était incompatible avec les positions politico-sociales québécoises consensuelles. Un polissage s'est alors imposé, mais le jupon dépasse de partout.

    J'espère que les québécois puniront ce gouvernement. Peut-on imaginer que Harper aurait osé déposer un budget (et ainsi mettre l'appareil gouvernemental fédéral au service des intentions de son parti) qui de façon manifeste aurait appuyé un parti au détriment d'un autre au sein d'une autre campagne provinciale ? Ce faisant, c'est le libre choix du peuple québécois qui est bafoué. Encore. Dire que cette élection veut déjà cacher les conclusions du rapport sur Option Canada. Qu'attendons-nous? »

  • loiselet
    Abonné
    jeudi 22 février 2007 00h46
    Un jeu comme un autre
    « Face à des opposants qui semblent avoir encore la couche aux fesses, Charest est mort de rire. Et Harper de même.
    Le jour où les québécois seront prêts à souffrir ou à donner leur vie, pour satisfaire à l'urgence d'avoir un pays à eux, la Souveraineté sera chose faite.
    Les fédéralistes n'ont pas à faire des déclarations d'amour aux québécois pour les gagner, ils n'ont qu'à délier les cordons de leur bourse en les flattant un peu dans le sens du poil. Vu qu'on ne sent pas la fumée, il n'y a pas péril en la demeure et le peuple s'amuse bien. Qui veut jouer aux élections? »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    jeudi 22 février 2007 07h59
    La politique de la mendicité
    « Répondant à mon commentaire hier (http://www.ledevoir.com/2007/02/21/131925.html) un expert qui a validé le cadre financier du PLQ en 2002 nous explique ce qui n a pas fonctionné dans ces prévisions. Entre autre que la performance économique du Québec n a pas été au rendez vous sous la gouverne du PLQ (en fait la croissance du Québec est passé. de 4,2% en 2002 à 1,7% en 2006 : chaque 1 % signifie un manque à gagner de 600 millions pour le Gouvernement). Et, les transferts d argents en provenance d Ottawa qui n ont pas été à la hauteur des espérances de ce qu un bon petit parti provincialiste fédéraliste pouvait s attendre du grand frère. Mais comptons sur Harper pour arriver à minuit moins cinq pour venir manipuler le résultat de l élection.

    En 2003, en élisant un démagogue à la petite semaine, le peuple du Québec a démissionné face au défi de se prendre en main et d assumer son destin face à l histoire. Le prix à payer pour cette démission est la sous performance économique, et pour compenser, la pratique d une politique de la mendicité vis-à-vis le fédérale.

    Triste.

    « Pourquoi n y a-t-il pas plus de fierté dans ton regard » (F.N.)

    Jean Claude Pomerleau »

  • oneil bouchard
    Inscrit
    jeudi 22 février 2007 08h35
    nous méritons mieux
    « André Boisclair fait preuve d'une rare maturité et d'un jugement remarquable en choisissant de ne pas glisser dans le combat de ruelle.

    Oneil Bouchard
    Quebec Solidaire »

  • Louis Cousineau
    Abonné
    jeudi 22 février 2007 09h45
    Seule la souveraineté...
    « Maintenant que les élections sont déclenchées,je crois que le Parti Québécois, s'il propose de tenir un référendum au cours d'un prochain mandat, doit le faire après avoir développé un plan et une stratégie d'une perfection qui ne laisse aucune marge d'erreur. L'environnement politique canadien et québécois est changé depuis, entre autre, la loi infâme sur La clarté de Stéphane Dion.
    Il faut une immense campagne d'information sur et menant à LA question référendaire. Celle-ci, à mon avis, est celle que fournit Jean-François Lisée dans Sortie de secours. La voici.



    Compte tenu des besoins actuels et futurs du Québec et de sa situation particulière en Amérique du Nord, donnez-vous le mandat à l'Assemblée nationale et au gouvernement du Québec d'obtenir, au sein du Canada la capacité d'affirmer et d'exercer, lorsqu'ils le jugent opportun, l'autonomie pleine et entière du Québec en matière de langue et de droits linguistiques, de culture, de communications, d'immigration, d'éducation, de recherche, de santé et de programmes sociaux, la garantie que, comme c'était le cas en 1999-2000, jamais moins des trois quarts des fonds publics dépensés au Québec ne le seront par un autre gouvernement que celui du Québec, la mise en place d'un mécanisme d'arbitrage décisionnel qui puisse trancher les litiges budgétaires majeurs entre Québec et Ottawa, la capacité de gérer la représentation de la réalité québécoise dans le monde en disposant d'une section à part et de personnel du Québec au sein des ambassades canadiennes et l'obtention d'un droit de veto sur toute modification à ces droits.





