Mont-Orford - Le syndicat gâche le triomphe de Béchard
Québec — Triomphant, le ministre de l'Environnement, Claude Béchard, a annoncé en grande pompe hier à l'Assemblée nationale qu'il y aurait une saison de ski au mont Orford en 2006-07. Extatique, le député d'Orford, Pierre Reid, parlait avec transport du «sourire qu'il y a sur [le visage d']au moins 1000 travailleurs de ma région». Mais tout porte à croire qu'ils ont crié victoire trop tôt puisque rien ne semblait acquis en fin de journée hier, le syndicat des employés de la station de ski refusant toujours de dire qu'il y avait «entente». Au moment d'écrire ces lignes, cela faisait craindre le pire à certains dans cette affaire qui ne cesse de rebondir depuis janvier dernier. Chose certaine, contrairement à ce qu'affirmait hier après-midi le maire de Magog, Marc Poulin, les canons à neige ne commenceront pas à fonctionner ce matin.
Après la conférence de presse du ministre Béchard à Québec et celle de l'exploitant André L'Espérance vers 16h hier, où on annonçait une entente, des membres locaux de la FTQ, dont le conseiller au SCFP Michel Murray, ont vite tempéré ce bel enthousiasme en affirmant qu'il n'y avait pas d'entente puisque «rien n'avait encore été signé».
Vers 17h hier, le cabinet du ministre soutenait au Devoir qu'il y avait bel et bien «entente». Il assurait que le président de la FTQ, Henri Massé, qui avait représenté la partie syndicale la veille lors des négociations avec le ministre et l'exploitant, avait à toutes fins utiles forcé la main des membres locaux pour qu'ils affirment publiquement qu'il y avait entente: «M. Massé nous a dit que le discours du syndicat allait changer dans les prochaines heures», a affirmé Pascal D'Astous, attaché de presse de M. Béchard.
Joint hier, le représentant régional de la FTQ dans ce dossier ne tenait pas du tout ce discours. «Il y a une entente sur les principes seulement, mais la confiance envers l'employeur [André L'Espérance], elle est totalement nulle», a-t-il dit, précisant que son collègue Murray travaillait d'arrache-pied avec le conciliateur de la partie patronale à traduire en texte l'entente de principe. «D'habitude, quand on parle d'une entente de principe, il y a quand même des textes déposés. Là, on n'a pas de texte. [...] Et avec cet employeur... On avait un texte avant: la convention collective. Il l'interprétait et refusait de l'appliquer!»
Ainsi, bien que M. Bellemare croie qu'il y aura du ski à Orford cette année, il a refusé hier de confirmer ce que le ministre a affirmé en conférence de presse, soit que le syndicat ait «accepté le statu quo au niveau de la convention collective pour une période qui va jusqu'au 30 avril prochain». M. Bellemare estime que tout le monde — M. Béchard, M. L'Espérance, les milieux municipaux et économiques — «gagnait quelque chose» à précipiter l'annonce de «la réouverture de la montagne», hier. «Qu'est-ce que mes membres gagnaient, eux? Rien, pour l'instant. Tout ce qu'on demandait, c'était le respect de la convention collective, rien de plus, rien de moins.» Cela signifiait la majoration de leur salaire selon l'indice des prix à la consommation, une clause de la convention que M. L'Espérance avait refusé d'appliquer cette année. Ainsi, M. Bellemare soutient «qu'une fois qu'on va avoir les textes, on va les soumettre à nos membres [...]. Tant que nos membres n'ont pas voté, il n'y a pas d'entente». Il ne pouvait pas préciser hier quand ceux-ci devaient voter.
Rappelons qu'aux prises avec ce conflit de travail, M. L'Espérance avait officiellement annulé la saison de ski lundi dernier après avoir décrété un lock-out le 31 octobre. Mardi soir, le ministre a rencontré les parties, dont M. Massé, et leur a donné 24 heures pour s'entendre.
M. L'Espérance a affirmé hier que ce qui l'avait conduit à accepter l'entente de principe, c'est la «clarification» de son statut par le ministre. Avant mardi soir, il ignorait qui allait mettre fin au bail qui le lie à l'État. Dans ce contrat, il est stipulé que si l'État «casse le bail», il est contraint de rembourser à l'exploitant 100 % des investissements qu'il a faits dans la montagne (remonte-pente, travaux divers, etc.). En revanche, si c'est l'exploitant qui rompt le bail, le remboursement ne doit représenter que 80 % des investissements. M. L'Espérance a soutenu hier en conférence de presse que le ministre Béchard lui avait confirmé que c'est l'État qui romprait le bail en avril 2007.
Pour sa part, M. Béchard a soutenu avoir fait comprendre à M. L'Espérance mardi soir que «s'il ne voulait pas opérer, s'il n'opérait pas [en 2006-07], on passait immédiatement aux procédures pour faire en sorte qu'il y ait seulement 80 % des immobilisations qui seraient remboursées». Selon M. Bellemare, de la FTQ, M. L'Espérance a donc gagné trois millions de dollars hier: «C'est la différence entre le 80 % ou 100 %.»
