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Au temps où l'ADQ prônait l'accommodement raisonnable...

Antoine Robitaille   20 janvier 2007  Québec
Québec — En plein coeur du débat sur la déconfessionnalisation du système d'éducation, à l'automne 1999, l'Action démocratique du Québec (ADQ) prônait les «accommodements raisonnables» tous azimuts à l'école, et ce, pour toutes les religions.

L'ADQ, qui s'opposait à la déconfessionnalisation des écoles, avait présenté un mémoire de 18 pages lors de la consultation sur la place de la religion à l'école organisée par la commission permanente de l'Éducation. La formation politique y avait défendu une position qui semble trancher avec celle que le chef du parti, Mario Dumont, a adoptée. Rappelons qu'en novembre dernier, après la médiatisation de quelques cas d'accommodement pour des minorités religieuses, M. Dumont avait fait une sortie remarquée contre les «accommodements raisonnables», disant que c'en était «assez». À son sens, ces gestes relevaient d'un «à-plat-ventrisme» de la majorité «qui ne mène nulle part». Ces propos ont été qualifiés de démagogiques jeudi, à la fois par le premier ministre et par le chef péquiste.

En 1999, dans le mémoire de l'ADQ — que des libéraux manifestement fiers de leur trouvaille ont distribué hier à plusieurs médias —, on affirmait que, «comme toute organisation, l'école québécoise est tenu [sic] à une obligation d'accommodement raisonnable». Plusieurs pratiques qui se veulent «neutres», notait l'ADQ, sont susceptibles de «créer de la discrimination à l'égard de certains élèves». On illustrait la chose par divers exemples: le calendrier scolaire «entrant en conflit avec les fêtes religieuses juives, musulmanes ou autres» et des règles vestimentaires qui interdisent le port de certains vêtements religieux ou «imposent le port de vêtements considérés comme impudiques».

Les principes défendus dans le mémoire de l'ADQ de 1999 auraient ouvert tout grand les portes des écoles québécoises aux religieux. «Là où le nombre le justifie», plaidait-on, un cours d'enseignement confessionnel devait être «élaboré pour chaque confession». Le mémoire soulignait même que dans la région de Montréal, «on pourrait envisager de regrouper les élèves de différentes écoles afin de constituer des groupes suffisamment nombreux pour justifier un enseignement confessionnel conforme à leurs convictions [ou à celles de leurs parents]». L'ADQ allait jusqu'à dire qu'en «l'absence de ressources professorales compétentes relativement à une confession en particulier, les écoles devraient également pouvoir faire appel à des personnes issues de cette confession religieuse». En 1999, pour l'ADQ, les règles syndicales des établissements scolaires devaient même s'effacer pour faire place aux accommodements en question: «Puisque les convictions en matière de religion relève [sic] des droits et libertés de la personne, les conventions collectives devraient s'adapter aux besoins exprimés par les parents et leurs enfants et non l'inverse.» L'ADQ évoquait les impératifs de la «souplesse» et de la «flexibilité» afin de s'adapter aux besoins particuliers des élèves.

Malaise

Le rappel de ce texte de l'ADQ a suscité un certain malaise au sein de la formation politique. Mario Dumont a rejeté toute demande d'entrevue. «Il n'y a aucune contradiction [entre les positions de 1999 et de 2007]. M. Dumont n'a jamais dit qu'il était contre les accommodements raisonnables en soi mais contre les accommodements déraisonnables», a soutenu son attachée de presse, Élodie Girardin-Lajoie. Elle a tenu à souligner que dans son mémoire, l'ADQ insistait «comme aujourd'hui» sur des valeurs comme l'égalité entre les hommes et les femmes.

Joint à Lachine, le coauteur du mémoire, Cédrick Pautel, à l'époque président du comité sur l'éducation de la commission politique de l'ADQ, a sèchement refusé de répondre aux questions du Devoir sur l'évolution des positions de l'ADQ. «On va en rester là», a dit en raccrochant celui qui a été secrétaire général de la Fédération des associations d'étudiants de l'Université de Montréal au début des années 90.






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  • Christian Boulet
    Inscrit
    samedi 20 janvier 2007 10h08
    Un signe d'ouverture et d'évolution
    « Avec les changements dans le discours de l'ADQ, on peut, a mon sens, comprendre que l'ADQ a bien vieilli. Cette formation politique est de plus en plus proche de ses membres et évolue avec le Québec. Il y a 8 ans, les accomodements étaient acceptables et la ligne de débordement a été franchie. Je crois qu'il est responsable de la part des partis politiques de pouvoir reconnaitre que ses idées évoluent. C'est signe d'intelligence! Non! on dit que seuls les fous ne changent pas d'idée... »

  • Huguette Marchand
    Inscrite
    samedi 20 janvier 2007 15h08
    Accomodement raisonnable au temps de l'ADQ
    « Je ne comprends qu'une chose dans ce débat, c' est que Mario Dumont se fait tapper dessus , parce qu' il est le seul homme politique actuellement, qui ose dire haut et fort ce que les «Québecois de souche» pensent, il est un porte- parole éloquent et surtout, convaincu de ce qu' il représente; nous sentons en lui le désir profond de sauvegarder ce qui nous appartient depuis toujours, c' est à dire, ce qui a fait de nous ce peuple que nous sommes.

    Nous nous dirigeons clairement vers une dictature déguisée sous le couvert de la démocratie.

    Merci à vous Mario,il est clair que le Québec a besoin de voix fortes et percutantes actuellement pour neutraliser toutes ces infiltrations sournoises qui ont largement profiter de la bonne volonté, de l' accueil naturel des Québecois, mais qui aujourd'hui, peut-être à cause d' une naiveté, empreinte de bonté, ne voyant pas venir ces manigances étrangères,, se font tasser petit à petit, pour finalement sortir par la porte arrière..

    Ne lâchez pas Mario, mais sachez que vous êtes l'homme à abattre »

  • Philippe Champagne
    Inscrit
    samedi 20 janvier 2007 20h25
    En réaction aux réactions
    « Monsieur Robitaille,

    Merci d'avoir amené à notre attention ce petit retour en arrière bien vu à la veille des élections. Son seul tort est que le tout ne vient pas de vous mais du parti libéral du Québec.

    Écoutez. Même le Christ a dit de rendre à César ce qui appartient à César. Aussi, contrairement aux deux réactions subséquentes des lecteurs, je ne me rallierai pas à leur hargne pseudo-démocratique.

    Je remercie donc, même si j'ai avalé de travers mon café en vous lisant, les libéraux qui jouent de bonne guerre, même si leurs procédés relèvent parfois de l'infantilisme. De temps en temps, ils ont des clins d'oeil opportunistes, mais qui ont le mérite de nous rappeler à nous qui oublions si vite. »

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