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CHUM: nouvelle explosion des coûts

Kathleen Lévesque   21 décembre 2006  Québec
La première pelletée de terre pour la construction du CHUM n'est pas encore donnée mais la facture, elle, prend de plus en plus l'allure d'un vaste trou. L'Agence des partenariats public-privé vient de déposer son analyse du dossier et estime que le coût de l'hôpital universitaire pourrait bondir au mieux à 1,7 milliard, voire à deux milliards. L'Agence des partenariats public-privé (PPP) a présenté ces chiffres lors d'une séance extraordinaire du conseil d'administration du CHUM tenue à huis clos mardi soir, a appris Le Devoir. Pendant plus de deux heures, l'Agence a informé les administrateurs sur les tenants et aboutissants du dossier, tableaux à l'appui.

Il en ressort que, si le gouvernement du Québec choisit d'implanter le CHUM au centre-ville selon la formule des PPP, c'est une somme de 221 millions qui s'ajoutera à l'estimation actuelle de 1,5 milliard. Si on confie le financement, la construction, la gestion et l'entretien du CHUM au secteur privé, la facture du projet s'élèverait donc à 1,721 milliard.

Mais la valse des dollars serait beaucoup plus importante si le mode traditionnel de construction était appliqué, prévient-on. À la somme de 1,721 milliard, il faudrait ajouter 323 millions pour un total de 2,044 milliards.

En fait, l'Agence a soutenu que la formule des PPP représente une économie de 323 millions sans toutefois faire quelque démonstration que ce soit. Aucun détail n'a été mis sur la table. La situation a été critiquée par plusieurs membres du conseil d'administration. On leur a toutefois rappelé qu'il s'agissait d'une séance d'information et que le conseil d'administration n'a pas à se prononcer officiellement sur la question.

«On aurait été plus à l'aise si on nous avait donné des éléments de comparaison, mais l'Agence nous a précisé que le but de l'exercice était de chiffrer uniquement le PPP», a expliqué au Devoir sous le couvert de l'anonymat un des administrateurs.

D'ailleurs, l'Agence en vient à recommander au gouvernement du Québec d'ériger le centre de recherches du CHUM en mode PPP ainsi que tous les nouveaux pavillons qui s'ajouteront à l'actuel hôpital Saint-Luc. On explique également que cette voie ferait du gouvernement du Québec le locataire des installations pendant trente ans. Coût du loyer: 100 millions par année pour une note finale de trois milliards.

La présentation de l'Agence a été menée par son p.-d.g. Pierre Lefebvre ainsi que par Pierre Lortie. Ce dernier, un consultant auprès du cabinet d'avocats Fraser Milner Casgrain, porte deux chapeaux. En plus de ses fonctions au sein de l'Agence, il vend son expertise comme membre du comité consultatif devant conseiller le directeur exécutif responsable de la réalisation des trois CHU (CHUM, CUSM et CHU Sainte-Justine), Clermont Gignac.

Le rapport produit par l'Agence doit permettre au gouvernement Charest de faire un choix entre les PPP et le mode traditionnel de construction. Mais déjà en avril dernier, la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, avait vanté la formule des PPP, y voyant «une vision d'avenir» pour le Québec. Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, semblait alors avoir ravalé ses réticences et parlait même d'un «PPP à la québécoise», qu'il qualifiait de léger parce qu'il pourrait exclure les services auxiliaires et professionnels. Officiellement, le conseil des ministres doit trancher la question avec le rapport de l'Agence en main.

Ce document, qui n'a pas été transmis au conseil d'administration du CHUM, présente les avantages et les inconvénients des PPP. Ainsi, selon l'Agence, le transfert du risque au secteur privé et un loyer annuel fixe font partie de la liste des bienfaits des PPP.

Mardi soir, MM. Lefebvre et Lortie ont également fait connaître les obstacles que pourrait connaître la formule des PPP. Le changement de gouvernement est le premier à avoir été cité, car cela pourrait entraîner une annulation du contrat et donc des frais importants pour le gouvernement.

On mentionne aussi le manque d'intérêt de la part des entreprises privées au Québec pour un tel projet. Il est vrai, a-t-on souligné, qu'il n'y a pas de firme assez grosse pour prétendre pouvoir assumer un tel contrat, même pas SNC-Lavalin. Tout au plus, la construction du centre de recherches pourrait être envisageable pour une entreprise québécoise. Du coup, il semble clair que des firmes internationales participeront nécessairement au projet, ont laissé entendre les représentants de l'Agence.

