dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 21h48


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Seuls les milieux humides d'envergure seront sauvés

Louis-Gilles Francoeur   14 décembre 2006  Québec
Québec a édicté le 30 novembre dernier, sans tambour ni communiqué de presse, les règles qui permettront dorénavant aux fonctionnaires du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) d'autoriser les promoteurs à assécher, remblayer et construire dans les marais et les milieux humides du Québec.

Selon cette directive obtenue par Le Devoir, seuls les grands milieux humides pourront trouver grâce devant les promoteurs et les constructeurs, mais à la condition d'être reliés à des cours d'eau en raison de leur pouvoir épurateur, d'abriter des espèces menacées végétales ou fauniques reconnues ou d'être constitués de tourbières ombrotrophes (bogs) ou minérotrophes (fens). Ces critères de protection ne toucheront que les milieux humides d'une superficie supérieure à cinq hectares dans les terres basses du Saint-Laurent ou dans la plaine du lac Saint-Jean et supérieure à dix hectares dans le reste de la province.

Un hectare correspond à la surface de deux terrains de football.

Ces règles, entérinées par le titulaire actuel du MDDEP, Claude Béchard, sont fort différentes de ce que son prédécesseur, Thomas Mulcair, vouait à la protection la plus complète dans une entrevue accordée au Devoir en mai 2005. Le ministre Mulcair, depuis lors évincé de son poste en partie à cause de sa volonté déclarée de protéger les milieux humides convoités par le lobby de l'immobilier et par les élus municipaux, voulait remplacer dès 2006 au moyen d'une loi spéciale l'actuel système «d'autorisation», qui permet les interventions humaines dans les milieux humides, par un système «d'interdiction» législative sans ambiguïté. Il s'engageait aussi à instituer une politique de «zéro perte nette» sur les terres publiques québécoises, comme celle du gouvernement fédéral, une politique qu'on ne retrouve plus dans les règles entérinées par le ministre Béchard.

Le plan de Thomas Mulcair, qui prévoyait d'interdire toute intervention dans les marais, marécages, tourbières, plaines inondables, rives et berges, a subi plusieurs altérations dans les mois qui ont suivi. Dans une autre entrevue accordée au Devoir en novembre 2005 par son nouveau sous-ministre adjoint au Développement durable, Léopold Gaudreault, le ministre n'entendait plus protéger complètement que 5000 des 25 000 marais de plus d'un hectare de la vallée du Saint-Laurent. Mais il s'en tenait toujours à une politique de «zéro perte nette» sur les terres de l'État. Aucune de ces deux règles n'a finalement survécu au changement de direction du ministère et aux pressions du lobby de l'immobilier.

Les nouvelles règles

En effet, si la présence d'un lien avec un cours d'eau, d'espèces menacées ou de tourbières dans un grand milieu humide peut servir à le protéger, le ministère se réserve quand même le droit, dans sa nouvelle politique, d'y autoriser quand même un projet si le promoteur démontre qu'il ne peut pas le réaliser ailleurs ou autrement.

La directive émise aux directions régionales le 30 novembre dernier, signée par Bob van Oyen, prévoit que le promoteur a toutefois plus de chances d'essuyer un refus s'il s'agit d'un grand milieu humide reconnu d'intérêt national ou régional, ce qui revient dans ce dernier cas à laisser la décision de le classer aux élus régionaux, souvent plus enclins à accroître leur assiette fiscale qu'à protéger les matrices de la vie au profit des générations futures.

Si le promoteur arrive à convaincre le ministère, il devra toutefois s'astreindre aux règles que ce dernier entend imposer pour protéger quelque peu les milieux humides de moyenne importance. Ceux-là sont définis comme faisant entre un demi-hectare et cinq hectares dans les basses terres du Saint-Laurent ou la plaine du lac Saint-Jean et entre un et dix hectares ailleurs au Québec. Ces milieux de taille moyenne, d'après la nouvelle classification, pourront d'autant plus facilement être sacrifiés qu'ils n'auront pas de lien avec des cours d'eau de surface ou un lac et n'abriteront ni tourbières ni espèces menacées ou vulnérables désignées de façon officielle.

