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Candidat du PQ aux prochaines élections - Bernard Drainville a fait les premiers pas

Kathleen Lévesque   9 février 2007  Québec
Bernard Drainville répondant aux questions des journalistes, hier.
Photo : Jacques Nadeau
Bernard Drainville répondant aux questions des journalistes, hier.
Le journaliste Bernard Drainville a lui-même sollicité le Parti québécois afin d'en porter les couleurs lors des prochaines élections générales, a appris Le Devoir d'une source péquiste sûre.

Or l'aspirant candidat, qui est en congé sans solde de la télévision de Radio-Canada, a affirmé en conférence de presse hier que les premiers pas ont été faits par l'ancien premier ministre Jacques Parizeau. M. Parizeau a confirmé avoir approché M. Drainville mercredi de la semaine dernière par l'intermédiaire de sa conjointe qu'il connaît. Il a toutefois dit ignorer s'il y avait eu des démarches préalables de la part de M. Drainville pour manifester son intérêt. Bernard Drainville n'était pas disponible en soirée pour indiquer s'il a poursuivi son travail de correspondant parlementaire et de chef de bureau au moment où il frappait à la porte du PQ. Le directeur des communications du PQ, Daniel Bussières, a affirmé que «c'est totalement faux».

Plus tôt dans la journée, Bernard Drainville a martelé devant les journalistes que «les considérations éthiques ont été tout au long de ce cheminement très présentes à [son] esprit».

Celui qui s'est fait fort, au cours de ses 18 ans de carrière journalistique à Radio-Canada, de débusquer les problèmes d'éthique chez les politiciens a assuré que ce n'est qu'à partir de l'appel de M. Parizeau qu'il a réfléchi à la possibilité de faire le saut en politique. Dès lors, il s'est retiré des ondes en mentionnant à ses patrons que c'était pour des «motifs personnels», sans plus.

Pendant trois jours, il a donc pesé les pour et les contre d'un tel changement de vie avec sa conjointe. Vendredi dernier, Bernard Drainville a prévenu directement André Boisclair qu'il refusait l'offre. M. Drainville est resté silencieux sur la circonscription dans laquelle le PQ souhaitait qu'il se présente. Des journalistes ont parlé de Joliette, mais la nouvelle recrue péquiste a soutenu que l'offre était générale.

«Mais finalement, ça n'a pas fonctionné. Cette proposition-là, on l'a déclinée, ma femme et moi. Ce n'est que mardi de cette semaine qu'est arrivée la deuxième proposition», a-t-il expliqué.

Entre le non de vendredi et le oui de mardi, avez-vous fait monter les enchères? lui a demandé un journaliste. «Je ne peux rien contre les apparences», a laissé tomber M. Drainville, qui briguera les suffrages dans la circonscription de Marie-Victorin, considérée comme un bastion péquiste.

Chose certaine, samedi matin, alors que M. Drainville revêtait de nouveau son chapeau de journaliste pour mener une entrevue avec le chef péquiste André Boisclair (diffusée dimanche dernier), il croyait encore possible qu'une autre proposition lui parvienne. Ainsi avait-il demandé à son collègue Sébastien Beauvet de demeurer disponible pour le remplacer.

«S'il y avait une autre offre, j'étais prêt à ne pas faire l'entrevue. [...] Pour moi, c'était comme une forme de police d'assurance. Si jamais il arrivait autre chose, une autre offre ou quoi que ce soit, j'avais pris mes dispositions», a-t-il dit. Tout juste avant d'interviewer M. Boisclair, M. Drainville a eu un échange informel avec le chef péquiste, qui a toutefois été enregistré. «Six diffusions, cette entrevue-là. C'est payant. Il faut que tu sois bon», a lancé le journaliste à M. Boisclair.

Bernard Drainville a banalisé la situation. «Avant les entrevues, on fait des blagues, on fait des boutades», a-t-il indiqué. La nouvelle recrue, dont l'entrée en scène se fait dans la controverse, affrontait les journalistes sans son chef André Boisclair. Là aussi, M. Drainville a montré de l'étonnement devant cette préoccupation des journalistes, haussant les épaules.

