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Bernard Drainville passe au PQ

Kathleen Lévesque   8 février 2007  Québec
Le correspondant parlementaire Bernard Drainville en a fait sourciller plus d’un hier quand on a appris qu’il souhaitait défendre les couleurs du Parti québécois lors des prochaines élections. Libéraux et adéquistes ont indiqué que M. Drainvil
Photo : Rémy Charest
Le correspondant parlementaire Bernard Drainville en a fait sourciller plus d’un hier quand on a appris qu’il souhaitait défendre les couleurs du Parti québécois lors des prochaines élections. Libéraux et adéquistes ont indiqué que M. Drainvil
L'annonce hier des principaux porte-étendards du Parti québécois dans la région de Chaudière-Appalaches a été quelque peu éclipsée par l'onde de choc produite par la candidature d'un journaliste politique.

Trois jours après avoir mené une entrevue avec le chef du Parti québécois, André Boisclair, le journaliste Bernard Drainville annonce qu'il plonge en politique à ses côtés.

Ce n'est qu'hier matin que le correspondant parlementaire et chef de bureau pour Radio-Canada à Québec a prévenu ses patrons de son intention de briguer les suffrages dans la circonscription de Marie-Victorin lors des prochaines élections générales. Le directeur général de l'information à Radio-Canada, Alain Saulnier, n'a pas caché «un certain malaise» devant la conduite professionnelle de son employé.

Le président du Conseil de presse du Québec, Raymond Corriveau, a refusé de commenter cette situation compte tenu du fait que l'organisme «pourrait être appelé à étudier une plainte à ce sujet». Il a toutefois rappelé les règles d'éthique qui régissent le métier de journaliste, énoncées dans le document Droits et responsabilités de la presse.

On y établit que les journalistes doivent éviter les conflits d'intérêts et ne pas donner l'impression qu'ils ont partie liée avec quelque pouvoir politique que ce soit. «Tout laxisme à cet égard met en péril la crédibilité des organes de presse et des journalistes, tout autant que l'information qu'ils transmettent au public. Il est impérieux de préserver la confiance du public quant à l'indépendance et à l'intégrité de l'information qui lui est livrée», peut-on lire.

Au bureau du premier ministre Jean Charest, l'attaché de presse Hugo D'Amours n'a pas mâché ses mots, parlant d'un «grave manque d'éthique». «Lundi, il appelait pour avoir des renseignements sur nos sondages internes et pour savoir si, selon nous, André Boisclair allait sortir plus fort ou moins fort de la crise des dernières semaines! [...] C'est un grave manque d'éthique de la part de M. Drainville et c'en est un aussi de la part d'André Boisclair, qui accepte cette situation», a affirmé M. D'Amours.

Au cabinet du chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, on s'indignait tout autant. L'attaché de presse Jean-Nicolas Gagné a dit que Bernard Drainville a profité de son statut de chef de bureau pour discuter de la stratégie électorale de l'ADQ ainsi que de l'état de l'organisation. «On se questionne sur le jugement d'André Boisclair, qui recrute un candidat dont les premiers pas en politique remettent en question son sens éthique», a déclaré M. Gagné.

Bernard Drainville n'a pas démissionné de ses fonctions. Il est officiellement en congé sans solde, ce qui lui permettrait de réintégrer un poste de journaliste non politique advenant une défaite du PQ. Mais Marie-Victorin, une circonscription représentée par la députée péquiste Cécile Vermette, qui quitte après cinq mandats consécutifs, apparaît comme un château fort du Parti québécois. En 2003, Mme Vermette avait obtenu une très confortable majorité de près de 3000 voix.

Une conférence de presse est prévue aujourd'hui.

Ce n'est pas la première fois qu'un journaliste fait le saut en politique active. Il suffit de penser aux journalistes du Devoir Pierre Laporte, Claude Ryan et Jean-Pierre Charbonneau, voire à René Lévesque, qui était devenu premier ministre du Québec.

L'arrivée-surprise de M. Drainville s'est ajoutée hier à la présentation du député du Bloc québécois Yvan Loubier comme candidat péquiste dans Chutes-de-la-Chaudière ainsi qu'au retour en politique de l'ancienne ministre péquiste Linda Goupil dans la circonscription de Lévis.

Toutes sortes de rumeurs ont également circulé hier à propos des candidats pressentis par le PQ. Le maire polémiste Stéphane Gendron a dit sur les ondes de LCN être tenté de se lancer en politique provinciale sous la bannière péquiste après avoir été sollicité à deux reprises. Le PQ a fermement nié, tout comme dans le cas de la candidature de la juge déchue André Ruffo.

