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Le risque de la continuité

Jean-Robert Sansfaçon   21 février 2007  Québec
L'exercice auquel vient de se livrer le ministre des Finances, Michel Audet, tient davantage du bilan comptable de quatre années de pouvoir du gouvernement que d'une manoeuvre destinée à insuffler une énergie nouvelle au Québec. Pas de doute, les finances du Québec sont toujours dans un état précaire, mais jusqu'à quel point un gouvernement peut-il compter sur un autre, celui de Stephen Harper, pour lui fournir les munitions nécessaires pour gagner des élections?

Le ministre Michel Audet a présenté son dernier budget avant sa retraite de la politique. De son propre aveu, M. Audet ne laissera pas le souvenir d'un artificier en mal de «feux d'artifice», mais plutôt celui d'un bon père de famille. Il faut dire que la situation financière du Québec n'a toujours rien de réjouissant et que certaines priorités — la santé et l'éducation — accaparent une fois de plus la plus grande partie de l'augmentation des dépenses. N'oublions pas que, malgré la prévision répétée d'un équilibre budgétaire, le Vérificateur du Québec a clairement démontré l'existence d'un déficit accumulé de plus de cinq milliards de dollars que seule la comptabilité créatrice du ministère des Finances permet de camoufler au fil des ans.

Cela dit, comme les budgets précédents, celui-ci contient quelques mesures peu spectaculaires et peu coûteuses qui sont tout de même intéressantes. On pense, par exemple, à l'augmentation des crédits d'impôt pour les aînés et les aidants naturels, à la hausse du remboursement de TVQ à l'achat d'une voiture hybride, à la création d'un nouveau crédit pour les familles qui participent au Régime d'épargne-études fédéral ou encore à la contribution au déficit du métro de Montréal, qui permettra de limiter les hausses de tarifs pour les usagers. Mais même en additionnant toutes les mesures fiscales lancées depuis 2003, nous sommes bien loin des cinq milliards de baisses d'impôt promises lors de la dernière campagne électorale!

En revanche, on ne retrouve à peu près rien pour soutenir le secteur manufacturier, aux prises avec une grave crise causée par la concurrence étrangère et la valeur du dollar canadien.

Campagne électorale oblige, Québec s'intéresse plus que jamais aux régions... et même à Montréal. Il y a deux semaines, le maire Gérald Tremblay avait demandé qu'on accorde de nouveaux pouvoirs de taxation à la métropole. Le gouvernement Charest ne donne pas suite à cette requête mais, comme prix de consolation, la Ville de Montréal recevra un petit 17 millions à gérer elle-même à des fins de développement. Même modeste, ce geste constitue une sorte de reconnaissance du rôle de ville-région joué par la métropole. Quant aux régions, elles recevront aussi une petite part du gâteau avec l'injection de 121 millions en 2007-08, tant pour les mines et la forêt que pour l'investissement en entreprises.

Voilà aussi des choix corrects, certes, mais qui ne sont que des miettes à l'échelle des 60 milliards de dollars de dépenses annuelles, dont plus de sept milliards en intérêts sur une dette qui continue de croître malgré l'équilibre comptable. Avec une telle obligation héritée du passé et des revenus qui n'augmentent toujours pas au rythme des dépenses essentielles au bon fonctionnement des services publics, le Québec a besoin plus que jamais de l'argent des transferts du gouvernement fédéral.

En accédant au pouvoir, en 2003, le gouvernement Charest avait tenté d'imposer des réformes teintées de conservatisme, mais il a vite compris qu'il n'avait pas été élu pour négocier un tel virage à droite. S'ensuivirent des mois d'inaction qui lui ont permis de reprendre un peu du poil de la bête. S'il est une chose qui ressort avec force de ce dernier budget Audet, c'est que M. Charest fait aujourd'hui le pari qu'il est préférable de terminer son mandat sans faire de vagues. Compte tenu de l'impopularité de son gouvernement, n'est-ce pas risqué de miser ainsi sur la continuité?

***

j-rsansfacon@ledevoir.com






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  • Françoise Labelle
    Inscrite
    mercredi 21 février 2007 07h19
    Astropolitique: encore des pas dans le vide
    « Votez pour moi. J'ai rien fait, je ferai rien, à part quelques gaffes. Mais ça va être bien emballé. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 08h05
    Budget: Deux question aux "experts" Libéraux.
    « « Un expert c est celui qui se trompe dans les règles » (Valery).

    Ma première question porte sur l "impasse budgétaire" identifier par M Le Breton (alors en mission politique pour Charest) qui aurait été de 4,3 milliards au moment ou le PLQ a prit le pouvoir. Selon les mêmes paramètres est ce exacte de dire (M. Auger; Cyberpresse) que cette impasse est maintenant rendue à 5,2 milliards.