Aussi, il s'est moqué de ses adversaires, qui le critiquent d'avoir cherché à obtenir des informations privilégiées en début de semaine, 24 heures avant de devenir officiellement un politicien. «S'ils m'ont révélé des secrets d'État, je ne m'en suis pas rendu compte», a-t-il laissé tomber.

Il a toutefois changé de ton pour redire qu'à aucun moment il n'a dérogé aux règles de la pratique journalistique. «J'ai servi le public honnêtement», a soutenu M. Drainville.

C'est le même désir qui le motive d'ailleurs à se lancer en politique, lui qui en rêve depuis l'enfance. Il a fait sa profession de foi souverainiste et a dit croire au Parti québécois, qui a été une grande source de progrès social. «J'ai le goût de faire de la politique avec André Boisclair. [...] Je veux contribuer à faire avancer la société québécoise», a-t-il affirmé.

L'arrivée de la nouvelle recrue péquiste a continué hier de soulever de nombreuses critiques. Libéraux et adéquistes ont dénoncé le manque de jugement d'André Boisclair pour avoir accordé une entrevue à un journaliste avec qui, derrière les caméras, il négociait une candidature.






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  • Alain Frigon
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 00h11
    Le jugement
    « Ça y est.... On ne cessera d'entendre, au cours des prochaines semaines, les libéraux évoquer le manque de jugement d'André Boisclair. M. Boiscliar dira ceci, et on entendra un ministre libéral dire ``mais quel manque de jugement de M. Boisclair``. M. Boisclair dira cela et on entendra un autre ministre libéral s`offusquer : `` mais décidément M. Boisclair fait encore la preuve de son manque de jugement``.
    Bon après tout, c'est de bonne guerre. Mais permettez moi de rigoler. Au moins, nous avons la chance d'avoir actuellement un gouvernement et un Premier Ministre pourvus d'un jugement indéfectible. On a qu'à penser à la privatisation du mont Orford, aux subventions accordées puis retirées aux écoles juives, aux défusions municipales. Vraiment, je suis ébloui par leur bon jugement »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 01h28
    Jalousie
    « M.Charest avec le manque de jugement qu'il répète à M. Boislair même lorsque ce n'est pas pertinent. Manque de jugement. Réaction d'élection avant son temps! Il sont nerveux et il est bien capable de retarder les élections. Des libéraux c'est comme ça! »

  • Roland Cote
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 07h16
    Bravo Drainville
    « IL a fait la meme chose que Levesque, Ryan at Romeo Leblanc tous des liberaux. »

  • Guy Lemieux
    Inscrit
    vendredi 9 février 2007 08h11
    deja membre....
    « La complaisance de M.Drainville est sans aucun doute manifeste chez ce dernier adhérant péquiste.Il s en défend d ailleurs tres mal.Sans avoir sa carte de membre il devient candidat a l investiture de ce parti...Cela sent le (Claude Moral) a plein nez....
    merci de me lire.

    guy lemieux
    rue ozias-leduc quebec. E-mail lguyx@videotron.ca »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 08h25
    La jalousie
    « est mauvaise conseillère.... »

  • loiselet
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 10h06
    Opportuniste manqué!
    « Et les libéraux qui jouent à la vierge offensée, quelle blague! Si j'étais à la place de M.Charest, je ne blâmerais pas le supposé manque de jugement de M.Boisclair comme s'il s'inquiétait de la bonne santé du PQ, j'en profiterais et je me tairais, plutôt. Ce serait plus logique. »

  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    vendredi 9 février 2007 10h27
    Faut-il s'étonner?...
    « Ce qui m'a le plus exaspéré dans tous ces interviews radio canadienne c'est le mordant incisif des journalistes Bernard Derome (membre de l'Ordre du Canada) et Dominique Poirier. Le dur regard de Derome en disait long sur ce qu'il pensait réellement du «déserteur» comme s'il le prenait d'une façon toute personnelle, cela en était désolant...

    Quant à Dominique Poirier, tout en posant ses questions, elle lui coupait constamment la parole et cherchait à orienter ses réponses, bref sous l'effet de la surprise et de l'irritation pour ne pas dire de la colère, nous avons eu droit à du très mauvais travail journalistique. C'était la preuve irréfutable que la nouvelle recrue du Parti Québécois dérangeait beaucoup de monde à Radio-Canada.

