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Succès inattendu des congés parentaux

Kathleen Lévesque   24 janvier 2007  Québec
Instauré il y a un an, le régime d'assurance parentale se révèle si populaire que le gouvernement du Québec a dû prendre 100 millions dans la réserve prévue pour affronter une éventuelle explosion des naissances. Or le Québec a connu en 2006 la plus forte augmentation des naissances en pourcentage depuis 1909. Par rapport à l'année précédente, le nombre de nouveaux-nés a bondi de 8 %. Du coup, le taux de natalité se situe maintenant à 1,6 %.

«Bien qu'il soit trop tôt pour attribuer un tel niveau de croissance uniquement au nouveau régime, de tels chiffres nous incitent à être des plus optimistes pour l'avenir», a affirmé la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Michelle Courchesne, qui présentait hier le bilan de la première année d'existence du régime québécois d'assurance parentale.

Devant ce succès, le régime a donc dû s'adapter afin de combler les besoins. Une somme de 100 millions a été puisée dans la réserve de 450 millions de dollars constituée afin d'assurer la pérennité du régime. Pour l'instant, Québec a décidé de ne pas ajuster les cotisations des travailleurs et des entreprises. Si le régime continue de susciter autant d'enthousiasme et que l'augmentation des naissances se poursuit l'année prochaine, les cotisations pourraient être revues à la hausse. Ni la ministre Courchesne ni le p.-d.g. du Conseil de gestion de l'assurance parentale, Denis Latulippe, n'ont voulu s'avancer trop sur cette voie. La ministre Courchesne a toutefois rappelé que le régime doit s'autofinancer entièrement.

Le Conseil du patronat du Québec (CPQ), bien qu'il dise se réjouir de la croissance du taux de natalité, semble craindre l'effet que la situation pourrait avoir sur les entreprises. «Même s'il s'agit d'une mesure populaire auprès de plusieurs parents, il ne faudrait pas oublier que les coûts du programme demeurent inégalement partagés au détriment des employeurs et que cette situation a des effets sur l'économie québécoise», a déclaré le président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon.

Ce dernier a réclamé que le régime soit assumé à parts égales par les employeurs et les travailleurs. Selon M. Kelly-Gagnon, le coût de la main-d'oeuvre représente une variable importante dans la décision des entreprises d'investir ou non au Québec.

Selon la ministre de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine, Carole Théberge, le régime améliore la productivité des travailleurs. «C'est un effort que tout le monde doit faire, mais l'impact économique est positif en tous points. Autant pour les entreprises, qui ont des employés plus heureux, que pour les parents, qui peuvent passer du temps avec leurs enfants. C'est le genre de société que l'on se dessine et que l'on veut», a-t-elle indiqué.

Sa collègue responsable du régime, Michelle Courchesne, parlait hier d'un moment de réjouissance. Le régime, qui aura pris 10 ans à se mettre en place, est plus généreux, plus souple, plus accessible, a soutenu la ministre.

Au 31 décembre dernier, Québec avait versé en prestations 817,4 millions de dollars. En moyenne, ce sont des prestations de 450 $ par semaine que les parents ont reçues. Sous l'ancien régime fédéral d'assurance-emploi, l'aide hebdomadaire aux parents se situait à 325 $ en moyenne. Au total, 97 692 parents ont bénéficié du nouveau régime, ce qui correspond à 66 000 naissances et 640 adoptions.

Parmi les prestataires, on compte 3897 travailleurs autonomes, qui étaient exclus du régime jusque-là. On note également qu'ils ont majoritairement opté pour la formule permettant un congé plus court mais avec des prestations plus importantes. À l'inverse, trois salariés sur quatre ont choisi de demeuré le plus longtemps possible auprès de leur nouveau-né avec des prestations moindres.

Aussi, le nombre de pères qui ont pris un congé pour être avec leur poupon a doublé en comparaison avec l'ancien régime. «C'est une évolution sociale marquée et importante», a commenté Mme Courchesne.

Pour ce qui est des 20 % de naissances qui n'ont généré aucune prestation, cela s'explique par le fait que certaines mères ne sont pas sur le marché du travail. Aussi, les bénéficiaires d'aide sociale n'ont pas accès au régime.

À ses débuts, le régime a connu un engorgement colossal. Lors du lancement du régime le 1er janvier 2006, les Québécois ont dû faire face à des délais de 32 minutes en moyenne pour une demande d'information générale. En décembre dernier, on calculait que ce délai n'était plus que d'une minute. Les problèmes ont été résorbés en quatre mois.

Quant au coût d'administration du régime, il n'accapare que 3 % du budget total. Le coût des autres programmes gouvernementaux accaparerait plutôt de 7 à 8 %. Denis Latulippe a indiqué que 50 % des demandes de prestations se fait par Internet puisque les jeunes parents font partie du segment de la population la plus branchée au Québec. Cela expliquerait en partie la situation.

