Bernard Drainville passe au PQ
Photo : Rémy Charest
Le correspondant parlementaire Bernard Drainville en a fait sourciller plus d’un hier quand on a appris qu’il souhaitait défendre les couleurs du Parti québécois lors des prochaines élections. Libéraux et adéquistes ont indiqué que M. Drainvil
L'annonce hier des principaux porte-étendards du Parti québécois dans la région de Chaudière-Appalaches a été quelque peu éclipsée par l'onde de choc produite par la candidature d'un journaliste politique.
Trois jours après avoir mené une entrevue avec le chef du Parti québécois, André Boisclair, le journaliste Bernard Drainville annonce qu'il plonge en politique à ses côtés.
Ce n'est qu'hier matin que le correspondant parlementaire et chef de bureau pour Radio-Canada à Québec a prévenu ses patrons de son intention de briguer les suffrages dans la circonscription de Marie-Victorin lors des prochaines élections générales. Le directeur général de l'information à Radio-Canada, Alain Saulnier, n'a pas caché «un certain malaise» devant la conduite professionnelle de son employé.
Le président du Conseil de presse du Québec, Raymond Corriveau, a refusé de commenter cette situation compte tenu du fait que l'organisme «pourrait être appelé à étudier une plainte à ce sujet». Il a toutefois rappelé les règles d'éthique qui régissent le métier de journaliste, énoncées dans le document Droits et responsabilités de la presse.
On y établit que les journalistes doivent éviter les conflits d'intérêts et ne pas donner l'impression qu'ils ont partie liée avec quelque pouvoir politique que ce soit. «Tout laxisme à cet égard met en péril la crédibilité des organes de presse et des journalistes, tout autant que l'information qu'ils transmettent au public. Il est impérieux de préserver la confiance du public quant à l'indépendance et à l'intégrité de l'information qui lui est livrée», peut-on lire.
Au bureau du premier ministre Jean Charest, l'attaché de presse Hugo D'Amours n'a pas mâché ses mots, parlant d'un «grave manque d'éthique». «Lundi, il appelait pour avoir des renseignements sur nos sondages internes et pour savoir si, selon nous, André Boisclair allait sortir plus fort ou moins fort de la crise des dernières semaines! [...] C'est un grave manque d'éthique de la part de M. Drainville et c'en est un aussi de la part d'André Boisclair, qui accepte cette situation», a affirmé M. D'Amours.
Au cabinet du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, on s'indignait tout autant. L'attaché de presse Jean-Nicolas Gagné a dit que Bernard Drainville a profité de son statut de chef de bureau pour discuter de la stratégie électorale de l'ADQ ainsi que de l'état de l'organisation. «On se questionne sur le jugement d'André Boisclair, qui recrute un candidat dont les premiers pas en politique remettent en question son sens éthique», a déclaré M. Gagné.
Bernard Drainville n'a pas démissionné de ses fonctions. Il est officiellement en congé sans solde, ce qui lui permettrait de réintégrer un poste de journaliste non politique advenant une défaite du PQ. Mais Marie-Victorin, une circonscription représentée par la députée péquiste Cécile Vermette, qui quitte après cinq mandats consécutifs, apparaît comme un château fort du Parti québécois. En 2003, Mme Vermette avait obtenu une très confortable majorité de près de 3000 voix.
Une conférence de presse est prévue aujourd'hui.
Ce n'est pas la première fois qu'un journaliste fait le saut en politique active. Il suffit de penser aux journalistes du Devoir Pierre Laporte, Claude Ryan et Jean-Pierre Charbonneau, voire à René Lévesque, qui était devenu premier ministre du Québec.
L'arrivée-surprise de M. Drainville s'est ajoutée hier à la présentation du député du Bloc québécois Yvan Loubier comme candidat péquiste dans Chutes-de-la-Chaudière ainsi qu'au retour en politique de l'ancienne ministre péquiste Linda Goupil dans la circonscription de Lévis.
Toutes sortes de rumeurs ont également circulé hier à propos des candidats pressentis par le PQ. Le maire polémiste Stéphane Gendron a dit sur les ondes de LCN être tenté de se lancer en politique provinciale sous la bannière péquiste après avoir été sollicité à deux reprises. Le PQ a fermement nié, tout comme dans le cas de la candidature de la juge déchue André Ruffo.
Par ailleurs, le chef du PQ était de passage dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière pour annoncer la candidature du bloquiste Yvan Loubier.
Depuis 2003, la circonscription est représentée par l'adéquiste Marc Picard. Un «accident de parcours» pense M. Loubier, convaincu de pouvoir amener le comté dans le giron péquiste.
Député de Saint-Hyacinthe-Bagot à la Chambre des communes depuis 1993, M. Loubier avait annoncé il y a quelques mois son retrait de la vie politique active. Il était cependant de notoriété publique qu'il désirait depuis longtemps passer du Bloc au Parti québécois.
Autre candidature annoncée hiwe, celle de Linda Goupil, qui tentera ravir à la ministre de la Famille Carole Théberge la circonscription de Lévis.
Ancienne ministre responsable de la Condition féminine, Mme Goupil avait été défaite par Mme Théberge à l'élection de 2003.
