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Perspectives - Fracture politique

Michel David   30 janvier 2007  Québec
La fracture révélée par le code de conduite ahurissant adopté par la petite municipalité d'Hérouxville pourrait bien se transposer sur la carte politique du Québec. Au lendemain des élections d'avril 2003, plusieurs avaient annoncé la mort prochaine de l'ADQ. Après une pareille déconfiture, comment Mario Dumont pourrait-il avoir seulement envie de faire encore de la politique?

Au vu des résultats du dernier sondage de Léger Marketing, on doit constater que l'annonce de leur décès était nettement prématuré. En dehors de la région de Montréal, il faudra compter avec l'ADQ lors des prochaines élections. À Québec et dans le centre du Québec, elle arrive même bonne première dans les intentions de vote.

L'ADQ était déjà en progression depuis un an, mais le débat sur l'accommodement raisonnable a manifestement eu un effet accélérateur. D'entrée de jeu, M. Dumont a occupé tout le terrain, au grand agacement de plusieurs au PQ, qui trouvaient excessive la réserve d'André Boisclair. Un agacement qui s'est transformé en exaspération, quand il a proposé de retirer le crucifix de l'Assemblée nationale.

À Montréal, la réaction au code de conduite d'Hérouxville est généralement allée de la consternation à l'éclat de rire, mais M. Dumont a très bien vu les dividendes politiques qu'il pouvait tirer en tirant profit des inquiétudes du Québec profond.

En 1999, au moment où son parti espérait encore effectuer une percée dans la métropole, le chef de l'ADQ se montrait extraordinairement ouvert en matière d'accommodement raisonnable. Il a maintenant révisé ses positions en fonction d'objectifs plus ciblés.

Il est vrai que l'opportunisme ne l'a jamais rebuté, comme en témoigne sa nouvelle sympathie pour les municipalités défusionnées qui reprochent au gouvernement Charest de ne pas leur avoir redonné leur autonomie d'antan. À l'époque où même Lucien Bouchard s'y opposait, M. Dumont était le seul chef de parti qui appuyait le projet d'«une île, une ville» défendu par Pierre Bourque.

À l'approche des élections, il est possible que l'on assiste à un tassement du vote adéquiste, comme cela s'est produit en 2003. On peut néanmoins craindre que la prochaine campagne électorale exacerbe les préjugés envers les Québécois issus de l'immigration et creuse encore davantage le fossé qui existe entre la métropole et les régions.

***

La semaine dernière, André Boisclair se réjouissait de sentir «énormément d'effervescence» chez les militants péquistes. À la veille d'une réunion de deux jours avec ses députés et d'une Conférence des président(e)s du PQ, il devrait peut-être s'en inquiéter. Dans un parti politique en chute libre, l'effervescence est rarement une bonne nouvelle pour son chef.

Les résultats du sondage de Léger Marketing font craindre le pire pour le PQ, qui n'en finit plus de dégringoler depuis qu'il s'est donné un nouveau chef. L'avance de 20 points qu'il détenait sur les libéraux à l'automne 2005 s'est maintenant transformée en un retard de 2 points.

À 32 % dans les intentions de vote, son score est inférieur à celui d'avril 2003, qui était le pire depuis trente ans. Plus inquiétant encore, les baby-boomers, qui constituaient la pierre d'assise du PQ depuis sa fondation, semblent vouloir faire défection.

En toute justice pour M. Boisclair, une avance de 20 points avait quelque chose de surréaliste. Tôt ou tard, le PLQ allait retrouver ses appuis traditionnels. Le changement de gouvernement à Ottawa et le «fédéralisme d'ouverture» de Stephen Harper étaient également des facteurs sur lesquels M. Boisclair n'avait aucun contrôle, même s'il aurait pu y réagir plus efficacement.

De plus en plus de militants péquistes se rendent compte qu'ils ont commis une grave erreur en provoquant le départ de Bernard Landry et en plébiscitant un nouveau chef qui n'avait ni l'expérience ni le jugement requis.

***

Pendant longtemps, ils se sont rassurés à l'idée que, en dépit des lacunes de leur nouveau chef, les électeurs francophones avaient été tellement échaudés par le gouvernement Charest au cours des trois premières années de son mandat que le rejet serait définitif.

Ils n'avaient pas nécessairement tort. Le vote libéral stagne, et 58 % des Québécois estiment que le PLQ ne mérite pas un deuxième mandat. La mauvaise nouvelle pour le PQ est qu'il ne profite aucunement de cette insatisfaction.