Dans le cas des marais de moyenne importance, le MDDEP demandera au promoteur de trouver un «projet de remplacement ou un site de remplacement». Mais «si cela est impossible», prévoit la directive ministérielle, on demandera à l'heureux promoteur de «minimiser» tout au plus les impacts de son projet, qui pourra ainsi voir le jour à l'intérieur ou autour d'un milieu humide. On lui demandera alors d'éviter les «zones sensibles» de ce milieu humide — lui-même sensible par définition —, de conserver «certains des éléments caractéristiques» du marais ou du marécage et de «maintenir des corridors biologiques et les liens hydrologiques entre les écosystèmes» restants. Enfin, on lui demandera de conserver, si la chose est encore possible, certaines des communautés naturelles.

Toute l'évaluation de ce dossier échappera à l'oeil scrutateur du public et des groupes environnementaux. L'exercice se déroulera derrière des portes closes entre fonctionnaires et consultants du promoteur. La politique ne prévoit pas la moindre divulgation des dossiers ou des évaluations scientifiques et ne prévoit aucunement d'enrichir la réflexion des fonctionnaires par la communication d'information, de mémoires et de recommandations de la part du public, même sous forme strictement écrite.

La nouvelle politique prévoit que les «pertes inévitables» de milieux humides seront compensées «en respectant un ratio de compensation proportionnel à la valeur écologique des milieux humides détruits ou perturbés». On précise que le site compensatoire devra, par ordre de priorité, se trouver sur le site même du projet, sur un site adjacent ou ailleurs dans le même bassin versant ou dans la même municipalité.

Un énorme flou subsiste toutefois car le ministère pourrait exiger en compensation de la perte d'un milieu humide qu'un promoteur achète à des fins de conservation un autre milieu humide à proximité, dont la richesse devrait lui valoir de toute façon une véritable protection. Dans ce scénario, on légalise la disparition de la moitié des milieux humides d'une région. L'autre scénario possible est celui de la politique «zéro perte nette», qui implique que, quelle que soit la solution retenue, une région conserve la même superficie en milieux humides et la même productivité biologique. Les pertes sont alors compensées par la création de nouveaux milieux humides et non par la protection de milieux existants.

Mais l'expression «zéro perte nette», classique dans ce type de dossier, n'apparaît nulle part dans la directive, de sorte qu'il est permis de penser que le ministère s'est satisfait du premier scénario.

Enfin, dans le cas des petits milieux humides, comme le révélait récemment Le Devoir, la porte est ouverte aux autorisations si ces milieux ne sont pas couplés à des plans d'eau et s'ils n'abritent ni tourbières ni espèces menacées ou vulnérables.

Ces petits milieux humides sont définis comme ayant une superficie inférieure à 0,5 hectare dans les basses terres du Saint-Laurent ou dans la plaine du lac Saint-Jean et inférieure à un hectare dans les autres régions du Québec.

Ce sont les professionnels embauchés par le promoteur qui attesteront de l'absence d'espèces menacées ou vulnérables dans un milieu humide convoité. Ce professionnel devra être spécialisé en écologie ou en biologie. Il pourra même s'agir d'un agronome spécialisé en horticulture. La directive ne précise pas ce qui arrivera des constructions érigées si les autorisations devaient être émises sur la foi de renseignements erronés, ni quel type de vérification effectuera le ministère.

Dans la vallée du Saint-Laurent, plus de 80 % des milieux humides ont été rayés de la carte lors de la construction ou de l'agrandissement des villes sur les rives ou aux embouchures des cours d'eau. Plusieurs spécialistes pensent que devant un tel état de fait, il faudrait plutôt protéger tout ce qui reste au lieu de continuer à rogner un héritage dilapidé en deux générations pour l'essentiel.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jean Fournelle
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 02h29
    Ça ne se passera pas comme ça.
    « L'immobilier à courte vue a déjà moulé tout le Québec et il ne reste que des miettes dans la région du St-Laurent. Si le gouvernement libéral ne fait pas sa job, il trouvera des citoyens devant ses pépines.

