Libre-Opinion: Des artistes bien conciliants
«Si vous avez des larmes, préparez-vous à les répandre maintenant.» - Jules César, William Shakespeare
Après avoir pris connaissance de la lettre du Mouvement pour les arts et les lettres (MAL), publiée par Le Devoir le 6 janvier dernier («Rendre à César... », signée par Stanley Péan), je me permets, ma colère passée, de répliquer à mes collègues artistes et écrivains, que je juge, ma foi, un brin conciliants au profit d'une ministre de la Culture, Line Beauchamp, qui ne mérite pas une telle délicatesse.
Mme la ministre, en fine psychologue qu'elle est, cherche-t-elle à nous éblouir avec ses chiffres livrés en vrac? Quiconque se donne la peine de consulter le site Internet du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) constate les dégâts dans les détails. Si le budget du CALQ a augmenté ces dernières années, il n'en demeure pas moins que, étrangement, les sommes remises aux artistes ont diminué.
On ne me chicanera pas si je choisis les écrivains comme exemples des victimes de cette entourloupette budgétaire si populaire auprès des personnes qui, hélas, nous gouvernent. Me fiant aux chiffres publiés par le CALQ, je constate donc que le montant total des subventions aux écrivains est passé de 1 546 649 $ en 2003-04 à 1 312 125 $ en 2005-06, une diminution de 18 %, c'est-à-dire une évaporation de 234 000 $. Au moins dix bourses volatilisées! Et je devrais remercier Mme Beauchamp?
Décourager les artistes
J'imagine que le budget de 81 millions que le MAL mentionne comprend la gestion de l'institution, car selon les même chiffres, les enveloppes remises aux artistes et aux organismes n'atteignent pas la somme de 67 millions. Ainsi, l'eau au moulin dont M. Péan parle n'irait pas inonder les poches des artistes mais s'en écoulerait. Les seuls qui peuvent se réjouir des nouvelles dispositions budgétaires seraient nos collègues en résidence au Québec et les artistes du cirque.
Loin de moi l'intention de condamner l'aide apportée à ces derniers. Mais si Mme la ministre tient à encourager le salto arrière et autres jeux de mains, doit-elle le faire, y allant de contorsions budgétaires, aux frais des écrivains, comédiens, metteurs en scène, artistes visuels et musiciens?
Je glisserai sur le programme Placements Culture, qui est une stupidité probablement rêvée dans un bungalow squatté par une troupe de «lucides».
Étant abonné au Quat'Sous, je me réjouis comme beaucoup de mes compatriotes de sa réfection. Toutefois, doit-on le répéter, à quoi serviront des coquilles de béton si le CALQ fait tout pour décourager — pour ne pas dire affamer — les artistes qui cherchent à poursuivre leur travail?
De plus, je rappellerai aux thuriféraires du MAL que Mme la ministre, contrairement à Françoise David, de Québec solidaire, et à Daniel Turp, du Parti québécois, a refusé de rencontrer les membres de l'Union des écrivains à l'occasion de leur dernière assemblée générale. Une interlocutrice privilégiée, dites-vous?
Finalement, tout écrivain sensé sait que le milieu de l'édition subit les répercussions d'une convergence effrénée et incontrôlée en notre beau Québec. Ainsi, un seul grand joueur contrôle désormais un pan entier de la chaîne du livre, courant de la scie au comptoir de librairie en passant par les journaux, les magazines et le réseau de télévision qui feront la promotion de ses produits... subventionnés.
Si la littérature québécoise veut survivre à cet assaut et éviter de se plier aux caprices des distributeurs, car cette convergence y mène, les écrivains, pour résister au chant des sirènes, devront compter sur une aide croissante de notre institution. Grâce à notre ministre nationale dans un Canada uni, le contraire se produit.
Et à propos de ce beau Canada uni, on me permettra de ne pas féliciter une ministre qui semble plus pressée d'éponger les dégâts confédéraux que d'appuyer les créateurs.