L'explication n'est pas difficile à trouver. Malgré tout ce qu'elle peut lui reprocher, la population préfère encore voir Jean Charest, ou même Mario Dumont, aux commandes de l'État plutôt qu'André Boisclair. Même les francophones préfèrent le chef de l'ADQ à celui du PQ.

Des résultats comme ceux-là ne sont pas de nature à faciliter le recrutement de candidats, déjà problématique. Quand les libéraux en sont rendus à présenter une vedette dans Lac-Saint-Jean, cela laisse supposer que bien peu de forteresses péquistes sont encore tenues pour invulnérables.

En principe, le PLQ a besoin d'au moins cinq points d'avance pour recueillir une majorité de sièges. La force de l'ADQ dans les régions pourrait cependant fausser cette règle au détriment du PQ. Au PLQ, certains rêvent même de voir M. Dumont devenir chef de l'opposition officielle.

En revanche, l'appui que lui ont donné les maires de quelques municipalités de l'ouest de Montréal ne représente pas une bien grande menace pour les libéraux. En septembre 2004, le candidat défusionniste n'avait pas réussi à inquiéter le moindrement Yolande James à l'élection partielle dans Nelligan, même s'il n'y avait aucun danger pour la survie du gouvernement Charest. Malgré leur mécontentement, il serait très étonnant que les électeurs anglophones prennent le risque de faire élire un gouvernement péquiste en boudant les libéraux.

***

mdavid@ledevoir.com






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  • Diane Jeannotte Tremblay
    Abonnée
    mardi 30 janvier 2007 05h10
    La seule solution
    « Si j'étais à la place des députés du Parti Québécois, je serais très inquiète. Ils le sont, j'en suis certaine, mais que peuvent-ils faire? Pour moi qui suis une militante la réponse est assez claire, un nouveau chef et ça presse.Il est encore temps de poser un geste qui permettra au parti de se remettre dans la course et surtout de mettre toutes les chances de son côté pour réunir les *conditions gagnantes*.
    André Boisclair devra-il démisionner de son propre chef?
    Je ne crois pas que Monsieur Boisclair aille jusque'là, il y a des limites à tout sacrifier pour la cause!!! »

  • Dany Lemieux
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 07h49
    La persévérance de M. Dumont sera récompensée
    « Les Québécois n'en peuvent plus de voir des politiciens sans colonne vertébrale. M. Dumont est le leader dont le Québec rêve depuis le départ de Lucien Bouchard. »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    mardi 30 janvier 2007 07h53
    M Boisclair,le candidat favori de... Paul Desmarais
    « Oui M Boisclair était un candidat acceptable pour Paul Desmarais.On comprend maintenant pourquoi. Il ne représente absolument aucun danger pour les forces du statu quo fédéralistes.Voir l opinion de Paul Desmarais,l homme le plus influent du Canada :http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20051027.rmpower1029/BNStory/specialROBmagazine/?pageRequested=all

    Tant que le PQ fantasmera sur un PAYS lointains tout en restant confiné dans des perspectives provincialistes il se donnera des chefs du type, P. M.Johnson et André Boisclair (de parfaites nullités politiques. Conséquence le PQ à été (sauf sous M Parizeau) un éteignoir pour la dynamique souverainiste. Il faut que les memebres du PQ sortent de ces perspectives provincialistes qui tuent l option. Provincialisme quand tu nous tiens. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 30 janvier 2007 08h44
    Alea jacta est
    « Alea jacta "Le sort en est jeté" comme César, valeureux guerrier, mort assassiné, qui n'était pas très fort sur les accomodements raisonables, l'a dit, dans le temps.

    Il est un peu tard pour tous les partis qui voudraient changer de chef afin de gagner la prochaine élection qui s'annonce tôt, au printemps.

    En attendant, on peut penser que le chef qui verra son parti reculer à la prochaine élection, n'y survivra pas comme César mais, seulement...politiquement. Il y en plein de candidats qui attendent ce moment le couteau entre les dents. »

  • Jacqueline Bordeleau
    Inscrite
    mardi 30 janvier 2007 08h45
    M. Boisclair n'a pas notre confiance
    « Je suis une vieille militante , attachée politique de Marcel Léger, dans le comté de Lafontaine, celui de M. Boisclair. J'ai aussi été élue comme conseillère municipale de Pointe-aux-Trembles avec le R.C.M. de Jean Doré de 1986 à 1994.