Par ailleurs, le chef du PQ était de passage dans la circonscription de Chutes-de-la-Chaudière pour annoncer la candidature du bloquiste Yvan Loubier.

Depuis 2003, la circonscription est représentée par l'adéquiste Marc Picard. Un «accident de parcours» pense M. Loubier, convaincu de pouvoir amener le comté dans le giron péquiste.

Député de Saint-Hyacinthe-Bagot à la Chambre des communes depuis 1993, M. Loubier avait annoncé il y a quelques mois son retrait de la vie politique active. Il était cependant de notoriété publique qu'il désirait depuis longtemps passer du Bloc au Parti québécois.

Autre candidature annoncée hiwe, celle de Linda Goupil, qui tentera ravir à la ministre de la Famille Carole Théberge la circonscription de Lévis.

Ancienne ministre responsable de la Condition féminine, Mme Goupil avait été défaite par Mme Théberge à l'élection de 2003.

Enfin, la députée libérale de Saint-Henri-Sainte-Anne, Nicole Loiselle, a annoncé qu'elle quitte la politique après 18 ans de service.

Avec la collaboration d'Antoine Robitaille

Le Devoir

Avec la Presse canadienne






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  • Guimont Rodrigue
    Inscrit
    mercredi 7 février 2007 23h48
    Chercher l'erreur...
    « Je me demande comment aurait réagi le Parti Libéral si Monsieur Drainville avait montré le désir de se joindre à leur Parti! Quant à l'ADQ, en manque d'argent, en manque d'idées et en manque de candidats je vous laisse juge...

    D'ailleurs, depuis quand confie-t-on à un journaliste, fut-il parlementaire, de choses et d'autres que l'on ne veut pas voir répéter? Il me semble que lorsqu'on communique avec un journaliste c'est pour rendre public des faits d'actualité... Un journaliste n'est pas un confesseur que je sache...N'y aurait-il pas plutôt un peu de jalousie chez les autres Partis?

    Quand à Stéphane Gendron... à l'instar d'André Arthur ou de Jeff Fillion, il me fait l'effet d'être un «loose canon». En raison de sa position sur la peine de mort, et d'autres insanités à dormir debout dans un cercueil je ne vois vraiment pas ce qu'un tel homme viendrait faire au PQ!... »

  • julien arsenault
    Inscrit
    jeudi 8 février 2007 06h37
    conflits d'intérêts
    « Avec l'affaire Drainville un autre genre de conflit d'intérêt est encore une fois galvauder au Québec et les notions de responsabilité sont de moins en moins au rendez-vous. Ce geste démontre encore une fois l'immaturité et de l'amateurisme qui provient de la nouvelle génération. en matière politique. On est pas encore élu et, l'oligarchie s'installe julienart@ympatico.ca »

  • Georges Paquet
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 07h28
    La part des choses
    « Quand on ne prends pas le temps de réfléchir, il est difficile de faire la part des choses. S'il n'y avait pas eu panique au PQ on aurait pu donner le temps à M. Drainville d'avertir ses patrons et ses collègues, de prendre ses distances de ses fonctions et de proposer sa candidatures aux membres du Parti dans la circonscription où il souhaitait se faire élire, plutôt que d'être parachuté de cette façon. Mais non, la précipitation, l'amateurisme et l'improvisation, sans doute surtout de la part du Chef, ont tenu lieu de réflexion et il deviendra difficile de faire la part des choses dans ce gâchis.
    Dommage pour un individu aussi intéressant que Bernard Drainville.

    Georges Paquet

    georgespaquet@sympatico.ca »

  • Christian Pagé
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 07h35
    Ah, que la mémoire est courte!
    « Liza Frulla et Michaelle Jean...
    Deux personnalités Radio-Canadiennes oeuvrant alors en affaires publiques ou au service de l'information et qui ont fait le saut en politique.
    S'en est-on scandalisé? »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 08h07
    La précipitation de la date des élections prévue ...
    « Notre grand ami Jean Charest a toujours dit qu'il attendrait la sortie du budget du fédéral pour déclencher les élections, mais précipitamment il a changer d'idée. Coupant le temps sous les pieds des candidats vedettes du PQ. Voila sans doute la seule raison de cette soi disant faute professionnelle de Bernard Drainville. Quel mouche a piquer le premier? La soi disant mauvaise position du PQ ou a t il eut connaissance de la liste des futurs candidats du parti adverse? Je me demande aussi pourquoi ces deux partis prenaient Bernard Drainville pour leur confesseur? Faut être un peu nono pour confier des secrets d'alcôve politique a un haut parleur télévisuelle de cette envergure.. Ou simplement il reconnaissent la finesse et l'intelligence de Bernard dans la façon de tirer les confidences du nez des politiciens sans y mettre le doigt ( avec doigté!) »

