La publicité Google - Jouer sur les mots peut rapporter gros à un député qui veut se faire un nom
Le député péquiste Stéphane Bergeron, de Verchères, utilise Google pour faire de la publicité politique, une innovation avec laquelle le Directeur général des élections (DGE) ne sait pas encore comment composer.
Si vous tapez «Kyoto» dans le moteur de recherche Google, il y a de fortes chances, selon la journée, que ce même moteur vous propose un «lien commercial» vers le site du député de Verchères. L'hebdomadaire Voir s'est penché sur ce cas la semaine dernière.
L'organisation du député «achète» sur Google AdSense des mots — tels «Kyoto», «développement durable» ou «Orford» —, et ce, quotidiennement en fonction de l'actualité, ce qui lui permet d'augmenter le nombre de visiteurs sur son site Internet. Le lien vers le site se retrouve aussi sur des pages abonnées au service des «annonces Google». Stéphane Bergeron se dit très heureux de cette «stratégie de communication modulée en fonction de l'actualité», comme il l'appelle.
Résultats probants
Selon lui, les résultats sont clairs: «Ça augmente l'achalandage. Ça permet au site d'être consulté assez fréquemment.» C'est un de ses bénévoles, un crack d'Internet qui travaille dans le domaine depuis une quinzaine d'années, David Joly, qui lui a proposé cette avenue il y a quelques mois. M. Joly fait remarquer qu'un des avantages est de pouvoir mesurer avec précision l'efficacité de la pub. L'organisation de M. Bergeron paie Google à chaque clic de souris effectué pour aboutir sur son site. Les coûts ne sont pas très élevés, quelque 1200 $ par année. «On se limite à un budget d'environ 5 $ par jour.» Autrement dit, lorsque les internautes ont cliqué pour 5 $ sur le site, l'organisation de M. Bergeron stoppe l'opération. Cela permet de «réajuster constamment la campagne», fait remarquer M. Joly, d'autant plus que l'opération est «géolocalisée», c'est-à-dire que seuls les internautes habitant un certain territoire — ici le Québec — peuvent voir les pubs. M. Joly a refusé de révéler au Devoir quel «achat de mots» avait été le plus profitable en matière de clics ces derniers temps. Il soutient que, dans ses bons mois, le site du député peut attirer entre 2500 et 2600 visites. M. Bergeron dit utiliser cet outil publicitaire pour une raison noble: «C'est avant tout pour permettre au plus grand nombre de citoyens de savoir ce que je fais, ce que je dis, quelle position je prends à l'Assemblée nationale, mais surtout pour permettre aux citoyens et citoyennes d'avoir un nouvel outil pour communiquer avec moi.»
Le DGE ne sait pas trop comment interpréter cette nouvelle forme de réclame politique. En période de campagne électorale, sera-t-elle conforme à la loi? «Internet ne change rien aux principes de base de la loi», a fait remarquer Myriam Régnier, relationniste au DGE. Des dépenses électorales, ce sont des dépenses qui «contribuent à favoriser ou à défavoriser un candidat». Les bandeaux publicitaires sur Internet sont clairement régis. Mais l'achat de mots? «Je ne peux vous donner plus d'information. Ça va tellement vite. Quand on pense à tous les vidéoblogues, à YouTube, au marketing viral, etc. Les moyens se multiplient. Le DGE est très sensible à ça et se penche là-dessus à l'heure actuelle», a répondu Mme Régnier. Cette dernière ne pouvait préciser hier à quel moment exactement le DGE statuerait sur le sujet. «On ne peut nier que, depuis 2003, il y a eu beaucoup de nouveautés sur Internet, et c'est certain que le DGE étudie toute la question de la publicité sur Internet pour être capable d'y faire face et d'appliquer la loi», a-t-elle expliqué.
Bataille de clics
Le journal Le Monde rapportait qu'en pleine crise des banlieues en novembre 2005, le parti de droite l'Union pour un mouvement populaire avait acheté sur Google France les mots «banlieues», «Sarkozy» et «émeutes» pour inciter à signer une pétition de soutien au ministre de l'Intérieur. Le succès avait été remarqué. La magazine Le Point rapportait plus récemment que l'achat de certains mots dans un but politique est souvent suivi en France par des contre-offensives des partis victimes. Ainsi, le Parti socialiste a lancé en mars 2006 une campagne de «clics hostiles» contre les publicités de l'UMP en multipliant les clics effectués sur ces mêmes liens dans le but de vider le budget publicité du parti de Nicolas Sarkozy.
