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Perspectives - En attendant Harper

Michel David   21 février 2007  Québec
Choisir le jour de la présentation du budget pour faire de nouvelles révélations sur les activités douteuses d'Option Canada à l'époque du référendum n'était pas une mauvaise idée pour le PQ.

Avec le peu que Michel Audet avait à annoncer pour son chant du cygne, c'est à se demander toutefois s'il n'aurait pas été préférable de conserver cette cartouche pour une meilleure occasion. À moins qu'il n'y en ait d'autres en réserve. À voir le sourire entendu de Diane Lemieux quand on lui a posé la question, c'est bien possible.

Le discours sur le budget contient toujours une bonne part de redites et de lieux communs sans lesquels le ministre des Finances ne parlerait qu'une vingtaine de minutes. Hier, M. Audet aurait facilement pu se contenter de dix. Et encore.

Dans les circonstances, il fallait s'attendre à ce qu'il allonge le bilan des réalisations de son gouvernement depuis quatre ans, mais il y a tout de même des limites à mélanger les pommes et les oranges: quel est l'intérêt de rappeler dans un document budgétaire que le Québec a été reconnu comme nation au sein du Canada et qu'on lui a fait une place dans la délégation canadienne à l'Unesco?

L'an dernier, M. Audet avait fait preuve d'une certaine imagination avec le Fonds des générations. Cette fois-ci, il s'est contenté en bonne partie de transcrire sur du papier à en-tête de son ministère les engagements de la plate-forme électorale du PLQ, que le premier ministre Charest avait dévoilée la semaine dernière. Parler de «cohérence», comme l'a fait M. Audet, relevait de l'euphémisme.

L'originalité devait consister à incorporer au budget une nouvelle politique des régions, où se joueront en bonne partie les prochaines élections, mais avec un impact financier de 138 millions en 2007-08, en incluant les sommes destinées à Montréal et à Québec, même les partis d'opposition n'ont pas osé crier à l'électoralisme.

***

La plate-forme libérale contenait déjà un mea-culpa pour avoir manqué grossièrement à la promesse d'abaisser l'impôt sur le revenu des particuliers d'un milliard par année pendant cinq ans. Encore une fois, ceux-ci devront se contenter de grenailles, en attendant de voir leur impôt diminuer quelque peu à compter de janvier 2008.

Un rattrapage de dernière minute aurait simplement compromis le recentrage progressif du discours libéral sur la nécessité de consacrer toutes les ressources aux «vraies priorités» que sont la santé et l'éducation.

Le nouveau mantra du PLQ, destiné aux «indécis» — la traduction libérale pour désigner les électeurs adéquistes — est maintenant la «saine gestion» des fonds publics. On ne pourra cependant pas limiter indéfiniment à 1 % l'augmentation des dépenses de l'ensemble des ministères, à l'exception de la Santé et de l'Éducation, sans compromettre des fonctions vitales de l'État.

Le déclenchement précipité des élections n'a pas permis une présentation détaillée des prévisions de dépenses du gouvernement, mais il y aura inévitablement de nouvelles compressions dans les programmes de plusieurs ministères.

François Legault a eu raison de dire que ce budget était un «non-événement», mais les partis d'opposition devraient plutôt s'en inquiéter. De toute évidence, M. Audet n'a présenté hier qu'une partie du portrait.

Le ministre des Finances l'a reconnu avec sa candeur habituelle: ses collègues, qui contrairement à lui cherchent à être réélus, auront «d'autres excellentes idées d'ici la fin du mois». Autrement dit, quand ils sauront exactement combien d'argent Ottawa transférera au Québec en guise de correction du déséquilibre fiscal.

***

D'ores et déjà, le budget de M. Audet peut être considéré comme temporaire. De son propre aveu, il pourrait être remplacé par un autre — ou simplement amendé, comme on préférerait au ministère — pour tenir compte des largesses fédérales.

À partir du moment où la décision était de se lancer en campagne sans attendre le budget fédéral, celui de M. Audet n'apparaissait plus comme un élément fondamental de la stratégie électorale du PLQ. C'était simplement une figure imposée, le cadre financier de la plate-forme.

Les stratèges libéraux estiment que la tendance leur est suffisamment favorable pour se lancer en campagne avec un budget qui, à défaut d'emballer les contribuables-électeurs, ne créera pas de mécontentement.