  • Françoise Labelle
    Inscrite
    jeudi 8 février 2007 08h19
    Les secrets d'état
    « Ineffable Béchard, ex-ministre du Développement et du Sirop d'érable: «on sait pas si Drainville posait des questions sur nos sondages internes pour Boisclair ou pour l'auditoire». Pis ? Si tu livres le grand secret à tout le monde, le vilain Boisclair va le savoir. Et c'est quoi ces grands secrets? Le fédépendantisme de Mario ou la prêtitude de Jean? Vaudeville. »

  • Roger Dion
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 09h22
    Conflits d intérets
    « Tous ces connaisseurs qui crient aux scandales, si M. CHAREST n aurait pas été aussi pressé de faire des élections avant le rapport D OPTION CANADA et embarrasser le P Q M.DRANVILLE peut êtres, aurais pu annoncer son intention de se présenter pour le P.Q avant l élection prévu pour fin de l été ou l automne. ROGER DION MONTREAL rogerdion@hotmail.com »

  • Etienne Leclerc
    Inscrit
    jeudi 8 février 2007 09h34
    Drainville plus stupide
    « Lisette Desrosiers Je n'ose pas dire Monsieur, car cela ne lui convient pas dans cette circonstance. Je le trouvais très mauvais à la part des choses, je crois qu'il est encore plus aujourd'hui. Je ne crois pas qu'il est conscient de ce qu'il dit dans ses entrevues et encore moins aujourd'hui. C'est anti-professionnel.Cela démontre que le ridicule ne tue pas. »

  • Fleurette Riverin
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 09h39
    LE JUPON DE BERNARD DRAINVILLE
    « Le jupon séparatiste de Bernard Drainville dépassait depuis longtemps et on l'a même vu traîner jusqu'à terre lors de la couverture déficiente qu'il a faite sur Jean Charest, en couvrant à peine les annonces immportantes faites par ce dernier pendant la semaine qu'il vient de passer en Europe. Tout porte à croire qu'il a accompagné le PM Charest, uniquement pour faire le voyage et surtout pour lui enlever toute visibilité médiatique au Québec.

    Et le voilà enfin là où il devait être depuis longtemps, dans le camp péquiste et non à donner une information déformée par son option politique qui devenait de plus en plus apparente. Qu'on se souvienne qu'il a tenté de miner la crédibilité du Ministre Couillard récemment par une enquête ne reposant que sur le témoignage d'une employée frustrée d'avoir perdu son emploi, qu'il a également cogné sur l'ADQ sans raison valable... Et comment a-t-il eu le culot d'interroger lui-même André Boisclair Aux coulisses du pouvoir, trois jours avant l'annonce de sa candidature au PQ, alors que les jeux étaient sûrement déjà faits et qu'il s'apprêtait à sauter publiquement dans le giron péquiste? Pense-t-il qu'on va le croire s'il nous dit qu'il a eu une illumination du St-Esprit et qu'il ne portait pas à ce moment-là deux visages: celui du journaliste et celui du politicien? Il aurait donc dû se désister de cette entrevue avec son chef péquiste et laisser le voyage à Paris à un autre journaliste car il n'avait déjà plus l'intégrité et l'impartialité requises pour couvrir la chose politique.

    Espérons qu'il sera remplacé par un journaliste ayant plus d'éthique professionnelle et qui saura donner une couverture équitable à tous les partis et pas seulement au parti où loge son option politique. Cela n'est pas à l'honneur de la presse et des journalistes, Drainville aurait dû démissionner bien avant l'annonce de sa candidature. Il reste au Conseil de presse à faire une enquête exhaustive sur la conduite de ce "journaliste" et à Radio-Canada à être beaucoup plus vigilante lorsqu'elle attribue un tel poste politique car il est chargé d'une très lourde responsabilité et le journaliste se doit d'être d'une rigueur exceptionnelle. »