Selon une vérification faite hier après-midi, le nom «Jean Charest» a été acheté par un blogueur anglophone qui a intitulé son site «Jean Charest - Unplugged». Les autres politiciens québécois ne semblaient pas hier avoir été visés par une telle manoeuvre.
Si vous tapez «Kyoto» dans le moteur de recherche Google, il y a de fortes chances, selon la journée, que ce même moteur vous propose un «lien commercial» vers le site du député de Verchères. L'hebdomadaire Voir s'est penché sur ce cas la semaine dernière.
L'organisation du député «achète» sur Google AdSense des mots — tels «Kyoto», «développement durable» ou «Orford» —, et ce, quotidiennement en fonction de l'actualité, ce qui lui permet d'augmenter le nombre de visiteurs sur son site Internet. Le lien vers le site se retrouve aussi sur des pages abonnées au service des «annonces Google». Stéphane Bergeron se dit très heureux de cette «stratégie de communication modulée en fonction de l'actualité», comme il l'appelle.
Résultats probants
Selon lui, les résultats sont clairs: «Ça augmente l'achalandage. Ça permet au site d'être consulté assez fréquemment.» C'est un de ses bénévoles, un crack d'Internet qui travaille dans le domaine depuis une quinzaine d'années, David Joly, qui lui a proposé cette avenue il y a quelques mois. M. Joly fait remarquer qu'un des avantages est de pouvoir mesurer avec précision l'efficacité de la pub. L'organisation de M. Bergeron paie Google à chaque clic de souris effectué pour aboutir sur son site. Les coûts ne sont pas très élevés, quelque 1200 $ par année. «On se limite à un budget d'environ 5 $ par jour.» Autrement dit, lorsque les internautes ont cliqué pour 5 $ sur le site, l'organisation de M. Bergeron stoppe l'opération. Cela permet de «réajuster constamment la campagne», fait remarquer M. Joly, d'autant plus que l'opération est «géolocalisée», c'est-à-dire que seuls les internautes habitant un certain territoire — ici le Québec — peuvent voir les pubs. M. Joly a refusé de révéler au Devoir quel «achat de mots» avait été le plus profitable en matière de clics ces derniers temps. Il soutient que, dans ses bons mois, le site du député peut attirer entre 2500 et 2600 visites. M. Bergeron dit utiliser cet outil publicitaire pour une raison noble: «C'est avant tout pour permettre au plus grand nombre de citoyens de savoir ce que je fais, ce que je dis, quelle position je prends à l'Assemblée nationale, mais surtout pour permettre aux citoyens et citoyennes d'avoir un nouvel outil pour communiquer avec moi.»
Le DGE ne sait pas trop comment interpréter cette nouvelle forme de réclame politique. En période de campagne électorale, sera-t-elle conforme à la loi? «Internet ne change rien aux principes de base de la loi», a fait remarquer Myriam Régnier, relationniste au DGE. Des dépenses électorales, ce sont des dépenses qui «contribuent à favoriser ou à défavoriser un candidat». Les bandeaux publicitaires sur Internet sont clairement régis. Mais l'achat de mots? «Je ne peux vous donner plus d'information. Ça va tellement vite. Quand on pense à tous les vidéoblogues, à YouTube, au marketing viral, etc. Les moyens se multiplient. Le DGE est très sensible à ça et se penche là-dessus à l'heure actuelle», a répondu Mme Régnier. Cette dernière ne pouvait préciser hier à quel moment exactement le DGE statuerait sur le sujet. «On ne peut nier que, depuis 2003, il y a eu beaucoup de nouveautés sur Internet, et c'est certain que le DGE étudie toute la question de la publicité sur Internet pour être capable d'y faire face et d'appliquer la loi», a-t-elle expliqué.
Bataille de clics
Le journal Le Monde rapportait qu'en pleine crise des banlieues en novembre 2005, le parti de droite l'Union pour un mouvement populaire avait acheté sur Google France les mots «banlieues», «Sarkozy» et «émeutes» pour inciter à signer une pétition de soutien au ministre de l'Intérieur. Le succès avait été remarqué. La magazine Le Point rapportait plus récemment que l'achat de certains mots dans un but politique est souvent suivi en France par des contre-offensives des partis victimes. Ainsi, le Parti socialiste a lancé en mars 2006 une campagne de «clics hostiles» contre les publicités de l'UMP en multipliant les clics effectués sur ces mêmes liens dans le but de vider le budget publicité du parti de Nicolas Sarkozy.
Selon une vérification faite hier après-midi, le nom «Jean Charest» a été acheté par un blogueur anglophone qui a intitulé son site «Jean Charest - Unplugged». Les autres politiciens québécois ne semblaient pas hier avoir été visés par une telle manoeuvre.
Haut de la page