Il peut être présenté comme un strict minimum, qui ne peut que s'améliorer selon la générosité, même si la nouvelle formule de péréquation n'entrera vraisemblablement en vigueur qu'en 2008-09.

Déjà, en temps normal, le souvenir d'un budget s'estompe rapidement. C'est encore plus vrai dans le brouhaha d'une campagne électorale. Demain, le dernier budget Audet aura disparu de l'actualité, chassé par la nouvelle du jour.

Hier, à l'issue d'une ultime période de questions à l'Assemblée nationale, où le souvenir d'Option Canada était revenu le hanter, le premier ministre Charest confiait qu'il ne s'attendait pas à une campagne classique. Son intuition lui disait qu'elle serait riche en rebondissements imprévus. On peut sans doute s'y fier.

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Normand Thouin
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 07h35
    Option Canada: un film en noir et blanc
    « Contrairement à Michel David, je ne pense pas que tenter de faire émerger le dossier d'Option Canada, histoire qui date de 1995, sera une si bonne idée. Les électeurs ont les yeux ailleurs comme le dégel des frais universitaires et surtout l'attente de voir enfin (...) André Boisclair livrer autre chose que ses insignifiants discours qui n'ont pas de contenu. Ordinairement, ce genre de stratégie est réservé à la fin d'un sprint électoral quand on sent le tapis glisser sous nos pieds à l'exemple des libéraux fédéraux de janvier 2006 avec leurs messages télévisés négatifs sur Stephen Harper. Est-ce à dire que les Péquistes sont déjà en mode panique et/ou si peu préparé à une campagne électorale ? »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 09h42
    Cachotteries...
    « Les libéraux provinciaux n'ont pas tellement envie de voir sortir de n'importe quel chapeau des résidus de preuves concernant les relations incestueuses entre Option Canada et le Parti Libéral du Québec. Dire, comme certains malvoyants, que c'est chose du passé reviendrait à exonérer des pratiques plus ou moins douteuses. Il est plus que dommage que le rapport du juge Grenier, attendu 5 jours après les élections, ne sois pas rendu public avant cette date. Si le Parti Libéral du Québec n'avait rien à cacher pourquoi ce jeu de cache-cache?

    Ce n'est pas le bilan de la dernière année Charest qu'il faudra analyser mais le bilan des 4 dernières années avec ses quelques bons coups et ses gros dérapages.

    De plus, il ne faudra pas compter sur les nombreuses promesses et les paroles engageantes de Monsieur Charest des derniers mois pour se convaincre que ce gouvernement a le bien collectif en tête. Il faudra s'y attendre, les projets écartés parce que présentement trop contestés et contestables, deviendront prioritaires dès le lendemain des élections.

    D'autre part il y a quelque chose d'indécent et de déplacé que de présenter un budget fédéral à une semaine des élections québécoises, c'est faire peu de cas de 22% de la population canadienne. »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 10h52
    La couardise de Diane Lemieux
    « Ce que Diane Lemieux vient de faire à l'Assemblée nationale, en pleine lecture du budget, est un acte de pure bassesse et je n'aurais jamais cru, monsieur David, que vous puissiez le cautionner en écrivant que "choisir la présentation du budget pour faire de nouvelles révélations sur les activités douteuses d'Option Canada à l'époque du référendum n'était pas une mauvaise idée pour le PQ."

    Sauf que ce ne sont pas de nouvelles révélations que nous sort Diane Lemieux, mais de FAUSSES révélations, avec un document trafiqué et tiré de la page 77 du livre de Normand Lester et de Robin Philpot (actuel candidat péquiste), trafiqué puisque le PQ a fait disparaître sur ledit document la mention essentielle "Facture officielle payée par le comité pour le NON et COMPTABILISÉE."

    Qu'on verse dans la sottise partisane en nous ramenant à 1995 est déjà d'un ridicule consommé, mais qu'on trafique en plus le document pour salir ses adversaires politiques devient un acte d'une grande lâcheté et prouve à quel point le PQ carbure à la panique et au vide absolu. Et lorsque Diane Lemieux tente d'expliquer cette basse manoeuvre en disant que c'est "une histoire de liquid paper", on n'aura compris qu'elle n'a rien à dire pour se disculper.

    Cette façon de lancer des attaques mensongères en produisant un document faux parce que trafiqué, relève de la pire couardise et Diane Lemieux vient de nous démontrer qu'elle peut descendre bien bas pour salir ses adversaires politiques. J'espère que cette lâcheté la poursuivra tout au long de sa cammpagne.