Enfin, la députée libérale de Saint-Henri-Sainte-Anne, Nicole Loiselle, a annoncé qu'elle quitte la politique après 18 ans de service.
Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
Le Devoir
Avec la Presse canadienne
Trois jours après avoir mené une entrevue avec le chef du Parti québécois, André Boisclair, le journaliste Bernard Drainville annonce qu'il plonge en politique à ses côtés.
Ce n'est qu'hier matin que le correspondant parlementaire et chef de bureau pour Radio-Canada à Québec a prévenu ses patrons de son intention de briguer les suffrages dans la circonscription de Marie-Victorin lors des prochaines élections générales. Le directeur général de l'information à Radio-Canada, Alain Saulnier, n'a pas caché «un certain malaise» devant la conduite professionnelle de son employé.
Le président du Conseil de presse du Québec, Raymond Corriveau, a refusé de commenter cette situation compte tenu du fait que l'organisme «pourrait être appelé à étudier une plainte à ce sujet». Il a toutefois rappelé les règles d'éthique qui régissent le métier de journaliste, énoncées dans le document Droits et responsabilités de la presse.
On y établit que les journalistes doivent éviter les conflits d'intérêts et ne pas donner l'impression qu'ils ont partie liée avec quelque pouvoir politique que ce soit. «Tout laxisme à cet égard met en péril la crédibilité des organes de presse et des journalistes, tout autant que l'information qu'ils transmettent au public. Il est impérieux de préserver la confiance du public quant à l'indépendance et à l'intégrité de l'information qui lui est livrée», peut-on lire.
Au bureau du premier ministre Jean Charest, l'attaché de presse Hugo D'Amours n'a pas mâché ses mots, parlant d'un «grave manque d'éthique». «Lundi, il appelait pour avoir des renseignements sur nos sondages internes et pour savoir si, selon nous, André Boisclair allait sortir plus fort ou moins fort de la crise des dernières semaines! [...] C'est un grave manque d'éthique de la part de M. Drainville et c'en est un aussi de la part d'André Boisclair, qui accepte cette situation», a affirmé M. D'Amours.
Au cabinet du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, on s'indignait tout autant. L'attaché de presse Jean-Nicolas Gagné a dit que Bernard Drainville a profité de son statut de chef de bureau pour discuter de la stratégie électorale de l'ADQ ainsi que de l'état de l'organisation. «On se questionne sur le jugement d'André Boisclair, qui recrute un candidat dont les premiers pas en politique remettent en question son sens éthique», a déclaré M. Gagné.
Bernard Drainville n'a pas démissionné de ses fonctions. Il est officiellement en congé sans solde, ce qui lui permettrait de réintégrer un poste de journaliste non politique advenant une défaite du PQ. Mais Marie-Victorin, une circonscription représentée par la députée péquiste Cécile Vermette, qui quitte après cinq mandats consécutifs, apparaît comme un château fort du Parti québécois. En 2003, Mme Vermette avait obtenu une très confortable majorité de près de 3000 voix.
Une conférence de presse est prévue aujourd'hui.
Ce n'est pas la première fois qu'un journaliste fait le saut en politique active. Il suffit de penser aux journalistes du Devoir Pierre Laporte, Claude Ryan et Jean-Pierre Charbonneau, voire à René Lévesque, qui était devenu premier ministre du Québec.
L'arrivée-surprise de M. Drainville s'est ajoutée hier à la présentation du député du Bloc québécois Yvan Loubier comme candidat péquiste dans Chutes-de-la-Chaudière ainsi qu'au retour en politique de l'ancienne ministre péquiste Linda Goupil dans la circonscription de Lévis.
Toutes sortes de rumeurs ont également circulé hier à propos des candidats pressentis par le PQ. Le maire polémiste Stéphane Gendron a dit sur les ondes de LCN être tenté de se lancer en politique provinciale sous la bannière péquiste après avoir été sollicité à deux reprises. Le PQ a fermement nié, tout comme dans le cas de la candidature de la juge déchue André Ruffo.
Par ailleurs, le chef du PQ était de passage dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière pour annoncer la candidature du bloquiste Yvan Loubier.
Depuis 2003, la circonscription est représentée par l'adéquiste Marc Picard. Un «accident de parcours» pense M. Loubier, convaincu de pouvoir amener le comté dans le giron péquiste.
Député de Saint-Hyacinthe-Bagot à la Chambre des communes depuis 1993, M. Loubier avait annoncé il y a quelques mois son retrait de la vie politique active. Il était cependant de notoriété publique qu'il désirait depuis longtemps passer du Bloc au Parti québécois.
Autre candidature annoncée hiwe, celle de Linda Goupil, qui tentera ravir à la ministre de la Famille Carole Théberge la circonscription de Lévis.
Ancienne ministre responsable de la Condition féminine, Mme Goupil avait été défaite par Mme Théberge à l'élection de 2003.
Enfin, la députée libérale de Saint-Henri-Sainte-Anne, Nicole Loiselle, a annoncé qu'elle quitte la politique après 18 ans de service.
Avec la collaboration d'Antoine Robitaille
Le Devoir
Avec la Presse canadienne
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