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Un flirt sans conséquence

Charest ne sévira pas contre un de ses députés qui a avoué ses sympathies souverainistes et qui a failli rejoindre le Parti québécois

23 janvier 2007  Québec
Jean Charest
Photo : Jacques Nadeau
Jean Charest
Le député libéral provincial Pierre Descôteaux, qui a failli passer au Parti québécois, ne sera pas l'objet de sanctions. Il demeure au PLQ et y fera même campagne en vue de la prochaine élection, assure le premier ministre Jean Charest.

M. Descôteaux a participé à la réunion du caucus des députés libéraux provinciaux, hier à Montréal. À cette occasion, il a eu une rencontre privée avec le premier ministre et chef libéral Jean Charest pour tirer l'histoire au clair.

Radio-Canada a révélé, la semaine dernière, que le député libéral de Groulx avait pris contact avec l'exécutif du Parti québécois de cette circonscription, en septembre dernier, dans l'espoir de devenir candidat pour la formation souverainiste. En 2003, il avait remporté les élections de justesse, avec 300 voix de majorité. Il avait remis sa lettre de démission à son chef Jean Charest, avant de se raviser.

Interrogé à son arrivée à la réunion du caucus, M. Descôteaux a nié avoir lui-même contacté le PQ, laissant même entendre que c'était plutôt l'inverse qui était arrivé. «Je n'ai pas approché les gens du Parti québécois. Vous savez, c'est le chien qui court après sa queue. Qui a fait, qui est venu en premier? Ce n'est pas important, ça», a-t-il lancé.

Après avoir rencontré le premier ministre et chef libéral, il a indiqué aux journalistes qu'il ne serait pas réprimandé pour avoir songé à traverser le parquet de l'Assemblée nationale. Le premier ministre Charest a lui-même confirmé. «On n'a pas parlé de sanction; on a parlé d'avenir», a-t-il indiqué en anglais.

«M. Descôteaux fera partie de l'équipe quand on ira en élection», a ajouté le premier ministre.

Avec une pointe d'ironie, M. Charest a fait la nomenclature des députés péquistes qui ont aussi traversé une période de réflexion, mais ont plutôt choisi de quitter leur parti. «Je fais le constat de ce que j'ai vu dans les derniers mois à l'Assemblée nationale: Jean-Pierre Charbonneau qui réfléchit et il quitte, Pauline Marois qui réfléchit et qui décide de quitter, Mme Léger réfléchit et décide de quitter, M. Tremblay réfléchit et décide de quitter, Jonathan Valois qui, lui, réfléchit et décide de quitter. Pierre Descôteaux réfléchit et décide de rester. Au PQ, quand ça réfléchit, ça part. Chez nous, quand ils réfléchissent, ils restent.»

M. Descôteaux avait pourtant laissé entendre qu'il était souverainiste, affirmant qu'il ferait partie de la «parade» s'il y avait un autre référendum.

Interrogé sur cette contradiction dans les idéologies, M. Charest ne s'en est pas offusqué, affirmant que la question du référendum était, de toute façon, hypothétique.

«Il n'y aura pas de référendum. M. Descôteaux continue de travailler avec nous pour construire et améliorer la fédération canadienne. C'est ça le premier objectif que poursuit Pierre Descôteaux», a dit le premier ministre.
 
 
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