    J'ai rencontré M. Boisclair en août 2006 lorsqu'il s'est présenté comme député de Lafontaine. J'ai eu une discussion avec lui qui m'a démontré hors de tout DOUTE qu'il n'avait pas les compétences pour devenir premier ministre d'un Québec indépendant.

    Je lui ai tout simplement demandé s'il était possible qu'il précise les raisons qui motiveraient les jeunes de 40 ans et moins à voter pour l'indépendance du Québec. J'avais plusieurs reprises la démobilisation des jeunes dont les parents étaient indépendantistes.

    M. Boisclair n'a pas voulu m'écouter. Selon lui, tout a été dit sur le sujet depuis 25 ans et on n'a pas à le répéter. Même chose pour la protection de la langue française, surtout dans la région de Montréal. Selon lui, nous avons tous nos propres raisons d'être indépendantiste et il ne m'a pas donné les siennes.

    Je lui ai écrit à 3 reprises par la suite pour les connaître et poursuivre le débat. Il n'a jamais daigné me répondrfe.

    J'avais prévu ce qui lui arrive, c'est un homme incompétent qui n'écoute personne et il est persuadé que c'est lui qui a raison.

    Félicitation M. DAvid pour tous vos articles et excusez la longue lettre.

    Jacqueline Bordeleau
    525, 100e avenue , MOntréal, H1A 2C1 »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    mardi 30 janvier 2007 08h49
    Alea jacta est
    « Alea jacta "Le sort en est jeté" comme César, valeureux guerrier, mort assassiné, qui n'était pas très fort sur les accomodements raisonables, l'a dit, dans le temps.

    Il est un peu tard pour tous les partis qui voudraient changer de chef afin de gagner la prochaine élection qui s'annonce tôt, au printemps.

    En attendant, on peut penser que le chef qui verra son parti reculer à la prochaine élection, n'y survivra pas comme César mais, seulement...politiquement. Il y en plein de candidats qui attendent ce moment le couteau entre les dents.

    Gilles Bousquet
    St-Hyacinthe »

  • Louis Lapointe
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 10h51
    Changer !
    « Bonjour M. David,

    Au fur et à mesure que la droite va quitté le navire du PQ, les chances du PQ de former le prochain gouvernement s'amenuisant, plus rien ne retiendra la gauche à bord. Cet effritement devrait bientôt s'amplifier puisque Boisclair a clairement signifié qu'il n'avait plus de préjugé favorable aux syndicats .

    Ce n'est pas parce qu'au cours des dernières années les signes se sont multipliés à droite dans la région de Québec, avec l'élection d'un adéquiste dans Vanier, de la Mairesse Boucher et des conservateurs en janvier 2006, qu'on doit y investir toutes nos ressources. Le front de la gauche est tout aussi stratégique.

    Il ne faudrait pas oublier le message jadis envoyé par la gauche dans Mercier. Là où la gauche est forte, surtout à l'est de Montréal , elle peut couper le vote du PQ et faire une place aux libéraux.. Boisclair ne doit pas non plus négliger les messages qui viennent du centre et des régions. On l'a vu dans Rouyn -Noranda -Témiscamingue, un adéquiste connu peut couper le vote péquiste et faire passer un libéral. On a également vu, dans la région de Lanaudière, une adéquiste enlever un comté au PQ.

    Avec la volatilité actuelle du vote, le haut taux d'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest , le manque de leadership des chefs et la multiplication des options à gauche de l'échiquier avec l'énigmatique Québec Solidaire et les Verts qui gagnent en popularité, tout peut arriver aux prochaines élections. Comme aux dernières élections, le vote se cristallisera probablement dans les derniers instants de la campagne. Donc, heureusement, tout n'est pas encore perdu pour André Boisclair.

    Pour éviter ce naufrage annoncé, il peut encore marquer l'électorat en rectifiant le tir. Il n'est pas trop tard pour présenter aux électurs une plate-forme électorale qui couvre le centre élargi de l'échiquier. Le programme du PQ regorge de bonnes idées. Il s'agit de retenir les cinq plus populaires et de les proposer aux Québécois. 1 ) des soins de santé gratuits pour tous, 2 ) un réseau d'école publique donnant une formation de qualité à peu de frais jusqu'au premier cycle universitaire, 3 ) un transport en commun plus efficace, 4 ) une économie où la protection de l'environnement et des ressources sera soutenu par des investissements massifs dans la recherche et les nouvelles technologies, 5) un support à l'économie des régions-ressources par un investissement massif dans les infrastructures régionales que sont les routes, les collèges, les universités et comme corollaire au quatrième objectif, la restauration écologique des ressources fondée sur des technologies conçues et développées dans des centres de recherches de ces régions.

