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Dumont et l'ADQ remontent

Kathleen Lévesque   30 janvier 2007  Québec
Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, est actuellement aussi populaire que le premier ministre Jean Charest, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Devoir. Quant à son parti, il est passé de 11 % à 24 % dans les intentions de vote depuis mars
Photo : Jacques Nadeau
Le chef de l’ADQ, Mario Dumont, est actuellement aussi populaire que le premier ministre Jean Charest, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Devoir. Quant à son parti, il est passé de 11 % à 24 % dans les intentions de vote depuis mars
L'Action démocratique du Québec trouve un nouvel écho dans la population. Après un an d'une montée constante, le parti de Mario Dumont grimpe à 24 % dans les intentions de vote et se classe même en tête dans la région de Québec, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Devoir.

Le battage médiatique des dernières semaines sur les accommodements raisonnables dont l'Action démocratique du Québec (ADQ) a fait ses choux gras semble avoir influencé les électeurs. Mario Dumont a occupé le devant de la scène dénonçant ce qu'il voyait comme un danger pour l'identité québécoise. Mais si ce positionnement aux accents populistes semble avoir donné un élan à l'ADQ, il n'explique pas à lui seul l'ascension de la dernière année.

Depuis l'automne, l'ADQ a rectifié le tir dans son programme politique. Exit les bons d'études, les bons de garde, le taux d'imposition unique et la santé privée. Il continue toutefois à se présenter comme le parti du gros bon sens, parlant de liberté de choix et de responsabilisation des individus. L'arrivée de l'ancien président du Conseil du patronat, Gilles Taillon, à la tête de l'ADQ a vraisemblablement contribué à ce changement de ton. Chose certaine, depuis mars 2006, l'ADQ a plus que doublé ses intentions de vote, passant de 11 % à 24 %.

Ce score maintient toutefois l'ADQ en troisième place. Après répartition des intentions de vote, le Parti libéral du Québec (PLQ) récolte 34 % d'appuis populaires contre 32 % pour le Parti québécois (PQ). Le parti Québec solidaire stagne au niveau des tiers partis avec seulement 5 % des intentions de vote.

Dans la région de Québec, l'ADQ devance nettement ses adversaires avec 35 % des intentions de vote. Les libéraux arrivent bons deuxièmes avec 31 % d'appuis, alors que le PQ doit se contenter d'une performance qui n'augure rien de réjouissant pour les prochaines élections générales, c'est-à-dire 23 %.

Le sondage Léger Marketing fait également ressortir une tendance très favorable à l'ADQ dans les régions du Centre-du-Québec (36 %) et de l'Est (32 %), ce qui couvre l'immense territoire du Saguenay-Lac Saint-Jean, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie.

«La montée de l'ADQ vient essentiellement d'un vacuum politique. Il y a beaucoup d'électeurs qui sont orphelins, qui ne se retrouvent pas dans les deux grands partis politiques. L'ADQ devient ainsi tranquillement une alternative crédible. Le populisme de l'ADQ lui a permis de marquer des points», analyse Jean-Marc Léger, sondeur de la firme Léger Marketing.

Un Québécois sur quatre croit que Mario Dumont ferait le meilleur premier ministre comme c'est le cas pour Jean Charest. Le chef péquiste reçoit un appui favorable de 22 % des électeurs. En tenant compte de la marge d'erreur, les trois hommes sont donc à égalité.

En mars 2006, c'est la performance d'André Boisclair qui était jugée la meilleure (32 %). Jean Charest n'obtenait que 19 % d'appui, et Mario Dumont fermait la marche avec 17 %.

Les électeurs québécois estiment à 58 % que les libéraux de Jean Charest ne méritent pas d'être réélus. Le tiers des gens interrogés croient le contraire, ce qui correspond aux intentions de vote exprimées en faveur du PLQ. Le potentiel de croissance des libéraux est donc plutôt limité, analyse M. Léger.

Ce coup de sonde téléphonique a été fait auprès de 1001 Québécois du 25 au 28 janvier derniers. Réalisé sur une période très courte, le sondage permet de mesurer l'impact des prises de position récentes de Mario Dumont concernant les accommodements raisonnables, mais aussi dans le milieu municipal. Cette enquête est précise à trois points près, 19 fois sur 20.