    D'autant plus que Jean-Louis Dufresne, par l'entremise de qui devait passer le contrat, affirme "que c'est un projet qui n'a jamais été autorisé, que la Commission Gomery l'a démontré, ça n'existe pas." Je répète: La panique et le vide absolu du P.Q. et les lâches attaques de Diane Lemieux. »

  • Roger Dion
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 11h39
    RÉPONSE A CERTAIN LIBÉRAUX
    « JE CROIS LE PLUS PANIQUÉ SAIS VOUS M.THOUIN et les libéraux. Parce que si le résultat de l enquête ne vous dérange pas les libéraux et vous, entendez le résultat avant l élection.
    CHAREST et beaucoup de bons libéraux risque d être éclaboussés.
    Et les autres enquêtes qui ont étés repoussés après
    l élection.
    OPTION CANADA -HYDRO QUÉBEC- PONT DE LA CONCORDE-
    MONT ORFORD-
    ETC
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com »

  • Sylvain Racine
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 14h24
    Vivement la séparation du plateau Mont-Royal du reste du Québec!
    « Mes prédictions pour le prochain gouvernement est que Jean Charest sera réélu, peut-être avec une majorité alors que le PQ et l'ADQ viendront diviser le vote. Le PLQ part en force et lors du budjet du PCC le 19 mars 2007, le couronnement de Charest sera assuré. Je suis souverainiste, mais je dois avouer et je n'ai plus d'espoir. Je suis très politisé, mais je dois avouer et je vais annuler mon vote cette année.

    J'ai malheureusement l'impression que l'élite intellectuelle et la gauche n'ont plus leur place au Québec alors que l'obscurantisme, le crétinisme, l'américanisme, le populisme et le conservatisme forme l'apânage des Québécois. Vivement la séparation du plateau Mont-Royal du reste du Québec! »

  • LUCILLE MURRAY
    Inscrite
    mercredi 21 février 2007 15h23
    JEAN CHAREST ET LE FIASCO DANS LE DOSSIER DU MONT ORFORD
    « On va s'en souvenir longtemps de celui-là...
    Où était la démocratie??
    Je regrette, monsieur Charest, mais les savanes et les coupes de bois, on n'en veut pas, monsieur Charest. Le Mont Orford a été payé par nos parents et grand-parents qui ont contribué dans les années '30... On veut le Mont Orford et rien d'autre...On ne veut pas les terres à bois, les terres des familles Bombardier ou autres... Juste NOTRE MONT ORFORD. MERCI. »

  • Linda Hart
    Abonnée
    mercredi 21 février 2007 16h06
    Gouvernement libéral : drabe, inconsistant et cauteleux
    « Quand un gouvernement n'a pas accompli grand-chose, il cherche à s'approprier le travail des autres. M. Charest est particulièrement friand de ce genre de manoeuvre. Quand un gouvernement n'a pas rempli ses promesses, il cherche à le faire oublier et/ou il impute son échec à la mauvaise gestion du gouvernement précédent. M. Charest est le champion du pelletage de m**** sur le balcon du voisin et depuis quelques semaines, grâce à un saupoudrage parcimonieux et bien ciblé, il tente de faire plaisir à tout le monde et à son père. Quand un gouvernement n'a rien à dire, il présente des niaiseries comme des victoires éclatantes. M. Charest tente de nous faire gober que la présence du Québec à l'UNESCO nous donne une tribune sur la scène internationale. Quelle tribune, quelle déclaration, quelle influence ? Dans les faits, rien du tout. Le néant le plus absolu ! L'autre réalisation de M. Charest, le conseil de la fédération. Un gros ballon de baudruche, une perte de temps, dont le seul intérêt réside dans la démonstration très nette de l'impossibilité de jamais parvenir à un consensus dans ce pays sans bon sens. M. Charest a aussi mentionné la déclaration de M. Harper sur la nation Québécoise. Qu'est-ce qu'il a à y voir ? M. Harper ne l'a faite que pour prendre le Bloc de vitesse et améliorer son image au Québec. M. Charest se pète les bretelles parce que le gouvernement fédéral va lui verser 385 millions pour son Plan vert. Cela fait des mois que l'Ontario a reçu sa part, sans que le versement de celle-ci soit conditionnel à l'adoption du budget. Où est le triomphe ? Cette somme est dûe depuis longtemps et M. Harper s'est décidé à la verser uniquement pour mettre le Bloc dans une situation inconfortable, si jamais il décidait de voter contre le budget et pour donner un coup de pouce à la campagne électorale de Yo Charest.

