Couillard s'éloigne de Montréal
Le ministre sera candidat dans Jean-Talon, à Québec
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest et son ministre de la Santé, Philippe Couillard, qui sera candidat dans la circonscription de Jean-Talon, à Québec.
Québec — Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, responsable, entre autres dossiers, du CHUM, ne se représentera pas à Montréal aux prochaines élections, mais dans la Capitale nationale. Actuellement député de Mont-Royal, il briguera les suffrages dans la circonscription de Jean-Talon, actuellement représentée par la ministre Margaret Delisle, laquelle quitte la vie politique en raison de problèmes de santé (elle est atteinte de polyarthrite rhumatoïde).
M. Couillard en a fait l'annonce hier, à Sillery, en compagnie du premier ministre, Jean Charest, et de la députée sortante, laquelle a 60 ans et est ministre déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Réadaptation depuis février 2005. M. Couillard a insisté sur le fait que, «pour concilier le travail et la famille», il vivait à Québec avec sa famille depuis son élection en 2003 et qu'il souhaitait maintenant saisir cette occasion de «rapprocher [son] lieu de travail de [sa] résidence».
D'aucuns ont vu dans cette annonce une manoeuvre du PLQ pour réagir à la montée de l'Action démocratique de Mario Dumont dans la région de Québec.
Le premier ministre a tenu à souligner en caractères gras que cette candidature de prestige démontrait «l'importance» qu'il accorde à la Capitale nationale, une région «où l'on ne doit pas tenir pour acquis les succès actuels parce que l'expérience nous apprend... On a mérité la confiance de la population et on veut continuer à la mériter», a-t-il déclaré.
Le sondage Léger-Marketing-Le Devoir, dont les résultats ont été publiés le 30 janvier évaluait que l'ADQ allait chercher 35 % des appuis dans la capitale alors que les libéraux en récoltaient 31 % et le Parti québécois 23 %. Selon des sources, d'autres sondages internes du PLQ effectués la semaine dernière montreraient que cette tendance se maintient et même que les écarts s'accentuent, notamment au détriment du Parti québécois, qui aurait chuté à 17 % à Québec.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Dans Jean-Talon justement, en 1994, Diane Lavallée, pour le Parti québécois, n'avait perdu que par 24 voix contre Margaret Delisle (qui avait été mairesse de Sillery depuis 1985). Mme Delisle en était à sa première victoire, d'ailleurs la seule libérale dans la région lors de cette élection. Depuis, à chaque scrutin, le PQ a perdu du terrain. En 2003, Margaret Delisle (qui est la soeur du sénateur et ministre conservateur Michael Fortier) l'a remporté par 3476 voix, soit 45,6 % des votes, le PQ en récoltant 35 %. Lors du prochain scrutin, une jeune avocate au gouvernement, Véronique Hivon, ex-conseillère des ministres péquistes Serge Ménard et Linda Goupil, affrontera Philippe Couillard. Luc de la Sablonnière représentera l'ADQ dans cette circonscription qui contient l'Université Laval. Dans un communiqué, M. de la Sablonnière soulignait hier que M. Couillard ne connaît pas les dossiers de la région et qu'en «décembre dernier, plus de 5000 citoyens de la région de Québec étaient en attente pour une chirurgie depuis plus de 6 mois». Le chef de l'ADQ a réagi à l'annonce d'hier dans Jean-Talon sur le même ton: «On avait tous constaté que Philippe Couillard n'avait pas "livré la marchandise" au niveau du système de santé [...]. On ne savait pas cependant qu'il n'avait pas non plus "livré la marchandise" dans son comté», a-t-il ironisé à Radio-Canada.
Quant au chef péquiste, André Boisclair, il tenait hier une conférence de presse pour dénoncer «l'inaction et le manque de leadership» du gouvernement Charest dans la métropole. M. Boisclair, faisant référence au choix de M. Couillard, a eu beau jeu de dire que non seulement Montréal avait perdu 70 000 personnes au profit des banlieues ces dernières années, mais qu'en plus, la ville «se vidait de ses ministres» (voir autre texte sur le sujet en A 3). Avec Philippe Couillard comme élu de Québec, la capitale gagnerait en influence au Conseil des ministres, faisait remarquer le Journal de Québec hier. D'autant plus que le ministre régional, Michel Després, détient le portefeuille Transports. À eux deux, ils auraient la mainmise sur plus de la moitié du budget du Québec.