La réticence syndicale est jugée comme un autre inconvénient. Elle pourrait prendre de l'ampleur et mener à des actions devant les tribunaux, croit-on. S'ajoute à cela la possibilité évoquée que le partenaire privé puisse en cours de route déclarer forfait devant une multiplication d'imprévus financiers. Le gouvernement se retrouverait alors avec le problème entier sur les bras.

MM. Lefebvre et Lortie ont pointé d'autres risques liés plus globalement au dossier du CHUM. Ils évaluent les contingences de construction à 147,4 millions. Quant aux risques généraux qui tiennent compte de la complexité du dossier, de la structure de gouvernance — que le vérificateur général du Québec a d'ailleurs critiquée — et du fait que les travaux s'étaleront sur plusieurs années, l'Agence indique qu'ils totalisent 311,3 millions.

Cet enchevêtrement de chiffres laisse voir une facture en pleine explosion. Le printemps dernier, le gouvernement avait ajusté les sommes nécessaires à la modernisation des trois hôpitaux universitaires. De 2,5 milliards, les projets étaient passés à 3,6 milliards. Et on soulignait alors que ce n'étaient pas les coûts définitifs.

La semaine dernière, le mandataire du gouvernement, Clermont Gignac, précisait au Devoir que le coût final ne sera connu qu'à la fin de 2007 ou au début de 2008. D'ici là, chaque hôpital doit produire son plan clinique ainsi que son plan fonctionnel et technique, c'est-à-dire l'offre de services transformée en mètres carrés. Par la suite, l'établissement devra faire accepter son budget de fonctionnement. À compter du printemps, les professionnels embauchés récemment commenceront à travailler sur le concept et les plans préliminaires.






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  • marcel vinet
    Inscrit
    jeudi 21 décembre 2006 08h20
    Je suis contre ce projet
    « Ca va faire travailler beaucoup de monde lors de la construction, mais l investissement n est pas necessairement une bonne affaire pour les malades,ce centre va rendre les gens comme deshumanises,comme anonymes,les soins vont etre sans amour,on veut tout centraliser aujourdhui mais l humain lui, que devient il face a ses dynosores modernes ou il ne rencontrera plus personne qu il connait ,il vaudrait mieux investir dans la prevention et les soins a domicile....ca fait autant rouler l economie et ce serait plus equitable pour un plus grand nombre,c est vrai qu on est une province tres riche et qu on ne sait pas quoi faire de notre argent... »

  • Denis Grenier
    Inscrit
    jeudi 21 décembre 2006 09h41
    Pourquoi ne pas choisir un projet par étapes?
    « Au lieu d'un méga-projet irréalliste, pourquoi ne pas diviser celui par des étapes qui rendrait une partie du projet fontionnel à court terme et davantage année après année.

    Les sommes ainsi investies chaque année seraient réduites en fontion des possibilitées du budjet québécois et nous aurions une partie des services disponibles à la population dans un court lapse de temps. À voir trop grand on finit par ne plus rien voir et ne plus rien faire.

    Denis Grenier »

  • Émile Ducharme
    Abonné
    jeudi 21 décembre 2006 10h04
    Nouvelle explosion des coûts
    « Je suis contre la construction de ce nouvel éléphant blanc. Voyez le stade olympique - On vient tout juste de terminer le dernier versement mais on a pas les moyens de lui poser un toît ni de changer les vitres des fenêtres brisées... Je ne crois pas que nous sommes assez riches collectivement pour construire un tel monument et, en plus nous devrions aussi en construire un autre pour McGill! Aux décideurs : Un peu de bon sens. »

  • Michel HAins
    Abonné
    jeudi 21 décembre 2006 12h37
    Ça va être un cauchemar, c'est écrit dans le ciel
    « Je ne comprends pas que l'on s'obstine à aller de l'avant avec 2 super méga hôpitaux universitaires.Pas besoin d'avoir fait des études au HEC pour prédire que cet entêtement va nous coûter les deeux yeux de la tête.Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable, un jour ou l'autre le projet de McGill va lui aussi assurément dépasser les prévisions budgétaires et la facture sera épongée par le bon peuple.Pendant que l'on nous dit que la prévision du coût final ne pourra être connu au mieux à la fin de 2007, le compteur tourne déjà depuis longtemps pour toutes les firmes impliquées dans ces études.

    Il m'apparait très clairement que le regroupement de ces deux projets en un seul est la voix la plus sage compte tenu de l'expérience vécue avec nos administrateurs aux poches sans fond.