    Louis Cousineau

    L'Avenir »

  • Jean-Phillipe Thibodeau
    Inscrit
    jeudi 22 février 2007 10h11
    Le vrai Charest
    « Évidemment, c'est le Charest des trois premières années, Charest l'ancien chef conservateur fédéral, qui est le vrai. S'il a présenté une image plus modéré ces derniers mois, c'est parce qu'il espère que nous oublierons comment il s'est comporté pendant la majorité de son mandat. Si Charest gagnait un deuxième mandat, ça serait de justesse et il saura qu'il ne sera pas le premier à en gagner un troisième. Il n'aura donc aucun souci à détruire l'état québécois avec vigueur. »

  • G. Dex
    Inscrit
    jeudi 22 février 2007 10h56
    Continuite!
    « Continuite = continuer de sortir le Quebec de la merde ! Ce n'est pas bien difficile a comprendre!
    Quand on se souvient "je me souviens" des trois projets bidons d'un milliard chacun de Landry a son dernier budget (ou est donc passe cet argent!!!)... de "sa bonne gestion" a chacune des fois qu'on decouvrait une cachette... des emplois bidons (salaires payes a des amis, pour des emplois bidons) alors que des malades mouraient dans les hopitaux ou en attente de soins appropries qui auraient sauve la vie a des milliers de ces memes malades... quand on se souvient que les gouvernements pequistes ont enfonce le Quebec dans une dette de plus de $100 milliards en 30 ans mais l'ont egalement apauvri de sa structure industrielle... oufff ouvrez les yeux... ca prendra des generations d'economies a redresser tout ca... n'allez pas croire qu'un gouvernement pequiste soit encore une alternative... le Quebec frissonne de peur juste a l'idee d'etre separe et dirige par des gens aussi arrogants qu'un partie pequiste qui a chaque fois a toujours declare faire de la "bonne gestion" comme raison d'avoir enfonce encore plus creux dans la merde chacune des regions... Vous savez aprauvrir les uns pour enrichir les autres uniquement pour gagner des votes lors d'elections ca aveugle que les cons. Le gouvernement actuel a vraiment bien gouverne... car, souvenez-vous que les pequistes avaient cache (frauduleusement) que leur dernier budget combine a leur publicites de $3 milliards durant janvier, fevrier, mars 2003 (juste avant les elections de 2003) endettait le Quebec de $4 milliard... "Je me souviens" »

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 22 février 2007 11h04
    QUEL CONTINUITÉ
    « M. CHAREST N A PAS CHANGÉ dans la dernière année,
    IL S EN ÉTAIT VANTÉ en politique tu fais tes mauvais les premières années et les dernier six mois tu donnes des bombons et les gens oublient.
    Mais non cette fois les gens se souvient car notre devise /JE ME SOUVIENT/ les gens vont la mettre en pratique cette fois.
    Oui nous pouvons critiquer M .HAPER pour son budget mais le coupable c est CHAREST car le budget fédéral depuis un mois et demi que nous savons qu il aura lieu le 19 ou 20 mars.
    IL /CHAREST /a décidé de faire des élections tout de suite avant. CHAREST a choisi cette date pour ça et plus.
    Avant la sorti du rapport GRENIER SUR OPTION CANADA enquête du vérificateur sur HYDRO QUÉBEC,
    appel d offre pour le MONT ORFORD
    APPEL D OFFRE HOPITAL UNIVERSITAIRE QUI A DOUBLÉ sans être commencé
    Tous ses choses vont sortirent après l élection.
    NON ce gouvernement ne mérite pas un deuxième mandat pour tous ses choses.
    CAR NOUYS DIRONT APRÈS L ÉLECTION NON NOUS N AVONS PAS VOTÉS POUR CELA
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com »

  • Cote jean f 52
    Inscrit
    jeudi 22 février 2007 12h18
    ATTENTION DANGER !
    « Pendant trois années Jean Charest a tout tenté pour démolir le Québec,attention Québecois,la tentative de recommencer,refoutre le bordel sera grande et il ne s`en privera pas ! »

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