Mont-Royal
Dans Mont-Royal, certains électeurs, du secteur de Glenmount, affectés par les aléas des fusions et des défusions, ne gardent pas nécessairement un bon souvenir de leur député. Lors des fusions, Glenmount a été rattaché à l'arrondissement Mont-Royal. Mais celui-ci a «défusionné» en 2004 et a repris, comme la loi le stipulait, ses anciennes frontières, si bien que Glenmount a été retourné à Montréal et rattaché à l'arrondissement Côte-des-Neiges. De nombreux habitants de Glenmount, physiquement séparés de Côte-des-Neiges par une voie ferrée, ont demandé depuis à être rattachés à la municipalité reconstituée de Mont-Royal, à laquelle ils s'identifient. Un des fondateurs de l'Association communautaire de Glenmount, Patrick Hamel, estime que si leur député Philippe Couillard a semblé réceptif à leur cause, il n'a pas fait grand-chose, depuis trois ans, pour les aider à régler ce dossier: «Il nous avait promis de parler à [la ministre des Affaires municipales] Nathalie Normandeau de notre problème, mais il ne l'a jamais fait.»
Cannon dans Taschereau
Par ailleurs, M. Couillard aurait refusé de se porter candidat dans la circonscription qu'il habite, Taschereau, où la péquiste Agnès Maltais, ancienne ministre de la Culture, est solidement implantée depuis 1998. C'est un trentenaire, spécialiste de la gestion de festivals, Philippe Cannon, fils du ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, qui sera candidat libéral dans Taschereau. Dans la dernière décennie, Philippe Cannon a travaillé, pour le Carnaval de Québec, le Festival d'été et Québec-New York (la Saison du Québec annulée après le 11 septembre 2001. M. Cannon était d'ailleurs à New York à cette date fatidique). Il est actuellement consultant pour l'organisation des fêtes du 400e anniversaire de Québec. «Nous allons arracher Taschereau au PQ», a prédit le premier ministre Charest, hier.
M. Couillard en a fait l'annonce hier, à Sillery, en compagnie du premier ministre, Jean Charest, et de la députée sortante, laquelle a 60 ans et est ministre déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Réadaptation depuis février 2005. M. Couillard a insisté sur le fait que, «pour concilier le travail et la famille», il vivait à Québec avec sa famille depuis son élection en 2003 et qu'il souhaitait maintenant saisir cette occasion de «rapprocher [son] lieu de travail de [sa] résidence».
D'aucuns ont vu dans cette annonce une manoeuvre du PLQ pour réagir à la montée de l'Action démocratique de Mario Dumont dans la région de Québec.
Le premier ministre a tenu à souligner en caractères gras que cette candidature de prestige démontrait «l'importance» qu'il accorde à la Capitale nationale, une région «où l'on ne doit pas tenir pour acquis les succès actuels parce que l'expérience nous apprend... On a mérité la confiance de la population et on veut continuer à la mériter», a-t-il déclaré.
Le sondage Léger-Marketing-Le Devoir, dont les résultats ont été publiés le 30 janvier évaluait que l'ADQ allait chercher 35 % des appuis dans la capitale alors que les libéraux en récoltaient 31 % et le Parti québécois 23 %. Selon des sources, d'autres sondages internes du PLQ effectués la semaine dernière montreraient que cette tendance se maintient et même que les écarts s'accentuent, notamment au détriment du Parti québécois, qui aurait chuté à 17 % à Québec.