  • gabrielle juneau
    Abonnée
    jeudi 8 février 2007 10h46
    Ne pas bouder son plaisir
    « Très heureuse de la candidature de Bernard Drainville, j'ai aussi comme bien d'autres, douter pour un moment de son étique. Et comme bien d'autres, réflexions faites, j'ai conclu à mon tour,que les politiciens intervioués étaient non seulement suffisamment aguerris pour ne pas se laisser piéger mais savaient qu'un journaliste n'a pas de secret.On nous accuse de nous auto flageller. Ne boudons pas notre plaisier.
    Gabrielle Juneau
    garneaugabri@videotron.ca »

  • gabrielle juneau
    Abonnée
    jeudi 8 février 2007 10h47
    Ne pas bouder son plaisir
    « Très heureuse de la candidature de Bernard Drainville, j'ai aussi comme bien d'autres, douter pour un moment de son étique. Et comme bien d'autres, réflexions faites, j'ai conclu à mon tour,que les politiciens intervioués étaient non seulement suffisamment aguerris pour ne pas se laisser piéger mais savaient qu'un journaliste n'a pas de secret.On nous accuse de nous auto flageller. Ne boudons pas notre plaisier.
    Gabrielle Juneau
    garneaugabri@videotron.ca »

  • Mario Ferland
    Inscrit
    jeudi 8 février 2007 12h25
    Candidature de Bernard Drainville au PQ
    « Dommage qu'un homme aussi intelligent et brillant pose sa candidature au parti québécois.Le Parti Québécois n'a plus d'avenir non plus que le Bloc québécois. Il faut des partis politiques qui aident le Québec à retrouver une place importante dans l'économie canadienne. »

  • Mario Ferland
    Inscrit
    jeudi 8 février 2007 12h25
    Candidature de Bernard Drainville au PQ
    « Dommage qu'un homme aussi intelligent et brillant pose sa candidature au parti québécois.Le Parti Québécois n'a plus d'avenir non plus que le Bloc québécois. Il faut des partis politiques qui aident le Québec à retrouver une place importante dans l'économie canadienne. »

  • Bruno Lamoureux
    Inscrit
    jeudi 8 février 2007 12h37
    Que le spectacle continue...-par Bruno Lamoureux
    « c'est réconfortant de voir qu'il y a encore des individus intègres ,nouveaux sérieux,instruits qui ont le gout de plonger en politique pour défendre et améliorer les conditions de vie des québécois.Mr Drainville m'apparait etre dans cette catégorie de gens compétents.
    C'est a peu pres sur que le maire Gendron ferait un excellent politicien intéressé qu'il est par le sort des
    moins fortunés.On peut sentir une préoccupation chez lui pour les pauvres,les chomeurs,les malheurs des régions
    les nombreuses fermetures d'usines etc..Son discours est bien "groundé" et sincère je crois.Ou ca va moins bien c'est dans le 10%,dans la zone ou les plombs se touchent ou le paraitre le fait basculer dans le spectacle de bas de gamme.
    Et quand on voit le cirque de l'assemblée nationale lors des débats actuels,quelle contribution serait la sienne...

    courriel:pauvre01@hotmail.com »

  • Jean-Marc Corbeil
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 14h34
    De quelle éthique parlons-nous?
    « Il est normal de discuté publiquement d'orientations politiques entre interlocuteurs qu'il soient chefs de parti, journalistes, candidats ou citoyens ordinaires sans nécessairement connaitre l'allégeance de l'autre, après tout le vote est une affaire secrète. Que des éléments de stratégie interne aux partis politiques soient dévoilés à l'ennemi par l'utilisation de confiance suscitée par un professionnel de l'information n'a aucune importance. L'électeur intègre ne se préoccupe pas de mécanique partisane, il se préoccupe d'idées! »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 8 février 2007 21h44
    Quel place importante?
    « Monsieur Ferland espère encore une place importante pour le Québec dans l'économie canadienne. OK. Je suppose qu'il parle des retombées dans l'achat des gros porteurs, d'investissement dans l'exploitation des sables bitumineux (pétrole le plus polluant), dans l'automobile, dans le nucléaire, dans le pont de la confédération, dans la dépollution des Grands-Lacs, dans les aéroports ontariens? J'aurais aimé qu'il précise ses attentes. Je lui en suggère une seule: Un TGV. Pas Québec-Montréal-New-York. Non, seulement Montréal-Toronto pour y drainer la main-d'oeuvre montréalaise... Bonne chance monsieur Ferland! »

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