    Ça va faire! Nous ne sommes plus dans les années 50. Aujourd'hui la valeur et l'intérêt des milieux humides sont connus de tous, et notamment du public. Quelle honte. »

  • Guillaume Majeau-Bettez
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 02h49
    Scandaleux!
    « Ma colère devant une telle idiotie me laisse à court de mots! Un recul net pour le Québec, un saccage de nos ressources naturelles. »

  • Eric Beauchesne
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 04h50
    Scandaleux
    « Un pas en avant, deux en arrière.
    C'est tout simplement scandaleux.
    Çà devient drôlement gênant d'être citoyen du Québec...

    Merci M. Francoeur de sonner l'alarme encore une fois !

    Eric
    Montréal »

  • Gilles Baillargeon
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 07h09
    L'irresponsabilité de nos dirigeants.
    « Nos dirigeants, M. Béchard en tête, croient toujours que l'humain est ce qu'il y a de mieux sur la terre. Alors qu'ils devraient partir avec l'idée que nous sommes une espèce menacante. La pire depuis les débuts de notre planète. Dans ce contexte M. Béchard n'est pas ministre de l'environnement, il n'est que le valet au service de la grande entreprise de droite. Et les libéraux n'ont de différent des conservateurs que la manie de se cacher pour faire la même chose. »

  • Maurice Laverlochère
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 07h28
    Défenseur de la nature
    « Proprement scandaleux »

  • Fabien Beaudet
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 08h23
    Laxisme terrifiant!
    « Longtemps au Québec et ailleurs dans le monde occidental nous pouvions produire une défense basée sur l'ignorance pour expliquer le saccage fait aux milieux humides et aux écosystèmes en général. Mais là, c'est une tout autre histoire! Quel est la défense avancée par le ministère pour expliquer cette nouvelle approche? Avançons quelques pistes:

    - Le manque de ressource interne pour faire respecter un règlement plus sévère à "zéro perte nette". Réalisme visionnaire...
    - La pression de l'industrie immobilière. Absolument!
    - La pression du milieu municipale. Bien sur! Ce partenaire de la subsidiarité en matière environnementale n'a pas plus de moyen de jouer à l'inspecteur que le ministère responsable.
    - C'est du développement durable. Bien sûr, il ne faut pas que la protection des écosystèmes puisse nuire au développement économique et social.

    L'ensemble des pistes émises sont crédibles pour expliquer ce laxisme. Ce qui est honteux, c'est que nous ne pouvons ignorer que nous savons. Nous savons que nous avons emprunté notre richesse au capital écosystémique. Nous devrions, au nom d'un avenir soutenable, considérer le remboursement. Pour cela une politique "zéro perte nette" pouvait être considérée comme un minimum.

    Et je ne parlerai pas que les entrepreneurs seront maintenant juge!

    Monsieur Francoeur, Est-ce que cette rèlementation respecte la nouvelle loi québécoise sur le développement durable? »

  • Robert Geoffrion
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 09h23
    Une solution
    « Ministre de quoi vous dites?
    De l'environnement...?

    Vivement des élections! »

  • Denise Dallaire
    Abonnée
    jeudi 14 décembre 2006 09h25
    Espèce menaçante...
    « Comment déterminer avec certitude ce qu'est une espèce menacée? Quand le milieu lui-même est menacé, les espèces s'y trouvant ne sont-elles pas toutes en péril?

    D'un point de vue strictement biologique, plus un biotope est grand et en un seul morceau, plus il peut abrité un grand nombre d'espèce. Plus l'île est grande, plus il y a d'espèces. C'est une des seules lois écologiques prouvée statistiquement. En détruisant 80% des milieux humides depuis trente ans, il est illusoire de prétendre protoger toutes les espèces qui s'y trouve... Une grande partie est condamnée... Ce n'est qu'une question de temps.

    Alors comment peut-on continuer à assécher, remblayer, détruire, morceler encore plus ce qui n'est déjà plus qu'un chapelet? Allons-nous faire confiance aux promoteurs pour évaluer la valeur bioloque de ce que nous léguons aux générations futures? La nature perd du terrain. Difficile de constamment être aux aguets pour protéger les espèces menacées de l'espèce menaçante... »

  • Patrice Couture
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 09h34
    Quel gouvernement environnementalement irresponsable
    « Quelle catastrophe que cette annonce. Après le détournement de la rivière Rupert et la vente du Mont Orford, l'abandon de la protection des petits milieux humides est en ligne avec la politique libérale de vendre notre patrimoine naturel pour le profit de l'État. »

  • Alain Branchaud
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 09h50
    Les effets sont immédiats...
    « Depuis quelques jours, les promoteurs ont recommencé à déboiser les derniers secteurs abritant la rainette faux-grillon de l'Ouest à La Prairie. Rappelons que cette espèce est désignée vulnérable en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables.