Il n'en a pas toujours été ainsi. Dans Jean-Talon justement, en 1994, Diane Lavallée, pour le Parti québécois, n'avait perdu que par 24 voix contre Margaret Delisle (qui avait été mairesse de Sillery depuis 1985). Mme Delisle en était à sa première victoire, d'ailleurs la seule libérale dans la région lors de cette élection. Depuis, à chaque scrutin, le PQ a perdu du terrain. En 2003, Margaret Delisle (qui est la soeur du sénateur et ministre conservateur Michael Fortier) l'a remporté par 3476 voix, soit 45,6 % des votes, le PQ en récoltant 35 %. Lors du prochain scrutin, une jeune avocate au gouvernement, Véronique Hivon, ex-conseillère des ministres péquistes Serge Ménard et Linda Goupil, affrontera Philippe Couillard. Luc de la Sablonnière représentera l'ADQ dans cette circonscription qui contient l'Université Laval. Dans un communiqué, M. de la Sablonnière soulignait hier que M. Couillard ne connaît pas les dossiers de la région et qu'en «décembre dernier, plus de 5000 citoyens de la région de Québec étaient en attente pour une chirurgie depuis plus de 6 mois». Le chef de l'ADQ a réagi à l'annonce d'hier dans Jean-Talon sur le même ton: «On avait tous constaté que Philippe Couillard n'avait pas "livré la marchandise" au niveau du système de santé [...]. On ne savait pas cependant qu'il n'avait pas non plus "livré la marchandise" dans son comté», a-t-il ironisé à Radio-Canada.
Quant au chef péquiste, André Boisclair, il tenait hier une conférence de presse pour dénoncer «l'inaction et le manque de leadership» du gouvernement Charest dans la métropole. M. Boisclair, faisant référence au choix de M. Couillard, a eu beau jeu de dire que non seulement Montréal avait perdu 70 000 personnes au profit des banlieues ces dernières années, mais qu'en plus, la ville «se vidait de ses ministres» (voir autre texte sur le sujet en A 3). Avec Philippe Couillard comme élu de Québec, la capitale gagnerait en influence au Conseil des ministres, faisait remarquer le Journal de Québec hier. D'autant plus que le ministre régional, Michel Després, détient le portefeuille Transports. À eux deux, ils auraient la mainmise sur plus de la moitié du budget du Québec.
Mont-Royal
Dans Mont-Royal, certains électeurs, du secteur de Glenmount, affectés par les aléas des fusions et des défusions, ne gardent pas nécessairement un bon souvenir de leur député. Lors des fusions, Glenmount a été rattaché à l'arrondissement Mont-Royal. Mais celui-ci a «défusionné» en 2004 et a repris, comme la loi le stipulait, ses anciennes frontières, si bien que Glenmount a été retourné à Montréal et rattaché à l'arrondissement Côte-des-Neiges. De nombreux habitants de Glenmount, physiquement séparés de Côte-des-Neiges par une voie ferrée, ont demandé depuis à être rattachés à la municipalité reconstituée de Mont-Royal, à laquelle ils s'identifient. Un des fondateurs de l'Association communautaire de Glenmount, Patrick Hamel, estime que si leur député Philippe Couillard a semblé réceptif à leur cause, il n'a pas fait grand-chose, depuis trois ans, pour les aider à régler ce dossier: «Il nous avait promis de parler à [la ministre des Affaires municipales] Nathalie Normandeau de notre problème, mais il ne l'a jamais fait.»
Cannon dans Taschereau
Par ailleurs, M. Couillard aurait refusé de se porter candidat dans la circonscription qu'il habite, Taschereau, où la péquiste Agnès Maltais, ancienne ministre de la Culture, est solidement implantée depuis 1998. C'est un trentenaire, spécialiste de la gestion de festivals, Philippe Cannon, fils du ministre fédéral des Transports, Lawrence Cannon, qui sera candidat libéral dans Taschereau. Dans la dernière décennie, Philippe Cannon a travaillé, pour le Carnaval de Québec, le Festival d'été et Québec-New York (la Saison du Québec annulée après le 11 septembre 2001. M. Cannon était d'ailleurs à New York à cette date fatidique). Il est actuellement consultant pour l'organisation des fêtes du 400e anniversaire de Québec. «Nous allons arracher Taschereau au PQ», a prédit le premier ministre Charest, hier.
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