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Budget Audet - Les «feux d'artifice», c'est pour plus tard

Un budget-bilan mettant de nouveau l'accent sur la santé et l'éducation

Robert Dutrisac   21 février 2007  Québec
Un médecin de l’Hôpital général juif de Montréal, le Dr Denny Laporta, au chevet d’un patient. Le budget dévoilé hier par le ministre des Finances, Michel Audet, accorde une enveloppe supplémentaire de 1,3 milliard à la santé, dont près de
Photo : Jacques Nadeau
Un médecin de l’Hôpital général juif de Montréal, le Dr Denny Laporta, au chevet d’un patient. Le budget dévoilé hier par le ministre des Finances, Michel Audet, accorde une enveloppe supplémentaire de 1,3 milliard à la santé, dont près de
Québec — Comme s'il voulait souligner son départ prochain, le ministre des Finances, Michel Audet, a présenté hier un budget-bilan, largement rétrospectif, un budget de la continuité où 80 % des marges de manoeuvre, à l'instar des quatre budgets libéraux précédents, vont à la santé et à l'éducation, tandis que les autres missions de l'État, y compris la protection de l'environnement, doivent se contenter d'une hausse moyenne de 1 % de leur enveloppe.

«Il n'y a pas de feux d'artifice, a reconnu Michel Audet. Nous gardons le cap sur nos priorités. Le budget se situe dans la continuité.» La présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, a insisté, quant à elle, sur «la rigueur et la discipline» de l'exercice.

Les feux d'artifice pourraient exploser plus tard, une fois que le gouvernement fédéral aura déposé son budget, le 19 mars prochain, par lequel il a promis de régler le déséquilibre fiscal. Pour l'utilisation de ces sommes versées par Ottawa, «mes collègues auront d'autres excellentes idées d'ici la fin du mois», a déclaré M. Audet au cours de la conférence de presse. Il ne s'agit pas d'un budget temporaire, a-t-il pourtant soutenu en conférence de presse. Mais devant quelques journalistes, M. Audet a reconnu que «ça prend un autre budget» présenté au cours de la prochaine session afin d'intégrer l'argent en provenance du fédéral et les nouvelles dépenses en santé, en éducation et dans les infrastructures.

Le budget actuel, «il est justement tout sauf électoraliste», a déclaré Michel Audet. Mais le ministre a reconnu qu'«il y a une cohérence entre la plate-forme électorale [libérale] et le budget». Cette cohérence se traduit par une baisse d'impôt de 250 millions à compter du 1er janvier 2008, conformément à l'engagement pris par le chef Jean Charest lors du Conseil général du Parti libéral du Québec de la fin de semaine, soit de remplacer les baisses d'impôt d'un milliard par an promises en 2003 par un objectif plus modeste de 250 millions par an cette fois-ci. Cette baisse d'impôt de 250 millions, qui provient d'un relèvement de 7 % des seuils de la table d'impôt, profitera à la classe moyenne. Depuis 2003, le gouvernement Charest avait surtout allégé le fardeau fiscal des gagne-petit.

Pour 2007-08, les revenus du gouvernement atteignent 60,3 milliards, en hausse de 1,3 %, alors que les dépenses progresseront de 4 %, ou de 2,3 milliards. En raison de revenus plus élevés que prévu en 2006-07, le gouvernement a réservé 500 millions pour l'année qui s'annonce, une somme qu'il appliquera surtout au règlement de l'équité salariale. En outre, le gouvernement peut compter sur des versements en péréquation supérieurs aux prévisions, soit 920 millions de plus. La lettre de la Loi sur l'équilibre budgétaire — le déficit zéro — sera respectée. Mais la dette du Québec s'accroît tout de même de 4,1 milliards pour l'année en cours et augmentera de trois milliards en 2007-08 pour atteindre 125,4 milliards. L'augmentation des dépenses en immobilisations nettes de deux milliards, notamment pour la réfection des routes, explique en partie cette situation.

La santé accapare les deux tiers de la hausse des dépenses de programme, soit 1,3 milliard, une augmentation de 6 % de son budget. Mais cette somme substantielle est grugée par l'entente avec les médecins spécialistes (400 millions), l'ajustement des salaires des employés du réseau, incluant l'équité salariale (492 millions) et la hausse des coûts des médicaments (175 millions), dont 16,5 millions pour étendre la gratuité des médicaments aux assistés sociaux et aux personnes âgées à faible revenu. Le vieillissement de la population entraîne des dépenses supplémentaires de 100 millions, tandis qu'on consacrera 50 millions pour réduire les listes d'attente pour les chirurgies. Pas de révolution en vue, donc.

L'éducation voit son enveloppe s'accroître de 4,4 %, ou de 567 millions. Mais encore là, en dehors de l'accroissement des coûts de système, il reste 120 millions, une somme déjà annoncée et réservée à l'éducation post-secondaire.