    Or, la nouvelle politique annonce l'intention du gouvernement de protéger les milieux humides qui abritent des espèces en péril. Il semble encore une fois que l'application de ces nouvelles règles obéira encore au jeu de la petite politique.

    Personne au sein des deux ministères responsables ne peut prétendre ne pas être au courant du fait que ces promoteurs s'activent à détruire des habitats essentiels à la survie de cette espèce. Ils ont en leur possession l'ensemble des inventaires réalisés en 2004.

    Ce n'est peut-être une nouvelle politique qu'il nous faut, mais peut-être davantage un processus décisionnel clair et apolitique. Au fait, qui donc a autorisé ce nouveau saccage à La Prairie ? C'est quoi son nom ? »

  • Annie Léger
    Inscrite
    jeudi 14 décembre 2006 09h50
    Comment tout dire...?!!
    « Je ne sais à peine par où commencer pour exprimer toute l'indignation, la frustration, la colère et surtout...la tristesse que j'éprouve à la lecture quotidienne de telles abominations de notre société. On attend quoi pour se réveiller?...Plusieurs le sont déjà, dirons-nous, et ils font ce qu'ils peuvent. Mais comment peut-on encore trouver moyen de justifier le développement à outrance comme il se passe actuellement? NOUS VIVONS DANS UNE OPULENCE ÉCOEURANTE!! On se regarde le nombril et on ne serait même pas prêt à donner la mousse qu'il y dedans à notre voisin.

    Je n'écris pas seulement pour réagir au sort de nos milieux humides, mais pour toutes les catastrophes engendrées par le ridicule socio-politico-économique. Pourquoi acceptons-nous de vivre ainsi? Nous devrions avoir honte. Nous possédons tous les moyens du monde, nous sommes en train de nous noyer dans le surplus, mais nous trouvons toujours des raisons, ô combien importantes, de développper davantage. «Ça fait rouler l'économie!» C'est vrai que je ne suis ni politicienne, ni économiste, ni...mais je suis tout de même en mesure d'affirmer que le développement que nous pratiquons, c'est de la destruction! Quelle belle vision à long terme.

    Et je passe le guerre, la violence et tout le reste qu'on trouve encore moyen de justifier car...on le peut tout simplement. Évidemment que c'est complexe, mais rappelons-nous que tout demeure un choix de société et que c'est de notre faute à nous tous si on est où on en est...bien sur qu'ils sont chiant les politicens mais...c'est nous (vous) qui les avons mis là!!

    De mon côté j'essaie tant bien que mal de sauver les petites plantes médicinales qui nous entourent en me creusant le cerveau à savoir «comment leur dire ça pour que ça passe et qu'ils comprennent de quoi?»...Hummm, j'y travaille encore... »

  • Tommy Montpetit
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 11h36
    Citoyens debouts!
    « Levez-vous et envoyez un message clair à nos dirigeants qui se plient aux quatre volontés du secteur économique. Les milieux humides doivent être protégés, et non pas détruits. J'espère que des fonctionnaires ce tiendront debout face à ce gouvernement irresponsable! »

  • Benoît Landry
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 11h37
    Urgence d'agir face des inconscients
    « On accuse ce gouvernement mais il faudra s'en souvenir et transformé ceux-ci ainsi que leurs remplaçants potentiels semblables en espèces menaçées/menaçantes lors des prochaines élections et faire un choix réfléchi qui ne concerne pas que la question nationale. Lorsque le feu est pris dans une maison est-ce que l'on se pose la question "À qui est la maison ?" avant d'intervenir...