Si le MAL tient à rendre à César ce qui lui revient, souhaitons aux artistes que le gouvernement Charest connaîtra politiquement le même sort que le célèbre dictateur. Des élections à la mi-mars seraient de bon augure.
Mme la ministre, en fine psychologue qu'elle est, cherche-t-elle à nous éblouir avec ses chiffres livrés en vrac? Quiconque se donne la peine de consulter le site Internet du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) constate les dégâts dans les détails. Si le budget du CALQ a augmenté ces dernières années, il n'en demeure pas moins que, étrangement, les sommes remises aux artistes ont diminué.
On ne me chicanera pas si je choisis les écrivains comme exemples des victimes de cette entourloupette budgétaire si populaire auprès des personnes qui, hélas, nous gouvernent. Me fiant aux chiffres publiés par le CALQ, je constate donc que le montant total des subventions aux écrivains est passé de 1 546 649 $ en 2003-04 à 1 312 125 $ en 2005-06, une diminution de 18 %, c'est-à-dire une évaporation de 234 000 $. Au moins dix bourses volatilisées! Et je devrais remercier Mme Beauchamp?
Décourager les artistes
J'imagine que le budget de 81 millions que le MAL mentionne comprend la gestion de l'institution, car selon les même chiffres, les enveloppes remises aux artistes et aux organismes n'atteignent pas la somme de 67 millions. Ainsi, l'eau au moulin dont M. Péan parle n'irait pas inonder les poches des artistes mais s'en écoulerait. Les seuls qui peuvent se réjouir des nouvelles dispositions budgétaires seraient nos collègues en résidence au Québec et les artistes du cirque.
Loin de moi l'intention de condamner l'aide apportée à ces derniers. Mais si Mme la ministre tient à encourager le salto arrière et autres jeux de mains, doit-elle le faire, y allant de contorsions budgétaires, aux frais des écrivains, comédiens, metteurs en scène, artistes visuels et musiciens?
Je glisserai sur le programme Placements Culture, qui est une stupidité probablement rêvée dans un bungalow squatté par une troupe de «lucides».
Étant abonné au Quat'Sous, je me réjouis comme beaucoup de mes compatriotes de sa réfection. Toutefois, doit-on le répéter, à quoi serviront des coquilles de béton si le CALQ fait tout pour décourager — pour ne pas dire affamer — les artistes qui cherchent à poursuivre leur travail?
De plus, je rappellerai aux thuriféraires du MAL que Mme la ministre, contrairement à Françoise David, de Québec solidaire, et à Daniel Turp, du Parti québécois, a refusé de rencontrer les membres de l'Union des écrivains à l'occasion de leur dernière assemblée générale. Une interlocutrice privilégiée, dites-vous?
Finalement, tout écrivain sensé sait que le milieu de l'édition subit les répercussions d'une convergence effrénée et incontrôlée en notre beau Québec. Ainsi, un seul grand joueur contrôle désormais un pan entier de la chaîne du livre, courant de la scie au comptoir de librairie en passant par les journaux, les magazines et le réseau de télévision qui feront la promotion de ses produits... subventionnés.
Si la littérature québécoise veut survivre à cet assaut et éviter de se plier aux caprices des distributeurs, car cette convergence y mène, les écrivains, pour résister au chant des sirènes, devront compter sur une aide croissante de notre institution. Grâce à notre ministre nationale dans un Canada uni, le contraire se produit.
Et à propos de ce beau Canada uni, on me permettra de ne pas féliciter une ministre qui semble plus pressée d'éponger les dégâts confédéraux que d'appuyer les créateurs.
Si le MAL tient à rendre à César ce qui lui revient, souhaitons aux artistes que le gouvernement Charest connaîtra politiquement le même sort que le célèbre dictateur. Des élections à la mi-mars seraient de bon augure.
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