    Le bilan du Parti Libéral est tellement médiocre, qu'il doit, pour s'assurer de gagner l'élection, s'entendre avec le gouvernement fédéral, afin que celui-ci dépose son budget en pleine campagne électorale. Il ne reste qu'à espérer que les Québécois en profiteront pour faire clairement comprendre à M. Charest qu'ils n'ont pas l'intention d'avaler une couleuvre aussi énorme et d'entériner son mesquin complot, qui démontre à l'évidence un total manque de respect pour leur jugement. Soulignons en passant que le Parti Libéral n'a pas le monopole sur l'argent du fédéral, les autres partis auront certainement l'occasion de nous entretenir de ce qu'ils pourraient en faire.

    Dans un autre ordre d'idées, je trouve assez savoureuses les interventions de Mme Riverin et de M. Thouin. Pourquoi accuser Mme Lemieux de couardise, si ce qu'elle affirme est faux. Il aurait été plus exact d'y aller franchement et de la traiter de menteuse. Mme Riverin crie au scandale et semble considérer le moment choisi par Mme Lemieux pour dénoncer un membre de l'entourage du premier ministre comme l'équivalent d'un crime de lèse-majesté. J'ignorais que le dépôt du budget était un moment sacré à l'Assemblée Nationale. Sa réaction s'apparente à celle qu'aurait une bigote en entendant un commentaire croustillant sur le perron de l'église.

    Quant à M. Thouin, j'aimerais lui rappeler que des gouvernements sont déjà tombés lors de la révélation de l'implication de certains de leurs membres dans des affaires de corruption. Ce n'est pas parce qu'un scandale date de quelques années qu'il ne conserve pas tout son pouvoir explosif. Lorsque je lis les commentaires de certains libéraux concernant M. Boisclair, je constate qu'ils apprécient au plus haut point rappeler sa consommation de cocaïne qui elle aussi date de quelques années. Ils ne semblent pas du tout penser qu'il s'agisse d'un "film en noir et blanc".

    La réaction de Mme Riverin et la tentative de M. Thouin de banaliser l'affaire Option Canada démontrent que les libéraux sont inquiets relativement au contenu du rapport Grenier. Cette inquiétude est partagée par M. Charest, la date choisie pour l'élection en est une preuve incontestable. »

  • David Lépine
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 16h18
    Avez-vous oublié le budget bon bon de Mme Marois
    « M. Charest doit sûrment se souvenir de 2003 alors que M. Landry avait nommé 50 ministres et avait sorti un budget complètement virtuel qui avait nui à sa crédibilité.

    Nous assistons à la plus importante élection au Québec depuis 1976, le PQ ne survivra pas dans sa forme actuelle. N'en déplaise à M. Racine, nous sortons de l'ère que tout ce qui est go-gauche est perçu comme bon et tout ce qui est un peu à droite est perçu comme méchant. Le retour du pendule en quelque sorte. »

  • Jean-Charles Blais
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 18h13
    couardise de Diane Lemieux
    « 400 fois les libéraux ont dit en chambre qu'ils n'avaient rien à cacher on a vu ça a Gomery »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 23h12
    Je me souviens
    « Ces mots semblent déranger les fédérés. !995 ils le veulent tellement loing. Je les comprends: ils ferment les yeux sur un référendum volé. Ils suintent les dollars de l'indifférence face à l'avenir d'un peuple. »

  • Léandre Nadeau
    Abonné
    jeudi 22 février 2007 09h24
    Le Devoir a fait une belle couverture du dernier budget...
    « Le Devoir a fait une belle couverture du dernier budget de Michel Audet. Certains ont dit que ce dernier avait fait du copier-coller de la plate forme électorale du PLQ. Quand on lui a posé la question, il a répondu : question de cohérence. Quant au Devoir, à mon avis, il a fait un copier-coller du Discours sur le budget. Question de cohérence ? J'ai cherché en vain un titre, un sous-titre ou une photo concernant le PQ ou l'ADQ. Seule Françoise David a eu droit à un encadré, un titre et une photo. La question de la cohérence ne se pose pas. Ça l'est! Le Devoir "spin" toujours du même bord depuis quelque temps... »

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