M. L'Espérance a aussi gagné un appui régional de taille, qui s'est engagé à orchestrer une «promotion agressive» du centre de ski. M. Béchard a vanté hier «la volonté de la région à appuyer [M. L'Espérance], à être derrière lui, à être derrière les gestionnaires du mont Orford, avec la campagne de publicité».
Par ailleurs, le ministre Béchard a dit hier que l'appel d'offres que l'État doit lancer — à partir d'un projet récréotouristique défini par la région — devrait se faire «dans les prochains jours».
Après la conférence de presse du ministre Béchard à Québec et celle de l'exploitant André L'Espérance vers 16h hier, où on annonçait une entente, des membres locaux de la FTQ, dont le conseiller au SCFP Michel Murray, ont vite tempéré ce bel enthousiasme en affirmant qu'il n'y avait pas d'entente puisque «rien n'avait encore été signé».
Vers 17h hier, le cabinet du ministre soutenait au Devoir qu'il y avait bel et bien «entente». Il assurait que le président de la FTQ, Henri Massé, qui avait représenté la partie syndicale la veille lors des négociations avec le ministre et l'exploitant, avait à toutes fins utiles forcé la main des membres locaux pour qu'ils affirment publiquement qu'il y avait entente: «M. Massé nous a dit que le discours du syndicat allait changer dans les prochaines heures», a affirmé Pascal D'Astous, attaché de presse de M. Béchard.
Joint hier, le représentant régional de la FTQ dans ce dossier ne tenait pas du tout ce discours. «Il y a une entente sur les principes seulement, mais la confiance envers l'employeur [André L'Espérance], elle est totalement nulle», a-t-il dit, précisant que son collègue Murray travaillait d'arrache-pied avec le conciliateur de la partie patronale à traduire en texte l'entente de principe. «D'habitude, quand on parle d'une entente de principe, il y a quand même des textes déposés. Là, on n'a pas de texte. [...] Et avec cet employeur... On avait un texte avant: la convention collective. Il l'interprétait et refusait de l'appliquer!»
Ainsi, bien que M. Bellemare croie qu'il y aura du ski à Orford cette année, il a refusé hier de confirmer ce que le ministre a affirmé en conférence de presse, soit que le syndicat ait «accepté le statu quo au niveau de la convention collective pour une période qui va jusqu'au 30 avril prochain». M. Bellemare estime que tout le monde — M. Béchard, M. L'Espérance, les milieux municipaux et économiques — «gagnait quelque chose» à précipiter l'annonce de «la réouverture de la montagne», hier. «Qu'est-ce que mes membres gagnaient, eux? Rien, pour l'instant. Tout ce qu'on demandait, c'était le respect de la convention collective, rien de plus, rien de moins.» Cela signifiait la majoration de leur salaire selon l'indice des prix à la consommation, une clause de la convention que M. L'Espérance avait refusé d'appliquer cette année. Ainsi, M. Bellemare soutient «qu'une fois qu'on va avoir les textes, on va les soumettre à nos membres [...]. Tant que nos membres n'ont pas voté, il n'y a pas d'entente». Il ne pouvait pas préciser hier quand ceux-ci devaient voter.
Rappelons qu'aux prises avec ce conflit de travail, M. L'Espérance avait officiellement annulé la saison de ski lundi dernier après avoir décrété un lock-out le 31 octobre. Mardi soir, le ministre a rencontré les parties, dont M. Massé, et leur a donné 24 heures pour s'entendre.
M. L'Espérance a affirmé hier que ce qui l'avait conduit à accepter l'entente de principe, c'est la «clarification» de son statut par le ministre. Avant mardi soir, il ignorait qui allait mettre fin au bail qui le lie à l'État. Dans ce contrat, il est stipulé que si l'État «casse le bail», il est contraint de rembourser à l'exploitant 100 % des investissements qu'il a faits dans la montagne (remonte-pente, travaux divers, etc.). En revanche, si c'est l'exploitant qui rompt le bail, le remboursement ne doit représenter que 80 % des investissements. M. L'Espérance a soutenu hier en conférence de presse que le ministre Béchard lui avait confirmé que c'est l'État qui romprait le bail en avril 2007.
Pour sa part, M. Béchard a soutenu avoir fait comprendre à M. L'Espérance mardi soir que «s'il ne voulait pas opérer, s'il n'opérait pas [en 2006-07], on passait immédiatement aux procédures pour faire en sorte qu'il y ait seulement 80 % des immobilisations qui seraient remboursées». Selon M. Bellemare, de la FTQ, M. L'Espérance a donc gagné trois millions de dollars hier: «C'est la différence entre le 80 % ou 100 %.»
M. L'Espérance a aussi gagné un appui régional de taille, qui s'est engagé à orchestrer une «promotion agressive» du centre de ski. M. Béchard a vanté hier «la volonté de la région à appuyer [M. L'Espérance], à être derrière lui, à être derrière les gestionnaires du mont Orford, avec la campagne de publicité».
Par ailleurs, le ministre Béchard a dit hier que l'appel d'offres que l'État doit lancer — à partir d'un projet récréotouristique défini par la région — devrait se faire «dans les prochains jours».
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