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Un candidat, c'est bien, mais deux, c'est mieux!

Un candidat de Québec solidaire aura une «candidate associée» à ses côtés afin de «partager les tâches» entre les sexes et de permettre une meilleure conciliation travail-famille

Antoine Robitaille   16 février 2007  Québec
«On ne multipliera pas ce type d’expérience avant d’en avoir fait un sérieux bilan», dit Françoise David
«On ne multipliera pas ce type d’expérience avant d’en avoir fait un sérieux bilan», dit Françoise David
Québec — Le candidat de Québec solidaire dans Charlesbourg aura une «candidate associée» qui fera campagne à ses côtés afin de «partager les tâches» entre les sexes et de permettre une meilleure conciliation travail-famille. Il s'agit d'une première au Québec. Mais ce «projet-pilote» inusité laisse plutôt froide la porte-parole conjointe du parti, Françoise David, qui a déclaré que la chose se limitera à Charlesbourg: «On ne commencera pas à multiplier ce type d'expérience avant d'en avoir fait un sérieux bilan.» Pourtant, l'exemple vient de haut, note le candidat de QS dans Charlesbourg, Réjean Dumais: le parti n'a pas vraiment de chef mais bien deux «co-porte-parole», un homme et une femme, Mme David et Amir Khadir.

Ingénieur au ministère des Transports, M. Dumais a expliqué au Devoir cette semaine que l'association locale de QS dans Charlesbourg (en banlieue de Québec) a fonctionné avec une direction bicéphale depuis sa fondation. Ce faisant, les membres ont découvert les «complémentarités» entre les deux sexes: «Une femme ne voit pas nécessairement les choses de la même façon qu'un homme en toute circonstance», a noté M. Dumais. Et à la soirée d'investiture, il a été tout naturel pour cette association de se donner un candidat et une «candidate associée», Martine Sansfaçon, infirmière et agente de pastorale de formation, qui travaille en défense des droits des femmes.

Évidemment, l'expérience pose un certain nombre de problèmes techniques. Y aura-t-il deux noms sur le bulletin de vote? «Non, malheureusement, la loi électorale ne permet encore qu'un seul nom par parti», a-t-il souligné. Ce que, d'ailleurs, le directeur général des élections (DGE) a confirmé hier. «Mais en termes pratiques, à Charlesbourg, les gens savent que le candidat n'est pas seul, qu'il a une candidate associée.» Est-ce à dire qu'ils seront deux sur les affiches électorales? «On a beaucoup hésité, mais finalement, il n'y aura qu'un seul visage, le mien. Mais ce qui est sûr, c'est que les pancartes, c'est de la pollution visuelle. On va en avoir quelques-unes seulement», a répondu M. Dumais.

S'ils étaient élus, les co-députés de Charlesbourg innoveraient aussi, mais dans les limites du cadre actuel. «On ne pourra pas fonctionner à deux dans le Parlement parce que ce n'est pas admis juridiquement, sauf qu'en pratique, on va être capables de se partager la tâche.» Ce modus vivendi permettrait de concilier le travail politique et la vie de famille. Déjà, constate M. Dumais, la formule s'est révélée «très avantageuse». «Parfois, il y a des réunions qui sont fixées et je ne peux pas y assister à cause de mon travail. Martine y va et nous assurons une présence.» Lundi, lorsque nous avons téléphoné à la candidate associée, celle-ci s'est dite dans l'impossibilité de nous parler pour des raisons familiales: «Présentement, Monsieur, c'est le "rush" des devoirs avec les enfants, et ensuite c'est le souper. Il va falloir qu'on se reparle un autre jour à une autre heure. Désolé, ce sont mes priorités.» Advenant qu'ils soient choisis par le peuple, les co-élus établiraient une position commune avant de voter au Parlement: «Si on avait le droit, on irait voter chacun notre tour.» Et le salaire du député (ou de la députée), il faudrait le partager, non? «Je prônerais qu'on aille jusque-là», a soutenu M. Dumais.

Farfelu?

Le candidat le reconnaît: «Plusieurs personnes à qui je présente notre idée trouvent ça assez farfelu au départ, mais lorsqu'elles y réfléchissent un peu, elles se disent que ç'a plein de bon sens de partager un tel travail. Il ne faut pas se le cacher: la job est énorme. Un député ou, pire, un ministre, c'est faramineux, l'ouvrage qu'il a. Nous, on dit qu'il y a de l'ouvrage pour deux, c'est tout.» En fait, il s'agirait de reconnaître un état de fait actuel: «J'ai témoigné à la Commission sur la loi électorale, où j'ai présenté un mémoire. J'ai expliqué à une députée que quand elle quitte sa circonscription pour aller à Québec, il y a quelqu'un qui reste dans le comté et qui répond pour l'élu. Notre formule n'est pas si différente et ne fait qu'officialiser les choses», a-t-il affirmé. La notion de candidat associé a un autre avantage, a ajouté M. Dumais: «Deux personnes, c'est toujours mieux. Il y a des gens qui sont peut-être plus à l'aise avec moi et d'autres plus confortables avec Martine. Nos citoyens auraient donc le choix de confier leurs problèmes, de soumettre leurs suggestions à celui des deux élus avec lequel il préférerait parler.»