L'élan dont semble bénéficier l'ADQ n'est pas sans rappeler l'engouement que le parti avait suscité quelques mois avant les élections générales de 2003. L'ADQ s'était retrouvée en tête avec 40 % d'appui. Mais Mario Dumont avait vu son programme politique d'alors décortiqué et critiqué. Le «dumontisme» était devenu une cible pour les adversaires; une dégringolade s'est ensuivie.

Deux mois avant le scrutin d'avril 2003, l'ADQ récoltait 25 % des intentions de vote. Aujourd'hui, il obtient un score semblable, à la différence que le parti se situe dans une tendance ascendante plutôt que descendante comme à l'époque.

Chez les francophones, le PQ domine toujours avec 37 % des intentions de vote. Cependant, l'appui populaire au PQ a chuté de 18 points depuis qu'André Boisclair dirige le parti.

Le PLQ conserve une légère avance sur le PQ depuis juin. C'est à compter de ce moment que le gouvernement de Jean Charest a multiplié les annonces d'investissements publics. Cette manne qui se compte en milliards de dollars (la politique de l'innovation, le plan d'action pour atteindre les objectifs de Kyoto, la politique énergétique, par exemple) n'a pas encore eu d'effets importants sur les électeurs, fait remarquer Jean-Marc Léger. «Par contre, la campagne de dénigrement des libéraux contre André Boisclair, sur son immaturité, a réussi à enlever de la crédibilité au chef péquiste. Mais c'est surtout l'ADQ qui en a profité», constate le sondeur.

Ce dernier croit que bien des luttes à trois sont à prévoir dans les circonscriptions francophones. «De parti régional, l'ADQ devient de plus en plus national, à l'exclusion de Montréal», souligne-t-il.

Mais l'ADQ n'a jamais renoncé à percer dans la grande région métropolitaine. Mario Dumont et son équipe ont entrepris depuis plusieurs mois un travail de moine auprès des élites municipales que les réformes successives de fusion et de défusion ont échaudées.

D'ailleurs, M. Dumont a obtenu le soutien de quatre maires de l'Ouest de l'île de Montréal ainsi que de groupes de citoyens la semaine dernière. Mario Dumont prône l'abolition des conseils d'agglomération, des structures qu'il juge antidémocratiques. Jusqu'à maintenant, les électeurs montréalais sont demeurés insensibles à la vision adéquiste.

***

Les intentions de vote au Québec (Léger Marketing-Le Devoir)

Parti Libéral: 34%

Parti Québécois: 32%

Action Démocratique: 24%

Québec Solidaire: 5%

***

Le meilleur Premier ministre ?

Jean Charest: 25%

Mario Dumont: 25%

André Boisclair: 22%

Françoise David: 5%






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  • Alain Larouche
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 07h05
    Poudre aux yeux
    « C'est le mème scénario qu'en 2003. L'ADQ sera comme d'habitude un effet champignon qui se fannera à mesure que la campagne électorale évoluera. Ses assises sont trop spontanées pour que cela est un effet durable.

    Robert Fillion
    Baie-Comeau »

  • Dany Lemieux
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 07h44
    Une troisième option de plus en plus forte
    « Entre un premier ministre qui ne peut aller chercher ce dont le Québec a besoin en points d'impôts à Ottawa et un troisième référendum, les Québécois pourront appuyer Mario Dumont et l'ADQ, qui ne mettrons pas un genou par terre devant qui que ce soit. »

  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 30 janvier 2007 08h31
    Et si Mario épousait les accommodements raisonnables?
    « Si Mario Dumont faisait des accommodements raisonnables le thème central de sa campagne? Il n'a rien à perdre à Montréal puisqu'il n'a aucun vote! Mais dans le Québec profond où la colère gronde et où le PQ et le PLQ refusent systématiquement d'entendre le peuple? »