    Deuxième question: Est ce que les "experts" qui sont venus valider le cadre économique du PLQ lors des dernières élections ; et, qui ont ainsi crédibilisé la promesse de baisse d impôt d un milliard par années promis par Charest pourrait nous dire (si on les trouve) qu est ce qui n a pas fonctionné dans leur « modèle » de prévisions.

    Cette manipulation du débat par l utilisation démagogique de ces experts de complaisances qui mettent leurs crédibilités en jeux devrait être dénoncé avec vigueur par les médias. Mais comme l ensemble de la médiacratie québécoise est d idéologie fédéraliste, on devra oublier ça et passer au prochain sujet ; avec encore des experts pour nous éclairer le débat. »

  • Roger Dion
    Abonné
    mercredi 21 février 2007 10h46
    LE RISQUE DE LA CONTINUITÉ AVEC CHAREST
    « OUI /c est risqué de miser sur la continuité./ Parce que tout le monde c est que les québécois ne donnent pas de troisième mandat a son gouvernement depuis des lunes.
    LA CONTINUITÉ. Il va oui faire tout ce qu il n a pas pu faire,/ M. CHAREST aurait dit, il faut faire les mauvais coups au début du mandat et après quelques bombons les gens oublis/ car de tout manière il ne reviendra pas pour un troisième mandat/nous allons en voir des belles/.
    Avec tous les scandales qui vont sortirent seulement après
    l élection les gens devraient y penser deux fois.
    Ne pas diviser le vote pour mettent se parti pourri a la porte / LE PIRE GOURVERNEMENT DU QUÉBEC 70% contre lui/ et donner un avertissement a tous les gouvernements, non les gouvernements avec /des scandales et des menteurs/ nous n en voulons plus, l élection suivante faire la même chose si le nouveau ne fait pas son travail correctement.
    NOUS APPELONS CA LA DÉMOCRATI
    /c est nous qui pouvons la faire/
    ROGER DION rogerdion@hotmail.com »

  • Philip Merrigan
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 13h23
    Le plan budgétaire libéral de 2002
    « Étant un des analystes du plan liberal de 2002, je me sens contraint de répondre au courriel de Monsieur Pomerleau. Ce plan se basait sur des hypothèses réalistes sur la croissance économique, l'impact de la croissance sur les revenus du gouvernement provincial, sur la croissance des transferts fédéraux et les intérêts payés sur la dette.

    La croissance économique a été un plus faible que prévue, la croissance des transferts fédéraux aussi en début de mandat, mais elle est maintenant beaucoup plus forte, enfin les prédictions du plan sur les intérêts étaient très justes, 7,3 millions prévus pour 2007-2008 par le gouvernement actuel, 7,7 prévus dans le plan 2002. Il faut aussi mentionner que les prévisions ont été faites sur une base de revenus de l'état plus élevés que ceux révisés par les libéraux une fois au pouvoir. Les projections du plan étaient faites sur la base des revenus publiés à l'époque, soit en 2002.

    Il faut se rappeler du fameux trou budgétaire du premier budget 2003-2004. Pour s'en convaincre il faut regarder les projections du dernier budget Marois, mais je m'éloigne de mon sujet.

    En signant mon avis sur les hypothèses utilisées par le plan, j'écrivais à la fin qu'une conditions sine qua non de sa réalisation était le gel nominal des dépenses dans les autres secteurs que la santé et l'éducation.

    Pour la santé, le gouvernement s'en tient à ce qu'il avait prévu (approximativement 5.1% nominalement par année), pour l'éducation il prévoyait 1.75% par année, l'augmentation a été plus près de 4%, on annonce une augmentation en fait de 4.4% pour l'an prochain, donc déjà des dépenses plus élevées que prévues.

    Cependant, la baisse d'impôt ne s'est pas produite car le gel nominal dans les autres secteurs ne s'est pas produit. En effet, le plan de 2002 prévoyait pour 2007-2008 des dépenses de programme de 50,5 milliards alors que le gouvernement actuel en prévoit 53,6 pour 2007-2008, 3,1 milliards de plus. La marge de manoeuvre pour des baisses d'impôt était là, le gouvernement a fait d'autres choix, entre autres l'équité salariale.

    En fait, lorsqu'on revoit le plan de 2002 à la lumière des chiffres d'aujourd'hui il n'était pas si mal. Comme analyste on me demandait que si les hypothèses économiques sous-jacentes au plan étaient plausibles, la question sur la discipline nécessaire pour réaliser les projections de dépenses de programmes relève plus des sciences politiques que des sciences économiques. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mercredi 21 février 2007 18h56
    En réponse à l expert.
    « Si je comprend bien les explications de M Philip Merrigan, la priorité d invsetir en éducation ne faisait pas partie réellement du programme du PLQ; et s agissant du jugement sur l équité salariale,qu il n avait pas prévue de répondre au jugement de la cour. Ajouter à cela le manque à gagner due à la baisse de l activité économique sous leur gouverne et ont a des éclaircissement sur le pourquoi il ont pas honnorer leurs engagement. Hum... »

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