    Nos dirigeants commencent à se rendre compte de l'importance environnementale mais ils ont encore en tête que l'on peut négocier avec la nature. Avec la planête on ne peut pas faire faillite et repartir sur un autre nom mais on n'est géré par des économistes .... »

  • Louise Beaudoin
    Abonnée
    jeudi 14 décembre 2006 12h01
    Noter le ministre Béchard
    « Ce matin, en page 1 du Devoir, LG Francoeur nous apprend que "dans la vallée du Saint-Laurent, plus de 80% des milieux humides ont été rayés de la carte" sur décision du titulaire du MDDEP, C. Béchard.

    En page 3, on apprend que M David donne un B au même Béchard.
    Quand on sait que c'est ce ministre qui entre autres choses, a privatisé une bonne partie d'un parc national, on se frotte les yeux: suis-je bien réveillé ce matin. On prend un autre café, on continue la lecture, puis on lit que ce B est dû notamment du au règlement su conflit de travail à Orford. Quelle célérité en effet à régler ce conflit. Par hasard, ça serait-ti pas rap à protéger les petits copains du groupe Everest, Boulay et Cie, pour qui on a privatisé? Vite un autre café!

    Mes notes à moi:
    Francoeur: A+
    David: E-
    PS en revanche, si le titre de M Béchard etait "Ministre de la destruction de l'environnement et de l'abolition des parcs", il mériterait un A++++++
    Francois Dorlot
    francois2000@yahoo.com »

  • Suzann Méthot
    Abonnée
    jeudi 14 décembre 2006 15h39
    La nature amputée de ses ¨reins¨ ne pourra se relever. - par Suzann Méthot
    « Monsieur Béchard démontre une fois de plus l'agenda caché de son ministère: délivrer des permis à l'industrie. Plutôt que de protéger l'environnement,il demande à ses fonctionnaires de délivrer des permis pour détruire le peu qu'il en reste. Les milieux humides sont les reins de la terre.

    Ces écosystèmes sont des organes vitaux. Imaginez qu'on empoisonne l'eau de votre corps qui en est constitué à 70%? C'est ce que le gouvernement Charest fait avec nos cours d'eau en ne mettant pas en place la politique nationale de l'eau. Imaginez qu'on vous retire vos reins, c'est ce que nous faisons en remblayant les milieux humides. L'environnement du Québec, ainsi maltraité, court à sa pure perte. Ce ministre et ce gouvernement sont une catastrophe pour l'environnement. »

  • Guy Fortin
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 16h03
    Développement durable.
    « Et on nous parle de développement durable!

    G. Fortin, Bécancour »

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    jeudi 14 décembre 2006 16h35
    Un gouvernement au service des entrepreneurs en construction
    « Le gouvernement est censé être au service de l'ensemble de la population et non de seulement un secteur de celle-ci. Tous les sondages démontrent que l'ensemble de la population se préoccupe d'environnement, mais que fait ce gouvernement? Il adopte des règlements qui vont entrainer un saccage encore plus poussé de nos milieux humides afin de nourrir la voracité des entrepreneurs en construction.

    Henri-B. Boivin, Chambly »

  • Benoit Méthot
    Inscrit
    jeudi 14 décembre 2006 22h28
    Kyoto
    « Qu'ils sont beaux les discours de nos politiciens! Imaginez-vous un instant que le gouvernement du québec critique les choix du gouvernement fédéral quand lui même ne les respectes pas. Quelle belle ironie. »

  • Madeleine Robidoux
    Inscrite
    jeudi 14 décembre 2006 22h55
    Incroyable inconscience !!!
    « En tant qu'ornithologue..amateur..mais consciente, j'ai été éveillée à la richesse des milieux humides de ma région (Sorel-Tracy). De nombreuses espèces s'y trouvent et c'est identique pour tous les milieux humides..quelle richesse!

    Je comprends mal qu'une simple citoyenne saisisse cela, ainsi que mes collègues ornithologues, et que nos dirigeants n'aient qu'une vision, me semble-t-il, si étroite et à court terme.
    De par leur position privilégiée, ces mêmes dirigeants ont les moyens financiers de faire effectuer des études scientifiques crédibles et "prospectives".