  • Jean Lapointe
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 08h39
    Trop d'importance aux sondages.
    « Je trouve que vous donnez trop d'importance à un simple sondage. Il n'y a pas là matière à en faire la manchette du jour. Les résultats aux sondages ne devraient pas faire la nouvelle. Ils devraient plutôt être traités avec beaucoup de soin et de façon pondérée. Je m'interroge sur les véritables buts que poursuit LE DEVOIR quand il agit comme il le fait aujourd'hui. Ça me déçoit beaucoup. »

  • Carl Charest
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 09h56
    Sondages et toujours des sondages
    « Je crois que de nombreuses personnes ont vu qu'un sondage ne veux plus rien dire des temps qui courent. Sans le sondage en annexe et la façon dont les réponses ont été interprétées, personne ne peut savoir s'il est bel et bien crédible. Et en plus, tout l'événements des accomodements raisonnables, qui fait beaucoup plus les manchettes qu'il devrait le faire normalement, n'aide en rien à la cause. La façon dont les médias montrent ces événements ne sont pour la plupart du temps pas des représentations fidèles des actes réels. Un bon exemple est la saga des sapins de noël. La seule demande religieuse à cet effet était de ne pas les décorer seulement avec des ornements catholiques, mais des diverses religions..et maintenant tout le monde panique et ont peur de voir les sapins de noël disparaitre. Une belle saga plus qu'inutile. »

  • pascal durand
    Inscrit
    mardi 30 janvier 2007 10h07
    On ne gagnes pas à coup de sondages
    « Lorsqu'en 2003 le programme de l'ADQ s'est vu critiqué, ce qui a manqué à ce parti n'a pas été autant des idées que des militants pour le défendre sur la place publique et des membres pour le défendre en privé. La situation de l'ADQ, loin de s'être amélioré va de mal en pis. L'ADQ ne compte plus des organisations et des membres que dans l'est du Québec. Aux dernières élections, l'ADQ a compensé sa faiblesse organisationelle en payant des firmes pour organiser et réaliser sa campagne : livrer ses dépliants de porte-en-porte et poser ses pancartes. Dumont a-t-il encore suffisament d'amis dans les milieux financiers pour lui prêter des millions qu'il n'a pas réussis à rembourser depuis la dernière élections et qu'il ne pourra manifestement jamais rembourser ? Quoi qu'il en soit, un parti qui ne survit qu'à travers les banques et les médias ne peux pas livrer une vrai bataille électorale. »

  • Jacques Nadeau
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 10h22
    2 réalitées québécoises
    « Depuis quelques années, j'ai l'impression qu'un clivage politique se fait de plus en plus sentir au Québec. La centralisation de l'information fausse vraiment la donne.

    J'ai souvent l'impression que l'intelligentia montréalaise tombe des nues alors que dans les régions, nous nous demandons sur quelle planète différente de la notre vive nos insulaires.

    Votre sondage répartit les intentions de vote par région et c'est très important. Sila tendance se maintient, la réalité québécoise sera bientôt un espèce de patchwork difficillement gouvernable. La réalité montréalaise est importante, mais ce n'est qu'une partie de la réalitée québécoise. Un dialogue constructif et honnête doit être la base de tout et j'ai l'impression que la centralisation ( voir montréalisation) des communications a tendance à ramener l'information régionale à l'anecdotique ( Hérouxville) et à transformer l'anecdotique montréalais en priorité québécoise ( voir YMCA). Pour moi, c'est sans intérêt réel. »

  • loiselet
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 11h55
    Les taureaux
    « Il est évident que M. Boisclair ne sera plus dans le paysage lors des élections. Et cdela, depuis longtemps. On en a vu d'autres disparaître qui étaient plus compétents et moins loufoques. Je ne vois pas cet hurluberlu représenter notre nouveau pays. Je ne le soupçonne même pas en train de relever ses manches pour construire ou se battre.
    De puissants taureaux trépignent déjà aux barrières du Parti Québécois. Ne laissons pas André Boisclair nous travestir en perdants. »

  • Pierre Véronneau
    Inscrite
    mardi 30 janvier 2007 22h53
    Ne donnez surtout pas le score des verts hein?
    « Coudon, quels plaisirs retirez vous donc de systématiquement évacuer le Parti vert du Québec de vos sondages????? »

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