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La publicité Google - Jouer sur les mots peut rapporter gros à un député qui veut se faire un nom

Antoine Robitaille   24 janvier 2007  Québec
Le député péquiste Stéphane Bergeron, de Verchères, utilise Google pour faire de la publicité politique, une innovation avec laquelle le Directeur général des élections (DGE) ne sait pas encore comment composer.

Si vous tapez «Kyoto» dans le moteur de recherche Google, il y a de fortes chances, selon la journée, que ce même moteur vous propose un «lien commercial» vers le site du député de Verchères. L'hebdomadaire Voir s'est penché sur ce cas la semaine dernière.

L'organisation du député «achète» sur Google AdSense des mots — tels «Kyoto», «développement durable» ou «Orford» —, et ce, quotidiennement en fonction de l'actualité, ce qui lui permet d'augmenter le nombre de visiteurs sur son site Internet. Le lien vers le site se retrouve aussi sur des pages abonnées au service des «annonces Google». Stéphane Bergeron se dit très heureux de cette «stratégie de communication modulée en fonction de l'actualité», comme il l'appelle.

Résultats probants

Selon lui, les résultats sont clairs: «Ça augmente l'achalandage. Ça permet au site d'être consulté assez fréquemment.» C'est un de ses bénévoles, un crack d'Internet qui travaille dans le domaine depuis une quinzaine d'années, David Joly, qui lui a proposé cette avenue il y a quelques mois. M. Joly fait remarquer qu'un des avantages est de pouvoir mesurer avec précision l'efficacité de la pub. L'organisation de M. Bergeron paie Google à chaque clic de souris effectué pour aboutir sur son site. Les coûts ne sont pas très élevés, quelque 1200 $ par année. «On se limite à un budget d'environ 5 $ par jour.» Autrement dit, lorsque les internautes ont cliqué pour 5 $ sur le site, l'organisation de M. Bergeron stoppe l'opération. Cela permet de «réajuster constamment la campagne», fait remarquer M. Joly, d'autant plus que l'opération est «géolocalisée», c'est-à-dire que seuls les internautes habitant un certain territoire — ici le Québec — peuvent voir les pubs. M. Joly a refusé de révéler au Devoir quel «achat de mots» avait été le plus profitable en matière de clics ces derniers temps. Il soutient que, dans ses bons mois, le site du député peut attirer entre 2500 et 2600 visites. M. Bergeron dit utiliser cet outil publicitaire pour une raison noble: «C'est avant tout pour permettre au plus grand nombre de citoyens de savoir ce que je fais, ce que je dis, quelle position je prends à l'Assemblée nationale, mais surtout pour permettre aux citoyens et citoyennes d'avoir un nouvel outil pour communiquer avec moi.»

Le DGE ne sait pas trop comment interpréter cette nouvelle forme de réclame politique. En période de campagne électorale, sera-t-elle conforme à la loi? «Internet ne change rien aux principes de base de la loi», a fait remarquer Myriam Régnier, relationniste au DGE. Des dépenses électorales, ce sont des dépenses qui «contribuent à favoriser ou à défavoriser un candidat». Les bandeaux publicitaires sur Internet sont clairement régis. Mais l'achat de mots? «Je ne peux vous donner plus d'information. Ça va tellement vite. Quand on pense à tous les vidéoblogues, à YouTube, au marketing viral, etc. Les moyens se multiplient. Le DGE est très sensible à ça et se penche là-dessus à l'heure actuelle», a répondu Mme Régnier. Cette dernière ne pouvait préciser hier à quel moment exactement le DGE statuerait sur le sujet. «On ne peut nier que, depuis 2003, il y a eu beaucoup de nouveautés sur Internet, et c'est certain que le DGE étudie toute la question de la publicité sur Internet pour être capable d'y faire face et d'appliquer la loi», a-t-elle expliqué.

Bataille de clics

Le journal Le Monde rapportait qu'en pleine crise des banlieues en novembre 2005, le parti de droite l'Union pour un mouvement populaire avait acheté sur Google France les mots «banlieues», «Sarkozy» et «émeutes» pour inciter à signer une pétition de soutien au ministre de l'Intérieur. Le succès avait été remarqué. La magazine Le Point rapportait plus récemment que l'achat de certains mots dans un but politique est souvent suivi en France par des contre-offensives des partis victimes. Ainsi, le Parti socialiste a lancé en mars 2006 une campagne de «clics hostiles» contre les publicités de l'UMP en multipliant les clics effectués sur ces mêmes liens dans le but de vider le budget publicité du parti de Nicolas Sarkozy.

Selon une vérification faite hier après-midi, le nom «Jean Charest» a été acheté par un blogueur anglophone qui a intitulé son site «Jean Charest - Unplugged». Les autres politiciens québécois ne semblaient pas hier avoir été visés par une telle manoeuvre.






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  • Line Gingras
    Abonné
    mercredi 24 janvier 2007 03h39
    Une publicité qui rapporte?
    « Si j'ai bien compris, le nombre de visites atteint un maximum de 2600 par mois? Cela ne me paraît pas beaucoup, pour un site faisant l'objet de publicité payante.

    http://chouxdesiam.hautetfort.com »

  • Nathalie Lacoste
    Inscrite
    jeudi 25 janvier 2007 01h23
    Innovation
    « Forrester Research 2006 > 66% des consommateurs aux États-Unis utilisent Internet lors de leur processus de décision.

    Quand monsieur Bergeron achète des mots clés sur Google, il n'achète pas de la publicité mais il entame une conversation avec un public intéressé.

    Internet représente un terreau fertile pour qui veut faire un exercice communicationnel et ce, qu'il s'agisse d'une campagne publicitaire ou d'une campagne de relation publique. Le support est différent mais la recette est la même. Quand il s'agit de sensibiliser et de mobiliser, il faut prendre les bons outils pour rejoindre notre public cible.

    Time magazine, dans son numéro de décembre 2006, décernait le prix de la personnalité de l'année à - « YOU » (NOUS) en soulignant l'éclosion des CGM (consumer generated medias) tels que les blogs, le partage de vidéos et autres sites à caractère « réseaux sociaux ».

    Êtes-vous vraiment étonné de lire que nos politiciens s'ouvrent à un canal de communication comme le web ? Internet est sans aucun doute l'endroit ou les relations publiques sont le plus naturel. À la base même de la toile on retrouve les communautés. Autrefois présentes dans des réseaux un peu « underground », elles sont maintenant grand publique. On a qu'à penser aux blogs mais également au site web ou il est possible de noter un produit ou de simplement laisser un commentaire comme je le fais aujourd'hui. Les internautes participent activement lors de leur séance de navigation par la production de contenu, en référant des articles, des vidéos etc.

    Pour ma part, ce qui m'étonne c'est de retrouver ce type d'article non soutenu dans Le Devoir. Un peu de recherche aurait permis au journaliste de cerner son sujet pour en faire ressortir les vrais enjeux sociopolitiques sous-jacent ce type de stratégie communicationnelle. Au lieu de ça, le journaliste nous a servi un article mal soutenu sur l'achat de mot clés. Pire encore un article sur l'achat de mot clés présenté comme une innovation. »

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