Pour 2007-08, l'impact de l'ensemble des mesures fiscales et budgétaires annoncées hier se chiffre à 423 millions et, pour une année entière, à 879 millions. Notons que le gouvernement devra résorber une impasse financière de 995 millions en 2008-09, prévoit le ministère des Finances.

Le dernier budget Audet n'a pas oublié les régions, toutes les régions, y compris Montréal. Le ministre a annoncé l'ajout de 300 millions au Fonds de développement régional en plus de 310 millions pour diverses mesures, le tout réparti sur cinq ans.

Pour les entreprises, on double le crédit de taxe sur le capital relatif aux nouveaux investissements en équipement pour soutenir le secteur manufacturier.

Pour les aînés, Michel Audet a pensé à majorer de 1000 $ à 1500 $ le crédit d'impôt pour revenus de retraite, une dépense de 10 millions cette année et de 70 millions en 2008-09. Il crée par ailleurs un nouveau crédit d'impôt pour les bénévoles qui accordent un répit aux aidants naturels.

Le crédit d'impôt remboursable pour le traitement de l'infertilité est augmenté de 30 % à 50 %. À cet égard, le ministère de la Santé et des Services sociaux s'apprête à apporter des changements dans le protocole de fécondation pour réduire le nombre élevé de grossesses multiples.

Aucune mesure particulière n'est prévue pour l'environnement si ce n'est l'augmentation de 1000 $ à 2000 $ du montant du remboursement de la taxe de vente du Québec (TVQ) pour l'achat d'un véhicule hybride, une mesure modeste qui représente un million par an.

Même si le budget — ou une autre mouture — ne sera pas adopté avant la prochaine session, les mesures fiscales qu'il contient, comme ce qui touche aux véhicules hybrides, les crédit d'impôt aux entreprises manufacturières et aux particuliers, sont entrées en vigueur à minuit.

«Promesses non tenues»

Pour l'opposition officielle, le dernier budget Audet est celui «des promesses non tenues» car il confirme que les baisses d'impôt d'un milliard ne seront pas au rendez-vous. Le critique en matière de finances, François Legault, estime que, pour la classe moyenne, les baisses d'impôt de 1200 $ sont effacées par des hausses de tarifs de 2200 $ par an. Il a dénoncé l'impasse financière de 995 millions à laquelle devra faire face le gouvernement en 2008-09. Le député de Rousseau a prédit l'échec des négociations sur le déséquilibre fiscal, qui se chiffre désormais à trois milliards en raison de la hausse de la péréquation et du «fédéralisme de photos de famille» où apparaissent Jean Charest et Stephen Harper.

C'est l'augmentation notable de la dette qui a retenu l'attention du chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont. Ce budget manque d'inspiration et d'imagination, a-t-il soulevé. «Il n'y a rien pour régler le déséquilibre familial», a lancé M. Dumont, qui a enfourché son cheval de bataille: l'absence d'une allocation pour les parents dont les enfants ne fréquentent pas les services de garde à 7 $. Le chef adéquiste a aussi qualifié le budget «d'extrêmement faible» eu égard à l'environnement.
 
 
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  • jacques noel - Inscrit
    21 février 2007 07 h 40
    Moins d'enfants mais 4% de plus à l'Éducation
    "Le vieillissement de la population entraîne des dépenses supplémentaires de 100 millions".On comprend. Mais comment expliquer que la baisse de natalité (on est passé de 100,000 naissances en 1980 à 75,000 en 2000) loin d'entrainer une baisse à l'Éducation, entraine au contraire une autre hausse de 4% du budget? A quand les bénéfices de la dénatalité?
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  • renaud Ledoux - Inscrit
    21 février 2007 17 h 06
    Pour répondre à Un noël qui nous offre des surprises amer
    Il m'est forcé de constater que monsieur noel offre toujours une réaction simpliste à une génération qui n'est pas la sienne. Vous décriez le fait que le budget de l'éducation de change pas en fonction du taux de natalité. Que dire? je suis ébranlé par tant de naïveté, désolé monsieur noel, jai rien contre vous, mais devriez revoir vos idées... connaissez-vous les nouvelles technologies, vous savez les trucs qui font que nous nous perfectionnons dans nos universités dans la recherche fondamentale qui donne la chance à nos étudiants de travailler à résorber des choses comme, je sais pas moi, le cancer ou le sida. Cela coûte très cher, mais rapporte beaucoup à la société québécoise. L'éducation, comparativement à la santé, n'est pas une dépense mais un investissement. De plus, force nous est de constater que les infrastructures vieillissantes contruites à l'époque de la révolution tranquille sont désuètes et délabrées, faites donc un tour dans nos universités et vous verrez les investissements qui doivent être fait... Sur ce, jespère que vous poursuivrez votre réflexion en tenant de la mienne... Amicalement Renaud
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