Le régime d'assurance parentale est l'une des mesures adoptées au cours des dernières années, avec entre autres le soutien aux enfants, l'aide au devoir, le développement de places en garderie et l'abolition de la TVQ sur les couches et le lait maternisé, qui donnent «un environnement favorable» aux familles. Selon la ministre Courchesne, la stabilité des mesures sur une longue période est essentielle si une société veut bénéficier d'un renouvellement de sa population.






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  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 24 janvier 2007 07h09
    Quel crise démographique
    « En 2006, les Québécoises ont fait 82,500 enfants, une augmentation de 14% par rapport à 2000. C'est 10,79 enfants par 1000 hab. C'est mieux que les Finlandaises (10,46), les Belges (10,38), les Espagnoles (10,06) les Coréennes (10), les Japonaises (9,3) , les Bulgares (8,65), les Ukrainiennes (8,82), les Autrichiennes (8,74), les Italiennes (8,32) , les Allemandes (8,25) et même les Chinoises de Hongkong (7,29). C'est Toybee, qui croyait qu'à la fin des temps il ne resterait plus que des Chinois et des Canadiens français, qui doit se retourner dans sa tombe: les Québécoises font 48% plus d'enfants que les Chinoises!!!

    Seulement 55,000 Québécois sont morts, soit 7,3 décès par 1000 hab. On meurt moins, beaucoup moins en fait au Québec qu'aux USA (8,26), en Suisse (8,49), aux Pays-Bas (8,62), en France (9,14), au Japon (9,16), en Espagne (9,72), en Italie (10,4) et en Lithuanie (13,66).

    En 2006, 150 enfants ont donc vu le jour pour chaque 100 Québécois qui nous quittaient. La France, dont on vante tant les programmes de maternité, a un ratio de 131. Elle fait plus d'enfants que le Québec mais a beaucoup plus de morts, ce qui donne un ratio plus bas. La Suisse a un ratio de 114 et l'Espagne 103. En Suède, pays comparable au Québec sous bien des aspects, on est dans le rouge avec 99 naissances pour 100 décès, tout comme en Italie 83 et en Allemagne 77. En Russie, pour chaque 100 morts, seulement 68 enfants ont vu le jour! La Russie des Popov se meurt, pas le Québec des Tremblay.

    Alors il est où le maudit problème démographique du Québec?

    Sources:

    http://www.nationmaster.com/graph/peo_bir_rat-people-birth-rate

    http://www.nationmaster.com/graph/peo_pop_gro_rat-people-population-growth-rate

    Jacques Noel
    Québec »

  • Lili Spaghetti
    Inscrite
    mercredi 24 janvier 2007 08h38
    La revanche des berceaux (Québec revit)
    « Bravo si les nouveaux congés parentaux ont un effet bénéfiques sur le fait que les Québécois entrevoient la possibilité d'avoir des enfants, et qu'ils en fassent. Moi qui suis une Québécoise immigrée en France, et qui donnerai le jour à mon premier enfant en juin, à l'âge de 40 ans, je déplore le fait que les congés de maternité en France soient très-très (trop) courts. Il existe plusieurs aides mais pour ce qui est du congé (6 semaines avant l'accouchement et 8 semaines à peine après !)ce sera dur. Mon conjoint aura droit à 15 jours de congés paternité. ET donc si la France présente certaines mesures sociales intéressantes, sur le plan de l'aide aux mères, et le congés pour les nouveaux parents le Québec à une avance considérable. Qui sait, pour le 2e on reviendra peut-être "chez-nous" ! »

  • langlois suzanne
    Inscrite
    mercredi 24 janvier 2007 13h18
    Organisation du travail
    « Je trouve très intéressante toute politique qui permettra d'améliorer le taux de natalité, cependant l'organisation du travail souffre de l'absence à court ou moyen terme d'un employé. Les syndicats devront être capable de plus d'ouverture et de flexibilité, afin d'éviter que ces congés légitimes ne deviennent trop "pesant" dans la petite et moyenne entreprise. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 24 janvier 2007 21h33
    Bravo, mais...
    « Bravo pour ces naissances et les politiques libérales qui semblent plus efficaces que la conciliation travail-famille du PQ. Je dit semble parcequ'il se pourrait aussi que ce soit un retour des jeunes à la valeur "famille" ce qui est tout à leur honneur. Mais, contrairement au patronat français qui se réjouit de l'absence des femmes au travail pour des congés de maternité, cette page transpire le petit patron qui s'inquiète des frais encourus et qui, maladroitement sollicite l'aide des travailleurs! Il aurait été plus avisé de demander davantage des payeurs de taxe car, comme retraité, père de trois enfants, j'aimerais bien, moi aussi, faire ma part pour les aider. Mais peut-être que ce patron est-il trop obnubilé par le discours des lucides? »

  • mario laberge
    Inscrit
    mercredi 24 janvier 2007 22h39
    question démographique
    « Bravo ,si les programmes fonctionnent ,évitons de devenir hystérique après de tel nouvelles. Mais combien sur les 80,000 bébés en 2006 y as t-il de québecois de souche la dedans? pas sûr que c'est 100%. tant que le taux de natalité ne seras pas de 2.2 pour les québecois de souche,nous serons en voie de disparition à long terme.On as sans doute pas mal de chemin à faire encore. »

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