M. Dumais se dit conscient que Françoise David n'est pas très chaude à l'idée de la candidature associée. Mais il croit que la formule reproduit au niveau du comté le «principe de porte-parole homme et porte-parole femme» du national. (Il faut aussi savoir que pour se conformer à la loi électorale, QS a un «chef» désigné, Réjean Séguin, une sorte de «lieutenant-gouverneur» — en moins onéreux, bien sûr —, qui ne prend aucune décision.) Par ailleurs, M. Dumais nuance: «Nous, on ne propose pas un modèle. C'est juste qu'on fonctionnait mieux comme ça.» Il a expliqué que Mme David craint qu'on présente cette formule comme une solution pour atteindre un des objectifs cardinaux de QS, la parité hommes-femmes dans les candidatures. En passant, Mme David se disait confiante cette semaine d'annoncer bientôt «d'excellentes nouvelles quant à la parité».

Investitures collectives

La notion de candidature associée n'est pas la seule innovation politique présentée par QS en cette période préélectorale. La formation politique de gauche organise aussi des «assemblées d'investiture collectives». Comme le faisait récemment remarquer le blogue QuébecPolitique.com, «on avait connu les mariages collectifs durant la Seconde Guerre mondiale; nous avons droit aujourd'hui aux investitures collectives grâce à Québec solidaire».

En effet, QS organisera une grande assemblée d'investiture à Montréal lundi et en Outaouais le 21 février afin de désigner les candidats dans les circonscriptions dénuées d'association locale ou dans celles où le nombre de membres est trop restreint pour tenir une assemblée d'investiture autonome. «Puisqu'on ne veut pas que ça soit deux ou trois personnes qui nomment les candidats, on fait une assemblée régionale en bonne et due forme. Ça permet une décision plus collective», a expliqué Mme David. «Il y a d'autres cas où ce n'est pas forcément parce qu'il n'y a pas d'association. Mais il peut y avoir des associations très petites où les gens se disent: "tiens, on va faire ça tout le monde ensemble"», a expliqué la porte-parole.

Jusqu'à maintenant, dans les 125 circonscriptions, 70 candidats de QS ont été choisis et 38 confirmations sont attendues très bientôt. Le sondage Léger Marketing-Le Journal de Montréal créditait QS de 5 % des intentions de vote.
 
 
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  • Sonia Trépanier - Abonné
    16 février 2007 06 h 01
    Deux pour le prix d'un.
    Québec solidaire il ne finira pas de nous surprendre...positivement!
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  •  
  • jacques noel - Inscrit
    16 février 2007 07 h 12
    Delisle....lieutenant-gouverneur?
    La dernière rumeur à Québec (ville de toutes les rumeurs). Margaret Delisle serait nommée LG.
    Elle devait se représenter. Elle l'a dit à la télé communautaire. Le lendemain elle annonçait sa retraite pour raison de maladie.
    Les Libéraux sont menacés dans la région de Québec (je pense qu'ils vont se faire lessiver par l'ADQ qui va tout raffler la région: 10 ans de radio X ont fait leur effet). Sans Québec Charest doit dire adieu à sa majorité. Alors il a envoyé le bon docteur Couillard pour sauver la mise.
    Pour tasser Delisle, il lui a offert un prix de consolation: devenir la Reine du Québec.
    A suivre....
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  • Pierre LacombeP - Abonné
    16 février 2007 08 h 21
    Une direction claire
    Je peux comprendre les réticences de Madame David concernant ces candidats associés, je ressens le même malaise quand à la direction bicéphale du parti. Tant que le leadership de Québec Solidaire ne sera pas clairement établi, je m'abstiendrai de voter pour cette formation actuellement trop nébuleuse.

    Pierre Lacombe
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  • André Julien - Inscrit
    16 février 2007 08 h 28
    L'innovation n'est pas la mère de tous les vices, au contraire.
    Québec Solidaire se doit de proposer de voies nouvelles. Faire de la politique autrement en est une.
    Pourquoi s'acharner dans les charnières lorsqu'on peut avancer autrement.
    L'inclusion des citoyens dans les processus électoraux pour qu'ils s'impliquent non seulement durant le temps des élections mais tout le temps est un défi. Tous connaissent les défis des parlementaires qui doivent être à la fois, au parlement comme député ou ministre, dans leur comté comme représentant de leur commettants et dans leur famille comme père ou mère de famille. Ce n'est pas un peu trop pour une personne ? On parle de ce sujet depuis une éternité, souvent parler pour parler, car personne n'a de solution. De la mettre au rancart la proposition actuelle sans l'étudier, la modifier et l'expérimenter serait une erreur. Un tiers parti gouverne rarement mais il est le fer de lance de changement dans la société. Il n'y a qu'à penser aux efforts du NPD qui ont apporté l'assurance -maladie aux canadiens. On repousse du revers de la main les idéalistes tout en élisant des personnes qui en fin de compte des représentants de la grande entreprise et qui une fois élus travailleront dans la ligne de pensée de leur anciens patrons au détriment des personnes qui les ont élus. Il faut, au départ, élire la bonne personne qui est de notre côté.
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  • Roland Berger - Abonné
    16 février 2007 10 h 54
    Innover enfin !
    Excellente initiative ! Il ne suffit pas de parler, il faut passer à l'action et modifier l'institution dont se servent les élus pour nous f....
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  •  
  • Roland Côté - Abonné
    16 février 2007 22 h 22
    Un parti dans la brume
    La clarte c'est pas le fort de Quebec solidaire. Un nom de parti tordu, une double direction. Un parti de gauche de salon. Un parti souverainiste qui ne parle jamais de souverainete. Quel fouilli....quel ambiguite... ???
    Ils doivent toujours avoir a donner des expliquations sans fin. Des candidats associes, quelle est la prochaine triste farce. Quel perte de temps et d'energie.
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