    Et que dire de l'agité Jacques Dupuis, qui trouve toujours le moyen de faire des drames avec rien! Manipulation de l'information vraiment!... il faut être désespéré pour avancer pareille ineptie. Comme si dans le camp libéral il n'y avait pas des transfuges médiatiques! »

  • Richard Arès
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 10h33
    Gorges chaudes
    « Les libéraux et adéquistes s'indignent d'avoir été interrogés par M. Drainville sur leurs stratégies électorales, sans savoir qu'il était sur le point de devenir un adversaire. Belle partisanierie! Bienvenue dans l'arène M. Drainville. Cette réaction confirme que les deux autres partis se sont fait prendre par surprise et qu'ils paniquent un peu.

    En terminant je vous soumet une question?

    Si vous êtes un organisateur libéral et que M. Drainville vous demande des informations sur vos sondages internes. À qui préféreriez-vous répondre? À l'adversaire politique, qui partagera ces information avec ses collègues du parti? Ou bien au journaliste qui les partagera avec la province entière!

    Quel beau théâtre!

    R. »

  • Roger Dion
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 12h15
    Manque de jugement BOICLAIR OU CAHREST
    « Oui s il y a un gouvernement et un premier ministre qui ont manqués de jugement c est bien les libéraux de M. CHAREST depuis 2003 avec les hopitaux universitaires /changé deux fois de place/ les écoles juives /changé encore/ le centre de ski et la montagne le /changé combien de fois d idées et on ne se pas encore/les élections comme un enfant s amuser avec la date. Appeler un juge dans une cause lorsqu il était ministre a ATAWA.
    Faut le faire traiter M.BOICLAIR de ne pas etre mature.
    ROGER DION MONTREAL rogerdion@hotmail.com »

  • Alain Larouche
    Abonné
    vendredi 9 février 2007 12h20
    Manque de rigueur
    « Je crois que Madame Kathleen Levesque manque d'éthique lors qu'elle dit d'une source sûr que M. Drainville a fait les premiers pas. Quand on fait tout sorte de supposition concernant un évènement on doit prouver ce que l'on avance et non pas citer des sources anonymes et madame Lévesque manque grandement à ce code d'éthique en tant que journaliste. C'est véritablement un manque de rigueur »

  • Marie-Andrée Paquet
    Inscrite
    vendredi 9 février 2007 15h05
    Verte
    « Un peu de projection: Si j'étais journaliste,intelligente, éduquée, informée,et empêchée par la sois-disante neutralité journalistique de m'impliquer en politique,de prendre partie,d'esprimer le fond de ma pensée; à coup sur je serais verte de jalousie. »

  • Guy Dupont
    Abonné
    samedi 10 février 2007 08h48
    Peut- être un deuxième Levesque,c'est peu dire.
    « Si jamais le rêve ,devenait réalité.Quel beau message pour le peuple du Québec en devenir... »

  • Michel Cloutier
    Inscrit
    lundi 12 février 2007 14h34
    L'EFFET DRAINVILLE
    « Après l'effet Hérouxville qui échappe au contrôle du Gouvernement Charest,visiblement dans l'embarras, voici «l'effet Drainville», cette entrée fracassante du brillant journaliste Bernard Drainville de Radio-Canada, au Parti Québécois.

    Une entrée qui fait événement.

    C'est une prise retentissante à multiplier les votes en faveur du PQ. Voilà du sang frais pour l'indépendance du Québec en devenir, qui ne demande qu'à prospérer et croître en contrôlant tous nos impôts et toutes nos taxes (100 milliards de dollars par année, au lieu des 50 milliards actuellement).

    Avec Drainville, on pousse à la roue pour conttrôler ainsi notre destin national.

    Drainville le politicien, parle spontanément avec son coeur. L'émotion passe, le charisme suit. Et s'anticipe déjà la magie du chef en lui.

    Parions qu'il va éclipser Boisclair, autant par le discours que par la forme et le ton. Et qu'il s'imposera tout naturellement, sans la moindre conspiration.

    Drainville, le futur premier ministre qui saura nous mener à l'indépendance politique.

    MICHEL CLOUTIER,
    journaliste, écrivain et historien,
    480, Ste-Julie, Trois-Rivières, Québec. »

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