    Pour ce qui est du PPP, une entreprise privée qui entrevoit des pertes ou considère avoir assez perdu , ferme tout simplement les livres, mais pas un gouvernement,ce qui veut dire et touts les intéressés le savent très bien, que le bon gouvernement rammassera et assumera seul les dégats. C'est écrit dans le ciel. »

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    jeudi 21 décembre 2006 14h12
    Un seul méga-projet
    « Comme M. Hains, je trouve exorbitant de construire deux méga-projets à Montréal. Nous n'en avons pas les moyens. Si le Québec avait été un pays indépendant, une telle décision aurait été impensable. On veut tellement plaire à la collectivité anglophone qu'on est prêts à se saigner à blanc pour prouver qu'on n'est pas racistes. Je veux bien que l'on consacre des moyens importants à la santé, mais il faudrait qu'il reste un peu d'argent pour combler d'autres besoins de notre société! »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 21 décembre 2006 16h23
    Et nous payons trop d'impôts...
    « L'air est bien connu: nous payons trop d'impôts au Québec... mais pas à Ottawa! Pas surprenant car nous nous payerons deux mega hôpitaux pour nos deux solitudes, tandisqu'à Ottawa nous payons seulement pour les autres... Quand au projet par étape, ce me semble une bonne suggestion qui aurait le mérite de voir les boîtes se construire l'une après l'autre: McGill, CHUM, McGill, CHUM... »

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 21 décembre 2006 21h00
    Gaspillage et improvisation avec nos deniers
    « La coupe est pleine, n'en jeté plus!

    On nous a seriné les oreilles en nous mentant honteusement sur le désengorgement des urgences, pour nous dire quelques temps plus tard qu on avait créé des salles de trop plein de l' urgence à peine plus confortable qu'un corridor, avec une toilette pour 40 malades qui s'y rende encore plus malade.

    Plutôt que de nous promettre des hôpitaux en tour a bureau de 30 étages on devrait rendre plus humain nos hôpitaux actuel et ouvrir TOUTE les salles de chirurgie ... Le bâtiment passe avant l'humain avec ce ministre de la santé qui en plus donne la même surface de soins et recherche à la minorité anglaise de Montréal qui compte maximum 1/2 million d' âmes qu'a la majorité francophone de la région qui représente plus de 3 millions de personnes. J'ai un ami qui dernièrement a du se faire hospitalisé d'urgence à l'hôpital victoria réputé anglophone bilingue, comme devra être l'hosto de la minorité, et il a du changer d'hôpital pour avoir un service en français un peu convenable.

    Il est facile de faire des PPE avec comme administrateur privé des amis du pouvoir et nous facturer 100 millions pendant 30 ans de loyer pour chacun des hôpitaux. 6 milliard sur 30 ans cela représente 2000.00 par habitant de la région de Montréal ou 67.00 par an par nourrisson, enfant adulte, pensionné qu'il soit malade ou pas juste pour du béton...On a pas encore payer les soins ou les examens ou les appareils... »

  • J.Roland Comtois
    Inscrit
    vendredi 22 décembre 2006 13h39
    Le pire scandale financier que le Québec aura jamais connu, c'est le CHUM à St-Luc
    « Est-ce que Jean Charest, Philippe Couillard et Monique Jérôme-Forget sont-ils endormis au point d'ignorer les articles et les mises en garde de tous les grands médias qui appréhendent une explosion de coûts et un cauchemard quotidien au centre ville. Il faut au plus vite renoncer au site St-Luc et choisir le site Outremont en partenariat avec l'Université de Montréal qui possède déjà les terrains. »

  • André Gingras
    Abonné
    vendredi 22 décembre 2006 16h53
    Il ne faut pas être naïf!
    « Est bien naïf celui qui a cru le gouvernement actuel quand il se vantait pouvoir contrôler les coûs d'un projet (et même deux avec celui de McGill!) aussi coûteux et complexe que celui de la construction d'un méga hôpital de plus d'un milliard de dollars.

    L'incertitude entourant le déroulement des activités d'un projet entraine toujours des changements dans les plans et, en général, des délais et retards et en conséquence des coûts supplémentaires. Le gouvernement actuel n'échappera pas à cette dure réalité qu'il procède par PPP ou qu'il conserve la responsabilité du projet.

    Si l'on n'y prend pas garde, le Métro de Laval ou la Gaspésia risquent d'être de la petite bière par rapport à ce qui s'en vient comme explosion de coûts. »

  • Francois Oligny-Lemieux
    Inscrit
    vendredi 27 juin 2008 11h47
    Il en couterais 200 millions pour un CHUM a Notre-Dame. Le CHUM a St-Luc (2 millards): une décision biaisée entachée de favoritisme
    « La pire décision lucide que j'ai vu. On est habitué de se faire avoir par les imprévus qui augmentent les coûts par dizaines de millions. Mais la c'est encore pire. Avant même qu'il soit construit et qu'il y ait des imprévus, le projet est dérisoire. »

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