    On l'a vu dans «À hauteur d'homme», ce sont les conseillers de Landry qui n'ont pas fait leur job en 2003, eux-mêmes atteints du syndrome d'ignorance historique qui afflige le Québec. Encore cette fois-ci, il est clair que Boisclair est mal entouré. Trop de carriéristes. Comme non seulement Boisclair ne doit pas, mais en plus, ne peut plus démissionner à ce stade-ci de l'engagement, il ne lui reste qu'une seule option susceptible de marquer l'électorat : congédier tous ses conseillers et surtout ne pas les remplacer par les gérants d'estrade habituels. Ces gens qui ont depuis longtemps prouvé qu'ils manquaient de jugement.

    En clair, Boisclair doit envoyer le message qu'il a l'intention de changer l'ordre habituel des choses et la meilleure façon de le faire est de changer son entourage. Ce ne doit pas être un virage cosmétique même s'il se doit d'être médiatique. Cela doit d'abord être un virage stratégique où les meilleurs seront sollicités.

    Il n'y a pas que des visages connus au PQ, il existe aussi une multitude de personnes qui peuvent faire l'ouvrage parce qu'ils connaissent le terrain, qu'ils ont eu à exercer leur jugement, parce qu'ils ont prouvé au fil des années qu'ils savaient analyser les situations et proposer des solutions.

    Ces gens qui ont travaillé pour tous les chefs, tous les aspirants-chefs, ce sont eux qui travaillent à chaque élection. Plusieurs de ces personnes sont de sombres inconnus qui n'ont jamais cherché les faveurs des principaux ténors du parti. Bien au contraire, les carriéristes ont préféré les tenir loin des centres de décision, de peur qu'ils impressionnent trop.

    Pourquoi ne pas organiser une chasse aux meilleurs conseillers au sein du PQ. Cela ferait changement des parachutés et des opportunistes habituels qui se collent sur les chefs pour obtenir leurs faveurs. Ce ne sont pas eux qui gagnent les élections, ce sont les travailleurs d'élection. Boisclair avait promis de changer les façons de faire. Voici une occasion en or de le réaliser !

    Il est temps que le PQ puise dans ses riches ressources ces trésors secrets qui feraient l'envie de tous les autres partis. Parce qu'après tout, il n'y aura personne pour gagner la prochaine élection s'ils ne sont pas là !

    Louis Lapointe
    Brossard »

  • Denis Biron
    Inscrit
    mardi 30 janvier 2007 15h46
    Il y a-t-il un autre Parizeau ?
    « André Booiclair n'a pas la stature d'un Chef d'État et il ne possède pas les outils néessaires pour conduire le Québec à l'indépendance politique.

    Ça prendrait un Jacques Parizeau ... avec une quinzaine d'années en moins. S'il en existe un, il doit se lever immédiatemet et ça urge! J'ai même l'impression qu'un Bernard Landry ou une Pauline Marois pourraient faire le travail en attendant et, même pour conduire le Québec à la souveraineté. »

  • Robert Daignault
    Abonné
    mardi 30 janvier 2007 18h04
    L'erreur doit se payer
    « Les militants du PQ ont choisit la "jeunesse" (Boiclair) plutôt que l'expérience (Marois). Ce choix était douteux et hautement risqué...

    C'est le temps de payer! »

  • Jacqueline Bordeleau
    Inscrite
    mardi 30 janvier 2007 21h57
    M. Boisclair n'a pas notre confiance
    « M. David,

    J'ai constaté que ma réaction de ce matin n'était pas claire.

    Ayant remarqué à plusieurs reprises que les jeunes Québécois se demandaient ce que la souveraineté du Québec pouvait leur donner, j'ai suggéré à M. Boisclair que , comme nouveau chef de notre Parti, il aurait intérêt à promouvoir les raisons qui motivent la souveraineté pour les Québécois.

    I m'a donné une fin de non-recevoir, il ne m'écoutait pas et ne voulait rien savoir. " TOUT A ÉTÉ DIT SUR LE SUJET "

    Je n'en reviens toujours pas, plusieurs mois plus tard.

    A quand un prochain chef ( je propose Louise Beaudoin ) pour réaliser la souveraineté et surtout pour en parler.

    Jacqueline Bordeleau
    jacgerbord@hotmail.com »

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