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Le chef de l'ADQ comparé à Le Pen - Dumont exige des excuses des libéraux

Isabelle Porter   15 février 2007  Québec
Mario Dumont
Photo : Agence Reuters
Mario Dumont
Québec — Après avoir mis les pieds dans le plat en comparant Mario Dumont au leader d'extrême droite français Jean-Marie Le Pen, la recrue libérale Pierre Arcand a tenté de modérer ses propos hier. Mais le chef de l'ADQ exige une rétractation officielle dès aujourd'hui, à défaut de quoi il menace de le poursuivre en justice.

«Ce n'est pas vrai que l'on va laisser passer ça. Le monsieur devra s'excuser. Nous exigeons une rétractation générale et publique», a déclaré hier Mario Dumont en insistant sur le fait que le dossier était entre les mains de ses avocats.

La phrase a été lancée en matinée, lors d'un entretien à la radio avec l'animatrice Christiane Charette. «Dans le cas de Mario Dumont, ce que je n'aime pas, c'est qu'en 1995 il était indépendantiste, puis en l'an 2000 il était comme Mike Harris. Là, il devient le Jean-Marie Le Pen du Québec. Il a fait une attaque directe contre les communautés culturelles», a déclaré le président démissionnaire de Corus Québec Radio en réponse à une question sur les chefs de parti au Québec.

La comparaison en a fait bondir plus d'un hier. «C'est extrêmement démesuré, a déclaré l'ancien président de l'ADQ et professeur de science politique Guy Laforest. Ça discrédite profondément M. Arcand lui-même. Tant sur le plan des écrits et des programmes que sur l'ensemble des discours et des documents publics, Mario Dumont et l'Action démocratique du Québec n'ont objectivement rien à voir avec le caractère foncièrement raciste de la démarche politique de Jean-Marie Le Pen.»

Médusé par la maladresse du nouveau candidat libéral, le professeur Christian Dufour, de l'École nationale d'administration publique (ENAP), a parlé d'une «gaffe de premier niveau» dans la mesure, dit-il, où le gouvernement Charest a notamment créé une Commission d'étude sur les accommodements raisonnables pour éviter que ce dossier ne soit débattu durant la campagne électorale.

«Il ne faudrait pas céder à la tentation de démoniser ceux qui ont parlé d'accommodements raisonnables. C'est quand même un débat qui est légitime. La tentation, c'est de dire que ce sont des racistes, des xénophobes. En France, c'est ce qu'ils ont fait et on a vu ce que ç'a donné... »

M. Arcand a tenté en vain de calmer le jeu. Dans un communiqué diffusé hier après-midi, il a convenu que l'analogie utilisée était «très forte»: «J'ai tenté simplement de souligner le fait que monsieur Dumont, en exploitant [le débat sur les accommodements raisonnables], divise les Québécois.»

L'affaire a poursuivi son gouvernement toute la journée. Interrogée à la sortie du conseil des ministres, la ministre de la Culture, Line Beauchamp, s'en est prise au chef de l'ADQ: «Selon la une des journaux, il change de convictions, il change de positions, a-t-elle rétorqué. Mais je vous dirais ce que mon premier ministre disait, il n'y a pas si longtemps, par rapport à la politique française: "Non ingérence et non indifférence." On va se limiter à des débats et à des comparaisons qui se passent ici.»

Plus tôt en matinée, le ministre responsable du Développement économique, Raymond Bachand, a concédé que «les analogies sont toujours dangereuses», tout en reprochant à Mario Dumont de «jouer» avec «l'inquiétude réelle de plusieurs Québécois» dans le dossier des accommodements raisonnables.

En fin de journée, le premier ministre a dû lui aussi réagir aux propos de sa recrue. «Pierre Arcand a lui-même reconnu que le choix était trop fort et je pense qu'il a eu raison de faire cette mise au point», a-t-il déclaré lors d'un point de presse télévisé.

Mais le chef de l'ADQ n'est pas satisfait, a assuré hier son attaché de presse, Jean-Nicolas Gagné: «Je n'ai pas vu d'excuses [dans le communiqué publié par M. Arcand] et on a vu aussi que M. Charest ne s'était pas dissocié de ses propos. Nos avocats continuent de regarder ça et on va arriver avec une proposition demain.»






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  • Girard Francis
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 07h36
    Et Sevrant
    « Il existe en France un personnage public appelé Pascal Sevran.

    Monsieur Dumont lui ressemble sur quelques points. Tous deux ne se laissent pas marcher sur les pieds (franchement M. Dumont, comme vous y allez avec vos avocats!), tous deux jouent dangeureusement sur les cordes de la xénophobie. Ce sont des personnages détestables.

    Pour M. Sevran :

    http://www.lefigaro.fr/france/20061207.WWW000000347_quand_pascal_sevran_derape.html

    Allez mon beau petit Mario, je t'embrasse affectueusement en espérant que tu ne me poursuives pas en justice pour autant. Et un petite tape sur les fesses pour t'encourager.

    Je t'aime moi aussi. »

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 07h57
    Comme Le Pen, Dumont monte...
    « Comme Le Pen, Dumont monte sur une question de fond: l'identité.

    La première fois que je suis allé en France, c'était les présidentielles de 1974. Le Pen faisait 1%. Je me rappelle de lui parce que sur les panneaux il arborait fièrement une fleur de lys. En 2002, Le Pen était en finale contre Chirac. Personne au monde n'aurait pu prédire une telle ascension.

    Que disait Le Pen dès 1974? Qu'il fallait restreindre l'immigration. Que l'immigration apportait beaucoup plus d'emmerdes à la France que de bénéfices. Que la violence montait dans les banlieues et que les médias s'en foutaient. Pire, ils la cachaient (comme on fait au Québec présentement. Comment expliquer qu'aucune stat sur la criminalité ethnique est publiée au Québec alors que tous les jours les exploits des gangs de rue défraient la manchette???). Qu'il fallait se méfier du fondamentalisme, source de terrorisme. Que si rien n'est fait, dans moins d'un siècle la France serait à majorité musulmane.

    En Espagne, on ne sait plus où parquer les réfugiés africains des Canaries. En Hollande, pays tolérant s'il en est, c'est le ras-le-bol suite à l'assassinat de Van Gogh et Pim Fortuyn. On a dit NON à la nouvelle constitution européenne parce que la maison est pleine (pourtant il n'y a que 4% d'immigrants contre 12% au Québec). Au Danemark, pays hyper-tolérant, l'extrême-droite est rendue à 15%. En Angleterre, ce sont les enfants musulmans, nés sur l'ile, qui se font exploser pour Allah et Blair vient de faire adopter un code de "britanisation"! Bref, partout c'est l'échec du multiculturalisme, idéologie que Le Pen combattait dès 1974, à l'époque tout le monde le traitait de fou... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 15 février 2007 08h26
    INJURES ET EXCUSES
    « Nos politiciens sont beaucoup plus portés sur l'injure que sur l'excuse. Ce n'est pas M. Arcand qui va changer ça...si on se fie, en politique, à ses premiers pas. »

  • Denis Biron
    Inscrit
    jeudi 15 février 2007 09h55
    Recrue vedette ? ... à voir !
    « Monsieur Arcand a fait une gaffe monumentale pour un individu qui se lance en politique. J'imagine son discours démesuré lorsqu'il s'agira de parler de souveraineté politique du Québec - lui qui prétend être un fédéraliste avant tout.

    Denis B. »

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