    Alors...à qui profitent ces décisions douteuses..!
    Madeleine R. »

  • Gaétan Laprise
    Abonné
    vendredi 15 décembre 2006 15h54
    Ministère du développement. Point !
    « On peut facilement enlever les mots "Durable" et encore plus "Environnement" du nom de ce ministère. Ce dernier mot ne doit rien signifier de plus pour le ministre que 28 points au scrabble s'il le place sur une case rose !

    Ça fait un bout qu'on n'a pas eu de ministre de l'environnement avec une colonne vertébrale. Personnellement je n'ai rien contre les mollusques, en fait j'aime beaucoup les moules, mais à la tête de ce Ministère qu'est-ce que ça me fait... suer !

    Si on a les politiciens et les politiques qu'on mérite, on a un méchant bout de chemin à faire. »

  • Erik Michaud
    Abonné
    vendredi 15 décembre 2006 22h50
    Pas de développement, ni profit, sans responsabilité.
    « Qui est responsable des services naturels nécessaires à la santé?

    Ce n'est pas la beauté, ni la rareté ni la diversité ni l'ancienneté qui me préoccupe quand on choisit de drainer et construire sur les milieux humides. Ce qui me préoccupe, c'est la disparition des services naturels essentiels à notre santé publique, maintenant gratuits et tantôt forts coûteux à remplacer.

    L'évaluation du millénaire publiée par la PNUE nous avise de ces enjeux. Et nous vivons déjà de graves problèmes liés à la disparition de ces services. Nos agences de santé publique publient régulièrement des avis de pollution affectant notre santé. Nous avons besoin de filtrer ces pollutions. Et aujourd'hui nous savons que d'infimes quantités suffisent pour nous empoisonner.

    Allons-nous accepter de devoir payer pour vivre dans un lieu qui ne nous rende pas trop malade? Que devient notre monde en acceptant que le pouvoir d'achat justifie le partage de la santé? Qui sont ces maîtres qui nous échangent littéralement un peu de droit de vivre contre notre travail? C'est un combat pour la liberté. Et compte tenu des écarts importants et grandissants dans la répartition des richesses, c'est aussi un combat contre une discrimination révoltante!

    Cette réglementation lance un message fort et clair que la santé est plus une industrie qu'un état de bien être et de prospérité. Elle place aussi clairement les intérêts économiques de certains spéculateurs au devant du droit de la population à la santé.

    On sait maintenant que lorsque les projets empiètent sur les milieux humides, ceux-ci perdent leur vitalité. Lorsque les scientifiques balisent que la limite est atteinte, la négociation devrait être finie. Or voilà que l'on assiste à une expertise flexible selon le débiteur qui la finance et on en arrive à une partie de négociation! On entend alors des arguments aberrants comme l'appel à la "faible valeur écologique" pour banaliser l'empiètement d'un projet immobilier. Pourtant, les mises en garde sont claires, les superficies restantes de milieux humides sont bien trop petites pour nos besoins. Voilà pourquoi l'on doit interdire toute perte et travailler à la restauration.

    Ah, il est beau ce projet immobilier le jour de la vente! Mais le milieu humide amputé s'efface progressivement et ne remplie plus les services nécessaires à la santé. Alors la communauté paie les conséquences sur sa santé. Cependant, quelqu'un s'est rempli les poches et se la coule douce quelque part, capable pour un temps de se payer... quelques soins de santé.

    En définitive, cette réglementation vise peut-être à maintenir l'ordre. Mais elle nous entraîne tête baissée vers un avenir où nous aurons peu de moyen de rectifier le tir... car nous serons trop endettés par nos coûts de santé déjà lourds à porter... par manque de santé gratuitement fournie par la nature.

    Il est temps que l'on raisonne ces gens obstinés dans la poursuite opportuniste de vendre notre futur pour se faire une retraite! Seuls ceux qui vivent sur le territoire et qui doivent assumer les conséquences du projet ont le droit de choisir ce qui sera fait de ces milieux humides. L'argent ne donne pas droit au vote. Seules les conséquences assumées solidairement donnent droit au vote.

    Vous voulez aménager les milieux humides? Alors vivez là de leurs services, et fournissez des garanties suffisantes pour réparer les erreurs... au cas où.

    Ah non! PAS DE DEVELOPPEMENT SANS RESPONSABILITE! »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
21 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009